mardi 7 juillet 2009

Nicola 1er se met à la philatélie

Dimanche dernier, le bon Saint Henri avait mis à profit le repos dominical pour mettre sens dessus-dessous le petit appartement qu'il occupe à la cour. Le dimanche, il faut le dire, est un jour tranquille au palais, car Nicolas le Bien Aimé tient à ce qu'on le laisse en paix. Or donc, son fidèle conseiller vidait ses placards, secouait les livres de sa bibliothèque, fouinait en somme de tous côtés, aidé de Blandine, sa sous-conseillère favorite. À un moment, le bon Saint Henri avisa celle-ci en train de chercher sous le lit à quatre pattes. Il secoua la tête avec un sourire indulgent, car elle était rondement ensellée, la bride parme d'un string rehaussant discrètement la perfection des fesses.
«Ça m'étonnerait que tu trouves quoi que ce soit par là! Je suis bordélique, mais quand même…
— Et ça, c'est quoi?» dit-elle en brandissant triomphalement une chaussette rouge pleine de moutons.
« C'est une relique… Elle fait partie d'une paire qui m'a été offerte par Balladur à mon dernier voyage en France.
— Leur ancien premier sapir?
— Oui… Elle me manquait, merci de l'avoir retrouvée, ma chatte, mais je te rappelle qu'on cherche mon ancienne collection de timbres.
— On a fouillé partout, tu ne l'aurais pas fichue à la poubelle?
— Jamais de la vie, je la tenais de mon grand-père! Au début, comme tous les mômes, je m'occupais de ça avec passion. La fièvre du collectionneur m'a tenu au moins deux trimestres, avant que j'oublie les albums… Une fois adulte, j'ai mis les timbres en vrac dans une enveloppe. Ils doivent y être encore…
— Mais pourquoi veux-tu absolument les retrouver aujourd'hui, mon Riton? C'est dimanche, on bosse pas, on pourrait faire un grand gros câlin, il me semble. Profitons-en, tant que l'Empereur n'a pas encore fait voter la loi sur le travail du dimanche!
— Un peu de jugeote, Blandine, ma douce! Les lois, sont là pour faire le bonheur du peuple, pas de ses dirigeants: nous ne travaillerons pas davantage dimanche prochain qu'aujourd'hui. Et tu sais pourquoi?
— Parce qu'il y a karaoké chez Nicolas 1er…
— Non: le karaoké, c'est terminé, et j'en suis soulagé: il m'a obligé deux fois à chanter devant toute la clique: Sa Grâcieuse Lala, les enfants, la famille, ce faux cul de Cloclo le Béant, tout le monde quoi! Ils étaient pliés de rire, et moi je crevais de rage… Le radio-crochet n'est plus de mode, le nouveau dada du Bien Aimé, c'est la collection de timbres. Lala lui a appris que la philatélie est le passe-temps des rois. Tu sais comme sa bonne éducation impressionne son parvenu de mari… Du coup, l'Empereur s'est souvenu qu'il avait lui aussi une collection, quelque part… Il devait avoir ses timbres à la banque…
— À la banque! Tu serais pas un peu timbré?
— Pas du tout, c'est un très bon placement, une belle collection. Il y a un ou deux ans, un timbre hongrois de 1867 a été vendu aux enchères 90000 livres sterling…
— Merde alors! Fais un effort, Riton, essaie de te souvenir où tu as fichu les tiens.
— T'emballe pas, ma chatte, ma collection peut avoir une certaine valeur, mais pas de quoi flanquer notre démission au tyran et filer aux bahamas.
— Alors, c'est bien ce que je disais: on se met au lit, on fait câlin.
— Je suis invité à prendre le thé avec Leurs Majestés, à cinq heures… Tel que je connais mon bonhomme, il sera installé dans un coin du salon à examiner ses timbres à la loupe. C'est qu'il s'instruit, tu sais!
— Si je comprends bien, tu as l'intention de lui offrir tes timbres pour te faire bien voir… Lèche-cul, va!
—Eh, oh! Pas tous mes timbres! Tu me prends pour un crétin? Un ou deux, seulement. Ça me laissera des biscuits pour la route: un règne c'est long, et avec notre Bien Aimé, les années comptent double! »
Tout en parlant, le bon Saint Henri s'était remis à vider sa bibliothèque… Deux enveloppes brunes coincées entre des livres d'art apparurent brusquement.
« Ouf, les voilà! Je savais bien que je les avais conservés.»
Déversant un flot de vignettes multicolores sur le lit, il les éparpilla d'un index agile, et sélectionna deux timbres sans oblitération, apparemment intacts…
«Voilà, je vais lui offrir ceux-là, des timbres du Biafra tout neufs… hi, hi!
— C'est où ce pays? Jamais entendu parler!
— Une province du Nigéria qui avait fait sécession dans les années soixante… Le pays n'a existé que trois ans, je crois…
— Mais alors, ils sont très rares tes timbres! Tu vas lui faire un super cadeau, au Nicolas!
— Eh, eh! Ils ne valent pas un clou! Sur internet, tu en trouveras sans doute pour 2 ou 3 Neuros… Tu sais, la philatélie, c'est un hobby étrange: elle s'intéresse beaucoup aux erreurs d'imprimerie, mais jamais aux erreurs de l'histoire. Un pays qui a disparu, avec son administration et ses timbres, tout le monde s'en fout.
—Si ça ne vaut rien, tu vas le vexer!
— Je lui présenterai ça comme une modeste perle historique héritée de ma famille. Il sera flatté du geste, et très heureux de pouvoir mépriser secrètement la médiocrité du don. Bon, il est presque l'heure du thé impérial, il faut que je m'habille…»

