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mardi 19 avril 2011

De tout un peu

L'air du moment est au blogage, à ses fins pour le blogueur je veux dire. La question qui agitait les esprits ces jours derniers était celle de la rémunération des contenus repris par de grands sites. Cela me semble toujours bizarre que l'on parle de contenu dès qu'il s'agit de blogs, plutôt que de notes ou de billets, mais il est vrai que nos carnets de bord font penser aux petits bazars de province d'autrefois. On y trouvait un peu de tout, et d'ailleurs ils étaient quelquefois à l'enseigne «De tout un peu». Des vidéos, de la musique, des billets, des photos, de la pub, des recettes (chez moi, on trouve aussi des rébus)…, ouvrir un blog au hasard équivaut à soulever un couvercle de malle pour voir ce qu'il y a dedans.

Où voulais-je en venir, déjà ? Ah oui ! à vous encourager à soutenir Rimbus qui entend valoriser ses articles à coups de souris, clic, clic ! J'ai de la sympathie pour Rimbus, alors je viens de cliquer quoique rechignant à faire une fleur à son sponsor. Pourquoi cette répugnance ? L'agence de pub sur internet dont il est question m'avait proposé le même type de collaboration et je n'ai aucune raison de cracher sur quelques euros glanés par-ci par-là. Seulement, il me fallait prendre un statut d'auto-entrepreneur alors que moi, je voulais être payé en TEE (Titre Emploi Entreprise). Dans le premier cas pas de charges sociales pour «l'employeur», dans le second, si.


Sur un tout autre sujet, j'avais pensé hier à cybercarneter aujourd'hui sur l'énergie nucléaire. Tard le soir, j'étais tombé sur Complément d'enquête à la télévision… Je ne la regarde jamais, en principe, mais il se trouve que des amis soucieux de me distraire m'ont donné un superbe poste sur pied (à tube cathodique, mais mille fois supérieur au vieux machin dont je disposais auparavant. Quand on l'a posé sur le meuble adéquat, l'écran frôlait le plafond, on aurait dit un 4x4 garé dans le salon. Du coup, il a fallu réaménager ce coin de pièce). L'écran pivote sans bouger du fauteuil, il sait faire plein de trucs : bref, j'étais un peu curieux de l'essayer.

Le premier bouton de la télécommande m'a plongé dans des affres atomiques post-Fukushima… J'y suis resté, fasciné par ces fûts de déchets —radioactifs pour des dizaines de milliers d'années—, qu'il est question d'enterrer chez nous. Cela se fera au cœur d'une roche argileuse, dont on nous assure qu'elle ne bougera pas d'un poil d'ici un million d'années. Les Allemands avaient déjà fait la même chose, mais dans une profonde couche de sel, pareillement inébranlable pour une éternité d'homme. Pas de chance : la couche bouge de plusieurs centimètres par an, il faut récupérer les fûts à grands frais.

Si vous avez des enfants et des petits-enfants, demandez-vous ce qu'il se passera lorsque les petits-enfants de leurs petits-enfants auront complètement oublié qu'il a existé une industrie nucléaire en France à une époque reculée ? Vous me direz qu'ils auront autre chose à penser, avec les volcans d'Auvergne qui se seront peut-être réveillés… L'enquête était sinistre, Nathalie Kosciusko-Morizet un moment interviewée, était d'une sérénité olympienne, et mon acuité visuelle laissant à désirer, je me suis endormi sur place bien avant la fin.

jeudi 17 mars 2011

La fée électricité a la vérole

La catastrophe nucléaire au Japon est la goutte empoisonnée qui fait déborder le tsunami dans le reste du monde. Quelle que soit notre ignorance des choses de l'atome, soigneusement entretenue par une industrie et des générations de politiques outrecuidants, on ne peut s'empêcher de méditer sur la pertinence de notre armada de centrales.

Nous avions besoin d'énergie, soit. Pour autant, les décideurs de l'état et les ingénieurs d'EDF nous ont-ils exposé ce que signifiait le choix du nucléaire massif qu'ils ont administré au pays comme un remède de cheval, à titre préventif contre l'anémie énergétique ? Nous a-t-on demandé notre avis ? Jamais. À défaut, peut-on se dire que des scientifiques, des ingénieurs indépendants de la recherche atomique, non soupçonnables d'être juges et partie, ont donné leur aval au choix arrêté au début des années 50, et surtout à l'emballement brutal des constructions de centrales des années 70 ? Nous l'ignorons, mais il est permis d'en douter, lorsque l'on pense à la culture du secret et du mensonge qui fut celle des responsables de l'atome durant toutes ces années.

