mercredi 6 janvier 2010

Chassez le NSD par la porte, il revient par la fenêtre

Pas de billet ce soir… C'est ce que j'avais décidé jusqu'à ce qu'en jetant un coup d'œil à l'actualité mondiale sur internet, je découvre cette nouvelle sur un site de la presse canadienne…
«Un mouvement populaire qui demande la démission du président Nicolas Sarkozy prend de l'ampleur en France.»
Il s'agit du No Sarkozy day, vous l'aurez compris… Et j'avoue que cette publicité internationale inattendue, pour ce mouvement politiquement incorrect, m'amuse beaucoup. On y trouve même quatre ou cinq lignes (et un lien), en fin d'article, pour signaler qu'un groupe de blogueurs s'oppose à cette initiative. C'est à retrouver ici…


mardi 5 janvier 2010

Jour de bran

Je me souviens, ce matin, j'ai abordé cette journée à reculons. Je ne la sentais pas: un paradoxe, puisqu'il s'agissait d'une journée de merde. Pourtant, en ouvrant péniblement un œil devant mon ordinateur, j'ai trouvé dans mes chaussons l'exclusivité du Wikio —béni soit son nom jusqu'au mois prochain. Ça ne commençait pas trop mal, même si je reculais d'une place au classement: Dagrouik récupérait son troisième fauteuil, je trouvais ça naturel. Au réveil, je suis disposé à aimer le monde entier.

Donc, ce matin, après le Wikio —béni soit son nom les 31 jours prochains—, je n'ai pas traîné devant l'écran. Ma femme et moi avions un rendez-vous important à la grand-ville. On monte bientôt dans l'auto, et en route! Trois kilomètres plus loin, des trucs se mettent à clignoter au tableau de bord, un F de mauvais augure et un pictogramme en forme de clef anglaise. Il faut vous dire que c'est une petite voiture, une Corsa, mais avec des vitesses semi-automatiques… Ce qui s'est traduit par une impossibilité de redémarrer une fois qu'une curiosité malsaine m'eût incité à faire halte. À 35 minutes du rendez-vous, je me suis légèrement énervé, mais pas trop: j'avais un téléphone mobile dans ma poche.

En principe, je n'apprécie pas vraiment ce bidule, dont je me suis équipé voici pas mal d'années pour rassurer mes vieux parents quand je partais en déplacement. Ils pouvaient me joindre partout, comme on dit aujourd'hui. La nuit où mon père est mort, je l'avais oublié à la maison.

Revenons à ma journée de bran… Je dégaine mon mobile et l'allume pour prévenir que nous serons en retard au rendez-vous. Surprise: le répertoire téléphonique a disparu depuis hier! Je me suis énervé un chouia de plus, mais raisonnablement, car je disposais du numéro de téléphone du garage Opel, en ville. Ils ont été très sympas, compatissants et tout, mais il leur fallait l'année de mise en circulation. J'ai dû demander à ma femme de me trouver cette saloperie de carte grise en vitesse, vu que la communication était mauvaise. «2003,» j'ai dit finalement. Ils m'ont répondu que la garantie constructeur ne pouvait plus jouer, et ils m'ont conseillé de me «rapprocher de mon assurance», pour me faire remorquer jusque chez eux. Une putain de bonne idée, que j'ai pensé, en voyant le numéro de l'assistance collé sur la lunette arrière.

Pour être franc, c'est ensuite que j'ai recommencé à m'énerver, avec la voix du standard automatique qui me demandait d'appuyer sur la touche étoile, puis sur 1 si j'étais un particulier, sur 2 si j'étais un professionnel, sur 3 si j'appelais de l'Élysée… Quelques sélections plus tard, la pétasse virtuelle m'intima: «Dites: panne, si vous avez un problème mécanique. Accident, si votre véhicule est accidenté. Incendie, si la voiture brûle. Hémorragie, si un de vos passagers perd son sang. Mort, s'il ne respire plus… — Panne! Panne bordel!» j'ai gueulé avant la fin sans la faire taire. L'obstacle franchi, elle me demanda de dicter mon immatriculation, non sans me faire subir au préalable l'écoute de divers exemples entre les plaques minéralogiques à l'ancienne mode, et les nouvelles… Finalement, me fut infligé l'épreuve d'une insupportable musiquette, pendant une telle durée, que je finis par couper la communication.

