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mercredi 30 juin 2010

Les fossoyeurs de la Cinquième

Ségolène Royal a qualifié le régime sarkozyste de corrompu. Elle avait indiscutablement raison, puisque l'on ne cesse de dénoncer depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy la dégradation continuelle des valeurs morales au sommet de l'état. Arnaud Montebourg évoque quant à lui la concussion comme marque de fabrique de la Ve République, si l'on fait l'inventaire de tous les scandales anciens ou récents qui ont entaché celle-ci, il n'a pas tort non plus.

Pendant que nous y sommes, on pourrait ajouter sans exagération la prévarication, ou manquement grave aux obligations d'un mandat. Ainsi, la mentalité qui prévaut dans le régime actuel se retrouve à peu près cernée, sans que rien n'empêche d'y ajouter d'autres ornements négatifs si d'aventure la lumière est faite un jour sur quelques secrets jalousement gardés. Le rôle exact de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, dans le système de rétro-commissions soupçonné d'avoir conduit à l'attentat de Karachi, par exemple.

Après plus de cinquante ans de «paix gaullienne», la Cinquième est entrée en décadence accélérée avec ces scandales à répétition qui ne sont que les dessous fangeux d'une politique profondément injuste. Quand on avait reproché à de Gaulle certaines caractéristiques peu démocratiques de «sa» constitution, il avait répondu quelque chose du genre: «croit-on qu'à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur?» Avec le recul, nous savons qu'il n'en a rien été, en effet. Avec le recul, nous avons mesuré aussi que cette constitution autorise toutes les dérives, tous les abus. Elle ne nous a pas donné un dictateur, mais avec N. Sarkozy, c'est un véritable autocrate que nous avons finalement hérité.

Si la pression médiatique ne faiblit pas, si l'opposition décide que les petits calculs ne sont plus de saison, il est probable que la plus exposée en ce moment des figures du sarkozysme, M. Woerth, devra démissionner. Et pas seulement de son poste de trésorier de l'UMP —une fausse sortie. Néanmoins, si cet homme que l'on prétend de qualité, a pu s'autoriser les dérives qui lui sont reprochées, si d'autres membres du gouvernement, comme M. Blanc, en ont pris à leur aise avec l'argent des Français, l'exemple venait de haut… C'est tout le gouvernement qui devrait démissionner aujourd'hui, mais Nicolas Sarkozy, l'homme dont l'arrogance et le sans-gêne ont favorisé cette déchéance, qui le démissionnera?

Nous vivons sous un régime autoritaire dont le chef se croit tout permis, inattaquable, irresponsable. Nous pouvons mesurer combien cette république et ses acteurs principaux sont devenus insupportables. Alors, qui nous ouvrira le rêve d'une république régénérée, une Sixième République qui s'éprendrait de la démocratie?

P-S, en contrepoint de ce billet, je vous renvoie à droite chez l'ami FalconHill qui n'est pas du même avis… Gauche-de-combat relaie l'appel à la grève des auditeurs de France-Inter… Le Mange-rêves a rouvert ses portes!

mardi 29 juin 2010

Faut-il augmenter Eric Woerth?

La dernière charlatanerie du sarkozy de la république, Nicolas Sarkozy, faisant mine d'innover en matière de sobriété et d'éthique gouvernementale, suscite beaucoup de commentaires. Les critiques les plus aimables relèvent que presque toutes les recommandations de l'Élysée ont déjà été formulées depuis plusieurs années, sans produire d'effet. Beaucoup observent que la première mesure significative aurait dû être l'abandon des 170% d'augmentation que s'est fait attribuer M. Sarkozy dès sa prise de fonctions. Et puisque l'on parle de coupe dans les dépenses somptuaires, la revente immédiate de l'Airbus commandé par le président s'imposait. L'appareil, plus les aménagements de ce petit Versailles volant, représentent 176 millions d'euros inutilement gaspillés. Pire: pour répondre efficacement aux besoins supposés de transport d'un chef d'état, l'acquisition de cet appareil appellera nécessairement tôt ou tard l'achat d'un second avion, afin de prévenir les périodes d'indisponibilité du premier.

Depuis qu'il a cessé de faire illusion aux Français et chaque fois qu'une nouvelle affaire éclate, Nicolas Sarkozy pratique l'enfumage de l'opinion. L'affaire du Karachigate dans laquelle il est mis en cause, les indignités de ses ministres s'ajoutant les unes aux autres, sont autant d'explications à ses coups médiatiques clinquants. L'annonce sur la réduction du train de vie de l'état en fait donc partie.

Ce n'est pas pour rien si elle survient en plein scandale Woerth… Il aura néanmoins fort à faire, même avec l'aide de François Fillon, pour sauver le ministre du travail de la démission forcée. Mediapart rend public aujourd'hui de nouveaux enregistrements où l'on entend Patrice de Maistre, gestionnaire de Mme Bettencourt, dire à propos d'Eric Woerth : «et en plus c'est lui qui s'occupe de vos impôts, donc je trouve que c'était pas idiot»… Puis ceci encore, à propos de l'engagement de Mme Woerth: «(…) quand je l'ai fait, son mari était ministre des Finances, il m'a demandé de le faire (…)»
Si le gouvernement au complet ne tombe pas, c'est vraiment qu'il y a quelque chose de pourri dans la République: sa tête.

Tous ces remous, aux dernières nouvelles, se concentraient surtout autour du train de vie de l'état. M. Sarkozy aura au moins réussi son coup auprès des médias et du personnel politique… L'inquiétude qui se fait jour à l'Assemblée quant aux implications que cela pourrait avoir pour les parlementaires produit des effets qui ne manquent pas de sel. Ainsi Bernard Accoyer, président de l'Assemblée, commentant le numéro d'esbroufe élyséen, lâchait notamment: «les indemnités de fonction d'élus et de membres de l'exécutif sont en France comparables à ce qu'elles sont dans les pays démocratiques. Il y a exigence à ce que ces indemnités mettent les élus à l'abri de toute forme de pression extérieure»

La conclusion est au choix: soit M. Accoyer prend les Français pour des cons, soit il y a urgence à multiplier par 100 les indemnités des élus.

P-S Romain lance un concours de blagues: le gagnant emporte un abonnement d'un an à «Arrêt sur Images»Tout sur la manière d'être heureux comme cochon en Bretagne? C'est par là

lundi 28 juin 2010

Éric Woeth hallali ?

La savane politique résonnerait en ce moment de «taïaut, taïaut!» poussés par les veneurs du PS, et le gibier ainsi forcé serait le ministre Eric Woerth. C'est du moins le point de vue haletant de ce dernier, et celui de Xavier Bertrand, Secrétaire général de l'UMP. M. Bertrand fustige une «chasse à l'homme» du Parti socialiste, et l'on pouvait l'entendre sur France Inter dénoncer «cet acharnement qui fait du mal à la démocratie. Le procédé est ignoble.»

Ce sont là des propos colorés de l'immense culot qui est la marque principale de l'état sarkozyste. Dans une république, le moins que l'on puisse attendre de l'opposition c'est qu'elle dénonce sans relâche ni faiblesse les manquements du pouvoir à l'éthique politique.
Or, sur la même antenne de France Inter, on a pu écouter à deux reprises en quelques jours l'avis de Michel Sapin, ancien ministre socialiste des Finances. Dans un langage quasi diplomatique, M. Sapin laisse entendre qu'il y a bien eu faute dans le mélange des genres pratiqué par Eric Woerth, mais il se retient de réclamer sa démission. Tout au plus presse-t-il le ministre du travail de choisir entre son portefeuille et sa fonction de trésorier de l'UMP.

Du PS, se sont élevés aussi les reproches étrangement modérés d'un François Hollande, et si Jean-Christophe Cambadélis souligne l'évidence: c'est «l'ensemble du gouvernement qui est discrédité», on n'a pas jusqu'à présent l'impression d'une volonté unanime de sonner l'hallali de M. Woerth. Espérons qu'il ne s'agit pas simplement de thésauriser le mécontentement de l'opinion en vue de la présidentielle, tout en espérant que la camarillas sarkozyste mènera à son terme le sale boulot des retraites…

Quoi qu'il en soit, de tous les soupçons qui s'accumulent chaque jour sur le ministre et avec lui sur tout le gouvernement, il en est un qu'il ne faudrait pas perdre de vue… Il s'agit des trois chèques que Mme Bettencourt aurait signés en faveur de Valérie Pécresse, Eric Woerth, et Nicolas Sarkozy. Les enregistrements pirates diffusés par Mediapart précisent clairement ces trois noms. Et c'est bien de Nicolas Sarkozy qu'il y est question, et non pas de l'UMP comme on essaie de nous le faire croire à présent.

