mardi 30 novembre 2010

Portez donc un sonotone® !

On reproche à Segolène Royal d'avoir annoncé sa candidature alors qu'elle avait déclaré sur France 5, je ne sais quand, qu'elle ne ferait «pas d'annonce intempestive avant» d'en avoir parlé à Martine Aubry. C'est le genre de reproche qui me fiche en pétard, parce qu'il est révélateur d'un esprit partisan grossier. Il suffisait d'écouter les propos de Ségolène Royal sur France Inter, ou leur transcription dans la presse pour savoir qu'elle avait dit : «Non seulement je l'ai consultée, mais j'ai consulté aussi Dominique Strauss-Kahn lorsque je l'ai vu le jeudi 18 novembre. Ça n'est pas une décision par surprise.»

J'ignore si les grincements à ce sujet, au sein du PS et chez ses sympathisants, viennent plutôt de tel ou tel camp, mais ils existent, en dépit de déclarations lénifiantes visant surtout à désamorcer l'impact de la déclaration de S. Royal. L'agacement est manifeste chez certains comme J. Lang, qui juge consternant que le PS soit «la proie d'ambitions purement personnelles» —venant de ce sac d'ambitions purement personnelles, il y a de quoi rire. Il doit être aussi à son comble mine de rien, chez les strauss-kahniens, encartés au PS comme simples admirateurs…

Les partisans de DSK, devraient pourtant cesser de déformer les propos de Royal s'ils espèrent que l'on essaiera éventuellement de soutenir un jour leur poulain. Ceci dans le cas où il condescendrait à se porter candidat aux primaires, à condition que le bon peuple de gauche se traîne à ses genoux en le suppliant —et où il gagnerait la partie. L'hypothèse est crédible puisque le bonhomme plaît aux libéraux et à la finance qui louent son intelligence, ce qui peut conduire n'importe quel simplet à se sentir grandi de faire un tel choix.

De toutes façons, Arnaud Montebourg avait ouvert le jeu en se déclarant candidat le premier, et si Hollande ou d'autres ne l'ont pas encore fait officiellement, leurs exercices d'échauffement occupent déjà les médias. Mme Royal prend sans doute le risque de s'exposer un peu tôt aux attaques des sarkozystes, mais elle évite du moins le piège de la marginalisation où l'on essayait de l'enfermer, au PS. Elle existera désormais davantage comme candidate à la candidature de poids, ce qui ne devrait pas tarder à faire enfin bouger les choses dans son parti.

Il devient urgent d'entendre davantage les leaders du PS sur ce qu'ils feraient une fois au pouvoir dans quelques domaines essentiels. Ainsi en est-il notamment de tout l'édifice social hérité du Conseil National de la Résistance, retraite, assurance chômage, sécurité sociale, que Nicolas Sarkozy veut mettre en pièces (si vous êtes abonné à Mediapart, il faut lire notamment un article de Laurent Mauduit à ce sujet, édifiant). DSK ne pourra pas faire l'économie de s'exprimer là-dessus s'il veut nos suffrages, et à priori, je fais davantage confiance à Ségolène Royal pour défendre ces acquis.

P-S : Rimbus a pris le maquis… Un Clin d'œil attend les amateurs de bal musette chez Christophe…

lundi 29 novembre 2010

Tant qu'il y aura des blogs pour râler

Yann, Juan, et Nicolas sont à l'origine d'une sorte de chaîne sur l'avenir des blogs de gauche en cas de victoire de la gauche en 2012. Tous trois pronostiquent plus ou moins clairement la mort des blogs de gauche, parce que la critique devient moins aisée quand vos amis ou les amis de vos amis sont au pouvoir… C'est une évidence pour la presse proche aujourd'hui de l'opposition, mais je ne crois pas du tout que le citoyen de base mettra sa langue dans sa poche pour autant. En particulier si le prochain monarque électif à sortir du chapeau doit être DSK, alors qu'aucun pas n'aura été fait vers la démocratie. La télévision et la radio seront peut-être un petit peu moins dociles qu'aujourd'hui, parce qu'à gauche, on manque de conviction pour gueuler : « au pied ! ».

Quant à savoir ce que deviendra ce blog dans 18 mois, je l'ignore totalement, n'accordant qu'un intérêt limité à sa survie. Il y aura apparemment un billet ce soir, et sans doute d'autres dans les jours à venir, mais je n'ai signé aucun engagement avec moi-même. À mon âge, c'est un peu comme dans la jeunesse : 18 mois ça fait loin, trop loin pour savoir si on sera encore là, bien que le temps passe beaucoup plus vite qu'autrefois.

Néanmoins, si la gauche revient aux affaires, ce que je souhaite ardemment, je n'en continuerai pas moins à pester contre d'éventuels choix de gouvernement que je n'approuverais pas. Si j'ai encore un blog sous la main, cela devrait s'exprimer dans son cadre, parce que c'est finalement plus gratifiant que de ronchonner dans sa cuisine.

Tenez, avant de prendre connaissance des propos pessimistes de mes amis sur la mort des blogs de gauche, je méditais plutôt un billet vengeur sur le Foutage de gueule Public, que je défendis l'autre jour sous l'appellation désuète de Service Public… Au lieu de m'étouffer de rage au téléphone, comme ce fut le cas en fin de matinée, je pouvais concocter une froide vengeance à faire partager dans la blogosphère…

Il n'est malheureusement plus temps de vous raconter en détails comment nous avons trouvé samedi un avis de passage du facteur concernant un paquet de bouquins arrivé en notre absence. Le paquet sera disponible demain à La Poste du village, à partir de 10h30. Pas aujourd'hui, lundi, à huit ou neuf heures, non : mardi, à partir de 10h30. Naïvement, j'ai voulu appeler le bureau de notre patelin de 668 habitants, pour m'enquérir auprès du postier sympa que je connais, si par hasard le colissimo ne serait pas déjà disponible, malgré tout.

Je cherche le numéro d'appel dans l'annuaire… 36 31, aïe ! Vous imaginez la suite ! «Si vous voulez parler à un conseiller financier, faites le 1 ; si, si…» Quand j'ai obtenu une conseillère, travaillant je ne sais où en France, il m'a été impossible de la convaincre de me passer mon bureau de poste. «On ne peut pas déranger la file d'attente au guichet »… Quatre personnes dans le local, et c'est la foule, chez nous. Bref, j'ai eu beau me montrer plus qu'impoli, rien n'y a fait, et la malheureuse qui appliquait son règlement n'a même pas été fichue de me dire que je devais attendre le paquet jusqu'à demain parce que le bureau de Claviers est fermé le lundi ! J'aurais dû le savoir, mais je l'ignorais encore ; vous aussi, mais vous voilà prévenus.

dimanche 28 novembre 2010

Vive Solveig !

Eh bien, il y a finalement une gagnante au jeu du rébus de ce dimanche ! On salue bien bas Solveig, patronne du blog Cigaleetfourmi. Bravo Solveig !

Chaussettes russes

Nefisa s'est manifestée la première au jeu du rébus, avec une boutade en guise de réponse : «C'est forcément un communiste, il a des chaussettes rouges.» Eh bien, non ! il n'y a pas de communiste dans l'énigme du jour. La personnalité en question n'en avait même jamais entendu parler, du communisme. Et d'ailleurs, les communistes ne font pas de la couleur de leurs chaussettes un signe de ralliement. Sinon, que penser de MM Balladur et Fillon, je vous le demande ?

Même à l'époque héroïque de la Révolution d'octobre, quand un Russe portait des chaussettes rouges, c'était certainement un riche koulak, ou un aristo. Parce que le Russe de la rue, il portait des «chaussettes russes»… Vous n'en avez jamais entendu parler ? Lorsque j'étais gamin, dans ma petite ville natale de l'Aveyron, l'été je mettais généralement mes sandalettes pieds nus. Ma grand-mère me regardait ainsi chaussé d'un air mi-attendri mi-choqué. «Ah ! t'as mis des chaussettes russes », disait-elle.