L'heure du rendez-vous était dépassée, il faisait un froid de canard. À ma deuxième tentative, au terme du même parcours initiatique et d'une attente encore plus longue, une vraie voix de femme (elle avait même un prénom que j'ai oublié) se manifesta pour écouter ma plainte.
«Quel est le nom de l'assuré? elle fait. —Merde!» je hurle. Pas pour l'insulter, mais parce que je ne savais plus si c'était moi l'assuré, ou ma femme, ou les deux, que je n'avais plus les papiers sous la main, et que la communication était exécrable. Vous croyez que, devinant tout ça de son bureau bien chauffé, elle aurait fait preuve d'une once de compréhension? Pas du tout: «Vous n'êtes pas le seul, figurez-vous! Ce n'est pas en me disant merde que vous gagnerez du temps!» Et elle m'a recollé si bien en attente que mon crédit de communication s'est épuisé.

Bon, ces sottises insignifiantes font un billet trop long. Un voisin est passé… Un garagiste ami est venu… J'ai réussi a conduire la voiture à la ville (dix-neuf kilomètres en première), sous son escorte… Chez Opel, ils m'ont prêté un véhicule de courtoisie dont j'ai fait le plein d'essence en imaginant ma voiture immobilisée pour longtemps, alors que je dois aller chercher quelqu'un à la gare demain matin… J'ai été faire des courses au Carrefour du coin…

À la sortie, je ne savais plus où était garé mon véhicule sur le parking, de quelle couleur il était, son numéro d'immatriculation, ce genre de choses qui peuvent rendre service. J'ai erré vainement pendant près d'une heure avant de me souvenir qu'on m'avait donné un document au garage… L'immatriculation y figurait, bien entendu, comme elle figurait sur le porte-clef que j'avais dans la poche.

Ce n'est pas tout, il y aurait encore un bon paquet de minuscules emmerdements à raconter, de ceux qui vous foutent les nerfs en pelote peu à peu. Par exemple, la conduite d'une vieille bagnole sans direction assistée, mais avec une pédale d'embrayage dont on ne se sert plus depuis des années. Et puis, au bout de l'après-midi, le garage qui vous appelle à la maison pour vous demander de venir reprendre votre véhicule réparé. Une petite panne de rien du tout: deux ampoules de stop grillées, et le bazard électronique du bord qui se met en alerte et coupe tout… Rien du tout, vous dis-je! Si ça se trouve, il aurait suffi que je donne quelques coups de pied violents à l'arrière de cette saloperie de bagnole pour que tout rentre dans l'ordre.


Classement Wikio des politiques

1Partageons mon avis
2Sarkofrance
3Intox2007.info
4Le coucou de Claviers
5Olympe et le plafond de verre
6Le blog de Hypos
7HÈrÈsie
8Marc Vasseur
9Les privilÈgiÈs parlent aux FranÁais...
10Ruminances
11Peuples.net
12Les coulisses de Sarkofrance
13Bah !
14Mon Mulhouse
15Rimbus le blog
16Birenbaum
17Piratage(s)
18LES JOURS ET L'ENNUI DE SEB MUSSET
19Authueil
20Trublyonne voit la vie en rouge

Classement par Wikio



lundi 4 janvier 2010

Nosarkozyday, no! Nosarkozyday, si!

Ce 4 janvier 2011, je ne peux m'empêcher de revenir sur une phrase singulière des vœux adressés au pays par le président: «Je veux rendre un hommage particulier aux blogueurs qui ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités…»
À quoi diable pouvait-il faire allusion? La France se traîne tant bien que mal hors de la crise économique, la peur du chômage, les difficultés de la vie quotidienne, occupent la plupart des esprits, et voilà qu'il nous parle de blogs! Quelle mouche a piqué le président?