L'existence de ces chèques rend grotesques les paroles de Xavier Bertrand citées en tête de ce billet, sur le mal fait à la démocratie. Il faut, comme je l'ai déjà dit, un culot proprement sarkozyste pour oser utiliser ce terme dans un tel contexte. Si le peu de démocratie que nous connaissons a subi un dommage, c'est avec l'élection du plus mauvais président de notre histoire que cela s'est produit. La démission de M. Woerth serait juste, la démission de Nicolas Sarkozy serait plus juste encore, et une vraie bonne nouvelle pour la démocratie.

dimanche 27 juin 2010

Les jeux sont faits

Le rébus de ce jour était facile, mais peu de personnes ont proposé une réponse, par rapport au nombre de visiteurs. L'énigme était simple, à condition bien sûr de ne pas se laisser emporter dans la mauvaise direction… L'actualité brûlante de ces derniers jours pouvait inciter certains à voir une allégorie du gouvernement dans l'image. La benne, le tas de vieilles godasses dégageant de mauvaises odeurs, connotaient une idée de démission générale trompeuse. Car le héros de ce jour n'était ni Eric Woerth, ni François Fillon, ni même Nicolas Sarkozy dont le retrait de la vie politique alimente tant de fantasmes citoyens.
Non, l'homme en question n'était pas de chez nous. Cinq fines mouches seulement ont donné la solution: Lolobobo, Madame.b, ZapPow, la Mère Castor (c'était son jour pour décrocher le pompon), Epamin'. Bravo à leur clairvoyance dont vous pourrez juger par les réponses en commentaires.

Rébus du dimanche


Règle du jeu : trouvez dans ce rébus le prénom et le nom d'une personnalité du monde politique. Celle-ci peut-être notre contemporaine ou appartenir à l'Histoire de n'importe quelle région du monde (cliquez sur l'image pour l'agrandir).
(les commentaires seront modérés jusqu'aux environs de 20h30)

samedi 26 juin 2010

Un petit chèque à Dieu


Ce matin là, Mme Sotenlong prenait son petit déjeuner, verveine et biscuits aux brocolis, quand on lui annonça son gestionnaire. Dès qu'il fut introduit, elle posa sa tasse et l'apostropha d'un ton angoissé:
— Alors mon très cher Marcel?
— Sauvée, vous êtes sauvée Nadine!
—Je peux garder mon dressing aux Seychelles, alors? Dieu soit loué! J'ai tellement mal aux pieds, voyez-vous mon bon, avec ces vilains souliers que je suis obligée de porter en pays Franchois. L'empereur ne se rend pas compte de la souffrance qu'il impose aux dames de qualité, avec son impôt inique sur la chaussure… Et d'abord, pourquoi faut-il payer cette odieuse chose, hein, je vous le demande?
— Je vous l'ai déjà expliqué, Nadine.
— C'était il y a longtemps, j'ai oublié.
Un soupir discret fusa par les narines de Marcel.
— Nicolas Premier, notre bien-aimé empereur, se méfie des souliers depuis qu'un Irakien en a lancé une paire sur le président Bush. Il a donc créé cette taxe afin de prévenir un tel attentat contre sa personne. C'est très efficace: tout le petit peuple est aujourd'hui déchaussé faute de pouvoir payer l'impôt. Vous ne trouveriez même pas une paire de charentaises chez la populace, en pays Franchois.
— Ah, je me souviens, maintenant, merci mon bon Marcel! Vous disiez que je ne serai pas poursuivie par le fisc pour les chaussures non déclarées?
—Voilà, Nadine… Il vous suffit de signer trois petits chèques de rien que je vous ai préparés: un petit pour Mme Pâturonne, un autre pour le sapir de la Cassette impériale, et le dernier pour l'empereur… Avec ça, vous serez à l'abri de tout souci du côté fiscal.
Nadine Sotenlong jeta un coup d'œil sur les chèques, comptant les zéros avec ses doigts, puis elle reprit, soucieuse:
—Et si cela venait à se savoir?
—Personne n'en saura rien, mais si cela était, vous pouvez dormir tranquille: nous ne sommes pas en France, que diable!
La brave milliardaire tressaillit à l'évocation de ce dernier pays, et dit à voix basse en fermant les yeux:
—En France ! Le ciel me préserve d'y mettre jamais les pieds…
—Là-bas, à la moindre preuve de corruption, ils vous traînent un ministre en justice, ils vous renversent un président.
—Quand j'ouvre Le Journal, je ne lis jamais les articles du Journaliste sur la France: sans quoi j'ai l'impression de plonger dans l'enfer de ma tante…
— L'enfer de Dante, vous voulez dire, Nadine?
— C'est ça, merci mon bon Marcel. Dans ce pays abominable, ils ont des journalistes plus teigneux que mes chiens, et des hommes politiques tellement intègres qu'ils ne peuvent supporter le moindre écart!
—Nous sommes en pays Franchois, ma chère Nadine, remettez-vous. Ici, c'est le bien-aimé Nicolas Premier qui décide du bon et du mauvais, du juste et de l'injuste.
— Vous trouvez toujours les mots qu'il faut pour me rassurer, vous êtes une perle, Marcel… Et si je faisais aussi un petit chèque à l'archevêque, pour qu'il prie Dieu de nous garder longtemps notre grand Empereur?
—Bonne idée, Nadine… Vous n'avez qu'à signer, je compléterai l'ordre et la somme…»

source lointaine: Mediapart

P-S, pendant j'avais la tête ailleurs, Arf a publié deux textes à lire vite: «La fête des écoles» et «Les platanettes»…

vendredi 25 juin 2010

L'ordre règne à France Inter


J'ai écouté la dernière chronique de Didier Porte, pour le Fou du roi. Le public de Bordeaux, d'où l'émission était diffusée, lui a réservé un triomphe. Ses chroniques étaient inégales, mais c'est un peu la loi du genre: il est difficile d'être bon quotidiennement. En tout cas, je ne me suis jamais senti dérangé par les charges qu'il menait contre les personnages politiques en vue.

Dès la nomination à France Inter de deux arrivistes, on savait à quoi s'attendre: le ménage de la station serait fait avant que s'amorce la période cruciale de la campagne présidentielle. Le vieux faux jeton Jean-Luc Hees, et le demi-vieux, demi-patron de presse, demi-artiste, jésuite complet, Philippe Val, arrivaient pour faire la besogne du maître avec toute la rouerie dont ils sont capables. Au fil des saillies assassines de S. Guillon et D. Porte, ils ont peu à peu préparé les esprits à l'éviction des deux humoristes, pour finalement passer à l'acte avant l'été. C'est toujours sur l'été et le bienheureux je-m'en-foutisme des Français en vacances que comptent les politiques et leurs suppôts pour faire passer les basses manœuvres.

Il s'agissait donc de nettoyer l'antenne avant la rentrée et de faire en sorte qu'à la fin force reste au propriétaire des ondes publiques, Nicolas Sarkozy. Parce c'est bien de cela qu'il s'agit: M. Sarkozy ayant fait main basse sur les médias du service public et servi habilement la soupe à MM. Hees et Val, ces derniers se devaient de manifester la reconnaissance du ventre. Qu'ils soient perdus d'honneur —pour le peu qu'un Philippe Val imaginait peut-être conserver—, ne les empêchera pas de dormir. Les gens de cet acabit ne voient que le pouvoir reçu, quelques mois ou quelques années à jouir de son exercice, et misent sur le temps qui change la boue en poussière pour retrouver la complaisance de leurs pairs. Espérons qu'ils se trompent et que leur servilité d'aujourd'hui leur vaudra une vieillesse amère.

Une des leçons de cette affaire, c'est que M. Sarkozy se permet tout, mais ne supporte pas d'être brocardé comme il le mérite. Il peut insulter («Casse-toi, pauvre con»), mais on ne peut lui rendre la monnaie de sa pièce, sans être immédiatement interpellé par une police qui ressemble parfois à une police politique, et condamné en justice. La loi nous dit que le présidenticule est président et qu'il aurait droit à ce titre à des égards que de moins en moins de gens sont disposés à lui témoigner. La loi est ingrate: pourquoi devons-nous rester silencieux face à un homme qui ne nous inspire aucun respect et dont le fantôme de légitimité ne repose plus que sur la complicité du personnel politique?