Mes remerciements à Monsieur Poireau qui m'a offert le sujet de ce billet!

P-S. Abadinte aime autant Carrefour que moi, il s'émeut aujourd'hui de la santé des petits actionnaires de l'enseigne… À lire sur le blog de Rimbus, sa «Lettre à Frédéric Mitterrand»

lundi 6 juillet 2009

Télescopages

«Partageons mon avis» s'amuse de la fringale de missions officielles dont fait preuve Michel Rocard, avec sa nomination à la co-présidence d'une commission de réflexion sur l'emprunt. Il y a de quoi rire, bien que d'un rire jaune, du parcours de ce Jack Lang triste (Lang pour sa part me faisant penser à un Rocard pompette).
Simultanément, comme s'il avait prévu de lubrifier l'annonce de cette nouvelle preuve de complicité avec Nicolas Sarkozy, Michel Rocard fait paraître un long article dans Le Monde, qui est comme un dernier soupir social-démocrate.
Grossièrement, on peut résumer en disant qu'il analyse, avec sa clarté coutumière, l'évolution de la crise comme la préparation d'un retour aux vieilles habitudes. Du côté de la finance et de la banque, rien n'a changé en profondeur. Les rapaces n'ont nullement été encagés, mais au contraire, ils ont défendu becs et ongles leurs aires d'influence, et tout est resté tel qu'avant. Les rémunérations honteuses, les opérations acrobatiques, sources de nouvelles crises inévitables, seront vite de retour. Et Michel Rocard de constater qu'en dépit de toutes les évidences, les peuples européens ont voté pour le maintien ou le retour aux affaires des partis de droite favorables à cet état de choses. En France, je trouve pour ma part que les électeurs se sont plutôt très malheureusement abstenus de voter, offrant à l'UMP et N. Sarkozy une victoire bidon que ce dernier fait sonner afin de se redonner un air de légitimité —comme on refait un pucelage.
Ce constat lucide de M. Rocard est tout de même surprenant, venant d'un homme qui se met au service de l'un des plus cyniques acteurs du libéralisme, mais passons…
On peut se demander par quelle aberration les 60% de Français qui se défient du président ne se sont pas précipités aux urnes massivement pour lui infliger une défaite significative? On nous a dit et redit qu'il ne fallait pas harceler M. Sarkozy à la moindre occasion, que cela déplaisait «aux gens», mais lesquels? Les trente et quelques pour cent qui lui font confiance quoiqu'il fasse ou dise? Ceux-là ne nous intéressent guère. Ceux qui, parmi les autres, trouvent sympathique son laisser-aller de chef de clan rustique? Alors, où se cachent-ils ces derniers, qui se reconnaissent chez un président réputé n'ouvrir jamais un livre, s'exprimer comme un jeune de banlieue, n'aimer la compagnie que d'une élite de la sous-culture? Ils devraient être légion par exemple sur internet: sans en connaître toute l'étendue française, je n'ai pas constaté que les Sarkozystes y pullulent. Ceci pour m'étonner qu'autant de monde soit passé à côté d'une occasion de signifier aux dirigeants européens qu'il fallait éradiquer les germes de crise.
Néanmoins, on peut difficilement reprocher à ses concitoyens d'être aveugles à la malignité du sarkozysme, quand des esprits brillants comme Michel Rocard vont à la soupe sans vergogne, en nous gratifiant d'un «Point de vue» qui ressemble à un pied de nez!

