Ce matin, en quittant la maison j'avais débranché la livebox par crainte des orages. De retour sous des trombes d'eau, comme il n'y avait pas d'éclairs, j'ai remis l'appareil en service… Plus de connexion, ou alors durant quelques secondes à peine, le temps de récupérer un mail ou deux avant la coupure. Au bout d'un certain temps perdu à débrancher, puis brancher l'engin infernal qui me narguait en clignant sans trêve de ses petits yeux rouges, j'ai appelé l'assistance à contrecœur.
L'idée que la communication me serait facturée, de même que l'intervention d'un technicien si cela s'avérait nécessaire, me faisait souffrir. Je suis radin. Et pas de chance : la dame au bout du fil décida de m'envoyer un spécialiste «d'ici le 21 juillet, milieu d'après-midi au plus tard».
Miraculeusement, mon attente a duré moins d'une heure avant que deux hommes de l'art ne débarquent sous le soleil revenu, l'un dans une petite fourgonnette, l'autre avec un camion-nacelle. J'ai fermé les yeux et fait vœu d'aller à Saint-Jacques-de-Compostelle à pied si le dieu des télécoms m'épargnait la facturation de la nacelle.
Ils ont déployé cette dernière vers le sommet d'un poteau, et l'un des techniciens a ausculté le contenu d'un coffret fixé là-haut, avec tout un attirail électronique. De temps en temps, il émettait des constats laconiques à l'intention de son collège resté au sol : «rien sur la quatre ; la une est morte ; il est sur la six qui n'est pas terrible»… Comme je le regardais de cet air anxieux que l'on doit avoir aux urgences dans l'attente d'un diagnostic sur la santé d'un proche, celui-ci m'expliqua : «vous avez une paire un peu bancale, il cherche s'il y en aurait pas une meilleure.» J'ai failli lui dire qu'à l'approche des 65 ans ce sont des choses qui arrivent, mais je me suis retenu. On a sa fierté.
Finalement, ils m'ont laissé sur la 6, je crois, mais avec une paire revigorée par les progrès de la science. Internet remarche et, comme il semble que le câble ait été endommagé par les multiples chutes d'arbres de ces dernières années, j'échapperai peut-être à la facture. Je n'irai pas à Compostelle : s'il y a eu des tempêtes, c'est la faute du Ciel, ça change tout.
P-S : «La Cinquième République, un coup d'état mornarchiste ?» c'est chez Rimbus…
CC est rentrée de Florence, elle revient dans la brume, la pauvre…