En réalité, elle se trompait: la vraie chaussette russe est une bande de tissu qu'on enroulait autour du pied. Mais pour elle, c'était le pied nu, le comble du dénuement… Elle venait de la campagne et n'a loupé la messe que dans son vieil âge, une fois devenue impotente —et encore l'écoutait-elle dans le poste… Pour elle, le pays des bolcheviks représentait l'enfer sur terre, on y vivait dans une misère si profonde qu'on allait pieds nus dans ses pompes, été comme hiver… Au demeurant, c'était une brave femme que j'adorais : la preuve en est que pour lui faire plaisir j'ai été à la messe du dimanche, ou fait semblant d'y aller, jusqu'au jour où elle fut dans l'incapacité de me surveiller, du haut de la colline qui surplombait la place de l'église. Et je lui ai caché jusqu'à sa mort que j'avais passé ma crise de jeunesse la plus intense au Parti Communiste.

Donc, le fait que le bonhomme en train de courir sur le dessin du 81e rébus arbore des chaussettes rouges, est presque un hasard. Comme je ne pouvais pas le laisser en chaussettes russes sans risquer de plonger les joueurs dans un abîme de perplexité, je l'ai habillé de chaussettes rouges. La couleur, c'était à la rigueur un clin d'œil innocent à ma femme et aux lecteurs du billet de jeudi qui parlait des pieds de Balladur et Fillon. Rien d'autre.

Quoi qu'il en soit, à l'heure où je prépare ce billet, 20h10, personne n'a donné la bonne réponse… À moins qu'un gagnant ne survienne à la dernière seconde pour me faire pousser un post-scriptum de soulagement, il restera une énigme jusqu'à ce que quelqu'un apporte la solution (je profite de l'occasion pour demander des nouvelles de ma championne Madame.b. J'espère qu'elle va bien ?)…

En conclusion, je donne tout de même un indice : ne pas chercher midi à quatorze heures, et se contenter de décrire l'action —mot, sujet, verbe…

P-S: le sujet de ce billet est léger, mais peut-être n'est-t-il pas déplacé de le refermer sur une pensée amicale pour Gabale dans son chagrin de novembre…

Le rébus du dimanche n°81


Le rébus d'aujourd'hui est si simple qu'il peut en devenir difficile. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures, mais plutôt vingt et une que douze… Quoi qu'il en soit, la règle reste inchangée : identifiez dans cette image une personnalité ayant joué un rôle politique important. Comme d'habitude, celle-ci peut appartenir à l'histoire de n'importe quelle époque et d'une quelconque région du monde…
Les commentaires seront modérés jusqu'aux environs de 20h30…

samedi 27 novembre 2010

Cui cui quiz


Ce samedi, je propose au lecteur de passage un petit quiz sur l'actualité de la semaine, telle qu'elle a été traitée sur ce blog…

Lundi, nous apprenions que François Fillon venait de refuser au juge Renaud Van Ruymbeke l'autorisation de perquisitionner certains locaux. Il s'agissait :
A— de la chambre à coucher de Nicolas Sarkozy ?
B— de la DGSE ?
C— de la Comète, au Kremlin-Bicêtre ?

Mardi était jour de fiction, en réponse à des chaînes lancées par PMA et See Mee. L'invitation de cette dernière avait pour but la défense du service public. Comme vous le savez tous, le Service public c'est :

A— la période de 12 mois de travaux d'intérêt général due désormais par les jeunes gens des deux sexes âgés de 18 ans ?
B— la prostitution de plein air ?
C— les activités que l'État se doit d'assurer pour satisfaire la demande sociale de l'ensemble des citoyens dans des domaines jugés essentiels?

Mercredi, Valéry Giscard d'Estaing estimait sur Public Sénat qu'une certaine liste existe. Il s'agit :

A— des rétrocommissions en marge des contrats d'armement avec le Pakistan ?
B— des rétrocommissions dont l'interruption pourrait être la cause de l'attentat de Karachi ?
C— des rétrocommissions dont l'existence est niée par Edouard Balladur ?

Jeudi, on parlait ici de l'opinion de Roland Dumas, ancien président du Conseil constitutionnel, qui jugerait bon de publier le rapport sur les comptes de campagne d'Édouard Balladur. Néanmoins, dans un second billet publié en urgence, un nouveau scandale de la République était dénoncé:
A— l'extinction obligatoire des phares bretons à partir de 22 heures, par mesure d'économie?
B— la fermeture de la gare de Saint-Pierre-des-Corps ?
C— l'embargo sur les chaussettes rouges décrété au bénéfice exclusif des prélats, et de MM Balladur et Fillon ?

Vendredi, ce blog faisait connaître sa candidature au futur Prix Ratzinger qui récompensera :
A— le meilleur billet sur la bière d'Alsace ?
B— le billet le plus raté de l'année avec de bonnes intentions ?
C— un ouvrage de haute valeur théologique ?

Note : le joli camembert en illustration est l'application d'un conseil de blogage d'un éminent confrère.

vendredi 26 novembre 2010

Tweets de foi et d'espérance

Joseph Ratzinger, auteur de textes écrits avec une capote à l'index, sous le pseudo de Benoît XVI, a touché 5 000 000 € en droits d'auteur.

En 2011 seront décernés des «Prix Ratzinger», Nobel de la théologie, financés par la moitié des droits d'auteur confortables de Benoît XVI.

Nous souhaiterions attirer l'attention du jury sur notre billet édifiant : «La religion dans le Grand collisionneur de sottises » (14/9/08).



P-S: j'ai gardé pour mon blog ces tweets égoïstes afin de ne pas donner d'idée à la concurrence. En revanche j'ai retouité les billets appréciés de : PMA, Hermes, Seb Musset, et Christophe

jeudi 25 novembre 2010

Encore un complot !


Le présent billet s'adresse aux pieds du citoyen français mâle, du moins à ceux qui, comme les miens, de pieds, souffrent en silence depuis des années de la tristesse affligeante de leurs chaussettes. Dans la jeunesse de mes pieds, autour des années 60 / 70, il était encore loisible de les parer avec des chaussettes éclatantes. On en trouvait à tous les prix, à commencer par des Dim® bon marché, dans une gamme de couleurs vives qui, au maximum d'intensité, rivalisaient avec la pourpre du consul romain. Les chaussettes rouges étaient à la portée de tous, accessibles au coin de la rue.

Et puis, presque du jour au lendemain, elles disparurent des rayons, au point qu'aujourd'hui la chaussette rouge est devenue un accessoire vestimentaire réservé à l'élite. Que s'est-il passé au tournant des années 90 ? Vous ne le voyez pas ? Eh bien, voici : M. Balladur est apparu dans le paysage politique français, avec son onction cardinalice, et des chaussettes rouges dont on le disait très fier.

Il se voyait en Mazarin, le bougre ! Il ne faut pas chercher plus loin la pénurie de chaussettes de cette couleur qui suivit de peu son accession à de hautes fonctions. Mes pieds imaginent très bien ce qui arriva : on détourna de leur rôle républicain nos services secrets afin que des agents intimidassent tricoteurs nationaux et importateurs d'habillement. Nous vous le disons tout net, mes pieds et moi : ce fut un ignoble complot de la classe politique, révélateur de son atavisme aristocratique.

Mais voici qu'hier, à la lecture que je fis à mes pieds d'un article de Rue89, la vérité illumina mes orteils : M. Fillon, qui partage le goût exclusif des chaussettes rouges de M. Balladur, fait en sorte que l'embargo perdure. Ces accapareurs se fournissent en Italie, chez Gammarelli.
Voilà pourquoi je relaie sans hésiter un appel lancé par mes pieds pour le retour des chaussettes rouges, en grande surface comme dans toutes les bonnes merceries françaises.