Il paraît que ces temps obscurs sont révolus et qu'aujourd'hui, croix de bois, croix de fer, c'est la vérité qui prévaut quand on nous assure que nous vivrons en sécurité à la lumière de nos centrales. Est-il vraiment raisonnable de faire encore confiance aux menteurs d'hier?

Demain comme hier, nous aurons besoin de beaucoup d'électricité, personne ne le conteste. Mais, n'aurions-nous pu développer un modèle de société moins vorace, quand il en était encore temps, quand cela exigeait de moindres sacrifices ? Aujourd'hui, nous voyons clairement les dangers du nucléaire. Ils sont assez grands pour que des pays démocratiques dirigés par des gens raisonnables, comme l'Allemagne ou la Suisse ( il y en a sans doute davantage), décident brutalement de réexaminer l'opportunité de maintenir tout ou partie de leurs centrales en activité.

On nous dit que les catastrophes engendrées par les centrales électriques non polluantes classiques —telle la rupture d'un barrage— font beaucoup plus de morts. Cela reste à démontrer : combien faudrait-t-il d'années avant d'arrêter le décompte des victimes de Tchernobyl ? Un barrage rompu peut marquer la mémoire d'une ou deux générations, un accident nucléaire majeur en marquera beaucoup plus dans leur chair : les enfants des survivants en souffriront, et les enfants de ces derniers peut-être encore. Plusieurs de ces accidents peuvent marquer l'humanité entière, compromettre la qualité de sa survie, voire sa survie même.

Ce que nous sommes dans l'incapacité d'apprécier, faute d'une information complète et neutre, c'est la mesure exacte de nos besoins énergétiques et la crédibilité des nouvelles solutions proposées. Cela connu, il nous manquerait encore le droit de pouvoir décider démocratiquement de ce que nous voulons : accepter le danger pour nous et nos descendants, ou faire confiance à un autre modèle de développement, au risque de voir peut-être notre confort régresser. Personnellement, je m'en fiche, mais j'ai tout de même la conviction que dans un enjeu aussi grave, le dernier mot devrait nous appartenir et à personne d'autre, surtout pas à un Sarkozy.

P-S : «Please, kill me», une pièce de théâtre dont la critique est à lire chez Martine…
En 2012, les sympathisants de droite préfèreraient Fillon à Sarkozy, il a meilleur goût.

lundi 3 janvier 2011

Rester calme, nouvel épisode

(sur fond musical) Elle, voix suave : « ERDF, gestionnaire de réseaux de distribution électricité, bonjour ! Ce service de dépannage est réservé aux clients privés d'électricité et aux interventions de sécurité. Afin de traiter votre appel dans les meilleurs délais, merci de prêter attention aux choix qui vous sont proposés… Veuillez saisir les cinq chiffres du code postal de votre commune…
Moi : — tip tip tip tip tip …
Elle : — Vous n'avez plus d'électricité : tapez 1. Vous voulez une mise en service, une augmentation de puissance, ou des renseignements sur votre facture : tapez 2. Pour tout autre problème, tapez 3.
La chatte : —Miaou !
Moi : — tip (j'ai choisi 3, parce que la tension électrique de la maison est sans doute irrégulière)
Elle : — Si vous souhaitez nous signaler une anomalie ou un problème de sécurité sur votre réseau électrique: tapez 1. Votre alimentation électrique présente des variations : tapez 2. Votre appel concerne un problème d'heure creuse ou de chauffe-eau : tapez 3. Vous souhaitez nous signaler une panne sur l'éclairage public : tapez 4.
Moi : — tip (à ma deuxième tentative, j'avais choisi 1 et Elle m'avait répliqué du tac au tip : «vous n'avez plus d'eau chaude : tapez 1. Vos voisins n'ont plus d'eau chaude : tapez 2.» Comme ce n'était pas mon cas, j'avais attendu la suite…, et paf : raccroché ! C'est pour cette raison que j'ai décidé d'enregistrer l'appel suivant. Mais là, j'ai tapé 2…)

Elle : — Veuillez patienter quelques instants, nous essayons de vous mettre en relation avec un opérateur… (musique)
Conformément à la législation en vigueur, les conversations sur cette ligne seront enregistrées. (miaou ! musique)

Miracle : effectivement, une voix d'homme vivant a pris la suite. Un gars sympa à qui j'ai pu expliquer que ma pompe à chaleur est en panne depuis cinq jours, parce qu'une pièce électronique n'a sans doute pas résisté à des baisses de tension électrique… C'est du moins l'opinion d'un pompier à chaleur émérite. Au bout du fil, l'homme a compati, surtout quand je lui ai dit le prix de la pièce de rechange que j'hésite encore à commander.