P-S. Le Tour de France a inspiré M. Poireau et Hermes (qui a tout vu de chez lui, ou presque), tandis que Falconhill nous confie ses chagrins de foot et de politique. Martine quant à elle, nous parle festivals, et nous offre un moment d'humour bienvenu avec Jeff Goldblum est mort...sur twitter

dimanche 5 juillet 2009

Le rébus politique du dimanche…

Comme chaque dimanche, je vous propose de découvrir dans ce rébus enfantin le prénom et le nom d'un personnage de la scène politique…




P-S. Petit rappel: mes modestes rébus «politiques» sont inspirés des recueils de rébus littéraires d'Honoré, publiés chez Arléa!
Et je rappelle que vous pouvez retrouver une partie des billets des leftblogs sur le site du groupe.

samedi 4 juillet 2009

Le Wikio est descendu de l'Olympe

Ce mois-ci après la stabilité des deux mois précédents, mon Coucou recule à nouveau au classement des blogs politiques et rétrograde à la 11ème place. Les dieux de l'Olympe blogosphérique qui commandent aux vents du Wikio en ont décidé ainsi… Amen!

Au mois de Juin le coucou a reçu 3056 visites (…), de 1556 visiteurs absolument uniques par leur bon goût. Ils ont affiché 4941 pages, à raison d'une minute et 43 secondes pour lire 1, 62 page en moyenne.

Les admirables pourvoyeurs de visites sont les suivants:


Merci à tous!


P-S. Le Temps publie un bon article sur le «retour en grâce de la nourriture des dieux», le cacao. Je le signale aux lecteurs avec d'autant plus d'empressement qu'il me permet de faire un lien vers le billet de Nefisa: «Chacun sa poudre».

vendredi 3 juillet 2009

À la recherche du modèle Français

La lecture de l'entretien placé par Nicolas Sarkozy dans le Nouvel Obs, a ramené le «modèle Français» au premier plan de mes interrogations. Cela fait longtemps que cette notion nous est servie par les médias, et à les lire, on finit par ne plus trop savoir ce qu'elle recouvre. Dans l'esprit de la plupart des gens, cette notion vient sans doute des bienfaits de «l'état providence», du haut niveau de protection sociale auquel nous étions parvenus avant que ne s'impose la mondialisation. Mais à peu près tous nos voisins européens bénéficiaient d'une protection plus ou moins comparable en matière de santé, de chômage, de lois du travail… On pourrait y adjoindre l'importance des services publics, en aboutissant au même constat: nos voisins ont, ou avaient, à peu près les mêmes. Qu'avons-nous donc qu'ils n'ont pas, alors? Nous avons la république, c'est à dire un esprit républicain hérité des révolutionnaires de 1789, parvenu jusqu'à nous de génération en génération. C'est un idéal, ce pourquoi nos amis européens, souvent pragmatiques, nous comprennent parfois mal et nous raillent. Un idéal pétri de laïcité sourcilleuse, et d'attachement théorique aux symboles que sont les instruments de la souveraineté populaire: nos institutions. Attachement théorique, car en réalité n'a jamais cessé de sourdre dans notre peuple une exigence de démocratie restée inassouvie. Et cela donne des citoyens aisément frondeurs, dirigés par des élus s'estimant investis de leur souveraineté. S'il se limitait à cela, ce modèle républicain Français serait fondé sur un malentendu. Sans doute faut-il y ajouter tout de même le besoin de se reposer sur l'état pour maintenir un haut niveau de justice sociale à travers, par exemple, des organismes de gestion collectives et non marchandes.
C'est en tout cas ce modèle que Nicolas Sarkozy voulait jeter à bas en arrivant à la présidence. Ce qu'il a commencé à faire en avançant les premiers éléments d'une privatisation forcée de la santé, ou des services publics.
Aujourd'hui, la crise ayant explosé, il nous annonce qu'il a commis des erreurs… Il a changé et la défense du modèle Français lui tient désormais à cœur. Faut-il le croire?
Eh bien, je suis personnellement troublé, car à l'observer attentivement, je constate qu'il a en effet quelque chose de changé