Image détournée de "L'ordre règne à Varsovie"

mercredi 23 juin 2010

Rescapés du quinquennat ?

Vous avez Nicolas Sarkozy qui marche, marche, profil presque bas, en tout cas moins arrogant quoique toujours aussi cynique. Il avance accroché à son mandat, l'œil en coin sur le peuple, toutes ses pensées braquées sur l'horizon 2012. Pourtant il en a pris des catastrophe sur la tête! La crise qui lui explose à la figure alors qu'il vient tout juste de vider les poches de l'état avec son paquet fiscal. Les dessous malpropres de l'attentat de Karachi, où l'on trouve son nom cité avec une insistance croissante. La retraite mobile, celle qui cavale devant vous à mesure que vous prenez de l'âge. Les enregistrements de l'affaire Bettencourt. Et j'en passe bien d'autres! N'importe qui aurait déjà été éjecté de l'Élysée pour moins que ça, politiquement mort. Lui il marche encore.

Vous avez ces ministres surpris dans des pratiques peu glorieuses, Mme Amara et son appartement, M. Joyandet et son permis de construire, M. Blanc et ses cigares, Mme Boutin et son pactole de retraitée laborieuse, pour ne parler que des plus récemment médiatisés. Ils marchent, marchent obstinément vers le bout de leur mandat, de leur mission.

Vous avez M. Woerth en situation pour le moins embarrassante, après les enregistrements rendus publics par Mediapart. Dans un pays démocratique, il aurait été emporté par la vague scandaleuse, il aurait même coulé à pic. Mais non, il marche toujours lui aussi, réconforté par son berger Nicolas. «Ce sont des polémiques stériles et insensées», qu'il a dit, le berger.

Ils marchent comme ces trois moutons rescapés du désastre de l'est varois, dont j'ai publié les photos dans le billet précédent. J'aurais pu les mettre ici, mais les moutons, c'est innocent presque par définition. Ils se seraient retrouvés en mauvaise compagnie.

P-S la manifestation prévue demain à Draguignan a été annulée en raison des événements tragiques de la semaine dernière.
P-P-S côté littéraires, Arf publie son Reflet, et Dedalus le chapitre 8 de «Le jour d'avant- Lulli»…

Sauvée des eaux, 4323 et ses sœurs cherchent un toit

C'était vendredi dernier, quatre jour après les inondations catastrophiques sur notre région… Hans et Anna, nos amis, ont photographié ces brebis, encore boueuses, qui marchaient au bord de la route. Elles devaient appartenir à l'un des nombreux troupeaux engloutis un peu partout dans la région. Trois mille de leurs congénères sont mortes, on a retrouvé des cadavres jusque sur les arbres… Celles-ci ont survécu, donc, et marchaient vendredi, du côté des Gorges de Pennafort.
Cinq jours après, aujourd'hui, on les a brusquement vues surgir au bout de notre chemin, à Claviers. La distance n'est pas énorme certes, mais à travers bois et broussailles, en cassant la croûte, ça prend du temps. La moins timide des trois se nomme 4323, c'est tout ce que l'on sait d'elle… Il paraît que les brebis sans troupeau et sans berger peuvent marcher sans fin, jusqu'à la mort… S'il y a un berger blogueur de la région qui connaît Miss 4323, il pourrait peut-être faire quelque chose pour elle et ses deux sœurs?


photos: Anna & Hans, Isabelle

P-S, il se pourrait bien que 4323 soit un bélier, mais comme je n'y connais rien…

mardi 22 juin 2010

Draguignan, une semaine après


Ces jours-ci, la Mairie de Claviers a organisé une collecte pour les sinistrés de Draguignan, Figanières, et autres lieux de la région. Sont recherchés des vêtements, de la literie, des meubles, des chaussures —et plus particulièrement des bottes. Les bottes, notamment, ça tombe bien: nous en avons deux paires en rab à la maison. Comme la collecte a lieu ce matin, et que ma femme et moi partons trop tôt pour nous rendre à la mairie, nous emportons nos petits dons directement à Draguignan.

Il fait un temps de curé, ce matin, ô combien! Si vous tirez de cette expression la conclusion qu'il ferait bon se la couler douce dans le jardin du presbytère, vous aurez à moitié raison. Un ciel bleu pour enfants de Marie, avec juste ce qu'il faut de nuages pour rompre la monotonie, et du soleil… Quand on descend par le raccourci qui vient des collines, tout est dans l'ordre ordinaire: les virages à droite sont bien à droite et ceux à gauche bien à gauche ; la chaussée est propre, lavée de frais. Dans le bas, en approchant des quartiers périphériques, une bouche d'égout crache de l'eau comme une fuite discrète, on pourrait presque passer dessus sans s'étonner.

On entre en ville par l'Avenue de Grasse, et l'asphalte prend une teinte ocre pâle des plus banales: on voit ça partout après une bonne pluie, au débouché d'un chemin de terre. Cependant nous sommes en ville et il n'y a plus de chemins de terre depuis longtemps. De loin en loin, on voit quelques tas de détritus informes, des traînées de gravier. Mais plus on rentre dans la ville, plus les couleurs guillerettes des façades intactes de souillures vous soulagent le cœur. Les terrasses de café de la place Claude Gay vous tendent leurs accoudoirs de fauteuils sur les pavés à peine brunis: amis touristes ne boudez pas, tout est comme avant.

Vous pensez peut-être que j'ai l'air fin avec mes bottes de caoutchouc dans le coffre? Ah oui, c'est vrai, les bottes… Nous vaquons d'abord à nos affaires dans le centre-ville, à peine encombré de quelques camions de pompiers ici et là. Des tuyaux partent des camions, et plongent dans des caves d'où ressort parfois un bonhomme équipé de ces cuissardes de pécheur à bretelles, crotté jusqu'à mi-taille. Et je me rends à la banque, parce qu'il faut bien… Le distributeur automatique est hors service, mais le sas d'entrée de l'agence bée, accueillant comme il est rare de trouver sa banque… À l'intérieur, on nettoie le sol boueux dans une odeur fangeuse. Un vigile veille, je ne sais pas sur quoi, mais il veille, c'est son métier. Trois personnes tiennent le guichet d'où ne sort pas un rond, dévolu qu'il est aux opérations sans espèces. Notez que cette agence, quoique située en bordure du centre-ville, n'est pas particulièrement excentrée, ni surtout me semble-t-il située à priori en zone inondable. En tout cas, ma troisième tentative pour trouver ailleurs un distributeur de billets en état de marche est la bonne. N'importe qui a vu pire au lendemain des fêtes de fin d'année.

C'est ensuite que les choses se gâtent, pour tenter de rejoindre le supermarché, situé lui, sur une éminence, mais en pleine zone inondable. À mesure que l'on s'éloigne du centre, les tas de débris boueux se font plus nombreux, plus élevés; on en saisit l'odeur au passage. Il y a portes ouvertes à la prison dont on emmène une vision fugitive plongeant jusqu'à ses entrailles. Et des barrières surgissent, gardées par des CRS qui vous empêchent d'entrer dans la zone industrielle. Aimables, ils viennent d'ailleurs, et sont donc infichus de vous dire par où passer pour faire vos courses. On finit pourtant par trouver, en explorant toutes les voies d'accès… Je passe sur les rayons dégarnis, pour égrener rapidement les carcasses de voitures retournées, échouées dans les coins les plus inattendus, les nuées de poussière soulevées par les camions, les lieux dévastés où il est encore interdit de circuler. La catastrophe crève encore les yeux dans cette partie de la ville où tout n'est que tas de déchets, de boue qui sèche au soleil.

