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vendredi 17 septembre 2010

Ostraciser Sarkozy ?

Dans Libération, Alain Duhamel s'interroge, de sa plume grassouillette perpétuellement étonnée, à propos de l'aversion que de plus en plus de gens ressentent pour Nicolas Sarkozy. Après avoir évoqué le moindre rejet dont ses prédécesseurs furent tour à tour la cible, Il s'interroge gravement sur «les facteurs qui ont déclenché cet ostracisme spécifique». Pour le coup, je sursaute, et je parcours fébrilement les unes de l'info sur internet: aurait-on expulsé le fauteur de désordres pendant que j'avais la tête ailleurs? Hélas non, il semble bien qu'il occupe toujours une fonction qui lui va comme le veston d'Olivier Hardy aurait convenu à Stan Laurel.

L'ostracisme, d'un point de vue historique, est le bannissement par le peuple Athénien d'un citoyen trop ambitieux.
En pratique, c'est encore l'exclusion du pouvoir d'une ou plusieurs personnes, et plus largement l'hostilité d'un groupe qui vous tient à l'écart.

Alors oui, si nous étions le peuple unanimement excédé d'une démocratie, il y a déjà un bon moment que nous aurions dû ostraciser Nicolas Sarkozy! L'envoyer manu militari en exil, vendre des gadgets foireux sur les marchés de l'autre bout du monde. Mais c'est loin d'être le cas, côté démocratie d'une part, côté majorité d'autre part, puisqu'il ne semble même pas acquis que la politique du bonhomme à l'égard des Roms révulse suffisamment de monde.

Les raisons de débarrasser le pays de M. Sarkozy ne manquent pourtant pas, toutes plus excellentes les unes que les autres. Cependant M. Duhamel ne doit pas penser ainsi, quoiqu'il feigne de dresser un inventaire largement lacunaire des fautes du bonhomme. On comprend qu'il craignait de rester à l'écart de la flambée d'anti-sarkozysme que l'on peut lire dans une partie de la presse depuis quelque temps. C'est son job de commenter la politique, hein ! Mais mon Dieu, comment faire pour traiter du sujet en restant soi-même: comment dire que la porte est ouverte sans déplaire aux amateurs de courant d'air ni fâcher le portier?

Flash spécial: je ne l'ai pas encore lu, mais il y a un nouveau texte chez Balmeyer !

7 commentaires:

  1. Duhamel est insubmersible... il ne craint ni les courants d'air ni le moisi.

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  2. @dpp : correction : duhamel n'est pas insubmersible, c'est un paquebot de croisière, voilà tout... Méfiote ! Remember le titanic ! Il l'était aussi, insubmersible, prétendument !

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  3. Duhamel, Apathie, etc... tous dans le même bateau, et au fond, vite fait!
    C'est là qu'ils sont le mieux : dans les bas-fonds de leur pseudo-journalisme de cire-bottes du pouvoir. Je suis persuadé qu'un jour prochain (quand Nicolas se sera un peu plus enfoncé, ce qui ne saurait tarder...) ils hurleront avec les loups, tout en affirmant la main sur le coeur qu'ils étaient les premiers à mettre en garde les Français.... Il ne réussissent à berner qu'eux-mêmes en fin de compte.

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  4. Des pas perdus,
    Gauchedec,
    j'écoute (plus du tout en fait), je lis occasionnellement Duhamel depuis au moins trente an… Avec l'allongement de la durée de travail, il est parti pour durer trente ans de plus…

    Toff,
    en fait nous sommes bien partis pour avoir le trac jusqu'à la dernière limite de 2012, je crains… Mais comme tu le dis toi-même, si Sarkozy s'en va, ils seront toujours là pour commenter.

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  5. Allez ! Chiche !
    Je rentre ostraciser dans mon vocabulaire !
    ;^)

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  6. Impeachment disent les ricains et il faut reconnaitre qu'on a du mal à le traduire dans notre droit, à trouver l'expression adéquate en français. Coup de pied au cul, c'est un peu trop…
    :-))

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  7. Gildan,
    allez hop!

    M. Poireau,
    difficile à intégrer dans notre mentalité, surtout !

    (excusez-moi de vous avoir oubliés ! )

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