dimanche 6 décembre 2009

Le rébus du dimanche


Trouvez dans ce rébus le prénom et le nom d'une personnalité politique —d'une quelconque région du monde et de n'importe quelle période historique… (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Solution dans la soirée, la modération des commentaires est activée.



samedi 5 décembre 2009

Une semaine très suisse

La semaine de ce blog a débuté avec la votation en Suisse, et c'est encore avec une information qui nous vient de chez nos voisins que je vais la conclure. En effet, j'apprends à la lecture du Temps, que le patron de La Poste suisse médite d'introduire une petite révolution dans la taxation du service de base. Il s'agirait de faire payer l'acheminement du courrier deux fois: par l'expéditeur et par le destinataire. Pour ce dernier, cela pourrait prendre la forme d'une redevance annuelle, sur le modèle de la télévision…

Vous me direz: ça se passe en Suisse, c'est pas chez nous que des énormités pareilles peuvent arriver, alors on s'en fiche. Erreur! Car si vous allez lire ce petit article, comme je vous y invite, vous découvrirez que selon M. Kunz, patron de La Poste helvétique, c'est «une idée qui circule dans la tête de plusieurs patrons postaux en Europe»…

Vous y êtes? Il faudrait peut-être nous inquiéter de savoir ce qui circule sous le crâne du notre, patron… En l'occurrence, chez nous, c'est Nicolas Sarkozy. Si, si! Le président est le grand patron qui décide de tout, tout, tout. Par exemple, je ne serais pas étonné qu'il donne son aval au menu de la cantine scolaire du village.

Oh! bien entendu, dans un premier temps, mettons jusqu'à la prochaine élection présidentielle, si la question venait à être posée, on nous répondra qu'il n'en est pas question. Chez nous, le patron est contre les taxes et pour un véritable service public postal, donc ce genre d'idée ne passera jamais la frontière. Je suis rassuré à l'avance, surtout en sachant que le président occupe ses soirées à recompter une à une les voix du référendum d'insolence populaire contre la privatisation. Il ne nous fera pas ce coup là, avant l'élection de 2012. Après?


P-S. Pour bien achever cette semaine, ne pas oublier le billet traditionnel de Sarkofrance. Si vous n'avez pas encore découvert Le Roman d'Arnaud, αяf vous donnera toutes les clefs pour le faire avant la fin de l'aventure… Et que diriez vous d'un petit tour vers Une vie d'ange, chez Le-goût-des-autres?

Jeffanne déménage


Avis aux lecteurs amateurs de billets impertinents, souvent inspirés, et toujours sympathiques:
Jeffanne vient enfin de s'installer sur un blog accessible sans échelle! À voir, à suivre, et faire découvrir: Sourires et soupirs de Jeffanne


vendredi 4 décembre 2009

Est-il macho?

Il y a pas mal de temps, inspiré par Stef et Juan, Elmone m'avait demandé de publier ici cinq (5) preuves de mon machisme. C'était le 14 novembre… Si j'ai mis si longtemps à répondre à son tag, c'est que j'ai fouillé en moi-même sans ménager mes efforts pour mettre en lumière toutes mes tares de mâle content de lui. En vain. Aucune trace de machisme. Tenez, je suis même si attentionné pour mon épouse, que je n'ai pas osé la perturber dans ses nombreuses activités en la priant de m'éclairer sur ce point. Alors comment satisfaire Elmone? Eh bien, j'ai finalement trouvé: je vais livrer aux méditations du pays cinq preuves de l'épouvantable machisme du président Sarkozy.

1— Il aime à s'entourer de jolies femmes, mais il ne supporte pas qu'elles le critiquent. La preuve: voyez le traitement qu'il a réservé à Rama Yade, parce qu'elle n'avait pas apprécié la défense de R. Polansky par F. Mitterrand, et commis d'autres petites insolences. Aussi sec, il a envoyé cette femme que l'on dit intelligente s'occuper des sportifs.

2 —Il n'hésite pas à être brutal et mauvais avec le sexe faible, pour se sentir un peu plus grand et fort. Vous vous souvenez comment il humilia Arlette Chabot en septembre, aux USA? C'est B. Kouchner qui l'avait énervé à cause de l'Iran, mais le président se garda bien de se laisser aller avec le ministre… Peut-être par crainte de ramasser un pain ou une démission. En tout cas, ce fut Mme Chabot qui paya pour le vase d'Ispahan…

3 —Nicolas Sarkozy aime éblouir les femmes, c'est pour cela qu'à l'image des machos latins, il se pare de trucs qui brillent pour étaler sa richesse: les chronomètres, les Ray-Ban… Tenez, je ne serais pas étonné qu'il porte une grosse chaîne d'or, cachée sous sa chemise et sa cravate. En tout cas, c'est par pur machisme qu'il a voulu devenir président, pour éblouir Cécilia. «T'as vu, eh? C'est moi le patron.»