jeudi 2 juillet 2009

L'Obs lance un nouveau bidon de Sarkozy !

Je suis abonné au Nouvel Obs, que je reçois du reste souvent en retard. Ainsi j'ai pris connaissance de l'opération «Nouveau Sarkozy» sur le site de l'hebdomadaire, hier, avant de pouvoir la lire seulement aujourd'hui in extenso.
M. Sarkozy chantait victoire au lendemain des européennes pour avoir remporté le maximum de sièges grâce aux voix d'une infime proportion du corps électoral. Fort bien, c'est une attitude compréhensible. Le bon moutonnier aussi, sait qu'il lui faut tenir son troupeau rassemblé quand le chemin du pâturage est encore long. À l'évidence, cependant, M. Sarkozy n'en a pas moins conscience que 60% de la population ne lui fait aucune confiance et le rejette. On comprend que ses conseillers et lui se soient souciés de travailler à changer cet état de choses.
Comme on sait, Nicolas Sarkozy regrette de n'avoir pas su se tenir dans son beau costume de président. Au début, dit-il. Sans doute ses mauvaises manières ont-elles contribué au désamour des Français à son égard, mais il est regrettable qu'il reste aveugle aux raisons profondes de ce rejet: la totalité de ce qu'il appelle son bilan, et dont il ne regrette rien. Je ne vais pas revenir une fois de plus sur tout ce que l'on peut lui reprocher, et que d'autres rappellent fort bien. Je préfère m'attarder sur cette étonnante interview.
Plusieurs choses me choquent dans ce numéro d'un hebdomadaire que je lis depuis des années. La première, c'est qu'il s'agit d'une opération promotionnelle à laquelle le journal se prête sans avertir le lecteur. Hier et ailleurs, sur le thème de l'argent que peuvent gagner quelques blogueurs en rédigeant de la publicité rédactionnelle, des commentateurs convenaient qu'il n'y a aucun mal à cela du moment que le lecteur est prévenu.
Ici, nous avons un président qui vient se présenter comme une nouvelle lessive dont on aurait changé l'emballage, et le Nouvel Obs s'abstient de signaler à ses lecteurs qu'il s'agit d'une opération de communication. Le baril est peut-être différent, mais les ingrédients sont les mêmes!

Certes, l'interview est introduite par un texte en rouge, qui souligne que cet «entretien est aussi une tribune», mais à moins de prêter attention à ses ambiguïtés dans la formulation, on pourrait presque croire que le journal est à l'origine des confidences du président, et non l'Élysée: «Cela nous a conduits à rencontrer Nicolas Sarkozy. Nous voulions qu'il s'exprime, qu'il dise s'il y avait vraiment un changement et ce qui l'avait motivé, qu'il s'explique sur ce qui nous apparaissait comme une stratégie nouvelle».
Pire, les journalistes politiques de l'hebdomadaire ont été tenus à l'écart d'une opération gardée secrète par le PDG et le directeur de la rédaction. La Société des rédacteurs du Nouvel Observateur peut ainsi parler de «dérive sarkophile»

Par respect pour les lecteurs d'un journal justement choisi le plus souvent parce que d'ordinaire ses «colonnes (…) ne (…) ménagent pas» le pouvoir actuel, on aurait aimé que l'entretien fut d'une part moins complaisant. D'autre part, qu'il soit suivi d'une réponse critique immédiate, accordée à la rédaction politique. La couverture du journal titrant «Nicolas Sarkozy face à l'Obs» y aurait gagné en crédibilité.