Karachi, des langues se délient

On commence à comprendre un peu mieux le refus de certains d'éclairer les coulisses de l'affaire Karachi. Le secret farouche maintenu par le Conseil constitutionnel sur l'examen des comptes de campagne d'Édouard Balladur, n'en est plus tout à fait un…

Roland Dumas qui présidait cette institution à l'époque a craché le morceau amer dans Le Monde. Lisez-le, en particulier sa version papier qui devrait être plus exhaustive, et vous verrez que l'on ne pouvait pas incriminer M. Balladur sans mettre M. Chirac dans l'embarras…
Si Roland Dumas fait ces révélations, ce n'est certainement pas que la situation cornélienne vécue alors l'a laissé bourrelé de remords. Ce doit être plutôt un service qu'il rend au dernier de ses successeurs de droite à la tête du Conseil. Une façon officieuse de lever le secret sans mettre le doigt dans on ne sait trop quel engrenage surréaliste —par exemple : on pourrait annuler l'élection de Chirac en 95, annulant du même coup sa réélection de 2002, ce qui rendrait caduc le mandat de Sarkozy…
Il n'empêche que la curiosité risque de rester vive à propos des sommes suspectes repérées dans les comptes de Balladur.

L'homme du jour, toujours à propos de l'affaire Karachi, me paraît être plutôt le député communiste Jean-Jacques Candelier qui propose de communiquer au juge d'instruction les procès-verbaux de la mission parlementaire sur l'attentat. Il a le sentiment que le refus du président UMP de l'Assemblée de collaborer avec le juge cache la volonté du pouvoir d'étouffer l'affaire.
Finalement, il n'est pas impossible que les familles de victimes apprennent un jour la vérité sur la mort de leurs proches.

P-S : Des primaires improvisées? C'est à lire chez Stef… La journée contre la violence faite aux femmes s'affiche un peu partout, j'ai choisi de vous recommander les billets de Melclalex, PMA et Les coulisses de Sarkofrance

mercredi 24 novembre 2010

Creuser le secret

Valéry Giscard d'Estaing sur Public-Sénat : «Elle existe, cette liste des rétrocommissions, puisqu'on la protège avec le secret-défense. Si elle n'existait pas, on n'aurait pas besoin de la protéger.» C'est beau comme du Raffarin, c'est carré ou bien rond, selon le genre d'évidence que l'on préfère. Cela vous a même un petit côté "Sapeur Camembert" revisité.

— Mon Président, qu'est-ce que je fais de la liste?
— Tu creuses un trou, connard, tu enterres la liste, puis tu plantes un écriteau Secret défense dessus.

— Ah oui ! C'est futé, mon Président ! Comme ça, on saura où la chercher quand on en aura besoin…


Donc il suffirait de creuser dans le Secret défense pour retrouver la liste. La seule difficulté c'est que vous ne pouvez pas creuser à votre guise, on doit vous dire à quel endroit vous avez le droit de le faire. Du coup, il se peut que vous ne trouviez au bout du compte que la facture de traiteur du couronnement de Bokassa 1er

Ne chipotons pas néanmoins sur la satisfaction qu'il y a pour le citoyen de base de voir un ancien président de la République donner une petite leçon de morale. Simplement une leçon, puisqu'il n'en sait pas davantage sur l'affaire des rétro-commissions… On peut juste se demander la raison qui pousse Giscard-d'Estaing à prendre d'une certaine façon le parti des humbles contre le pouvoir.

Faut-il y voir un effet de la haine recuite qu'il voue à Jacques Chirac ? Puisque si les rétro-commissions ont existé, leur arrêt brutal sur ordre de ce dernier aurait provoqué l'attentat de Karachi…

Ou bien faut-il penser que Giscard-d'Estaing serait tout simplement soulagé que Sarkozy le rejoigne pour fonder un club fermé d'anciens présidents n'ayant pas franchi le cap du premier mandat ?
Ce doit être un peu des deux, mais on s'en fiche, pourvu que justice se fasse.

P-S: je vous signale un excellent billet de Romain sur le libéralisme, à travers l'exemple Irlandais…

mardi 23 novembre 2010

Vingt ans de service public en bloguant

20 novembre 2030… C'est poisson, il me revient un truc… Non, je me goure de mot, on ne disait pas poisson. On disait…, on disait : amusant, ou marrant. Marrant c'est plus amusant, en fait. Donc c'est marrant, il me revient un truc… Enfin, au départ je crois qu'il me revenait quelque chose en mémoire, mais je ne sais plus quoi.

21 novembre 2030. Ça y est, je l'ai retrouvée ! Elle était tombée derrière le bureau, dans la baignoire… C'est que j'y tiens, à ma clef USB, je ne sais pas ce que je deviendrais sans elle. Comme ça faisait à peu près un mois ( ou peut-être deux, allez savoir) que je m'abstenais à cause du froid, ce matin j'ai décidé de me laver les pieds. Donc, j'ai poussé de côté la caisse du bureau pour dégager la bassine… Avec la douceur des jours derniers, la glace a fondu et qu'est-ce que j'ai vu au fond de l'eau ? Du rouge…, ma clef USB !

N'allez pas croire que je l'ai reconnue tout de suite, non : je n'avais pas mes lunettes sur le nez. Remarquez, même avec les lunettes, ça demande un effort, vu que le verre gauche est fêlé en étoile. Bon, en tout cas, j'ai fini par me réjouir d'avoir retrouvé la clef, et pour fêter ça, j'ai ouvert immédiatement une boite de soja à l'armoricaine. Avec la clef, c'est facile à ouvrir : vous glissez la languette de la boite dans la prise USB, et vous poussez doucement pour dessouder tout autour du couvercle. Avec les doigts, on n'y arrive jamais, et avec un caillou tranchant vous bousillez tout. Ces nouveaux systèmes de conserves ne valent rien.

22 novembre 2030. Le fait d'être à nouveau en possession de ma clef m'a drôlement secoué, mine de rien. J'ai passé toute la nuit éveillé, à m'agiter dans le lit, tellement qu'à un moment j'ai roulé du matelas… Faut comprendre mon émotion : il y a un sacré bout de ma vie, dans cette clef ! Des fois, j'ai envie de m'offrir un porteur du Service à la personne pour qu'il m'emmène sur son dos à la ville. Je trouverais bien un coin d'ordinateur où enfiler ma clef : à la Poste, il paraît qu'il n'y a plus que ça, quatre murs couverts de machines.
J'ai rêvé éveillé à tout ce que contient ma clef —je veux dire : le trésor de mon passé, parce que bien sûr il ne faudrait pas me demander d'en dresser le catalogue, ni même un résumé. J'ai oublié. Exprès. Il me semble qu'il y a plein de choses écrites, et puis des images avec des gens que j'ai aimés, des trucs d'avant, quoi.

23 novembre 2030. C'est bizarre, depuis que j'ai la clef, on dirait qu'un pêne a glissé dans la purée de mon cerveau. Quelque chose s'est entrebâillé et il y a de la mémoire qui coule… Par exemple, le truc qui me revenait l'autre fois et qui s'est envolé aussitôt, eh bien, je le tiens : c'est un souvenir du temps où je bloguais. Une jeune femme m'avait demandé sur le web d'exprimer mon attachement au service public, et le même jour, d'autres m'avaient mis au défi : «imaginez-vous blogueur en 2030»… J'avais haussé les épaules derrière mon écran, en grommelant : «jeunes couillons, ce n'est pas une idée pour moi, ça !».

Eh bien, 2030 j'y suis ! Quatre-vingt-quatre ans, et quoique je me sois juré autrefois d'en finir avant d'être vieux, je blogue encore… Comme quoi, le verbe crâne, les nerfs décident, et je blogue. Tous les matins, quand j'ai réussi à me mettre debout, je me traîne devant le bureau, je m'assieds comme autrefois, et j'ouvre le couvercle de mon portable. Je passe mon coude sur l'écran pour enlever la poussière, et aux jeunes rayons du soleil qui filtrent par les interstices de la cabane, je me mire dedans.

L'écran est sombre, évidemment, mais cela donne à mon reflet une certaine distance. On dirait que quelqu'un me regarde d'une pièce à côté. «Alors, quelles nouvelles ?» je lui demande. Il me répond n'importe quelle sottise, histoire d'alimenter un brin de conversation. On se moque tous les deux de nos généreux engagements de jadis, la démocratie, la sécu, la défense du service public, et le reste… Toutes ces choses qui rendaient la vie confortable dans notre jeunesse, et qui se délitèrent en une grosse dizaine d'années. Je ris avec cet autre moi dont la bouche est un trou noir dans le noir moiré de la barbe blanche, je ris parce que j'ai oublié comment on fait pour pleurer. Au bout d'un moment, quand j'ai fini d'envoyer des mails vers l'en-dedans, l'ailleurs, et l'au-delà, je referme le couvercle du portable et je sors pisser à pas comptés.


