vendredi 7 août 2009

Le Fatah, les bonus, Wikio, et moi…

La presse en ligne parle peu du congrès du Fatah, le premier en 20 ans, qui se tient à Bethléem actuellement. Le correspondant de France Inter disait à la mi-journée que le congrès se prolongera jusqu'à dimanche. Il est question de renouveler les instances dirigeantes de ce parti, l'ambiance est houleuse. Il paraît même que de temps en temps on s'empoigne au col de chemise, les vieux croûtons ne veulent pas reconnaître leurs erreurs, ni lâcher les commandes… Il n'y a pas encore de mort, c'est plutôt bon signe pour leur démocratie interne, quand on pense qu'il n'y a pas si longtemps, ils devaient tous porter un flingue à la ceinture. Toute proportion gardée, cette situation m'a fait penser à celle du PS. Si, si, j'y vois quelques points communs —comme dans le fait qu'il soit si difficile de se débarrasser des éléphants, surtout de nos jours où leur chasse est prohibée.

À la radio encore, je ne sais plus quelle banquière nous a expliqué combien les rémunérations variables (expression bien élevée pour parler des bonus sans rougir), sont naturelles et indispensables à l'activité financière. Nos banquiers sont des modèles de vertu, à la différence de leurs confrères anglo-saxons —de vrais truands qui les obligent à imiter leurs pratiques, afin d'assurer leur survie. Le gouvernement, alerté par l'odeur de roussi que dégageait la révélation des diverses provisions destinées à engraisser l'élite bancaire, le gouvernement à organisé au pied levé un simulacre de rappel à l'ordre. Jusqu'à l'ineffable autocrate en convalescence qui feint de menacer: M. Sarkozy annonce qu'il se fâchera bientôt, si cela continue. Il ne faut pas attendre de lui l'adoption de la mesure efficace, qui ne nécessite même pas de légiférer: l'imposition massive de toutes les rémunérations abusives.
Pour le commun des mortels, l'heure devrait être venue de riposter au climat de licence affairiste où a sombré notre pays sous le règne de ce président. Il faudrait imaginer quelque opération de boycott généralisé qui frapperait tout ce vilain monde au cœur, son porte-monnaie, mais la patience des Français semble devenue sans limite…


Sans transition, comme cette première semaine d'Août sera bientôt achevée, il me reste à respecter la coutume de publier les saintes statistiques mensuelles que voici…
Au mois de juillet, le Coucou a reçu 2926 visites, 5023 pages ont été vues, durant 2:14 en moyenne… Ces chiffres, qui correspondent à la liturgie Google Analytics, sont légèrement en baisse par rapport au mois dernier. Étrangement, dans la liturgie de Statcounter, que j'aime bien aussi, mes statistiques sont en hausse (5321 visiteurs, 10434 pages vues)…, mais bon les choses sont ainsi, et cela n'a pas empêché ce blog de grimper à la 7e place du classement Wiko des politiques. Alors cocorico!

Mes apporteurs de visites du mois de juillet ont été les suivants:
jegpol.blogspot.com 183
wikio.fr 180
sarkofrance 173
twitter.com 110
macao-levilainpetitcanard.blogspot.com 89
ruminances.unblog.fr 82
falconhill.blogspot.com 74
le-gout-des-autres.blospirit.com 65
netviles.com 64
betapolitique.fr 57
nouvelhermes.blogspot.com 39
sarkobasta.blogspot.com 39
quicoulol.blogspot.com 36
hyposblog.info 35
mtislav.blogspot.com 30
crisedanslesmedias.hautefort.com 28
cozop.com 27
labs.wiko.net 24
berenicecarpediem.blogspot.com 19
monsieurpoireau.blogspot.com 18
jen-airienadireetalors.20minutes-blogs.fr 17
pensezbibi.com 17
(lequel Bibi pourrait bien avoir été piraté à cette heure?)
jegper.blogspot.com 16
peuples.net 16
marre-et-remarre.blogspot.com 15
uneautrevie-stef.blogspot.com 15
monmulhouse.canalblog.com 13
fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com 10