J'ai fait des recherches et finalement, j'ai peut-être trouvé l'explication… En décembre 2009 (ça ne nous rajeunit pas, mais les racines des complots sont souvent profondes), deux ou trois hurluberlus avaient lancé sur Facebook l'idée d'une journée de manifestation anti-sarkozyste. Il se pourrait d'ailleurs que j'ai adhéré à leur groupe, parce qu'un ami à la mode Facebook me l'aurait conseillé… Je ne sais plus, je m'en fiche.

Ce n'était pas une démarche choquante pour moi: j'aime les initiatives qui tendent vers la démocratie, dans notre république où le peuple est prié de fermer sa gueule, s'il ne veut pas s'exprimer par la voie hiérarchique. Je méprise les hiérarchies, ça doit être pour ça que cette idée me semble aujourd'hui encore sympathique. Partie de rien, de gens presque anonymes qui disaient: groupons nous et demain…
Demain, crions: démission! Là, c'était franchement couillon: aucune chance de voir Nicolas Sarkozy s'incliner, à moins que nos hurluberlus n'aient réussi à mettre 65 millions de Français dans la rue.

C'était d'autant plus couillon, que ce mot de démission servit de prétexte à un groupe de blogueurs pour s'opposer au projet. Difficile de cerner les motivations précises de ces derniers. Ils rédigèrent toutefois un texte qui dénonçait le caractère anti-démocratique d'une démarche réclamant la démission d'un président élu. Ils étaient jeunes, bien sûr: ils n'avaient jamais entendu les foules d'autrefois gueuler: «Dix ans ça suffit, de Gaulle démission!» Cela n'avait pas pour autant mis le pays à feu et à sang…

De plus, comment peut-on oser parler de démocratie sous un régime purement représentatif, qui confisque celle-ci et se situe exactement au-dessous du régime autoritaire, l'avant dernier degré de l'escabeau menant à la dictature? C'est participer à l'escroquerie politique dans laquelle nous vivons depuis la Révolution.

Je ne me souviens plus de ce que je faisais, je devais dormir, sinon j'aurais soutenu un peu les galopins du «No Sarkozy day»… Sans enthousiasme, certes, parce que je sais bien que dans ce genre d'affaire, il faut tout de même de l'ordre et des figures politiques en vue pour crédibiliser un cortège. On peut le regretter, c'est ainsi.

En tout cas, le texte des nonistes à la «journée du non à Sarkozy» sema une jolie pagaille virtuelle pendant quelques jours. Nous l'ignorions dans la blogosphère, mais au même moment, l'Élysée crevait de trouille que les pompiers du Net ne parviennent pas à éteindre l'incendie facebookesque. On sait ce qu'il advint…
Nous avions tous oublié cette péripétie, pourtant le président, lui, en gardait le même effroi au cœur que Louis XIV au souvenir de La Fronde, vécue dans sa jeunesse. Le roi Soleil en tira vengeance par la mise au pas définitive de la noblesse, notre Nicolas est plus magnanime, comme on voit, puisqu'il se contente de rendre hommage à ses sauveurs.

P-S. il y a trop de billets plus ou moins favorables au «No Sarkozy day», ou critiques envers tout le monde pour les citer tous.
Et il y a davantage encore de textes d'opposants à cette hypothétique manifestation. Que les oubliés veuillent bien m'excuser.



dimanche 3 janvier 2010

Les rois du tricot

On peut briller dans bien des domaines de la vie normale, y gagner une célébrité justifiée, puis devenir un personnage politique des plus ordinaires. Évidemment, dans notre monde médiatisé, la même aura vous accompagne en général de la vie civile aux fonctions électives.
On devient une figure politique connue.
C'était le cas de l'industriel célèbre qui faisait l'objet du rébus d'aujourd'hui. J'avais donné un indice en parlant de dessert, parce que le personnage semblait être venu à l'Assemblée Nationale (qu'il présida un jour à titre de doyen), autant par gourmandise que par intérêt pour la chose publique.