Cette fiction a été inspirée par deux tags : d'abord celui de See Mee, qui me demandait de dire mon attachement au Service public —c'est une sorte de réponse en creux… Ensuite, celui de Nicolas qui, en écho à Lomig, proposait de s'imaginer toujours blogueur dans 20 ans…
J'invite Gildan, M.Poireau, Le solitaire de la lune, Ruminances, Elmone, à prendre la suite…

lundi 22 novembre 2010

Défense de toucher aux secrets

François Fillon vient de refuser de donner au juge Renaud Van Ruymbeke l'autorisation de perquisitionner des locaux de la DGSE, le service de renseignement français. Ceci en vertu du fait que les lieux abritant la DGSE sont protégés par le secret défense. Mais au fait, de quoi est pétri ce fameux «secret défense» que l'on oppose régulièrement à la curiosité de ceux qui sont sensés nous représenter, ou enquêter et juger en notre nom ?

Il repose sur l'article 413-9 du Code pénal :
«Présentent un caractère de secret de la défense nationale au sens de la présente section les procédés, objets, documents, informations, réseaux informatiques, données informatisées ou fichiers intéressant la défense nationale qui ont fait l'objet de mesures de classification destinées à restreindre leur diffusion ou leur accès.

Peuvent faire l'objet de telles mesures les procédés, objets, documents, informations, réseaux informatiques, données informatisées ou fichiers dont la divulgation ou auxquels l'accès est de nature à nuire à la défense nationale ou pourrait conduire à la découverte d'un secret de la défense nationale.

Les niveaux de classification des procédés, objets, documents, informations, réseaux informatiques, données informatisées ou fichiers présentant un caractère de secret de la défense nationale et les autorités chargées de définir les modalités selon lesquelles est organisée leur protection sont déterminés par décret en Conseil d'Etat.»

Dans le cas évoqué plus haut, s'agissant des locaux de nos services de renseignement, on convient sans chicaner qu'ils relèvent de la défense nationale. En refuser l'accès à un juge d'instruction peut donc reposer sur des bases légitimes, et la décision de F. Fillon s'explique (ou plutôt la décision de N. Sarkozy, tant on imagine mal Fillon renouer ses propres lacets sans l'aval du premier).

Toutefois, on sait que le juge n'enquête ni sur notre arme atomique, ni sur nos agents en Afghanistan. Non, il s'agissait pour lui de rechercher des documents sur d'éventuelles rétro-commissions, dans le contexte précédant l'attentat de Karachi.

Ces rétro-commissions, si elles ont bien existé, sont interdites par la loi, et constituaient des malversations financières banales, comme ces pots-de-vin échangés par des trafiquants ordinaires. Bien sûr, l'importance des sommes en jeu et le fait qu'elles étaient peut-être destinées notamment à des hommes politiques, incite à qualifier l'opération de scandale.

D'autant plus que l'opération se serait finalement terminée dans le sang, avec la mort de 11 Français, sur 14 victimes. Quoique l'on se retrouve plutôt dans le registre criminel, il n'y a rien là-dedans qui mette en péril la sécurité du pays. C'est la réputation d'une poignée d'hommes, leur condamnation possible qui est en question, rien de plus.

Alors que vient faire le secret défense là-dedans ? Si un jour prochain Nicolas Sarkozy écrasait en voiture un promeneur sur une route déserte, ferait-on retomber la chape du secret défense sur l'homicide par imprudence ? La République gagnerait en propreté en sanctionnant l'abus du secret d'état —ne parlons pas de démocratie : la France en est de toute façon trop éloignée !

P-S : Sur le site des familles de victimes de l'attentat de Karachi se trouve une pétition demandant au chef de l'État de tenir ses engagements. Elle n'a recueillie actuellement que 2788 signatures… J'avais relayé l'appel à signatures, voici plusieurs mois, mais j'insiste auprès de vous…

dimanche 21 novembre 2010

Six à la manœuvre


La solution du rébus de ce dimanche plutôt difficile a été trouvée par cinq experts et expertes en navigation lexicographique : Passante, Hermes, La Mère Castor, MathRo7i, Mtislav, et Epamin'. Ils ont droit à mes très sincères compliments, parce que je craignais de me retrouver sans gagnant !

Pour imaginer le rébus, ma femme et moi nous sommes appuyés sur la définition du mot «lof» qui, selon le TLF, désigne «le côté du navire qui est frappé par le vent. Aller au lof, venir au lof» . J'ai donc représenté un voilier naviguant au plus près du vent, espérant que mes visiteurs subodoreraient sa venue au lof

Mais ceci-dit, un joueur dont je tairai le nom, car il a perdu, m'a fortement troublé dans sa réponse, en écrivant avec assurance : «Quant à la manœuvre effectuée par le bateau, les anciens marins appelaient cela Lecanuer par bâbord.»

Consciencieux, j'ai recherché le terme dans tous les dictionnaires de marine que j'ai pu trouver. Et voilà que je suis tombé sur un ouvrage du XIXe siècle faisant allusion à cette manœuvre ! J'en ai reproduit la page en illustration de ce billet, associée à une autre d'un «Glossaire nautique» trouvé sur Gallica, qui fait nettement allusion à l'expression «Au loff !» (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Le rébus du dimanche n°80


Le rébus de ce dimanche sera peut-être difficile, puisqu'il repose en partie sur un terme de marine que les navigateurs actuels n'utilisent plus guère… Ceci dit, la règle de ce petit jeu demeure inchangée : il s'agit pour vous de trouver le prénom et le nom d'une personnalité politique. Celle-ci peut être notre contemporaine, ou appartenir à l'Histoire de n'importe quelle région du monde (au besoin, cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Les commentaires seront modérés jusqu'aux environs de 20h30.

samedi 20 novembre 2010

Fin de semaine au Karachigate

Quand même, ça m'embêterait de terminer cette semaine en passant à côté de cette porte ouverte. Presque tout le monde s'y est faufilé derrière les journalistes, alors… Il s'agit de la porte du Karachigate, vous l'avez deviné.

Comme l'a dit Nicolas Sarkozy dans le cadre du sommet de Lisbonne, «le minimum de dignité, c'est de respecter la douleur des familles ». Les proches des victimes de l'attentat de Karachi veulent avant tout comprendre l'enchaînement des responsabilités qui a pu conduire au drame. On ne peut que leur donner raison et reconnaître que nous serions dans les mêmes dispositions d'esprit à leur place.

Ce qui ne nous empêche pas de revenir à Nicolas Sarkozy qui, pour sa part, a fait preuve du maximum de dignité… En effet, il semble bien qu'il respecte par son silence la douleur des familles depuis avril 2008, ne les ayant plus reçues depuis lors, malgré ses promesses antérieures.

Dans cette affaire, les comportements dilatoires, les mensonges, et les blocages du pouvoir, appuyé sur sa majorité parlementaire, n'ont jamais cessé, comme en témoignent les blogs des familles de victimes ou de leurs soutiens sur le web.

L'inquiétude du personnel politique concerné de près ou de loin par l'affaire s'explique aisément et tend à crédibiliser l'hypothèse des rétro-commissions placées à la source de l'attentat. Sarkozy, ministre du budget de Balladur, ayant avalisé la création à l'étranger de la structure financière qui aurait permis de récupérer les commissions illégales, se retrouve mouillé jusqu'au cou. Sarkozy, directeur de campagne et porte-parole de Balladur, ne pouvait ignorer d'où provenait une partie des fonds de la caisse de campagne.

Président de la République et ordonnateur probable des difficultés rencontrées par la justice, il est celui qui aurait le plus à perdre d'une mise en cause confirmée. À ce titre, il mériterait de figurer aussi parmi les suspects d'homicide involontaire par ambition, rancune, et maladresse.