4 —Nicolas Sarkozy déteste faire les courses et la cuisine. Vous pouvez chercher, il n'y a pas une seule photo de lui en train de pousser un caddie chez Carrefour, comme moi, et encore moins qui le montrent épluchant des carottes ou des patates.

5 —Il ne passe jamais l'aspirateur à l'Élysée. Vous savez pourquoi? Parce qu'il est trop colérique, il ne supporterait pas d'être sans arrêt contrarié par cette saloperie d'appareil qui se coince toujours dans les pieds de chaises, et qui accroche son flexible à chaque bec de cane qui se présente. Alors il laisse Carla faire le ménage.

J'espère avoir convaincu toutes les femmes de France que nous sommes gouvernés par un macho, et qu'elles ne voteront pas pour lui en 2012. Ni aux régionales de ce printemps, d'ailleurs. Parce que l'UMP est aussi machiste que son maître.

Et comme il n'est jamais trop tard pour mal faire, je passe le relais au Privilégié qui met sa chaîne en perle (il doit être macho), Le-goût-des-autres, Falconhill ainsi qu'Éric, qui ont peut-être déjà répondu…

P-S Homer s'est décidé à mettre en perle ses billets des Voisins, la voici: les voisins

jeudi 3 décembre 2009

Sondages en stock

Ce n'est pas que ça me réjouisse, mais je suis un type un peu dans le genre de Nicolas Sarkozy: j'aime bien les sondages quand ils tombent dru et que ce n'est pas moi qui les paie. M. Sarkozy les aime plus que moi encore, il y est même accro au point d'avoir imaginé une combine pour continuer à s'en gaver aux frais du contribuable, tout en ayant l'air de diminuer le budget correspondant. Pourtant, il sait bien que ça lui fait du mal, qu'il risque une enquête des députés, et que les Français comprendront qu'il essaie de les manipuler. Seulement voilà, quand on souffre d'une addiction, on veut conserver son toxique quel que soit le danger. Tant pis pour lui…

Donc, finalement, moi aussi j'aime bien les sondages, et aujourd'hui je suis gâté. Avez-vous vu tout ce qui est tombé comme pourcentages et questionnements de l'opinion publique ces dernières heures? Tout ça parce que les Suisses ont fait rougir la moitié de l'Europe au moins… et en tout cas les 54% de Français qui seraient contre l'organisation d'un référendum sur les minarets.

Il est vrai que dans un autre sondage, 41% des mêmes Français font une majorité opposée à la construction de mosquées. On comprend bien que sans mosquée, il est inutile de voter pour ou contre les minarets. Où sont passés les 13% de différence entre les deux études? Sans doute dans la proportion de 19% favorables aux dites mosquées.

Un autre détail chiffré me donne envie de rire… jaune, celui du pourcentage des pourfendeurs de minarets (majoritaires) chez les partisans d'Olivier Besancenot : 48%. Comme on pouvait s'y attendre, les anciens électeurs ségolénistes et bayroutins sont quant à eux plus tolérants. Tant qu'à nous donner une indigestion de chiffres absurdes, les sondeurs auraient pu nous détailler les tabous architecturaux et religieux chez les villepenistes, les villieristes, et les différents courants du PS. Je n'en serais pas moins parvenu à la conclusion, que s'il me fallait choisir une compagnie de quelque importance pour finir mes jours sur une île déserte, je pourrais avoir du mal à la réunir dans ma famille de pensée naturelle, la gauche.

Cette salade de pourcentages démontre simplement que personne ne peut dire ce que l'on trouvera à l'arrivée du procès en identité nationale ouvert par Nicolas Sarkozy contre les «estrangers», les estrangers du dedans et ceux du dehors, comme on dit dans nos campagnes… Il voulait piquer des voix à Le Pen, il pourrait bien ouvrir à sa fille une voie royale vers l'avenir. Les Suisses, sans y songer bien sûr, auront bien aidé à pourrir l'atmosphère chez nous. Simplement eux, ils ont piqué une crise de démocratie, comme ils ont le privilège de pouvoir le faire. J'aurais aimé avoir la chance de pouvoir voter contre l'interdiction des minarets, c'est pour ça que je me refuse à crier au scandale devant leur votation. J'aime la démocratie.


