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vendredi 19 juin 2009

Du trou présidentiel à la burqa parlementaire


Il n'y a pas que le trou de la Sécu qui pose problème, même s'il est en voie d'approfondissement accéléré avec l'explosion du chômage. Il y a le trou de l'Élysée, qu'il ne faudrait pas oublier, un peu plus creusé tous les ans, parce que le président fait de la surconsommation étatique. Son budget creuse dans la dépense publique inexorablement. Cette année plus que l'an passé et bien moins que l'an prochain, dirait la poétesse. On m'objectera que le trou de la Sécu est autrement abyssal que les 113 millions d'euros flambés par Nicolas Sarkozy. Oui, mais c'est notre trou à nous, il nous a fallu nous y mettre à des millions de Français pour le faire, et des Français mal portants, en plus. Tandis que lui, il fait ça tout seul, en pétant la santé. Vous n'êtes pas d'accord? Vous objectez que beaucoup de personnes entourent le président et participent à l'inflation des frais? Certes, mais M. Sarkozy prétend réduire les dépenses de l'état, et il œuvre d'ailleurs inflexiblement à diminuer le nombre des fonctionnaires. On pourrait donc espérer qu'il montre l'exemple en se séparant d'un régiment ou deux de collaborateurs, et qu'en période de vaches maigres, il réduise son train de vie ostensiblement. Tenez, on aimerait bien le voir moins souvent dans son costume des dimanches, tous ses bijoux au soleil, mais plutôt dans une salopette rapiécée par les mains travailleuses de Carla. Il pourrait se déplacer à moto, passager d'un garde républicain de son escorte —parce qu'on n'est pas obtus: on comprend bien que le président a besoin d'une escorte pour pas louper le train quand il part en week-end à la mer, ou qu'il va à Versailles causer aux parlementaires.

Il n'y a pas que la burqa des femmes musulmanes qui pose problème, même si ce vêtement est inadapté à notre mode de vie et semble cacher des pratiques scandaleuses. Il y a aussi la burqa parlementaire, dont il faudrait parler. Comment, vous ne la connaissez pas? C'est un grand voile de pudeur jeté sur les frais de mandat des parlementaires. Grâce à cette burqa, taillée dans un amendement en 2002 par un couturier UMP du nom de Jacques Oudin (tiens, il porte presque le même patronyme que le grand prestidigitateur Houdini), grâce à ce sénateur donc, nul ne peut mettre son nez dans les dépenses des parlementaires. Leur indemnité forfaitaire destinée à couvrir leurs frais de mandat, fait depuis lors l'objet d'un vote, et aucune autorité ne peut leur demander de quelle manière ils ont utilisé cette somme, de l'ordre de 5837 euros (mensuels) pour un député, s'ajoutant au traitement de base.
Si le président Sarkozy évoque à Versailles la burqa, comme il est question qu'il le fasse, car rien de ce qui est croustillant ne le laisse indifférent, on aimerait bien qu'il demande à nos élus d'adopter plus de transparence à l'avenir.

source partielle: Le NouvelObs, n° 2328
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PS. Ruminances propose d'enterrer le parti socialiste?

lundi 6 octobre 2008

Au Medef, on sautera sans parachute ?

Le grand patronat français, s'exprimait ce lundi par la bouche de sa présidente, Mme Parisot, sur les parachutes dorés. En théorie, au MEDEF, on sera désormais "stock-optionnablement" correct, et fini les indemnités injustifiées, le cumul d'un salaire avec les revenus d'un mandat de PDG.
Il a le sens de l'humour, joint à celui de l'opportunité, le Medef ! Comme la journaliste du Monde qui recueillait les propos de Mme Parisot, s'étonnait que cette vertu ait mis si longtemps à fleurir, celle-ci a répondu : «Deux ans pour inverser la vapeur, six mois de réflexion pour un comité éthique, ce n'est pas si long»… Et elle a surtout déclaré : «pour être efficace, mieux vaut éviter toute législation»… Ah bon, la loi est inefficace ? Je l'ignorais.
On comprend plutôt qu'en réalité, rien ne pressait jusqu'à ces derniers temps. Le Medef laissait traîner, on engraissait le dossier, comme disaient dans le temps les hauts fonctionnaires soucieux d'enterrer un problème. Seulement voilà, la cote de Nicolas Sarkozy a dégringolé. L'arrivée d'une crise financière qu'il n'a pas été capable d'anticiper a pris le président à la gorge. M. Sarkozy a donc fait ce qu'il sait faire le mieux : désigner des coupables, certains si fantômatiques qu'ils pourront courir éternellement, d'autres faciles à pointer du doigt et opportunément exécrés par l'opinion publique, comme les bénéficiaires de parachutes dorés. Acculé, l'animal politique mord tout ce qui passe à sa portée pour se sauver, ami ou ennemi, à la manière de n'importe quelle bête. M. Sarkozy a donc annoncé l'imminence d'une loi contre les parachutes dorés.
Et en quelques jours, abracadabra, Mme Parisot nous sort du chapeau par les oreilles un lapin blanc appelé : code de bonne conduite.
Alors, vraiment terminé les mauvaises manières, les revenus mirifiques et tout le bazar de privilèges malodorants ? Laurence Parisot s'est aussi exprimée dans le journal de France-Inter, ce midi. Sur les salaires faramineux, elle s'est récriée en substance qu'il ne fallait pas mettre le nez là-dedans, au risque de voir nos graines de patrons les plus brillantes filer à l'étranger. Donc, un grand patron continuera à s'enrichir honteusement sur le dos de ses salariés comme par le passé. Sur les parachutes dorés, elle annonce que lorsqu'un cas de mauvaise conduite en ce domaine sera connu, le Medef demandera à l'entreprise :
«Pourquoi avez-vous mal agi, vilaine ?»
Ce ne sont pas les paroles exacte de Mme Parisot, je le précise, mais ce que j'ai retenu de leur esprit. On imagine déjà les administrateurs fautifs baisser le nez sur leurs Richelieu luisantes, et bredouiller, penauds :
«C'était dans le contrat, on fera plus, m'dame.»
Il est évident que s'impose une loi interdisant la pratique des indemnités disproportionnées. De même qu'il serait urgent de moraliser par des mesures fiscales les excès de rémunération impossible à empêcher. Sans cela, tout repartira de plus belle une fois passé la crise. Reste a savoir si M. Sarkozy ne choisira pas de faire une petite crasse à son clan, pour caresser les français dans le sens du poil.
«Minou, minou, vois comme je t'aime, connard !»

P.S. Au dernier classement Wikio des blogs politiques arrivent en tête 3 blogs de gauche : Partageons mon avis, suivi d'Intox2007, et de Marc Vasseur…

lundi 29 septembre 2008

M. Fillon la main dans le sac de la république.

Grâce à un infortuné petit avion passé trop près du Falcom de M. Fillon, nous saurons désormais que le premier ministre part en week-end privé en avion, aux frais de la nation. Pour sa défense, M. Fillon, pris la main dans le sac, argue qu'un voyage en TGV serait impraticable en raison des mesures de sécurité que sa présence à bord nécessiterait. Voire ! À quoi lui sert sa voiture personnelle ? Je ne parle pas d'un véhicule de fonction, non, non. Puisqu'il s'agissait d'un déplacement privé, je fais allusion à la Twingo du ménage Fillon, dont celui-ci doit forcément disposer pour ses besoins personnels.