mardi 9 juin 2009

De l'air, du nouveau, du PS!

Sauf en Suède et en Grèce, les sociaux-démocrates européens ont perdu des sièges aux dernières élections, et le PPE, qui regroupe les partis conservateurs au parlement, dominera ce dernier demain comme hier. Si l'Europe ne vous plaisait pas, elle n'est pas près de changer, que vous soyez responsable de la débâcle par l'abstention, ou non.
C'est dans l'analyse de ces élections par un socialiste Suisse, Andreas Gross, que j'ai trouvé l'explication globale de cette défaite qui me paraît la plus juste. Les socialistes européens, les nôtres singulièrement, «ont oublié les exigences de la démocratie.» Selon lui, nos socialistes sont «trop élitistes, ils travaillent «pour» les gens, non pas «avec». Ils considèrent les citoyens comme des consommateurs de la politique et non comme des acteurs.»

Certes, ils ont manqué de cette vision européenne qui ne faisait pas défaut à Europe Écologie, mais ce n'est pas tout, de mon point de vue.
Avec cette autre défaite, interne celle-ci, que fut son congrès de Reims, le PS est passé à côté des propositions qu'il aurait fallu faire au pays pour lui donner à espérer au-delà du sarkozysme. Aller à la rencontre des citoyens, être à l'écoute de leurs attentes réelles, et mettre en chantier une réhabilitation future de nos institutions. Être capable d'offrir un projet de société enfin démocratique, dans le cadre d'une république où il en serait terminé des licences "bananières" permises à la présidence. Et pour mieux en communiquer le désir à la population, illustrer cette promesse d'une autre France par l'exemple d'un PS transformé de fond en comble, récuré de ses repoussoirs, à l'écoute de ses militants. On pourrait même y gagner l'envie de le rejoindre.

lundi 8 juin 2009

La victoire en perdant


Le taux de participation aux élections européennes a donc été de 40,48% (chiffres du ministère de l'intérieur), soit 59,52% d'abstention.
Cela n'empêche pas Nicolas Sarkozy et son UMP de crier victoire. Ils ont certes gagné en termes de sièges, mais de quelle victoire s'agit-il?
Comment M. Sarkozy et les siens pourraient-ils trouver dans ces résultats de quoi légitimer leur politique de destruction du pays? Avec une abstention frôlant les 60%, et un total des listes de gauche ou antisarkozystes atteignant 51,9%, on peut même dire que le pays leur dénie toute légitimité.
L'abstention est toujours une erreur, dont ceux qui se désolent trop tard du succès de la droite peuvent mesurer aujourd'hui les effets désastreux.
Les luttes de pouvoir pour le pouvoir sont une faute, dont le PS récolte le fruit amer. Je n'aimerais pas être à la place de ses dirigeants. Ils vont devoir surmonter le choc, certes, mais aussi envisager une sérieuse mise à bas de leurs méthodes politiques. Pour reconstruire, il vaut mieux toujours commencer par démolir les murs pourris. Avant de nous rendre l'espoir. Le temps est compté, il reste à peine trois ans…

dimanche 7 juin 2009

Rébus d'un dimanche électoral

Ce rébus tombe donc un jour d'élection, où les médias bien élevés s'appliquent à titrer sans trop afficher de préférences partisanes. Les ultimes tentations de favoritisme, lorsqu'il y en a, se cachent dans les profondeurs d'un article, ou dans le choix de la personnalité sortant de l'isoloir sur la photo… En famille, on renonce à s'envoyer des noms d'oiseaux parce qu'elle veut voter Vert, tandis qu'il préfère le PS: l'heure est à l'apaisement. Tout au plus, comme moi, encourage-t-on sa mère par téléphone à prendre du repos, plutôt que d'aller se fatiguer en ville pour voter n'importe quoi…
Afin de respecter cette trêve des urnes, alors que je vais publier ce billet avant la clôture du scrutin, j'ai voulu m'abstenir de proposer à votre perspicacité le nom d'une figure politique Française. Si vous hésitez encore, sur le point d'aller accomplir votre devoir de citoyen, je ne voudrais pas que l'on puisse me reprocher de vous avoir insidieusement invité à voter Socialiste, comme moi.
Aussi, est-ce le nom d'un homme politique étranger, mort et enterré de surcroît, que je vous invite à trouver à l'aide de ces images.


















Gauche: avec l'accent du midi… Droite: avec l'accent d'ailleurs…

(Je présente mes excuses aux mânes de Man Ray, ainsi qu'à ses éventuels héritiers, pour mon médiocre détournement du visage de ce personnage)

PS. Ce rébus est dédié (sans arrière-pensée) aux amis M. Poireau et Mathieu, en guise de Bon Anniversaire!

samedi 6 juin 2009

Votez à gauche, abstenez-vous à droite!

Si vous êtes de gauche et si vous avez décidé de ne pas aller voter demain, parce que l'Europe ne ressemble pas à ce que vous aimeriez qu'elle soit… Dites-vous que vous laisserez ainsi les autres, ceux qui voteront, choisir à votre place la composition du parlement dans les prochaines années. Si vous vous abstenez, dites-vous que l'Europe n'aura alors vraiment aucune chance de se rapprocher un peu, si peu que ce soit, de ce vous auriez voulu qu'elle fût. Et ne vous plaignez plus.

Si vous êtes de droite, et toujours indécis quant à l'utilité pour vous de participer à un scrutin aussi rébarbatif, alors soyez rassuré… Nul ne remarquera l'absence de votre voix dans le score de l'UMP, du MoDem, ou de telle liste gardavoustiste susceptible de recueillir votre suffrage. Jouissez d'un dimanche parfaitement serein en toute bonne conscience. Personne ne vous le reprochera, moi le dernier.