Bref, MM Sarkozy, Balladur, Chirac, et Villepin, pour ne s'en tenir qu'aux principaux protagonistes, sont dans de sales draps, une paire de plus pour chacun. Et comme ils se trouvent appartenir à la même famille politique, malgré leurs inimitiés, le refus des présidents de l'Assemblée Nationale et du Conseil constitutionnel d'aider à la manifestation de la vérité s'explique aisément.
Un jury populaire, comme les aime Sarkozy, se retrancherait sans doute dans son intime conviction pour les déclarer coupables. Sauf surprise, la prochaine session devrait être en 2012. (Prière de refermer la porte en sortant).

P-S: ce n'est pas vraiment en rapport avec ce billet, quoique…, mais on trouvera chez Epamin' une étude fouillée du «Dir'cab», ou directeur de cabinet…

vendredi 19 novembre 2010

Du blog politique au parapluie

Un billet de Mathieu demandait récemment aux blogueurs politiques à quoi servaient «tous ces billets sur le remaniement ?» Nicolas, lui a répondu en élargissant la question : à quoi servent les blogs politiques ?

L'un et l'autre se rejoignent avec la plupart de leurs commentateurs pour répondre : à rien ! C'est aussi mon avis et ce billet pourrait s'arrêter là, constatant que nous puisons tous plus ou moins largement dans le contenu des médias professionnels, à moins d'avoir la chance de disposer d'informations directes. L'essentiel est dit ailleurs.

Le plus souvent, nous reflétons les points de vue de citoyens lambdas sur l'actualité, que nous commentons en fonction de nos opinions. Nous participons à une sorte de super courrier des lecteurs, en liberté… Au mieux, nous constituons un bruit de fond de l'information politique dont les fluctuations d'ensemble peuvent revêtir une signification pour l'observateur attentif : la portée d'un scandale se mesure de plus en plus à son retentissement dans le web.

En fait, seuls les militants aguerris d'un parti, d'un syndicat, ou les blogueurs qui s'investissent à fond dans la politique me semblent bloguer avec un dessein cohérent, le blog formant une extension de leur engagement. Les autres, parmi lesquels je me range, traduisent plutôt leur frustration de citoyens d'être tenus à l'écart de la vie politique, sans compter ce je-ne-sais-quoi d'importance, dont parle très bien Nicolas pour lui-même, qui nous fait publier régulièrement nos billets.

Car la vraie question est plutôt là, que l'on parle politique, littérature, ou tricot : pourquoi blogue-t-on ? Sans doute par futilité, pour exister et s'admirer ? Pour se plier à un exercice quotidien d'écriture ? J'avoue apprécier ce moment un peu acrobatique, quand il faut se lancer sur un bout d'écran vierge, et trouver où tel début d'idée peu me conduire en quelques lignes.

Bloguer sur la politique ne sert donc à rien, disais-je… Et pourtant ! Il faudrait peut-être un jour s'arrêter un peu longuement sur le rôle obscur, mais pourtant ô combien méritoire du parapluitiste dans le sillage des grands de ce monde. Imaginez-le à la peine derrière les chefs d'états, ridicule et cependant pas complètement inutile. Nous sommes un peu comme lui —non que nous protégions qui que ce soit, mais l'information qui tombe dru s'amplifie sourdement sur nos blogs pour rebondir. De même que l'ouverture d'un parapluie avertit le météorologue d'une averse, la reprise de l'info par la blogosphère signale à la presse une intempérie politique à prévoir.
Source photographie Le Temps

jeudi 18 novembre 2010

La vérité dans un puits anglais

En ce moment la presse se fait assez largement un devoir de relever les mensonges et contrevérités débités par Sarkozy au cours de son entretien télévisé. Il y en aurait entre 5 et 9, selon l'élasticité du sphincter moral de chacun, j'imagine. Arrêt sur image en dresse l'inventaire, qu'il conviendra d'ajouter au catalogue déjà impressionnant des impostures du bonhomme.


Ce ne sont pas tant les libertés prises par Sarkozy avec la vérité qui m'étonnent —on commence à bien connaître le matamore—, que l'incapacité des interviewers à le contredire sur le champ. Soit ils n'étaient pas à la hauteur de l'événement par méconnaissance des sujets traités, soit ils se cantonnaient au rôle de faire-valoir par lâcheté.


Et cela nous ramène à cette étrange complaisance dont nous faisons preuve chez nous avec l'éthique politique, ou plus simplement avec la moralité publique. On nous dit souvent que les Français sont indulgents, et c'est particulièrement vrai en matière de vie privée, ce qui semble justifié. On constate qu'ils le sont aussi parfois avec des hommes politiques convaincus de malversations, ce qui est plus dérangeant.


Les médias —la télé d'abord, une partie de la presse— ont leur part de responsabilité là-dedans, en ne se risquant qu'avec un luxe de précautions édulcorantes sur le terrain de la probité des élus. Il faut admettre toutefois que ce n'est pas facile dans notre pays, comme le démontrent les péripéties des scandales d'état que sont les affaires Karachi et Bettencourt.


Nous ferions bien néanmoins de méditer la réaction de nos voisins Britanniques apprenant la nomination d'Alain Juppé au ministère des Armées. Ainsi le Nouvel-Obs nous rapporte que deux journaux londonniens, se basant sur la réaction d'un député conservateur, se disent choqués par cette nomination d'un «criminel condamné».


Certes, la version anglaise de Métro et le Daily Mail ne sont sans doute pas des modèles de raffinement, mais ils nous enseignent du moins que l'on peut très bien porter un tel regard sur un homme politique condamné en justice.


Ce rappel tonitruant du passé d'Alain Juppé, qui n'est pas le pire de nos élus ex-délinquants, beaucoup s'en faut, a le mérite d'attirer également notre attention sur la souplesse sans pareille de la parole d'honneur des politiques français. Qui se souvient encore des promesses de Juppé, main sur le cœur, de se consacrer désormais à sa seule bonne ville de Bordeaux? Allez donc écouter le petit rappel sonore concocté par Slovar sur son blog, que le journal Sud-Ouest a trouvé bon de reprendre dans ses pages !


P-S: je vous signale une démonstration limpide du caractère inapplicable de l'extension des jurys populaires promise par Sarkozy, à lire chez Me Eolas

mercredi 17 novembre 2010

Il faut pourage colitique garder

Boussoir à tons,

En tant que Président des Vieux Popus, j'étire mon chapeau au discours valeureux du Résident de la Publique. Il eusse eut pu décider d'arrêter les frais, après trois ans et demi d'efforts pour rendre un jour chaque Français compétitif avec un Chinois, mais non ! Nicosar LASKOZY a dit : «j'ai compris qu'il fallait que je continuasse de saccager le pays».


Trois chantiers sortent des ténèbres à la lumière de son verbe :

la filiforme de riscalité avec, à terme, la transsubstantiation du foutrier biscal et de la fortune du pot en galette des rois.

l'abolition de la dépendance avec l'adjonction géniale d'une roue de secours au véhicule de la sécurité sociale (lequel en possède déjà 4 : maladie, accident du travail, retraite, famille). Le recours au gonfleur de l'assurance privée permettra d'atteindre la pression de roulement.

la méforme de la justice afin de rapprocher le peuple du magistrat et d'éloigner celui-ci des servitudes politico-financières.

À potron-minet d'une nouvelle bataille électorale, Nicosar LASKOZY a opposé la sobriété du sage à l'intempérance médiatique qui a enivré la France. Dans la houle politicienne et journalistique, le capitaine Résident de la Publique a tenu bon le cap pour foncer sur l'iceberg le plus redoutable de la mer Quinquennale : celui des retraites (le nouveau gouvernement va se relayer aux pompes, dans les soutes, afin d'empêcher le navire de couler prématurément).


Hier, Nicosar LASKOZY a souligné d'une voix douce, mais ferme, des évidures comiques que nous n'avons pas arrêté de creuser par nos tractions sur les retraites : le travail rend vieux, plus de croissants donne plus mal au foie !