P-S C'est à lire, Aventures en mer, et c'est chez Mtislav

mercredi 2 décembre 2009

Boire B'eau Pal à la source

S'il se trouve des lecteurs pour trouver le genre satirique plus choquant que vraiment utile et lui dénier de surcroît toute efficacité, j'ai un très joli exemple du contraire à leur opposer. Sans surprise, c'est chez nos voisins britanniques, ces princes de l'humour noir, que je l'ai trouvé, avec la dernière invention des Yes Men. Les Yes Men (ou Béni-oui-oui) sont deux pros du canular qui ont à leur actif certaines des caricatures du libéralisme les plus réussies.

Au nombre de leurs têtes de turcs, figure en bonne place Dow Chemical, groupe chimique qui se trouve avoir fusionné avec Union Carbide. Pour ceux qui l'auraient oublié, rappelons que cette dernière société est responsable de la catastrophe de Bhopal, en Inde. Un drame vieux de vingt-cinq ans, mais qui continue à faire des victimes, parmi les rescapés d'une pollution qui tua 25000 personnes…

Les dirigeants de Dow rejettent toute implication dans cette tragédie, et c'est donc pourquoi, les fameux Yes Men les prennent régulièrement pour cible. Ainsi, un jour de 2004, l'un d'eux se déguisa en PDG de Dow, pour reconnaître sur la BBC la responsabilité de son entreprise dans la catastrophe…
Ce canular entraîna une perte en bourse de 2 milliards de dollars, pour Dow Chemical.
Crénom, ça c'est de la satire, non?

Un retour incisif sur le drame de Bhopal, et la dernière invention de ce duo iconoclaste —l'eau de B'eau Pal, breuvage naturellement riche en polluants nutritifs—, sont à découvrir par la lecture de «Bhopal met ses maux en bouteilles», sur Courrier international, dont ce billet est directement inspiré.


mardi 1 décembre 2009

Les Suisses et nous

Il est bien difficile de garder la tête froide face un choc d'importance, comme celui produit par le vote des citoyens Suisses contre leurs minarets. Sur le moment, j'ai surtout été frappé par le parti qu'allaient pouvoir en tirer tous les adversaires de la démocratie, c'est à dire, en gros et pour simplifier: la classe politique et sa séquelle.
Cela n'a pas manqué, c'est pourquoi je ne regrette pas d'avoir pris hier sommairement la défense du référendum populaire, estimant que la responsabilité d'un mauvais choix incombe aux autorités qui n'ont pas été capables de démontrer son inanité.

Sur le fond et le tort que ce genre de dérive peut faire subir à un pays et à la cause de la démocratie, j'ai trouvé aujourd'hui deux textes de Suissesses qui l'illustrent parfaitement. Il y a d'une part l'article de Nadine Haltimer, à lire sur Courrier International, qui envisage les conséquences probables du vote en matière économique, ses répercussions sur les exportations, l'emploi, le tourisme… D'autre part, il y a le très bel éditorial de Joëlle Kuntz, pour Le Temps: Protéger la démocratie

Enfin, puisque l'onde de choc de cette bombe nous atteint en plein débat truqué sur l'identité nationale initié, par un Nicolas Sarkozy jouant avec les allumettes pour réchauffer sa tambouille électorale, j'ai envie de clore le billet sur la France. Plus précisément un coin de France où tous les symboles architecturaux religieux épousent le paysage sans heurter la sensibilité de personne: La Réunion.

Il y a au moins une mosquée, là-bas, celle de Saint-Denis, que j'ai visitée un jour, et qui se trouve être la plus ancienne de France. Il y a des temples protestants, des temples tamouls particulièrement hauts en couleurs, des églises bien entendu. La population n'est pas exactement à l'image de ces édifices très caractérisés, elle est souvent métissée. J'ai presque envie d'ajouter: et par conséquent belle, mais ce serait un peu gratuit, quoique je n'ai jamais vu autant de filles superbes à la fois —pour les hommes, je n'ai pas fait attention: mon côté machiste.
En tout cas, ces Français là vivent en bonne intelligence, et les plus religieux d'entre eux trouvent le chemin des édifices dédiés à leurs croyances apparemment sans méditer de jeter à bas ceux des voisins. Je me demande à quoi ressembleront les discussions à propos de l'identité nationale à la Réunion?

P-S. À lire: Rimbus qui revient sur l'éviction de Julien Dray pour les Régionales…