Et puisqu'il est question de vote, je ne résiste pas à la tentation de vous proposer une visite à quelques photos de mon ami clavesien, Philippe Hermelin. Il s'agit d'un concours sans rapport avec les élections européennes.

PS. Nicolas s'est longuement et brillamment penché sur le classement Wikio, annoncé hier, Bah!? by CC aussi, Homer et d'autres sans doute que j'oublie, ou que j'aimerais oublier, comme Bibi qui dit du mal de moi…
Et M. Poireau a publié un bon billet sur l'ambition, que je vous recommande…

vendredi 5 juin 2009

Humeur rogue, en bref

J'avais l'intention de dire tout le mal que je pense de François Bayrou après son attaque d'une rare bassesse contre Daniel Cohn Bendit. Voilà un marathonien de l'élection présidentielle de 2007 qui débarque sans savoir que la course est finie. Il parade sur le stade des européennes, cherchant son second souffle, dans l'espoir qu'en continuant à courir il arrivera en tête la prochaine fois, en 2012… Mais bon, j'ai perdu l'envie de rire en essayant de remplir ma déclaration des revenus en ligne… Alors, c'est chez Ruminances et Les coulisses de Sarkofrance que j'invite mes lecteurs à goûter une rondelle de bayrou.
Pendant que j'y étais, j'aurais bien écrit aussi sur le peu d'estime que m'inspire Jean-Luc Bennahmias. Vous savez, c'est un type, actuellement député Vert, qui est devenu en réalité tête de liste du MoDem dans le sud-est… Les traitres, ce n'est pas nouveau, mais sous le règne de M. Sarkozy, ils prolifèrent. Il paraît que l'ambition est utile en politique comme ailleurs, c'est un peu comme le fumier qui fait pousser les meilleurs légumes en quelque sorte. Sauf que personnellement, je supporte mal l'ambition quand son odeur l'emporte sur le talent.
Il y a heureusement, et enfin, un appel de Ségolène Royal à voter dimanche, que je souhaite relayer pour terminer ce bout de billet sur une note moins morose…

PS. Rimbus se fait l'écho, après Birenbaum, d'une émission de la télé Suisse-Romande, révélatrice du regard que portent nos voisins sur la liberté de la presse sous Nicolas Sarkozy…

jeudi 4 juin 2009

La petite musique de France Inter

Ce matin, Nicolas Demorand, l'animateur du 7/10 de France Inter, recevait François Bayrou, dans le cadre de sa campagne subliminale à l'élection présidentielle de 2012. Comme M. Bayrou observait, avec juste raison, que jamais le pays, journalistes compris, n'aurait dû accepter la désignation par Nicolas Sarkozy des présidents de l'audiovisuel public, M. Demorand a réagi avec vivacité. On le dit parfois impertinent avec ses invités politiques de tous bords. Moi, je le trouve généralement moins incisif avec les gens du pouvoir —du moins les plus puissants. Ainsi donc ce matin a-t-il contré Bayrou sèchement, ce qui ne m'aurait nullement dérangé sur tout autre sujet que celui de la liberté des médias, puisque F. Bayrou n'est pas ma tasse de thé.
En gros, il ressortait de la riposte de N. Demorand que les nominations orchestrées par le président de la république n'avaient en rien affecté la liberté des journalistes de France Inter, pas plus qu'elles ne l'entameraient à l'avenir.
«La petite musique qui consiste à dire que nous sommes pieds et poings liés, est une petite musique que je conteste…», «Sur France Inter tout va bien […] et je peux vous rassurer, au présent et au futur, ça durera»
C'est là que je trouve les propos de N. Demorand irritants, d'une courtisanerie à l'égard de sa hiérarchie mal dissimulée sous le ton frondeur adopté avec son invité.
Affirmer, comme ses propos le laissent entendre, que rien n'a changé à France Inter depuis l'arrivée de Jean-Luc Hees et Philippe Val, est une chose qu'il peut se permettre. Il sait de quoi il parle, et il n'a jamais montré jusqu'à ce jour de penchant à la langue de bois. Par contre, soutenir avec une certaine agressivité qu'il en sera de même dans les mois qui viennent, est une autre chose. Il n'en sait rien, et parle d'une politique d'antenne —celle de la nouvelle présidence et de sa direction—, qui n'existe pas encore. À moins qu'il faille considérer sa défense du service public sous tutelle élyséenne comme l'application d'une consigne venue de plus haut. Cette sortie, et de piteuses remarques de la part d'autres personnes présentes dans le studio, est dans la parfaite continuité de l'intervention de Jean-Luc Hees à l'antenne, il y a peu. Le moment serait-il venu de servir la soupe aux patrons?

enregistrement de l'émission ici (l'échange se situe entre 7:15 et 10:09)

source image

PS. Abadinte, Tim, et Nicolas nous donnent 7 raisons de voter Socialiste dimanche…
«Compartir mi opinión», un blog clandestin serait classé en tête du Wikio ibérique…
Ce qu'il nous reste est à voir dans une vidéo poignante: Le jour et la nuit

Bizareries électorales à Claviers, Var

Dans l'enveloppe contenant le matériel de propagande électorale, que j'ai reçue avant-hier, copieusement fournie en documents présentant les listes de candidats aux européennes, il manquait la profession de foi du Parti Socialiste. Mon épouse est dans le même cas, nos voisins aussi.

S'agissant d'une élection où beaucoup de personnes n'ont pas d'opinion arrêtée et se décideront au dernier instant, l'absence de présentation de la liste socialiste peut jouer en défaveur de celle-ci.
Cinq oublis ne font pas une mauvaise intention, mais dix ou vingt peut-être…

Sommes-nous les seuls du village, voire du canton, à avoir reçu un envoi incomplet?