La commission des finances de l'Assemblée nationale, a bricolé aujourd'hui un amendement restreignant la portée d'une future commission d'enquête réclamée par le PS, sur les sondages de l'exécutif. L'opposition bénéficie en principe du droit de demander une enquête une fois par session. Sa précédente demande qui visait l'utilisation des sondages par l'Élysée, ayant été refusée, le PS avait déposé une nouvelle demande. Celle-ci, élargie, portait sur l'ensemble des crédits votés par le parlement, dépensés en études d'opinion.
Malheureusement, l'amendement de l'UMP limitera l'enquête au seul gouvernement. Les pratiques de Nicolas Sarkozy avec les sondages demeureront donc tabou, il sera impossible de démontrer les manipulations de l'opinion publique dont on le soupçonne. L'argument des godillots de l'Élysée n'a pas changé: l'enquête voulue par les socialistes ne peut inclure la présidence, en vertu du principe de séparation des pouvoirs.
L'hypocrisie politique, mal chronique, n'est pas mortelle, on ne peut que le constater, sans quoi, nous aurions bientôt une majorité décimée et de nouvelles élections en perspective. Qui peut croire que cette manœuvre de la majorité au Palais Bourbon n'a pas été ordonnée par Nicolas Sarkozy? Personne. Dans la Ve République depuis l'origine, et singulièrement depuis l'élection de M. Sarkozy, la séparation des pouvoirs est une fiction grossière. Les empiétements du président sur la justice ou les prérogatives du parlement sont monnaie courante. En voici un de plus, dissimulé comme toujours.
Nicolas Sarkozy peut tout se permettre, il reste intouchable, même par les représentants du peuple français. Il est à noter que récemment, les sénateurs de la majorité appuyés par Mme Alliot-Marie avaient repoussé au siècle prochain la définition légale de la responsabilité du président. On s'en occupera sans doute en même temps que des modalités de mise en œuvre du référendum d'initiative parlementaire —vous savez ce machin que les menteurs, approuvés par les niais, appellent initiative populaire…
L'une et l'autre de ces dispositions étaient pourtant prévues par les modifications de la constitution votées par le congrès. En revanche, Nicolas Sarkozy a déjà pris de celles-ci tout ce qui étendait ses pouvoirs, si bien que nous nous retrouvons indiscutablement avec un autocrate à la tête du pays. Et les moyens de lui demander des comptes pour tous les abus auxquels il se livre n'existent pas. Nicolas Sarkozy a tous les droits d'un citoyen français, plus celui de les diriger selon son bon plaisir, mais aucun de ses actes ne peut être pesé, encore moins contrarié.
Heureusement que le 27 mars nous aurons la possibilité de lui dire non. On pourra rêver que nous sommes en démocratie, mais ça ne sera qu'un rêve, n'en déplaise aux faux culs de tous horizons politiques.
P-S, quoique son analyse ne me convainque pas vraiment, j'ai beaucoup apprécié «De la différence entre action et acte…» sur le Pavé. Je le cite en contrepoint au No Sarkozy day que je soutiens, mais il s'agit pour moi de contrepoint au sens littéraire: un cheminement parallèle, plutôt que contraire.
Malheureusement, l'amendement de l'UMP limitera l'enquête au seul gouvernement. Les pratiques de Nicolas Sarkozy avec les sondages demeureront donc tabou, il sera impossible de démontrer les manipulations de l'opinion publique dont on le soupçonne. L'argument des godillots de l'Élysée n'a pas changé: l'enquête voulue par les socialistes ne peut inclure la présidence, en vertu du principe de séparation des pouvoirs.
L'hypocrisie politique, mal chronique, n'est pas mortelle, on ne peut que le constater, sans quoi, nous aurions bientôt une majorité décimée et de nouvelles élections en perspective. Qui peut croire que cette manœuvre de la majorité au Palais Bourbon n'a pas été ordonnée par Nicolas Sarkozy? Personne. Dans la Ve République depuis l'origine, et singulièrement depuis l'élection de M. Sarkozy, la séparation des pouvoirs est une fiction grossière. Les empiétements du président sur la justice ou les prérogatives du parlement sont monnaie courante. En voici un de plus, dissimulé comme toujours.
Nicolas Sarkozy peut tout se permettre, il reste intouchable, même par les représentants du peuple français. Il est à noter que récemment, les sénateurs de la majorité appuyés par Mme Alliot-Marie avaient repoussé au siècle prochain la définition légale de la responsabilité du président. On s'en occupera sans doute en même temps que des modalités de mise en œuvre du référendum d'initiative parlementaire —vous savez ce machin que les menteurs, approuvés par les niais, appellent initiative populaire…
L'une et l'autre de ces dispositions étaient pourtant prévues par les modifications de la constitution votées par le congrès. En revanche, Nicolas Sarkozy a déjà pris de celles-ci tout ce qui étendait ses pouvoirs, si bien que nous nous retrouvons indiscutablement avec un autocrate à la tête du pays. Et les moyens de lui demander des comptes pour tous les abus auxquels il se livre n'existent pas. Nicolas Sarkozy a tous les droits d'un citoyen français, plus celui de les diriger selon son bon plaisir, mais aucun de ses actes ne peut être pesé, encore moins contrarié.
Heureusement que le 27 mars nous aurons la possibilité de lui dire non. On pourra rêver que nous sommes en démocratie, mais ça ne sera qu'un rêve, n'en déplaise aux faux culs de tous horizons politiques.
P-S, quoique son analyse ne me convainque pas vraiment, j'ai beaucoup apprécié «De la différence entre action et acte…» sur le Pavé. Je le cite en contrepoint au No Sarkozy day que je soutiens, mais il s'agit pour moi de contrepoint au sens littéraire: un cheminement parallèle, plutôt que contraire.
source Libération