Cinq visiteurs ont percé la petite énigme du tricot et donné la bonne réponse: Fidel Castor, le plus rapide, Arf, Olivier, Lol, au pseudo taillé pour les rébus (avec deux réponses, dont une fausse), et Eric Citoyen

Je leur tire mon chapeau, et donne rendez-vous à tous la semaine prochaine, avec un rébus qui sera peut-être un peu plus difficile.


Rébus de l'an neuf + 1





Vous prendrez bien un peu de politique au dessert ?
Trouvez dans ce rébus le prénom et le nom d'une personnalité gourmande de politique —d'une quelconque région du monde et de n'importe quelle période historique…
La modération des commentaires est activée pour garder vos réponses secrètes.
Solution dans la soirée.


samedi 2 janvier 2010

No sarkotistiques day

Déjà le 2 janvier… Il est temps d'entrer dans l'année, me disais-je sans conviction, il y a quelques instants. Pour sortir des brumes festives en douceur, le sujet confortable des statistiques de ce blog s'imposait. Un billet facile, et qui aurait eu le mérite d'une inhabituelle originalité, puisque peu de blogueurs ont sacrifié à cette coutume ces derniers jours. Seulement voilà…
Un coup d'œil à Google Analytics m'a montré que les chiffres de décembre sont en baisse: 4794 visites, 7650 pages vues, 2884 visiteurs uniques, trois minutes zéro huit (je tire à la ligne), en moyenne, passées chez moi. Pas de quoi faire semblant de pavoiser, alors j'ai hésité.

D'un autre côté, ce n'est pas très sympathique pour les blogueurs qui m'ont apporté des visites: Sarkofrance, Partageons son avis, le Merle moqueur (qui est une merlette), Hermes, Rébus, Rue89, Ruminances, Falconhil, Elmone, Seb Musset, Mtislav, Dazibaoueb, Betapolitique, Eag64, le Goût des autres, Bibi, Olympe, Céleste, Macao, Arf, Olivier, PMÂ, Wikio, Ladywaterloo, Yann, Jean-Luc Melenchon, M. Poireau… C'est pourquoi je les cite et remercie chaudement…

Donc, comme je n'avais pas envie d'entonner l'air des statistiques, je me suis rabattu sur le discours de Nicolas Sarkozy… Pour trouver ce thème aussi peu alléchant que le précédent. Une phrase m'a tout de même rendu songeur: «Je veux rendre un hommage particulier aux partenaires sociaux qui ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités…»

Comment ne pas penser qu'il saluait ainsi la manière dont a été canalisé, puis dégonflé en douceur le mécontentement populaire exprimé lors des grandes manifestations de Mars, et du référendum d'octobre sur la Poste?

Du coup, j'ai accordé une toute autre attention à l'organisation en cours, un peu sauvage, d'un «No Sarkozy Day», qui jusqu'alors me semblait plutôt farfelu. Il s'agit de rassembler devant les préfectures et sous-préfectures, le 27 Mars 2010, tous ceux qui en ont marre de M. Sarkozy. Il est question d'exprimer ce jour là le raz-le-bol qu'il nous inspire et de réclamer sa démission…

On peut douter du réalisme de ce deuxième point, mais cela n'enlève rien à l'attrait d'une manifestation purement citoyenne, née en dehors des partis d'opposition. Il est facile d'objecter, avec raison, que sans la participation des organisations politiques, justement, l'événement est promis à un fiasco pour toutes sortes de raisons (quels services d'ordre aguerris veilleront à son bon déroulement, par exemple). C'est un fait, mais si la mobilisation en vue d'un «No Sarkozy day» prend de l'ampleur, on peut s'attendre à ce que les grandes figures politiques de la gauche s'y rallient. Sinon, à tout le moins, les remous et l'agitation suscités à cette occasion auront mis la sarkozie mal à l'aise momentanément, ce qui n'est déjà pas si mal.