Ailleurs, au cœur de la ville, la vie a repris un visage présentable, presque normal. Roulant avec nos bottes et nos modestes dons vers le Secours Populaire, qui est installé dans une petite rue, nous voyons ici et là des gens racler la boue des rez-de-chaussée. On voit de temps en temps des combinaisons fangeuses quitter quelque lieu de misère bien caché. Sur le boulevard, des jeunes filles portant gilets de la Ville de Marseille, crottées jusqu'aux oreilles, embarquent en riant dans un 4x4 qui les emmène sur un chantier. «Ah! les bottes, c'est très demandé», me dit la dame du Secours Populaire. Maintenant, sous le soleil revenu, chez nous la détresse se cache, mais elle est toujours là, et peut-être le pire est-il encore à venir.
Au fait, l'expression «un temps de curé», parlait à l'origine d'un temps à curer les ports crasseux…

lundi 21 juin 2010

Le Maréchal Président dans le Var


Le président Patrice de Mac Mahon, en visite dans les communes sinistrées du Var, s'est écrié: «Que d'eau ! Que d'eau !». Le préfet lui a répondu: «Et encore, vous ne voyez pas le dessous…» Nicolas Sarkozy, en visite dans l'est varois s'est écrié: «On ne construira plus en zone dangereuse et il n'y aura plus aucune commune qui n'aura pas son Plan de prévention des risques»… Personne ne lui a répondu: «Sera-t-il donc interdit de rouler en voiture et de sortir dans les rues les jours de pluie dans les communes inondables, monsieur le Président?»
La plupart des victimes se trouvaient hors de chez elles lorsqu'elles ont été emportées par les eaux…
En théorie, le quartier le plus exposé de Draguignan, se trouve être une zone industrielle… Faudra-t-il transporter les hangars, les docks de matériaux, les palais de Carrefour, d'Inter-Marché, etc, au centre-ville?
Le jeune homme de 19 ans qui a été emporté par le courant se trouvait sur la place du Dragon: c'est dans la partie haute de la ville, ancienne… Le torrent boueux, charriant des pierres, des débris de toute sorte, ne venait pas d'une rivière, mais des routes et chemins au-dessus. S'il y a lieu de prendre des mesures, ce serait peut-être pour limiter le bitumage et les constructions anarchiques sur les collines.
Quant au village de Figanières, qui, contrairement à ce qui a été écrit un peu partout, n'est pas perché, mais situé depuis des siècles dans une sorte de couloir étriqué entre les collines, s'il y a problème et non pas fatalité (ce qui reste à prouver), ce devrait être un problème d'aménagement urbain en amont et aux alentours immédiats…

La visite du Maréchal Président m'a fait oublier mon projet initial d'évoquer les propos d'Eric Woerth, dans la foulée de la tempête soulevée par les enregistrements rendus publics par Mediapart… Ce matin Eric Woerth déclarait sur France Inter: «Est-ce que j'ai une tête à couvrir la fraude fiscale?»
C'est lui qui pose la question, n'est-ce pas? Si j'avais été présent, je lui aurait dit: «Oui, monsieur. » Évidemment, je peux me tromper, je l'admets sans peine. Néanmoins, la situation dans laquelle il se trouve aujourd'hui, me fait rejoindre une fois de plus Eva Joly qui demande sa démission. Et je constate aussi que Benoît Hamon, au nom du PS, s'est abstenu de réclamer cette démission. La volonté de ménager l'adversaire et de traiter les petites affaires politiques en famille, devient de plus en plus évidente. Où faudra-il aller chercher une opposition digne de ce nom?
source image

P-S pour les éventuels lecteurs varois : la Mairie de Claviers a mis en ligne un document téléchargeable qui rassemble toutes les informations utiles sur les suites des intempéries. J'extrais ces trois adresses d'associations recueillant les dons financiers ou en nature, et qui les redistribuent:
«Pour faire un don ou pour obtenir du mobilier et électroménager Contacter Entraide Dracénoise 04 94 67 28 73 46, Rue Lombard - Draguignan

Faire un don ou obtenir une aide alimentaire et vestimentaire à Draguignan *: (produits frais et produits bébés)

Secours populaire 12 avenue Patrick Rosso - Draguignan Tous les jours sauf week-end de 9h à 12h et de 14h à 18h

Saint Vincent de Paul 15 rue de l’observance - Draguignan Vendredi 18 juin et du lundi 21 juin au jeudi 24 juin de 9h30 à 11h30

Secours Catholique
Maison des œuvres – Le Clous 2 Avenue du 4 septembre - Draguignan »

dimanche 20 juin 2010

Le rébus du dimanche



Dans ce rébus se cachent le prénom et le nom d'une personnalité politique, d'une quelconque région du monde et de n'importe quelle période historique (vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir).
Solution dans la soirée, la modération des commentaires est activée.

samedi 19 juin 2010

L'événement politique

L'événement politique de la semaine n'est pas un fait nouveau, c'est la confirmation de ce que tout le monde a compris depuis longtemps: il y a bien eu des «rétro-commissions illicites» dans les ventes d'armes au Pakistan.

L'événement politique de la semaine dure depuis des années: c'est tous les obstacles, toutes les entraves imposés au juge chargé d'instruire le dossier. Ce juge, Marc Trévidic, et son greffier, qui sont notamment laissés seuls, sans moyens pour enquêter.

L'événement politique de la semaine, c'est la déclaration du procureur de Paris estimant que la nouvelle plainte déposée par des familles de victimes de l'attentat de Karachi, viserait des infractions prescrites. C'est donc encore la démonstration que cet homme n'est à son poste que pour assurer en justice la protection rapprochée de Nicolas Sarkozy.

L'événement de ces dernières années jusqu'à aujourd'hui, c'est que dans tout pays où règne l'état de droit, donc tout pays moins pourri que le nôtre, Nicolas Sarkozy aurait été acculé à la démission depuis longtemps. Il est vrai que l'état de droit ne peut concerner un pays où la séparation des pouvoirs est une fiction. Il suffit de lire la revue de presse établie par Seb Musset pour se rendre compte de l'étonnement des pays étrangers vis-à-vis de la complaisance coupable de nos médias dans cette affaire.

Et que dire des têtes politiques de notre opposition, qui se gardent bien d'attaquer frontalement la maison Sarkozy, que dire de leur complaisance honteuse?

Rien, il vaut mieux ne rien en dire, ne pas soulever le paillasson qui recouvre la même pourriture.

vendredi 18 juin 2010

La pelle dans la politique


La pelle a joué un grand rôle dans l'histoire politique de l'Europe en général et la nôtre en particulier. En lisant le billet consacré par Nicolas à ce sujet, je me suis souvenu d'un petit dessin perdu dans les cartons, qui cataloguait quelques pelles remarquables du XXe siècle…
De gauche à droite et de haut en bas, on reconnaîtra: la pelle du 18 juin que l'on ne commente plus ; la pelle du grand Lénine ; la pelle ou écope de Conflans —qui se révéla insuffisante pour éviter le naufrage à Michel Rocard ; la pelle de Cochin, de Jacques Chirac, ce bien-aimé des ménages français ; et enfin la pelle jetable dont use et abuse Nicolas Sarkozy, si bien qu'elle ne se rattache à aucun lieu précis.

jeudi 17 juin 2010

La météo et puis quoi?

Hermes parle dans son dernier billet des inondations dans la Dracénie, et souligne que la population aurait pu être alertée plusieurs heures avant que ne soit atteint le seuil critique des précipitations. C'est possible, je ne sais pas trop que penser à ce sujet.

Par contre, s'agissant de la ville de Draguignan elle-même, l'ampleur de la catastrophe ne m'a pas étonné. Il y a près de vingt ans au moins, je souriais en écoutant des vieux du village de Callas qui prophétisaient «un malheur» pour l'avenir. Ils critiquaient l'urbanisation des parties basses de la vaste cuvette où est située la ville, évoquant je ne sais plus quelle inondation mémorable pour eux…

Moins loin dans le temps, des incendies ont détruit la forêt qui couvrait plus ou moins les collines environnantes. Avant la forêt, il y avait eu des oliveraies en terrasses, contenues par des murets bien entretenus… Les oliviers disparus, la forêt a ruiné ces berges retenant la terre. La forêt brûlée, le sol n'était plus guère protégé que par des broussailles ou des arbrisseaux… Des maisons individuelles sont parties à l'assaut des collines, on en a vu pousser sur toutes les hauteurs. Des toitures, des terrasses, des chemins goudronnés: tout cela recueille l'eau sans l'absorber. Un toit et une terrasse donnent naissance à un ruisseau à la place du chemin. Des toits, des chemins, rejoignent la petite route en torrent, celle-ci une plus grande route devenue rivière… Et l'eau dévale vers la ville. Ce n'est certainement pas la seule explication à l'ampleur de la catastrophe, bien sûr, mais il y a de quoi réfléchir.

mercredi 16 juin 2010

Sale temps

Hier c'était le déluge, une rupture de canalisation au ciel, et là-haut, on ne fait pas les choses à moitié… Je me disais en regardant les colonnes de flotte nous dégringoler dessus, que le père Noé avait de l'avance sur nous. Dans le temps, on avait une alerte météo vraiment efficace, la ligne directe avec le maître des intempéries. «Allô Noé? C'est Dieu… Ton coin est en alerte rouge, alors grouille-toi de te construire une arche…» Nous, dans le Var, nous n'avions que Météo-France qui nous annonçait une alerte orange. Orange, pensez! Vous voyez beaucoup de conducteurs s'arrêter à l'orange, en ville?