Le croiriez-vous ? Après trois (3) tentatives de me faire comprendre par la blonde standardiste automatique, voilà que mon interlocuteur décide en cinq minutes de me dépêcher illico un agent du service dépannage. Et le gars est venu, à l'heure dite !

Bon, ce n'est pas lui qui va réparer la pompe, bien sûr : ERDF ne s'occupe pas du petit matériel des patients en souffrance. Mais il a vu de ses yeux, dans la triste lumière du jour déclinant, le triste état du câble aérien d'alimentation de la maison en électricité. Je l'ai déjà raconté ici à plusieurs reprises : ce câble est affecté d'une réparation provisoire depuis une tempête de novembre 2008.

Le sang de l'agent n'a fait qu'un tour, dans le même sens que celui du devoir : il a mesuré l'ampleur du problème, il a sondé la vitalité du compteur d'appendices tâteurs… Après quoi, il m'a annoncé la venue d'une équipe d'ici quelque temps.

Je l'ai regardé dans les yeux, il a eu un demi-sourire, puis :
— Je sais, on vous a déjà dit ça, hein?
— Oui, deux fois.
Il a hoché la tête, et on s'est souhaité le bonsoir sur une poignée de main dans la nuit tombante. Je vous laisse : c'est l'heure de remettre du bois dans le poêle.

P-S : à par ça, il y a des gens à qui la déclaration de Valls sur les 35 heures fait mal aux seins… Mais Christophe garde encore un peu la tête à la fête…

mardi 28 décembre 2010

Coup de pompe —à chaleur

Le robinet des bilans de l'année 2010 est ouvert, ça coule dru du côté de la presse et aussi pas mal sur les blogs. Nicolas et Bah! By CC en particulier, revisitent l'actualité des douze mois écoulés méthodiquement. Pour ma part, si j'avais été d'humeur à revenir sur nos pas, je crois que je me serais borné au rappel des affaires Karachi et Bettencourt. Ce sont à mes yeux les deux événements majeurs de cette année, aux allures de feuilletons, qui ont secoué la Maison Sarkozy en la conduisant au bord de la faillite politique —une issue qui reste envisageable à l'avenir.

Mais au lieu de feuilleter le passé récent, je me serais plus volontiers épanché ces jours-ci dans un billet rageur sur les arnaques qui fleurissent à l'ombre de l'écologie. Ce soir, des articles du Monde et du Canard Enchaîné épinglant la fringale en métaux rares de la «croissance verte», m'ont tiré de l'accablement où j'étais par un brusque afflux de toxines furieuses. Pourquoi ?

Eh bien, on caille à la maison ! C'est le troisième hiver consécutif où l'installation de chauffage dit géothermique, vert en diable, nous trahit au pire moment. Chaque fois, la panne survient aux alentours de Noël ou du jour de l'an : incontinence d'un collecteur de captage enterré, coup de spleen de la pompe à chaleur… Trouver un artisan compétent pour intervenir dans la période des fêtes de fin d'année relève de l'épreuve d'endurance. Parce que la société responsable d'une installation faite dans les règles de la maladresse se défile, retranchée derrière son répondeur téléphonique…

Néanmoins, au bout de quatre jours un pompier géothermique vient à notre secours, béni soit-il ! Il identifie l'origine du mal : une petite chose appelée condensateur, qui se met à fumer et à faire sauter le compteur électrique dès qu'on lui effleure le con. Une pièce grillée, en raison semble-t-il de chutes de tension sur le réseau local d' EDF. EDF qui doit remplacer un jour indéterminé le pansement provisoire appliqué sur notre câble électrique à la suite de la tempête du 21 novembre 2008… EDF (ou son âme damnée: ERDF, allez savoir !), qui a pourtant envoyé à deux reprises, en 2009 et en 2010, des agents pour constater les dégâts et nous annoncer la prochaine venue d'une équipe —la dernière fois, c'était avant l'été.