Admirons dans l'incandescente homélie de Nicosar LASKOZY sa récalcitrance à changer de direction pendant les deux ans qui restent, et notons la mansuétude de cet homme couvert de fange par les motoculteurs de la calomnie, et qui, en dessous, reste pur et dévoué au pays.



mardi 16 novembre 2010

Salle d'attente

Le rendez-vous est à 15h40, mais prudents, ma femme et moi débarquons avec plusieurs minutes d'avance dans une petite salle d'attente déjà bourrée. De mémoire: six chaises garnies d'impatients des deux sexes, plus deux petits fauteuils vides dans un recoin, des gonflables pour enfants. Faute de mieux, nous nous installons dans les fauteuils de mômes, supputant qu'ils tiendront le choc, compte tenu de nos modestes corpulences.

«Tu arriveras à te relever ?» me souffle ma femme, vaguement inquiète quand nous nous retrouvons au ras de la moquette. Je la rassure d'un haussement d'épaule et me plonge dans la lecture du Nouvel-Obs, que j'ai emporté en prévision d'une brève attente.

L'article raconte l'aventure de Félix, un Corse qui a connu la bonne fortune de découvrir un trésor Romain. Avec ses copains, il plongeait de loin en loin dans les eaux du golfe de Lava, récoltait quelques pièces ou médaillons d'or fin, histoire de mener belle vie pendant un moment…

La lecture pourrait me distraire, si mon oreille droite, qui est la meilleure, n'était assaillie par la discussion nerveuse des gens avant nous. Le thème principal en est la confrontation de leurs heures de rendez-vous respectives. Par ordre chronologique, le premier qui est une première, attend depuis deux heures de l'après-midi, et personne n'est encore passé, parce qu'IL téléphone.

Mon naturel pessimiste prend alors le dessus, compliqué par mon autre naturel, bouillant celui-ci, et je suis vite incapable de suivre les aventures de ce couillon de Félix. Actuellement, je ne sais toujours pas pourquoi et comment il s'est fait gauler dans un train roulant vers la Belgique, avec un plat Romain d'un bon kilo d'or massif…

Au lieu de ça, je songe que nous ne sommes pas près de sortir de l'auberge, qu'il fera nuit, que je n'ai pas éteint l'ordinateur en partant alors qu'il était question d'orage ce matin… Sans compter ce que j'ai à terminer en rentrant, et aussi le coup d'œil à jeter aux nouvelles, histoire de pondre mon billet frais du jour…

La première passe enfin, puis la deuxième, qui était en fait un deuxième, je crois. Nous extirpant des fauteuils, ma femme et moi gagnons des chaises, et je me retrouve face à une dame agitée, un poing crispé sur sa canne, dont les yeux brillent déjà à l'idée de me faire la conversation. Je replonge en catastrophe avec Félix dans les eaux de Lava.

«Excusez-moi, me dit la dame, vous n'auriez pas un bonbon ?»
J'en ai justement dans la poche… Une petite poignée que j'emporte avec deux gauloises. Une cigarette pour l'aller, l'autre pour le retour, les bonbons au milieu, dans l'espoir de moins fumer aujourd'hui. Je lui donne un bonbon et retourne à Félix —en apparence seulement, parce que je me mets à réfléchir à ce que je vais bien pouvoir raconter sur le blog ce soir.

Le remaniement… Marre du remaniement… Ou alors une fiction illustrant l'hypothèse que ce nouvel acte de la comédie du pouvoir était en fait écrit depuis l'été. Depuis la rencontre de Brégançon entre Sarkozy et Fillon. Le but ? Rendre au premier ministre une apparence d'autorité, et son rôle de bouffeur d'impopularité pour la fin du mandat…

«Excusez-moi, vous n'en auriez pas un autre, bonbon?»
Je ne sais pas si Fillon bouffera quelque chose, mais la dame a bouffé tous mes bonbons, et puis elle a été griller dans l'escalier ma seconde et dernière cigarette.

lundi 15 novembre 2010

Forfait vidange et révision

Depuis hier, la grande affaire médiatique est un non-événement : la remise en circulation, après la vidange des cinq mois, du tacot gouvernemental. C'est le fidèle vieux chauffeur de la maison, François Fillon, qui l'a ramené à son maître de l'Élysée. Comme d'habitude, la facture sera envoyée aux contribuables. N'ayant rien à ajouter au flot de reportages, d'articles, et de billets qui tentent de lustrer un véhicule électoral même pas écologique, je me bornerai à passer une brève revue des blogs.

Hier soir, au moment de publier les noms des gagnants au jeu du rébus, retardé par l'annonce officielle du remaniement, j'ai trouvé pratique de dresser une fausse liste de ministres. Surprise : entre le rébus et mon anti-gouvernement, je viens de relever au compteur 640 visiteurs et 1068 pages vues.

Plus sérieusement, Rimbus se demande si Alain Juppé est sarkompatible, notant comme une dissonance sur la dissuasion nucléaire et l'Afghanistan.
Yann Savidan ausculte le Français d'en bas à la lumière du remaniement.
Bah ! By CC, s'inquiète de la migration du portefeuille de l'Énergie vers celui de l'Industrie, et l'arrivée de la loi NOME…

Ce que fait «De tout et de rien» avec le remaniement n'est guère recommandable pour les oreilles, surtout en poussant à fond le son de la très étonnante vidéo qu'il a exhumée…
Dans son analyse, Abadinte voit «un gouvernement de défense» essentiellement taillé pour 2012…
Melclalex, se penche avec compassion sur la déroute des centristes après cette opération. Bonne pâte, il essaie de leur trouver un avenir.

Seb Musset nous offre une sorte de documentaire sur l'art de faire à la télé un remaniement épique avec rien.
Monsieur Poireau ne remanie pas, il rêve de soleil. Un billet pour B. Kouchner?
Homer c'est lancé lui aussi dans l'analyse politique d'Une équipe de Fillon recentrée vers la droite.

Au comptoir de la Comète, on se demande si les verts sont vraiment mûrs ?
Lapidaire, Falconhill essaie de virer à 360° avec Christine Lagarde…
Mon Mulhouse retripatouille, Mon avis t'intéresse compte les têtes tombées, et Guy Birenbaum confronte la nomination de Marie-Anne Montchamp à un secrétariat d'État avec ses propos plus anciens.

Je n'ai rien trouvé au sujet du secrétaire d'État auprès de la ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services, des professions libérales, et de la consommation. Mais je n'avais pas le temps de visiter toute la blogosphère.

P-S: je rajoute à cette revue des blogs un billet de Gildan qui nous donne une analyse vintage du gouvernement…

dimanche 14 novembre 2010

Nouveau gouvernement de la République du Rébus

J'ai longuement hésité toute cette fin de journée sur les nominations au gouvernement de la République du Rébus. Ce n'est pas une mince affaire, pensez : il y avait 24 prétendants et prétendantes de qualité ! Après mûre réflexion, j'ai décidé de nommer à la tête de la nouvelle équipe qui conduira les affaires du Rébus jusqu'à la semaine prochaine, une personnalité issue de la société civile. Ceci devrait rassurer les marchés tout en ménageant les susceptibilités des divers courants de la blogosphère. Voici donc la liste du gouvernement, entièrement composée de personnalités gagnantes au 79e rébus:


Premier ministre : Philzone

Ministre d'État, ministre de la Randonnée, de la Montagne, et des Choses Hermétiques : Mtislav,

Ministre de l'Intérieur et du Dessus : la Mère Castor

Ministre d'À côté et du Dessous : Fidel Castor

Ministre des Finances : Largentula

Ministre de l'Écologie, en charge du Pile-ou-face : Eric Citoyen

Ministre de l'Outremer et des Collectivités territoriales: ZapPow

Ministre des Transports : Omnibus

Ministre de la Justice : IsabelleB

Ministre de la Communication : Céleste

Ministre de l'Impertinence, en charge du Réveille-matin de la République : Nefisa

Ministre du Coup de gueule et des Beaux-Arts : Hermes

Ministre des Affaires étrangères : Natasha A.