Il me semblait difficile d'évoquer ça de façon documentaire, les journalistes sont là pour ça. Comment parler du reste, de ce qui ne se laisse pas décrire si facilement? Je ne suis pas allé à Draguignan aujourd'hui, et je n'irai pas me plonger dans le malheur d'autrui sans nécessité avant un moment. Je peux simplement donner un petit témoignage de seconde main: quelqu'un de notre famille s'est rendu à Draguignan ce matin. Un père inquiet qui allait prendre des nouvelles de ses jeunes enfants. Ils habitent avec leur mère au premier étage d'un immeuble… Il les a retrouvés couverts de boue dans un appartement dévasté irrémédiablement. Mais ils étaient vivants, eux.

Ceci dit, aujourd'hui il faisait soleil, il me semble sentir s'évaporer toute l'humidité emmagasinée dans ma cervelle, un brouillard paresseux s'en dégage qui m'empêche de voir le reste du monde. La réforme des retraites est cachée, difficile de parler de ce que l'on ne voit pas. Par contre je pourrais faire un bout de billet sur l'ironie qui sourd des petites calamités de la vie ordinaire : nous n'avons plus d'eau au robinet. Deux canalisations se seraient rompues sous l'effet des pluies, et le réservoir de la commune s'est vidé. Il faut que je parte en quête d'un ou deux packs d'eau… À demain!

lundi 14 juin 2010

Plutôt rire que désespérer

Il y a presque une dizaine de jours, Yann, qui ne doit pas manquer d'optimisme, s'est mis en quête de trois raisons de désespérer. Et comme il n'est certainement jamais à court de lucidité, il a trouvé en contrepoint trois raisons de se réjouir… Après quoi, il m'a demandé ma propre vision de l'avenir sur ces bases, ainsi qu'à l'Hérétique et quelques autres. L'Hérétique a traité la chose en six aphorismes, et me rappelle ce devoir en souffrance. Je vais donc vaticiner à mon tour en six tweets, ces modernes apophtegmes qui sont à la parole sentencieuse ce qu'une fanfare municipale est au chœur des anges.

Trois raisons de ne plus se lever:

Encore 28 jours de Coupe du Monde jusqu'au 11 Juillet, torture qui ne dispense ni du gavage aux matchs endogènes ni des tenailles cyclistes.
La France sera l'organisatrice de l'Euro en 2016. Avec un peu plus de malchance ce pourrait être Nicolas Sarkozy qui préside l'inauguration.
Notre société demeurera prise en étau entre la mondialisation et la finance reine. Tout ce que nos pères ont chèrement conquis disparaîtra.

Trois raisons de se réveiller de bonne heure:

Les Bleus seront éliminés de la Coupe du monde de foot, ce qui nous vaudra une baisse d'intérêt immédiate des sportifs de comptoir français.
La sortie des Bleus fait perdre trop d'argent aux télévisions, TF1 dépose son bilan. Nicolas Sarkozy accroche Domenech à un croc de boucher.
2012: Eva Joly est élue au second tour. Elle devient la première femme présidente, démocrate, à parler le Français avec un accent norvégien.

À qui passer le scalpel et la boule de cristal? Eh bien, à mes trois voisins: Céleste, Hermes, et Gwendal

dimanche 13 juin 2010

Le shah, la chatte, et les gagnants


Il fallait le craindre, et j'avoue l'avoir redouté un moment: le rébus de ce dimanche pouvait receler un piège pour les lecteurs fidèles de ce blog. Toutefois, l'idée que m'avait proposée Suzanne, fort séduisante, impliquait obligatoirement une image trompeuse.

De quoi s'agit-il ? Eh bien, les visiteurs de ce dimanche auront remarqué la photo d'une tête de chatte, en bonne place sur l'étiquette de deux savons de Marseille. Une chatte et Marseille, porte de l'Orient… Le rapprochement avec les shahs d'Iran était irrésistible, n'est-ce pas? Et le lecteur attentif du Coucou ne pouvait ignorer l'allusion faite dans un billet (à moins que ce ne soit un commentaire, mais peu importe), à la chatte Samba, ornement de notre petite ménagerie familiale. Une jeune chatte aussi sourde que le fut Nasseredin Shah (1848-1896), selon une légende tenace. Le piège se refermait alors, fatal. Car d'une part, rien ne prouve que Nasseredin Shah ait été sourd, et nous avons l'habitude d'asseoir nos rébus sur des certitudes. D'autre part, ce n'était pas lui le héros de l'énigme dominicale.

C'est pourquoi je suis en fin de compte soulagé de constater que personne n'a été réellement abusé par cette fausse piste. En tout cas aucun des quatre gagnants d'aujourd'hui, soit, par ordre d'arrivée au sommet: Nefisa, Madame.b, Isabelle B., Mtislav. Bravo à eux !

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Le rébus du dimanche


L'idée du rébus de ce dimanche m'a été offerte sur un plateau, ou presque, par Suzanne, du Merle Moqueur… Ce qui ne change rien à la règle du jeu : trouvez le prénom et le nom d'une personnalité du monde politique cachés dans le dessin… Celle-ci peut-être notre contemporaine ou appartenir à l'Histoire de n'importe quelle région du monde. Cliquez sur l'image pour l'agrandir…
(les commentaires seront modérés pour tenir les réponses secrètes jusqu'à ce soir)

samedi 12 juin 2010

Tous les résultats, plus un

À treize heures, sur France-inter, ils n'ont cessé de parler de la coupe du monde de balle-au-pied que pour évoquer la rencontre entre le quinze de France et les boks de ressort, autre nom des antilopes sauteuses sud-africaines. Ils ont aussi annoncé en détail le concours de décibels qui devait débuter au Mans et se poursuivre jusqu'à demain. Pour être exhaustif et juste, je dois dire qu'il a été aussi question, brièvement, d'un procès quelque part dans l'Aveyron, il me semble. Quoi qu'il en soit, ma tête était si bien vidée par le discours du bonhomme qui parlait dans le poste —que d'aucuns, pas gênés, appellent un journaliste—, si bien vidée que tout s'est envolé aussitôt.

Que faire? Poursuivre mon œuvre pédagogique, en instruisant le lecteur sportophobe des choses qui se déroulent implacablement malgré lui et moi.
Le Nigeria aurait, si j'ai bien compris, empêché l'Argentine de perdre en acceptant de recevoir un but dans son filet. On suppose que cette issue a été âprement négociée au préalable. Ce traité dit «un à zézo», met en tout cas le tango à la deuxième place provisoire du top B.

Parallèlement, la Grèce minée par sa dette et les privations de la rigueur, aurait aisément concédé deux buts à la Corée du Sud. Il s'agissait d'un paso-doble comptant pour le top B, à moins que ce ne soit le C, ou le A? En effet on peut se demander l'intérêt qu'il y aurait de rassembler toutes les danses hispaniques dans le même top.

Enfin et surtout, il faut relever le brillantissime succès de nos valeureux pervenches, qui surent ne rien céder à l'Uruguay, comme à Verdun. Il semblerait, d'après Mme Bachelot qui suit tout ça de près, que notre équipe ferait son entrée au top B', catégorie danse mondaine. Toutefois, il faudrait refaire les calculs pour vérifier que cette annonce n'est entachée d'aucune erreur. Et je n'ai plus le temps: l'Angleterre affronte les USA tout à l'heure, je dois commencer à faire chauffer le poste.

vendredi 11 juin 2010

Spécial fin du monde


Sale temps pour le carnétiste de fond ! Le tout blogosphère qui se pressera ce soir à la Comète sera trop occupé à se congratuler pour sacrifier une minute à lire le moindre billet. La forte concentration d'iPhone's à prévoir sur les lieux ne devrait servir, parions-le, qu'à saturer la cage à oiseaux Twitter, de gazouillis plus ou moins biturés. Il ne faut toutefois pas jeter la pierre à nos brillants congressistes du Kremlin-Bicêtre, car il y a un second et bien plus formidable écueil à la fréquentation des blogs ce soir: la coupe du monde de penalties.