( j'espère que αяf voudra bien m'excuser, mais depuis que j'ai constaté que «pensezbibi» a, sans doute, été piraté, je n'arrive plus à ouvrir un seul blog, et même l'enregistrement de ce billet est devenu capricieux…)

P-S. Il a suffit, en désespoir de cause, que je rédige un billet de service pour signaler aux lecteurs que j'étais en panne, pour que tout rentre dans l'ordre au même instant… J'ai donc ajouté le lien manquant.


jeudi 6 août 2009

Deuxième journée de solidarité, en bloguant au mois d'août…

Hier soir, Mathieu, se demandait après Falconhill, s'il faut bloguer au mois d'Août? Les chaînes naissent souvent comme ça, d'ailleurs il m'a repassé la question…
Cela vaut-il la peine, en effet, d'écrire des billets quand les internautes, pour la plupart, sont en vacances, que le président est à la plage, et que l'actualité pourrait se résumer à la mort de la plus célèbre carpe de Grande-Bretagne?
Ma réponse, guère originale, est qu'il est bon de publier quelques lignes pourvu que l'envie soit présente. L'écriture est aussi un entraînement, un exercice d'autant plus aisé qu'il est pratiqué régulièrement… L'ennui, c'est qu'il vaut mieux aussi avoir quelque chose à raconter, ne serait-ce que les statistiques du blog, une matière tellement affriolante que je ne me suis pas encore décidé à y mettre le nez. Relever patiemment les chiffres, dresser la liste des aimables collègues apporteurs de visites, les mettre en lien un à un… Bon, ce sera pour un jour prochain.
Heureusement, il y a tout de même une autre raison de bloguer au mois d'août: il arrive qu'il se passe un événement important, ou qu'il se prépare quelque chose destiné à venir tôt ou tard au premier plan de l'actualité. Ainsi, l'ami Poireau a-t-il attiré aujourd'hui mon attention sur la proposition d'un ancien ministre de Jacques Chirac, Philippe Bas…

Il s'agit «d'innover pour remédier à ce qui ne va pas», c'est très simple. Qu'est-ce qui ne va pas? La situation des familles qui ont à charge une vieille personne dépendante. Cela revient cher, la part que ces familles doivent assumer augmente sans cesse. Là-dessus, on ne peut que partager la commisération de l'ancien ministre de la santé. Ensuite, comment faire pour venir en aide à ces gens dans l'embarras? Eh bien, il faut surtout nous garder d'augmenter «les prélèvements obligatoires, dont notre pays détient déjà le triste record», avertit M. Bas.
Il y a déjà une Journée de solidarité instituée en faveur de l'autonomie des personnes âgées, mais elle ne suffit apparemment pas à couvrir les besoins… Instituons donc une deuxième Journée de solidarité! Et voilà, le tour sera joué: il n'y aura pas augmentation des charges, pas de prélèvement ni d'impôt qui «appauvrit» la France, la solidarité par le travail «qui enrichit» le pays, fera l'affaire! La solidarité de qui? Des artisans, des commerçants, des professions libérales? Vous oubliez «qu'ils travaillent déjà plus de cinquante heures par semaine». Donc ce sera la solidarité des salariés…
Allons du cœur et du courage, mesdames et messieurs les salariés, les impôts n'augmentent plus chez nous, qu'on se le dise! La première Journée de solidarité, ce n'était pas un impôt, c'était un cadeau. La taxe carbone chère au bon Michel Roccard, ce n'est pas un impôt, c'est un présent que nous ferons à la terre. La deuxième journée de solidarité, ce ne sera pas un impôt, ce sera un don généreux. Toutes les taxes entrées en vigueur, ou qui se sont alourdies sous le règne de Nicolas Sarkozy (il y en a 18 environ), ne sont pas des impôts; d'ailleurs chez nous, on les baisse, impôts.
Croyez-vous qu'il serait venu à l'idée de M. Bas que le gouvernement pourrait taxer à 90% les bonus des financiers, les salaires mirifiques des grands patrons? Quelle horreur, ce serait spolier l'élite du pays! Il est toujours préférable de spolier les petites gens: ils râlent, mais à la fin ils finissent par s'incliner, et même par vous trouver admirable dans les sondages… Il n'est pourtant pas dit que cela durera encore longtemps.
En attendant, chapeau bas devant monsieur Bas, artiste en coup bas.