Ministre de la Santé : Marie-Georges Profonde

Ministre du Lol et des MDR : Lol

Ministre chargée des Relations entre ministres et des Post-it : Berthe

Ministre de l'Éducation : Epamin'

Ministre des 4 Saisons, en charge du Beau-temps : Bérénice

Ministre de l'Égalité des sexes : Olympe

Ministre de la Musique et de la Répression des canards : Jazzman

Ministre du Marteau de l'État : Mike Hammer

Ministre du Théâtre et de l'Opéra : Gildan

Ministre au Blanc, en charge des Sous-vêtements de la République : Xoth

Ministre des Jardins publics : Solveig


Mes compliments et tous mes vœux de réussite au prochain rébus accompagnent ce gouvernement.

Le rébus du dimanche n° 79



Règle du jeu : trouvez dans ce rébus le prénom et le nom d'une personnalité du monde politique. Celle-ci peut être notre contemporaine ou appartenir à l'Histoire de n'importe quelle région du monde (au besoin, cliquez sur l'image pour l'agrandir).

(les commentaires seront modérés jusqu'aux environs de 20h30)

samedi 13 novembre 2010

Promouvoir son blog avec Facebook

Elmone s'est penché, à la suite d'une ribambelle de blogueurs, sur l'art de promouvoir son blog sur Facebook. Il expédie l'affaire en neuf lignes et me met en demeure de livrer mes secrets sur la question… Je vais essayer de faire au moins aussi bien que lui.

Et pour commencer, je viens de me rendre sur Facebook pour scruter mon profil et mon «mur»… J'ai 120 amis, ça ne fait pas grand monde, mais il est vrai que je prends rarement la peine de répondre aux mails de demandes «d'amitié», et plus rarement encore de solliciter quelqu'un moi-même.

Sur le mur qui m'est dédié, j'ai retrouvé tous mes billets de blog, estampillés de loin en loin du pouce levé d'une aimable passante qui «aime ça». La dernière est Isabelle.B, que je mets ici en lien, afin de fournir un exemple de promotion via Facebook…

Depuis combien de temps suis-je inscrit sur cet étrange machin indiscret ? Aucune idée, mais je me souviens d'avoir sué comme un galérien au début pour parvenir à mettre les flux de mon blog dans le bazar. Par la même occasion j'avais créé aussi une entrée «Le coucou de Claviers» (une Page ?), laquelle ne semble contenir qu'un vieil extrait de billet, complètement périmé… J'ai certainement loupé quelque chose quelque part…

Toutes les semaines, je reçois un récapitulatif de l'activité de ma Page. Le dernier disait ceci: «3 monthly active users +1 since last week. 14 visits this week +11 since last week», toutes les autres informations sont égales à 0. Et ce relevé est loin d'être le plus pessimiste…
D'autre part, d'après Google Analytics, Facebook m'a apporté 45 visites sur le Coucou depuis le 13 octobre.

Voilà. Je n'ai pas de temps à perdre pour aller papoter sur le mur de Facebook, et je ne comprends rien au fonctionnement de ce machin. S'il me fallait remettre le nez dedans pour défaire ce que j'ai fait, je n'y arriverais plus —ainsi je n'aime vraiment pas l'idée que Facebook puisse s'approprier le contenu de mon blog !

Résumé: j'ai lâché mon compte sur Facebook avec une sorte de coup de pied aux fesses pour lui donner de l'élan. Depuis il avance sur son erre…

Pour prendre la suite de cette chaîne passionnante, je tague Nicolas Sarkozy et Frédéric Lefebvre.

vendredi 12 novembre 2010

Pour un référendum sur les retraites

Romain, comme Isabelle d'ailleurs, nous rappelaient récemment l'existence théorique d'un référendum d'initiative parlementaire prévu par l'article 11 de la Constitution, depuis la révision de celle-ci en 2008.

Ce n'est pas un rappel anodin puisque l'Hebdo Politis a lancé à la mi-septembre un appel à un référendum sur la réforme des retraites. Ces derniers jours, avec l'adoption de la réforme par les parlementaires, contre le souhait d'une majorité de Français, les signatures ont particulièrement afflué sur le site qui les recueille. Les 51 188 signatures sont aujourd'hui dépassées. C'est beaucoup, mais il en faut davantage encore !
C'est pourquoi je me joins aux nombreux blogueurs qui soutiennent cette démarche pour vous inciter à signer et faire signer cet appel.

(Attention : le site est submergé de demandes, il est nécessaire d'être patient et de ne pas renoncer au premier échec de connexion. Ma méthode : à l'affichage d'une «Internal Sever Error» ou «Service Temporarily Unavailable , je reviens aussitôt à la page précédente et je clique à nouveau sur «Pour signer l'appel»… Il m'a fallu recommencer deux ou trois fois et attendre 4 ou 5 minutes avant de franchir l'obstacle…)

Faites-nous rêver !

En ce moment les signatures affluent sur le site ouvert par Politis.fr pour exiger du pouvoir l'organisation d'un référendum sur les retraites. La possibilité d'un tel recours est prévue depuis la révision constitutionnelle de 2008. L'éventualité d'un tel référendum, proposé à l'initiative de 1/5 des parlementaires soutenus par 1/10 des électeurs, est en effet désormais gravée dans le marbre de la Ve République.

Sauf que… pour devenir réellement contraignante pour le régime sarkozyste, il faudrait qu'une loi organique en ait fixé les modalités, rendant cette disposition effective. Or, si Nicolas Sarkozy s'est dépêché de faire valider les modifications constitutionnelles accroissant ses pouvoirs, il s'est en revanche bien gardé de donner vie à deux points essentiels de ces modifications :
—la fin de l'irresponsabilité présidentielle,
—le référendum d'initiative parlementaire.

Autrement dit, nous ne sommes pas assurés qu'un ras-de-marée de signatures le fera davantage fléchir que 3 millions de Français dans la rue, mais ça vaut largement le coup d'essayer !

Et cela me donne l'occasion de revenir sur une préoccupation récurrente dans ce blog : la démocratie. Comme Nicolas le relevait, comme M. Poireau et d'autres encore, je crois que la gauche ne pourra pas gagner en 2012 avec seulement des propositions techniques, de la prudence, et du flou artistique à la Fabius*. Il faut aussi, il faut surtout, nous faire rêver, nous enthousiasmer pour un avenir dans ses pas.

Soyons réalistes cependant et n'espérons pas la démocratie, mais un vrai petit pas vers celle-ci : promettez-nous de revenir sur les dispositions référendaires mort-nées de Sarkozy. Promettez-nous un référendum d'initiative populaire: 1/10 (voire 1/15 si vous préférez) des électeurs déclenchant l'organisation obligatoire de la consultation, que cela plaise ou non aux parlementaires et au pouvoir.

*Fabius : Le NouvelObs, prêtait récemment à Fabius l'évocation d'une citation de Retz, favorite de F. Mitterrand : «En politique, comme en amour, on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment.»

jeudi 11 novembre 2010

On a perdu Frédéric Lefebvre

Le Parisien a mis la puce à l'oreille du NouvelObs.com et je suis tombé sur cet entrefilet qui me donne encore le frisson : Frédéric Lefebvre a disparu !

Quand on y réfléchit, c'est bien vrai : voilà plusieurs semaines que l'on est sans nouvelles du talentueux porte-parole de l'UMP… Pourtant, il s'est passé pas mal de choses en politique ces temps derniers, qui auraient mérité les feux de son éloquence: l'espionnage de journalistes sur ordre probable du pouvoir, le vote de la réforme des retraites, etc. Que lui est-il arrivé ?

Il semblerait qu'à trop se shooter à la balourdise, il frôlait une overdose d'impopularité préjudiciable à son ambition politique. Aussi a-t-il entrepris une cure de désintoxication, très à la mode en ce moment. Silence médiatique du matin au soir, à peine quelques mots susurrés au creux d'oreilles amies pour faire connaître son fol espoir à qui de droit…

Dans le nouveau gouvernement en gestation, il se glisserait volontiers sur un strapontin de secrétaire d'État au Tourisme. Rien que ça ! On voit que l'abstinence a aiguisé l'ambition d'un bonhomme que l'on aurait plutôt imaginé sous-secrétaire d'État aux Communiqués aléatoires.

mercredi 10 novembre 2010

Gloire au libéralisme et à Claude Allègre


Au moment de me lancer dans le billet du soir, me voici perplexe devant deux sujets possibles. Le premier m'est suggéré par Nicolas, qui me demande, ainsi qu'à d'autres blogueurs, de trouver «des conditions pour défendre le libéralisme». Ce n'est pas que le libéralisme soit pour me déplaire, en théorie, mais son avènement m'apparaît utopique en diable, si bien qu'il est un peu vain de s'attarder sur lui.