Tous les yeux vont se tourner dès bientôt vers l'écran de télévision, à l'intérieur duquel se déroulera un match crucial pour nos rouges valeureux. Espérons que le blizzard ne se mettra pas de la partie, troublant les images de flocons, en cette lointaine Terre Adélie organisatrice de la messe internationale. Car il s'agit bien d'une messe, durant laquelle nous serons tous comme une seule femme, en parfaite communion avec nos blancs champions. Que le dieu des esquimaux veille sur leurs moufles! Notre cœur saigne à la pensée de l'extrême difficulté de réussir une passe de quille à droite, sur une banquise en pleine débâcle en raison du réchauffement climatique. Mais ils gagneront, nos myosotis! Ils auront les oreilles et la queue de chaque Amazonien, n'en doutons pas. Vive la république, et vive le ping-pong!
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jeudi 10 juin 2010

La France en route pour le podium du bonheur

Savez-vous que la France a progressé au Wikio du bonheur —enfin, un équivalent du Wikio, plutôt? Oui, oui ! Alors que mon blog et moi descendions du 3e au 7e rang du Nirvana de la blogosphère politique, la France elle, grimpait de 4 degrés dans l'indice mondial de la béatitude, et se hissait à la 11e place. J'ai découvert ça en lisant le dernier numéro de Science et Avenir. Les champions du ravissement, sans surprise sont européens et nordiques: la Suède arrive en tête, puis la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, et la Finlande. La liste exhaustive du top 30 serait fastidieuse, je m'arrête là…

Je vois dans notre progression les effets miracles des potions que nous administre le bon docteur Sarkozy. Et dire qu'il décline dans l'estime des Français! Nous sommes un peuple d'une grande ingratitude! Tenez, avez-vous seulement noté l'autorisation qu'il vient de donner pour les jeux en lignes? C'est une mesure qui, à elle seule, nous fera gagner au moins quatre places de plus au prochain classement. Désormais, il nous sera bien difficile de trouver une excuse pour ne pas avoir du rêve plein la tête, en attendant d'y mettre du plomb, pour ceux qui ont la chance d'avoir un revolver à la maison.

Si je peux me permettre un conseil à M. Sarkozy, à l'approche de la prochaine élection présidentielle, ce serait de songer dès à présent à nous faire distribuer quelques fioles de félicité. Cela ne reviendrait pas plus cher que la campagne de vaccination contre la grippe A, et nul doute que nous lui en serions reconnaissants, l'urne venue. Un petit cocktail d'adrénaline, de sérotonine, et de dopamine pour le matin: une goutte ou deux dans le bol du petit déjeuner. Pas plus: il ne serait pas convenable que les hommes partent au travail en bandant, ou les femmes en hurlant à la lune… Pour le soir, une goutte d'ocytocine et la félicité suédoise est assurée.
Si le projet intéresse en haut-lieu, j'accepte par avance d'être chargé d'une mission d'étude. Le salaire habituel me conviendra très bien.

P-S, mon billet d'hier en deux tweets de 140 signes a inspiré Homer , Gildan, et Tambour Major: c'est réussi.

mercredi 9 juin 2010

Madame Boutin en deux tweets


Avec pension parlementaire, casuel de conseillère et salaire de missionnaire, Christine Boutin discourut du monde et nous rendit tous babas.


Elle fit ce que j'aimerais faire si j'avais casuel de conseillère, pension parlementaire et salaire de missionnaire…#maréponse@EricMainville

(très, très librement inspiré d'Albert Apolinary qui voudra bien m'excuser en son repos)


P-S Ce billet en deux tweets de 140 signes chacun a été rédigé à l'instigation d'Éric de Crise dans les médias —voir son commentaire à mon billet d'hier—, en espérant que sa lecture ne l'épuisera pas trop?
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mardi 8 juin 2010

Mon compteur stupide et moi


«Compteur, mon vieux compteur, dis-moi: pourquoi es-tu si con
Ça n'a pas fait un pli, sa loupiote verte a cessé de clignoter pendant presque une minute. Je l'avais choqué, mon brave compteur électronique d'Edf. Cette chute de tension brutale passée, il a fini par me dire d'un ton peiné:
«Je ne comprends pas, ô mon maître ! Je ne suis pas si con. Vous me faite sl'honneur de me loger sous votre toit, et pour que vous ne soyez jamais dérangé par aucun agent d'Edf qui relève votre consommation, j'envoie des informations à la petite boite qui se trouve à plus de vingt pas d'ici, au bord du chemin…
—Attends, Sidicé (son vrai nom c'est S10C2, mais il aime bien que je l'appelle Sidicé), attends! que je lui réponds. Inutile de prendre la mouche, c'est une simple constatation, formulée un peu familièrement, je te l'accorde, mais néanmoins exacte. Tiens, pour ne prendre qu'un exemple: tu me parles des agents d'Edf qui viennent te relever… Or, il y a belle lurette que ce ne sont plus les gars d'Edf qui s'en chargent, mais des sous-traitants, des couillons qui changent sans arrêt et qui ne connaissent pas le quartier. Résultat, ils ne trouvent jamais le bidule pour relever et ils viennent me déranger!
—Excusez-moi de vous contredire, ô mon maître, mais votre défunt compteur Bleu était bien plus bête que moi! Vous appuyez sur mes petites touches pour programmer le chauffage de votre cumulus la nuit, interrompre la pompe à chaleur quand vous passez au plein tarif, et je vous tiens au courant de tout ce que je fais sur le répétiteur de la cuisine. Quand je vois la vie en bleu et à bon marché, vous le savez, si c'est en blanc, je vous le dis, et si je compte en rouge, je sonne pour vous avertir! Feu le Bleu n'aurait jamais fait ça, et ne parlons pas de votre premier compteur tout noir qui ne savait carrément rien faire… Il sautait pour un rien, vous me l'avez dit vous-même. Lui, il était franchement con!
—Fais attention à ce que tu racontes, on pourrait t'entendre et t'accuser de racisme. Je ne veux pas d'ennuis, moi. Tes arguments ne font pas le poids, je regrette de le constater, car je t'aime bien, au fond. T'as une jolie loupiote verte, tu sais?
—Merci, maître, je ne demande pas mieux que de vous plaire encore longtemps.
—Ça, par contre, j'ai bien peur que tes jours soient comptés, si j'ose dire Sidicé… Je viens de lire dans le journal que le Nouveau Compteur Intelligent arrive.
—Pff! J'en ai entendu parler, sa réputation est très surfaite! Oui, nous causons entre nous, les compteurs, par le biais de la basse tension… Uniquement pendant les heures creuses, quand vous dormez, bien sûr!
—N'empêche… À ce qu'on dit, il va me permettre de faire des économies, le Nouveau Compteur Intelligent. Grâce à lui, il n'y aura plus besoin de relevé tous les six mois et je ne serai plus dérangé par un ahuri perdu sur le chemin. Il causera de ma consommation chaque jour avec Edf. On suivra très finement ma dépense d'énergie.
—Encore un paquet de gens qui va se retrouver au chômage, quoi.
—Hum… Écoute plutôt: il paraît que je pourrai ajuster cette consommation à mes besoins réels…
—C'est déjà le cas, non? Et puis, je vous signale que moi, vous m'avez eu gratuitement, ou pour pas grand chose, en tout cas… Votre futur Nouveau con, il va vous coûter un max, moi je vous l'annonce: 230 euros, ou plus…
—Comment ça? Il ne manquerait plus qu'on me fasse payer le compteur, maintenant! Je suis peut-être ton maître dans les faits, mais pour la loi, je te rappelle que tu es la propriété d'Edf.
—En tout cas, il vous faudra payer pour avoir mon remplaçant, une sale pute, en qui vous ne pourrez placer aucune confiance.
—La jalousie t'égare!
—Savez-vous ce que sera l'une des plus notables améliorations de votre abonnement, grâce à lui? Si vous êtes en retard dans le paiement des factures, ils pourront vous couper le courant sans même se déranger. Comme pour le téléphone.
—Bon, je ferai attention, voilà tout.
—Il y a encore une petite chose… Savez-vous aussi qu'ils en ont installé 19.000 du côté de Tours, et qu'il n'y en a que 8 qui fonctionnent comme prévu? Pardonnez-moi, mon maître, mais je crois bien que c'est vous qui serez le con de l'histoire.»
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P-S Parmi les billets que je tiens à vous signaler ce soir, il y a celui de Martine: Musique ! On enterre… Arf ne veut pas y aller, mais moi je vous conseille le contraire: allez lire chez lui. Pareil chez Balmeyer, d'ailleurs, sa Directrice vous attend !

lundi 7 juin 2010

Les blogs, la mouche, l'actualité et moi


Denis, qui s'étripe virtuellement depuis hier avec Nicolas sur l'admission des blogs moribonds aux urgences de Wikio, ou de Google, préconise au blogueur de soigner son contenu pour survivre. Notez bien, que je ne suis pas certain d'avoir tout compris du débat: il se peut qu'en réalité Google et son compère soient en fait accusés d'euthanasie de la blogosphère? Je précise ça pour me garantir de reproches éventuels, parce que tout le monde ne partage pas mon envie d'en rire.