P-S. Pour bloguer ou non au mois d'Août, je passe le relais à Annieday, Poison-social, et Comm and com

mercredi 5 août 2009

Miroir, mon beau miroir, dis-moi tout…


Rien ne coupe la faim de sondage, pas même le soleil de l'été, et la certitude que 90% des Français en train de se bronzer les fesses à la plage se contre-fichent de tout. Il manque d'ailleurs un élément d'une certaine importance dans l'exposé technique des enquêtes d'opinion de l'été: combien de sujets ont été questionnés par téléphone mobile sur leur lieu de villégiature? Parce qu'on peut se demander si le cerveau d'une personne interrogée alors qu'elle se trouve les doigts de pieds en éventail, sa tendre moitié lui oignant la viande d'huile solaire, est bien en capacité de répondre avec le sérieux souhaitable. À l'inverse, la parole de quelqu'un coincé au boulot, ou prisonnier de son appartement surchauffé pendant que les collègues se la coulent douce en vacances, est-elle vraiment fiable? Cela mériterait sans doute une de ces pondérations acrobatiques dont les sondeurs d'opinion ont le secret, pour tenir compte des variations saisonnières du sentiment.

Ainsi par exemple, Nicolas Sarkozy vient de gagner 12 points d'un coup dans un sondage de VDS, lequel proclame qu'il «fait un bon président» pour 53% des Français.
L'enquête a bien entendu suivi de près le malaise du président, et la proportion de l'échantillon attribuant à celui-ci des qualités humaines précieuses, dynamisme, courage, sympathie, oscille de 63 à 90%.
Étonnant, lorsque l'on songe où il en était avant d'avoir un accès de vapeurs. Il est vrai aussi que ces sondages, invariablement pipés par la rigidité des choix qu'ils vous concèdent, ne se prêtent guère à la nuance, en dépit des apparences. Ainsi, on ne vous offre jamais la possibilité de répondre, par exemple, que le président vous donne envie de vomir.

Le sondage de VSD, effectué les 29 et 30 juillet, en dit tout de même long sur la niaiserie de l'opinion publique, quand on le compare à un autre réalisé presque au même moment. En effet, du 27 au 29 juillet, le journal l'Humanité faisait sonder les Français sur leur appréciation des luttes ouvrières de ces derniers temps. Et là, on découvre que 62% des gens comprennent les séquestrations de patrons, 50% les menaces de destructions de sites industriels…
Il semble donc y avoir une majorité de Français bigleux, qui ne voient pas Nicolas Sarkozy tel qu'il est. Il faudrait organiser une vaste distribution de lunettes.

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mardi 4 août 2009

Flash spécial!

Nous informons nos lecteurs qu'une information capitale vient de nous parvenir:
Partageons mon avis prend la première place du Top Général Wikio !
Poppyrose recule à la seconde place, tandis que Presse Citron campe à la 3e place…

Bravo Nicolas ! (les autres aussi, d'ailleurs)