Vous me direz que le courant passe quand même, et qu'en attendant, c'est surtout d'un condensateur dont nous avons un urgent besoin ? Oui, mais je vous répondrai que le fabricant de notre pompe à chaleur, domicilié dans la Drôme, à deux heures de bagnole de chez nous tout au plus, est certainement le seul en France à fermer boutique entre Noël et le jour de l'an. Même pas une permanence pour fournir les pièces détachées en cette période où une pompe à chaleur qui se respecte pompe nuit et jour.

En attendant que janvier ramène au bout du fil ces adeptes du travailler moins pour gagner beaucoup plus, on fait du bois pour cailler un peu moins, mais trop encore.
Quand cette fichue pompe remarchera, je compte bien éclairer ici en détails ceux qui rêvent d'énergie verte à la maison. Pour une fois, la vengeance se mangera chaude.

jeudi 10 septembre 2009

La répression carbone


La grosse arnaque est donc en route: Nicolas Sarkozy a donné le coup d'envoi à la répression de la détention et usage de CO2. Détention, parce que si vous avez une citerne de fuel chez vous, c'est une substance bourrée de carbone. Usage, parce que dès que vous allumerez votre chaudière vous allez intoxiquer un peu plus la planète. Même délit avec l'essence que vous dissimulez dans votre auto, votre scooter, votre tronçonneuse, etc.
Vous êtes, nous sommes, d'invétérés toxicomanes. Dans la galaxie, on commence à nous montrer du doigt:
—Vous avez vu la Terre? Non seulement ses parages sont une poubelle, mais en plus, les créatures qui la peuplent se shootent au CO2!

Notre président, dans sa louable ambition d'entrer dans l'Histoire autrement que par la chatière, veut sauver le monde. Il a honte de ce qui se colporte sur notre compte de par l'univers, et il veut que notre pays donne à tous les autres le signal du sursaut rédempteur. Bien sûr, nous aurions pu continuer comme ça et attendre le moment où, la dernière goutte de pétrole extraite et vendue aux enchères à prix d'or, il aurait bien fallu s'adapter. Et s'adapter dans la douleur, avec l'océan remontant clapoter à nos portes, avant-hier encore ouvertes sur la campagne. Avec des vagues de Vikings d'un nouveau genre, affamés, dépossédés de leur sol par la nature, déferlant sur nos côtes à bord de coques de noix trop nombreuses pour être repoussées… Bref, toute la souffrance du monde serait tombée sur la nôtre, déjà grande.

C'est pourquoi, dans leur sagesse, le président et les écologiens —qui sont à l'écologie ce que les végétaliens sont au végétarisme—, veulent nous habituer à souffrir dès à présent. Leur plan n'est d'ailleurs pas idiot: ils pensent, grâce à la montée inexorable de la douleur fiscale, inciter les plus malins d'entre-nous à se désintoxiquer à l'aide de véhicules propres, de pompes à chaleur, et autres panneaux solaires. Le problème, c'est que ce ne sera pas l'envie d'être malin qui fera défaut à beaucoup de gens, mais l'argent.

Il y a actuellement en France environ 8 millions de pauvres, et ce chiffre pourrait bien être sous-évalué. Il y a beaucoup plus de gens encore qui tirent le diable par la queue, et bon an mal an, gardent la tête au dessus de l'eau. Ils ont des bagnoles polluantes, achetées d'occasion, ils se chauffent avec des chaudières acquises en des temps meilleurs, des trucs voraces qui dégueulent le carbone sans retenue. Ou bien encore, j'en vois souvent l'hiver dans le midi, des gens qui se chauffent avec des poêles à pétrole, parce que leur logement est mal isolé et qu'allumer leurs vieux convecteurs coûterait trop cher.
Ceux-là, et combien d'autres, n'auront aucune envie de prendre un emprunt à taux zéro dont ils ne pourraient pas rembourser la moindre mensualité. Ils ne se tourneront pas vers la voiture électrique, l'appareil écologique, que la nouvelle taxe voudrait nous inciter à acheter. Il leur faudrait attendre qu'un marché de l'occasion existe, où les trouver pour quelques poignées de figues.
La petite goutte d'impôt répressif, destinée à gonfler davantage chaque année, leur rendra simplement la vie de plus en plus difficile. Et la mer montera sans doute quand même.