Quoi qu'il en soit, prenant la recommandation de Denis très au sérieux, je me suis gratté la tête en songeant à mon contenu de ce soir… Comment remplir ma page de substance originale que vous ne trouverez nulle part ailleurs que chez moi?

Voilà. Nos oliviers sont couverts de fleurs. Pour l'heure, ce sont de ravissants grapillons de petites billes vert tendre, pas plus grosses que des couilles de fétus.* Enfin, j'imagine: personne dans la famille ne nous a encore montré d'échographie significative. Disons que c'est une licence poétique et n'en parlons plus. En tout cas, les fleurs sont sur les arbres, il y aura des fruits, dont il restera encore une partie appréciable après le passage de la canicule, des coups de mistral, et des attaques de la mouche.
Ah! cette mouche! Il y aurait de quoi remplir dix contenants virtuels avec sa vie, son œuvre qui consiste essentiellement en des méfaits terribles. Mais pas aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur encyclopédique. Je voulais simplement me livrer à une observation tellement originale que personne d'autre dans mon village ne pourrait la faire… Il y a bien deux ou trois ans que je n'ai plus taillé nos oliviers, et côté fructification, ils se portent beaucoup mieux depuis que je leur fiche la paix. Ils se pourrait donc qu'au printemps prochain nous puissions renouer avec des salades à l'huile de la maison, laquelle nous aura coûté cinq ou six fois le prix au litre d'une bouteille en grande surface.

Sinon, je pourrais aussi vous donner des nouvelles du ruisseau sec qui borde le pré: j'en ai tondu les ronces le mois dernier, mais tout semble à recommencer, c'est presque pire qu'avant! La vie est dure, allez! Je parle de la vie du blogueur en quête d'un contenu original, que les maisons Google et Wikio hisseront dès ce soir en tête des recherches sur «olive, mouche, ronces» pour le premier, et des buzz d'actualité essentielle pour le second.

Enfin, il me semble à la fois honnête et intéressant de signaler à mes lecteurs que le village de Claviers, à ma connaissance du moins, ne compte aucun aïeul dont la longévité pourrait éblouir les foules. Ce qui est par contre le cas de celle de Turinah… Elle a 157 ans, vit dans un village de Sumatra depuis 1857, en fumant ses cigarettes aux clous de girofle depuis toujours… Les autorités du coin ne doutent pas de son âge, même si elle n'a plus ses papiers d'identité: sa fille adoptive a 108 ans… Épatant, non? Si vous voulez en savoir davantage sur cette brave Turinah qui doit ruiner sa caisse de retraite, rendez-vous sur le site du NouvelObs.com où j'ai fait sa connaissance.

Notez pour terminer que je n'applique pas les conseils de Denis jusqu'au bout : je ne commente même pas le commentaire de l'Obs, et je mets un lien vers ma source.

fétus* il n'est pas interdit de comprendre fœtus —voir le commentaire de Suzanne

dimanche 6 juin 2010

Lassie chien fidèle, ou mes cinq amies Flicka ?

Le rébus d'aujourd'hui, quoique reposant sur une illustration très simple, était un peu plus complexe que d'habitude, il faut le reconnaître. Vous aviez ainsi quatre chevaux trottant de par le monde, ce qui aurait pu vous aiguiller d'emblée vers Fernand Picard, l'un des inventeurs de la 4CV Renault, qui fut la première voiture de mes parents.

Il s'agissait malheureusement d'un premier piège, car s'il y eut bien un député libéral du nom de Fernand Picard, sauf erreur, il n'avait aucun rapport avec l'industrie automobile —ni d'ailleurs cette dernière avec le rébus.

Ceci dit, la seconde idée qui pouvait sauter à l'esprit, est que nous avions d'un côté 4 fois 2 paires de pattes, soit 16 membres, et d'autre part quatre pattes séparées des premières, et donc une réponse certainement exotique, comme le Maharadjah de Rawhajpoutalah.
Et ce personnage trop évident constituait un second piège, en fait.

La solution se cachait dans une lecture du dessin nettement plus ambitieuse, comme vous pourrez vous en rendre compte en consultant les bonnes réponses de Nefisa, ramda, isabelle b,Yann Savidan.
Tous mes compliments à ces brillants gagnants!

Le rébus du dimanche


Dans ce rébus, se cachent le prénom et le nom d'une personnalité politique, d'une quelconque région du monde et de n'importe quelle période historique (vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir).
Les commentaires seront modérés jusqu'à 20h30, environ…

samedi 5 juin 2010

La semaine dans mon miroir concave

Et si vous testiez votre mémoire de visiteur fidèle?
Il s'est passé beaucoup de choses ces derniers jours, que mes billets sont loin d'avoir toutes reflétées. Néanmoins, si vous êtes passé par ici, vous vous souviendrez certainement de ces quelques sujets traités ici au fil de la semaine…

Lundi, les gens sérieux, qui avaient pu se faire une opinion tranchée, écrivaient sur l'opération israélienne contre la flottille humanitaire. Mal à l'aise, plutôt que de choisir entre la brutalité imbécile des uns, et le coup de main objectif donné à la propagande extrémiste du Hamas des autres, on parlait ici:
A —du prochain rébus du dimanche, celui de demain?
B — de la petite phrase de Martine Aubry comparant M. Sarkozy à M. Madoff?
C — de la saillie de Frédéric Lefebvre associant le mot «escroc» au président de la République?

Mardi, dans un billet intitulé «Plus mai est creux, plus l'an est troué», j'ai loupé la liste de liens accompagnant les statistiques mirobolantes de ce blog. Ce titre débile paraphrasait un dicton que tous les fins jardiniers auront bien sûr reconnu:
A —Plus mai est chaud, plus l'an vaut ?
B —À mai bien fleuri, berceaux de janvier bien remplis?
C —Plus mai est mouillé, mieux flotte l'année?

Mercredi, le billet parlait d'un rapport de la police luxembourgeoise citant le nom de Nicolas Sarkozy à propos des prémices corrompues de l'attentat de Karachi.
Il était toutefois aussi question, en post-scriptum, d'un événement notable:
A —la rencontre Raphael Nadal-Raymond Platini, sur le central de Roland Garros?
B —les deux ans de bloguerie de Jean?
C —de Sara Palin nue, comme jamais Malbeyer ne vous l'a montrée?

Jeudi, après l'Express je répétais bêtement que la garde-réputation de Nicolas Sarkozy se formait en carré autour de lui pour le protéger des éclaboussures du Karachigate, évoquées la veille. Il y avait peut-être péril en la demeure élyséenne… La bonne blague! La presse a fait une bulle, et puis flop! Mais il était aussi question dans le coucou d'une éventuelle «Nuit du 4 août» au PS, laquelle nuit était une allusion à la fin du cumul des mandats électoraux. C'était en référence à:
A —la cuisson de la première urne électorale en argile?
B — une modification de l'algorithme de prise en compte des votes aux congrès?
C —l'abolition des privilèges en 1789?

Vendredi, j'aurais dû parler plus longuement du Sénat. C'est à dire, du mauvais coup donné par son retournement de veste, lorsque cette assemblée a accepté de se déjuger sur l'ordre de M. Sarkozy. Elle avait d'abord voté le maintien d'un Défenseur des droits des enfants indépendant, M. Sarkozy n'en voulait pas… Il faut se souvenir que les enfants sont en état de dépendance, leur libre-arbitre n'existe pas, et il est facile d'ignorer leurs droits… Demain, leur défense sera donc noyée dans l'énorme masse des contentieux de l'ensemble des citoyens, sous la houlette d'un personnage qui sera:
A —désigné par tirage au sort parmi les 44,5 millions d'électeurs?
B —choisi par le président de la République?
C —celui qui trouvera la fève au tirage de la galette des rois à l'Élysée?