P-S. À lire chez Hermes: «De la magie en politique» , et une perle à suivre pour retrouver tous les billets d'Éric sur le «blogging»: conseils blogging


mercredi 1 juillet 2009

Les héros aussi, veulent être aimés!

Dans une actualité qui reste aujourd'hui particulièrement éprouvante, puisque l'on ne sait toujours pas comment la dépouille de Michael Jackson sera inhumée dans son ranch de Neverland, et si la lecture du testament sera retransmise à la télévision, j'hésitais à m'exprimer ici.
À quoi bon rajouter des lignes à la douleur de millions de Martiens éplorés, au risque de les faire souffrir davantage, et même si personne ne lit mon blog sur Mars?
Et puis j'ai pensé qu'il y avait quelques mots à dire, tout de même, pour apporter un peu de réconfort à mon prochain. On apprend en effet que deux dirigeants qui comptent ont trouvé leur chemin de Damas et se sont engagés sur la voie du bien.
Le premier se nomme Lars Olofsson, un quinquagénaire Suédois. Il est le nouveau directeur général du groupe Carrefour. M. Olofsson est en pointe d'une certaine actualité, car il a décidé que Carrefour veut désormais être aimé. Oui, oui, parfaitement! Ce réseau de nasses à chalands, ce ramassis de hangars sinistres que l'on fréquente le plus souvent hébété, en poussant son caddie comme un zombi, quand on n'y passe pas au galop, en essayant de contenir sa fureur d'être pris pour un con, Carrefour donc, veut qu'on l'aime!
Le nouveau patron a son plan, il a décidé de nous «enchanter tous les jours»… Et notamment en agissant sur les prix, que les consommateurs trouvent trop élevés, car le groupe se serait un peu trop concentré sur la qualité. Là, on croit rêver! Qui ne s'est jamais fait avoir par le prétendu engagement de «qualité» de Carrefour, en achetant des fruits «murs à point», en réalité immatures et dépourvus de goût? Ce n'est qu'un simple exemple, bien sûr: il faudrait un billet-fleuve pour dresser un catalogue exhaustif de récriminations.
Rendre la grande distribution sympathique est une tâche digne d'Heraclès nettoyant les écuries d'Augias, mais M. Olofsson ne compte sans doute pas y parvenir en un jour…

Le second héros à l'antique de ce jour, c'est Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas la France qu'il espère faire aimer, pour sa part, mais lui-même. Dans une interview accordée au Nouvel Obs, il nous apprend qu'il a commis des erreurs d'appréciation, pour le cas où cela nous aurait échappé. Il a une excuse: c'est qu'il lui a fallu du temps «pour se hisser à la hauteur d'une charge (…) proprement inhumaine», rien que ça!
Et d'ironiser, mine de rien, sur le fait que les Français auraient développé une «exigence nouvelle» en matière d'austérité de mœurs exigées du président. «Je n'observe pas qu'on avait la même, par exemple à l'égard de François Mitterrand; donc les temps ont changé, on vit un nouvel âge de la démocratie», a-t-il dit.
On aurait aimé que les interviewers lui fissent observer qu'en la matière, le modèle-étalon, était le premier président de la Ve république, Charles de Gaulle. L'homme qui avait fait installer un compteur EDF à l'Élysée pour payer la consommation de son appartement privé, et qui ne mélangeait jamais ses dépenses personnelles à celles de sa fonction.
Certes, de Gaulle, ce n'était pas un petit marrant, mais, la vie est injuste: il était né avec la stature et la dignité innée qui conviennent au représentant du peuple souverain.