P-S. J'ai hésité à consacrer mon billet au mirage brésilien de la perle de la maison Dassault, le Rafale, mais Slovar en parle fort bien… D'autre part, Rimbus, Gauchedecombat, et Abadinte publient des contributions intéressantes à la chaîne «Êtes vous de gauche»… Enfin, il y a le dérapage de B. Hortefeux qui tient la vedette des blogs ce soir, mais le buzz est tel, que j'ai préféré n'en retenir qu'un seul billet, celui de Mrs Clooney…

mercredi 22 juillet 2009

On se lâche sur la CCE, on se retient à l'ISS

Aujourd'hui, j'ai pensé un moment parler dans mon billet du projet de taxe carbone concocté par Michel Rocard à l'intention de Martine Aubry et du PS… Pardon? J'ai dit une sottise? Ah, oui! vous avez raison: c'est pour Nicolas Sarkozy que Rocard travaille maintenant. Avouez que par les temps qui courent, il devient difficile de ne pas se tromper sur les intentions de certaines figures de gauche! M. Rocard n'a toujours pas été mis à porte du PS, mais il lui arrive de travailler pour le président de la république UMP, quand il ne donne pas de doctes conseils à ses camarades de parti… Et puis, pour ma défense j'ajouterai que lorsqu'on parle de créer un nouvel impôt, d'instinct on attribue cette intention à la gauche. Sans compter que M. Rocard est orfèvre en impôts: la CSG, c'est lui. Enfin bon, je ne vais pas me tromper de billet: c'était avant-hier que je devais singer un citoyen de droite, pas aujourd'hui. Alors, je vais simplement m'en tenir à ce que je ressens à propos de cette taxe carbone: le principe n'en est pas mauvais, loin de là, si l'on veut inciter les Français à se tourner au plus vite vers les énergies propres. L'ennui pourtant, est que ce genre d'impôt me paraît promis à ressembler à la TVA, qui frappe indistinctement riches ou pauvres. Malgré les mécanismes tarabiscotés de compensation que M. Rocard nous promet, il est prévisible qu'une large partie de la population, modeste sans être dans la gêne, en supportera plus lourdement les effets que les gens aisés. Et comment ne pas hurler d'indignation par avance, à l'approche d'une mesure parfaitement inique qui ne concernera que les ménages, et non les grandes entreprises à l'origine des émissions de CO2 qu'il s'agit de combattre? Ainsi, Total en sera épargné, malgré ses gigantesques bénéfices. Pour M. Rocard et les membres de sa commission, Total est déjà taxé… Parce que nous ne le sommes pas nous-mêmes, taxés? Si l'on me fait payer 32 € la tonne de CO2 émise avec ma bagnole, mon poêle à bois, ma consommation d'électricité, j'ignore de combien de tonnes je serai responsable au bout de l'année… Au hasard: mettons que j'émette 10 tonnes de CO2, pour partir d'un chiffre rond. Je paierai donc 320 € de taxes, sur lesquelles une mystérieuse usine à gaz fiscale me restituera peut-être 50 ou 100 €, afin de m'aider à équiper mon rez-de-chaussée en doubles vitrages. De qui se moque-t-on? Si je n'ai pas, au départ, les moyens de changer sept ou huit fenêtres, portes vitrées, et baies, les aurai-je davantage avec 250 € de moins dans mon budget?
Le projet en question se nommera Contribution Climat Energie, ou CCE.
L'UFC-Que Choisir qualifie la future CCE de «hold up fiscal», comparable à la vignette automobile —laquelle, du reste, pourrait bien faire sa réapparition un jour ou l'autre pour consoler les collectivités locales de la disparition de la taxe professionnelle…
Bon, comme je le sous-entendais en commençant ce billet à l'aveuglette, je n'avais pas l'intention de le consacrer à une matière aussi rebutante et complexe, que je comprends mal. Je voulais plutôt parler de l'incident spatial survenu ces jours-ci, que la presse n'a fait qu'effleurer, sauf exception, et que les blogs ont à peu près ignoré: la panne des water-closets de l'ISS —ce n'est pas le sigle d'une contribution fiscale, mais l'abréviation de Station Spatiale Internationale. J'y voyais l'occasion, au moyen d'une allusion subtile et du lien adéquat, d'aiguiller mes lecteurs vers une série de billets, que je qualifierai de prémonitoires, publiés sur l'annexe expérimentale du Coucou… Malheureusement, s'il est une leçon que j'ai retenue de plus talentueux que moi en blogage, c'est qu'il faut se méfier des billets longs qui découragent l'internaute moyen. Alors, ce sera pour une autre fois, nous n'avons pas fini de rire… avec la plomberie interplanétaire…