Samedi, aujourd'hui, en lisant Rue89, j'ai compris d'où venait mon malaise vis à vis de la désignation à venir des candidats à la présidentielle de 2012… Les médias, les sondeurs, nous fourguent qui ils souhaitent: D.S.K. au PS, Cécile Duflot chez les écologistes… Il leur suffit de faire l'impasse sur ceux que les militants et les citoyens ordinaires préféreraient… Mais c'est samedi, et le billet est fini…

vendredi 4 juin 2010

Netvibes, Wikio, et puis…

Tout à l'heure, j'ai jeté un coup d'œil sur ce qui se passe aujourd'hui dans la blogosphère: pas de chance, rien de vraiment frais, juste de vieux billets d'hier. En fait, ce n'est pas exact, mais depuis quelque temps mon observatoire favori «l'agrégateur» Netvibes a évolué. En mal. Les widgets ne se mettent plus à jour, ou alors il faut adopter la présentation en lecteur de listes qui ne présente que le dernier billet de chaque blog. Des titres empilés les uns sur les autres, là où j'appréciais plutôt un panorama ouvert sur mes divers centres d'intérêts, politiques, littéraires, société, etc. Il me fallait déjà une certaine patience pour utiliser Netvibes, assez lent, mais je dois dire que cette transformation m'écœure. Du coup, je ne sais plus trop comment suivre mes blogs préférés, je patauge.

Tout à l'heure, je me demandais si je n'allais pas me fendre à mon tour d'un billet sur le classement Wikio. Il y en a beaucoup ces derniers jours, et surtout depuis que l'Hérétique a diffusé l'exclusivité du dernier classement des blogs politiques. Le Coucou y rétrograde de la 3e à la 7e place, apparemment. Eux aussi, chez Wikio, ils ont changé la mécanique, mais là, je ne vois rien à redire, vu que les subtils dosages qui en composent le carburant m'échappent. S'il me semble honnête de signaler au lecteur cette baisse, il me faut avouer qu'elle m'émeut fort peu. Je n'aurai cependant pas l'hypocrisie de prétendre que de figurer dans les trois ou quatre premiers blogs me laissait indifférent, pas du tout. Sans me bercer de la moindre illusion sur la portée et l'influence des propos tenus ici, j'avoue avoir éprouvé une certaine satisfaction à cette ascension passagère. Le lecteur jeune aura sans doute du mal à comprendre, mais il est réconfortant de débarquer à 62 ans dans un univers exotique et plutôt juvénile, la blogosphère, et d'y trouver sa place. Assimiler les lois de cette jungle ludique où l'on sympathise et s'étripe avec des mots, s'intégrer dans un tel territoire, quand on a fait métier des mots, c'est finalement rassurant.

Tout à l'heure, j'avais envie de faire partager mon dégoût de notre régime politique. Ce régime où le Parlement et à travers lui le peuple Français, sont régulièrement bafoués par l'homme qui tient tous les pouvoirs. Le sénat avait voté hier le maintien du Défenseur des droits des enfants. M. Sarkozy n'a pas apprécié cette offense faite à sa toute puissance. Il a donc commandé aux sénateurs de revoter… Ils se sont couchés. Ce n'est pas la première fois, hélas, où ce genre de scandale se produit. Jusqu'à quand cela durera-t-il.

Mais c'était tout à l'heure, et je n'ai plus le temps d'ajouter autre chose…

P-S. Chez Arf, aujourd'hui les vases communiquent: il reçoit Anne-Charlotte Chéron et va passer une Alliance chez elle… Mais ils communiquent aussi pour Jeanne dans un beau chassé-croisé avec Jean Prod'hom… Balmeyer prend du ventre, mais veut gagner un lecteur par jour, un bon… Vous? Enfin, il faudra bien un jour que je vous parle des textes de Xavier Fisselier mais n'attendez pas pour les découvrir, si ce n'est déjà fait!

jeudi 3 juin 2010

En mauvaise compagnie

L'Express en ligne revient sur les dernières révélations dans l'affaire du Karachigate, pour noter que dans le camp du pouvoir on monte au créneau. Tout le monde est sur les remparts pour défendre Nicolas Sarkozy. Luc Chatel, porte-parole, déverse des fables bouillantes sur l'assaillant, Axel Poniatowski balance du scandale et des amalgames… Bon, ce sont en fait les deux seules réactions de droite citées par l'Express, il n'y a pas encore foule pour le moment. Prenez garde, ceux du donjon, il vous faudrait du renfort! Le chevalier Lefebvre, par exemple, mais il doit être en train de fourbir ses armes!

À gauche, il est question de réactions prudentes au PS, et il est vrai que personne n'y a vraiment tapé sur la table médiatique pour exiger avec force toute la lumière sans délai .Toutefois, on peut imaginer que cette affaire de l'attentat de Karachi se révèle en fin de compte embarrassante pour le PS…

Vous ne voyez pas que Nicolas Sarkozy, présumé innocent jusqu'à nouvel ordre, se retrouve bel et bien compromis dans la mise en place d'une pompe à rétro-commissions, au bénéfice de son ami E. Balladur? Quelle histoire! Comment une gauche de gauche pourrait-elle éviter alors d'exiger la démission du président? Or, cette gauche se retrouverait de ce fait au coude à coude avec le Front National, dont Marine Lepen évoque d'ores et déjà l'éventualité d'une démission de Nicolas Sarkozy…

Pire encore: si le président tombait avant l'échéance de son mandat, il faudrait au PS aller au combat avant qu'une primaire n'ait désigné son candidat (sa candidate)! Voilà qui ferait le jeu d'un DSK, la masse des électeurs de droite se jetterait sur lui comme sur le sauveur, et il lui suffirait d'un appoint d'électeurs libéraux-socialistes pour l'emporter.

Et ce n'est pas tout: la rénovation du parti, l'abolition du cumul des mandats, cette «Nuit du 4 août» du PS que tant de sympathisants et militants espèrent, tomberait à l'eau. Ce sont les sénateurs qui seraient contents! Si j'étais sénateur socialiste, confortablement installé dans mon fief, je ferais des vœux, j'irais même jusqu'à faire brûler des cierges à Notre Dame pour que la vérité sur Karachi éclate.

Vous me direz que dans tout ces micmacs, on perd un peu de vue qu'il y a eu 14 morts, dont 11 français, dans l'attentat de Karachi… C'est vrai, depuis le début, ces morts et leurs familles sont constamment en passe d'être oubliés au profit d'intérêts politiciens. C'est pourquoi l'opinion publique, elle, ne doit surtout rien oublier!

P-S, cette semaine est celle des classements et des statistiques, par exemple chez Ferocias, qui prend la tête du Blogonet. Bravo à lui ! Et chez FalconHill, lequel s'amuse avec les chiffres, et quels chiffres!

mercredi 2 juin 2010

La fable de Karachi, suite

C'est mal de tirer sur les ambulances, mais il arrive qu'on ait envie de le faire et même que cela paraisse juste. Vous souvenez-vous de cette conférence de presse de Nicolas Sarkozy à Bruxelles, et de la question que Philippe Alfroy, journaliste à l'AFP, lui posa?

«Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d’une réunion entre les parties civiles dans l’attentat de Karachi et les juges d’instruction, il semblerait que l’origine de l’attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l’Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Est-ce que, en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ?»

Vous souvenez-vous du rire embarrassé (le contraire d'un fou-rire), du président, et de sa réponse?

«[…] franchement. Enfin, écoutez c'est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte, mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous… C'est grotesque, voilà, c'est ma réponse. […] Qui peut croire à une fable pareille? Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent. Mais enfin franchement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu'est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus?» On retrouvera la vidéo et le texte complet des propos de Nicolas Sarkozy sur le site du Nouvel-Obs

C'était le 19 juin 2009, et aujourd'hui, presque un an après, toute la presse reprend l'information donnée par Mediapart… Un rapport de police luxembourgeois attribue à Nicolas Sarkozy, ministre du budget d'Edouard Balladur, la mise en place dans ce pays de la société «Heine», destinée à faciliter l'échange de commissions et de rétro-commissions occultes dans les contrats d'armements. Parmi ces derniers: le fameux contrat des sous-marins vendus à perte au Pakistan, soupçonné d'être à l'origine de l'attentat de Karachi…

On attend avec curiosité d'apprendre de quelle espèce de rire M. Sarkozy saluera cette nouvelle charge —rire étranglé, constipé, jaune? Et quelle pirouette, quel mensonge il ajoutera à la longue liste de ses acrobaties précédentes pour distraire les braves Français?

P-S si vous voulez savoir à quel point les banques s'en foutent plus dans les poches à vos dépens, allez lire Dagrouik… Dimanche, Jean fêtait la deuxième année de son blog, bon anniversaire!
Lediazek rend un superbe hommage posthume à son voisin… Enfin, j'ai oublié de signaler hier un bel article de Dedalus, sur le conflit israelo-palestinien…