En effet, qu'est-ce que le libéralisme ? C'est une opposition résolue à tout ce qui ressemble à de l'absolutisme, tout ce qui tend à brimer la liberté et le libre choix de chacun. Les libéraux souhaitent un pouvoir tenu en laisse, moi aussi.

Mais dans sa version la plus dynamique, le libéralisme devient nettement plus ambitieux puisqu'il prône la disparition totale de l'état et se fie en chaque individu pour vivre en harmonie avec ses semblables. Au passage, il change d'étiquette et devient doctrine libertaire, que l'on connaît mieux sous le nom d'anarchisme. Dans ce cas seulement, il y aurait pas mal de raisons de défendre le libéralisme, mais les réserves restent hélas, les mêmes: son avènement n'est pas pour demain, ni après…

Il y a un tout un paquet de brillants penseurs libertaires: de Makhno à Kropotkine, en passant Bakounine ou Reclus… Il y a aussi pas mal de héros de ce libéralisme-là : Ravachol, Mariette Soubère, Jules Bonnot… Avec eux, le libéralisme économique avait du punch…
(Au dernier moment, je viens de m'apercevoir que CC a traité le sujet avant moi sous cet angle… Je ne vais pas recommencer, allez donc la lire !)


L'autre sujet de billet, mais il me reste peu de temps pour le traiter, est le cas Claude Allègre. Voilà un pur génie scientifique de notre époque aux prises avec un sort contraire, qui mérite attention, sinon compassion. Certains tousseront sans doute au mot génie, mais j'objecte que sa contribution à la théorie du réchauffement climatique, rejetée, justifie cette appréciation. Les génies ont été souvent méconnus, les méconnus ont souvent du génie : voilà deux preuves péremptoires de l'excellence de M. Allègre.

Où voulais-je en venir, déjà ? Ah oui ! Claude Allègre lutte vaillamment depuis plusieurs années pour retrouver le chemin du pouvoir. À plusieurs reprises, il en était tout près, mais chaque fois des langues de vipères, des malfaisants se sont manifestés dans les médias pour lui barrer cette route. Or, ces temps-ci, à l'approche d'un remaniement ministériel important, son heure pourrait enfin sonner.

Afin d'imposer silence aux persifleurs, nous l'avons vu apposer sa signature au bas du rapport sur le réchauffement, avec un stoïcisme digne du grand Galilée. Croit-on qu'il s'est renié pour des prunes ? Par ce geste de paix envers la communauté scientifique, il a donné au président l'occasion d'appeler au gouvernement une personnalité sans tache.

Et aujourd'hui, l'hebdomadaire Le Point publie un long et pourléchant hommage de Nicolas Sarkozy par Claude Allègre. Un esprit supérieur comme le sien ne pouvait rester muet devant les multiples qualités d'homme d'état de notre président. Il le lui fait savoir, et nul doute qu'il sera cette fois entendu. Je le verrais bien à l'Environnement, pas vous ? Quoi qu'il en soit, à eux deux, ils feraient une paire magnifique.
source image

Pour continuer la chaîne de Nicolas, je vais demander à Dedalus d'y consacrer un moment, après la Malédiction des Atrides… À Ferocias aussi, pourquoi pas ? Et enfin à Marie.

mardi 9 novembre 2010

Le songe de Nicolas

Ce matin là, au réveil, elle le trouva très pâle, assis au bord du lit, rongeant ses ongles et le regard plein d'effroi.
—Qu'est-ce qui se passe, tu es malade, chouchou ?
Il secoua la tête et répondit d'un ton lugubre :

— C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit.
Le général de Gaull' devant moi s'est montré,
Comme au soir de sa mort pas loin de la télé.
D'un exil des vivants il revenait glacé,
Plus grand qu'avant encor, drapé de dignité,
Qui de son ventre fort estompait la surcharge ;
Le front haut de celui qu'a plus peur des sondages.
«Tremble, vibra sa voix, me remplissant d'émoi.
Gaulliste de mes deux, la France n'est pas la proie
Que tu vas dépecer dans le dessein coupable
D'enrichir tes amis aux coffres insatiables.
Ni l'état qui rassemble et veille sur vous tous,
Ni l'honneur du pays, ne seront tes joujoux.»
Son spectre au bout du lit tendit un bras qui grince ;
Moi, j'ai cru qu'en partant, il me tendait la pince,
Mais je pris dans la face un soufflet monstrueux
Et de tout le pays monta un rire honteux…

(mes excuses à Racine)

P-S : Puisqu'on parle (un peu) de Racine, allez donc faire un tour chez Martine qui nous présente «Bérénice»… C'est l'anniversaire de la mort de de Gaulle, Melclalex nous offre un petit recueil de ses citations… Et si vous avez la curiosité de relire les promesses de Nicolas Sarkozy en 2007, c'est chez Yann Savidan que vous les trouverez, car elles ont disparu des tablettes de l'UMP… Enfin, Isabelle nous parle du référendum d'initiative parlementaire

lundi 8 novembre 2010

La République dans l'ambulance


On ne tire pas sur une ambulance, c'est un précepte de morale politico-médiatique; seulement dans ce dernier contexte. On sait bien qu'à la guerre, il n'est pas rare qu'une ambulance soit prise pour cible. Pourtant, il y a ambulance et ambulance, tout dépend qui est dedans.

Prenez le cas de ce pauvre Borloo, que l'on dit malade : il souffrirait selon la rumeur de gastro-remanimentalite sévère… On ignore s'il est vraiment atteint, et si le pronostic le concernant est seulement établi. Tirer sur lui, c'est risquer de l'achever, alors que tout compte fait, il pourrait nous faire passer de bien meilleurs moments au gouvernement que ce pisse-froid de Fillon.

Avec lui, par exemple, il serait peut-être possible de savoir quelle attitude adopter avec l'ambulance présidentielle. Celle qui protège encore Sarkozy, vous voyez? M. Borloo, une fois premier ministré, aurait la possibilité de convoquer un Grenelle des affaires d'état. Ce serait très utile d'apprendre si M. Sarkozy souffre ou non d'un vieux syndrome de corruption électorale. Le mal se serait manifesté à l'époque du Karachigate, et un virus Bettencourt l'aurait, dit-on, réinfecté au cours de sa campagne pour la conquête de l'Élysée.

Aujourd'hui à nouveau, on apprend par Mediapart et d'autres journaux, qu'un ancien chauffeur des Bettencourt témoigne que Sarkozy aurait bien été chercher de l'argent chez ces braves gens en pleine campagne électorale.

Le risque de gangrène n'est tout de même pas à prendre à la légère! Il y a des pays où l'on ne badine pas avec ce mal: on y aurait déjà réséqué le président pour sauver la république. Donc, un Jean-Louis Borloo à la tête du gouvernement, avec sa marotte des Grenelle, parviendrait sans doute à dissiper nos inquiétudes quant à ce qui se passe en haut-lieu. On sortirait Sarkozy de l'ambulance, on montrerait à tout le pays les signes de sa maladie, ou les simples rougeurs d'une allergie bénigne aux médias. Ensuite, au besoin on ferait vite une loi pour opérer la République, et tout rentrerait dans l'ordre.
Comme quoi, en certain cas, il peut être salutaire de tirer dans les pneus d'une ambulance. Pour voir.
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P-S: le Goncourt Goncourt, c'est Houellebecq, celui des blogs est à venir, mais «Les Endettés» de Seb Musset est en tête… Bérénice s'est décidée à lâcher la plage pour nous offrir les couleurs de l'automne… Christophe rend hommage à mon amie la Gauloise sans filtre. Il a bien raison.