Les paysans et nous…


À la radio, les informations de la mi-journée revenaient sur la question du remboursement des subventions par les agriculteurs. Un représentant syndical de ces derniers expliquait que sans les aides reçues de l'état français dans la période 1992 - 2002, nombre d'exploitations risquaient de disparaître, à l'époque.
Chez nous, les agriculteurs constituent un petit univers en soi, auquel s'applique des sentiments contradictoires, pour des raisons que la raison ne connaît pas. À gauche, nous ne portons pas vraiment les paysans dans notre cœur: ils sont le terreau de la droite. Et pourtant, qui d'entre nous n'a pas des origines rurales, quelques proches parents, ou des cousins éloignés, plus ou moins vissés au cul de la vache? On soupire régulièrement d'apprendre les attentions financières dont ils font l'objet, grâce à nos impôts, on les considère volontiers comme de perpétuels assistés…
Ce faisant, nous oublions que ces assistés-là travaillent durement, et surtout que nous sommes nourris par eux. Certains penseront que ce n'est plus vrai, qu'une bonne partie de ce qui atterrit dans nos assiettes vient d'ailleurs… Soit, mais je me demande si nous serions nombreux, ayant appris que «labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France», à nous résigner de gaieté de cœur à ne plus dépendre, demain, que de l'agriculture de nos voisins? Je me demande combien d'entre nous se satisferaient de voir nos hameaux, nos villages, désertés, les campagnes retourner à l'état de friches pas forcément pittoresques.
À l'époque concernée, c'était bien le moins que l'on pouvait attendre du gouvernement, dans un pays traditionnellement agricole, qu'il se porte au secours de ses paysans en difficulté. Arguer, comme l'ont fait les instances européennes, que les règles de la concurrence auraient été faussées de ce fait, c'est démontrer une fois de plus que l'Europe ne se soucie pas des êtres humains qui la composent, mais exclusivement du commerce. Seuls sont pris en compte les desiderata du monde des affaires, c'est à dire de tout ce qui est animé par les motivations les plus viles d'une société: l'enrichissement, la loi du plus fort. Une loi qui s'applique régulièrement à l'encontre du monde paysan, ainsi que le démontrent ses conflits avec les intermédiaires sur le prix des denrées .
Aussi traditionnellement qu'ils perpétuent une activité où la France fut un temps auto-suffisante, les paysans ont la colère explosive. Il est souvent impossible d'être en accord avec leur atavisme réactionnaire, l'indulgence dont le pouvoir fait régulièrement preuve à l'égard de leurs actions brutales, est tout aussi souvent révoltante —du moins par comparaison avec la rigueur appliquée aux écarts des simples salariés.
Pourtant, il arrive que l'on comprenne les bouffées de révolte de nos paysans, voire que l'on ait envie de les partager, ce qui fut récemment le cas lorsqu'ils s'en prirent à la grande distribution. Cette affaire des subventions à rembourser à l'état, pour satisfaire à la loi de la jungle des mercantis Bruxellois, en est un autre exemple. Dix sept ans après, pas un sou ne devrait sortir de leurs poches, ni des nôtres. Il ne faut pas hésiter à les soutenir.

P-S. L'affaire est évidemment plus complexe que ce billet ne le montre. Je recommande donc aux lecteurs de lire à ce sujet l'analyse de «Section socialiste de l'île de Ré»
Et pour finir sur un sourire, je vous conseille la lecture de «Ma rengaine», chez αяf…

lundi 3 août 2009

Hausse des loyers de la république

On apprend que la loi de finances 2010 va mettre de l'ordre dans les divers avantages en nature consentis aux serviteurs de l'état. Ainsi en irait-il notamment des logements de fonction, dont les loyers seront augmentés et les conditions d'attribution réexaminées. Ces dernières distinguent deux catégories de logements. D'une part, ceux qui sont associés à «une fonction de nécessité absolue de service», dont les loyers peuvent être nuls. Cela doit être, par exemple, le cas de l'Élysée, résidence de fonction du président de la république. Tous les téléphones très utiles à la bonne marche de l'état se trouvent là, de même que le bunker abritant le petit bouton de la grosse bombe —du moins on le suppose. Les conseillers qui suivent nuit et jour la bonne marche du monde, se tiennent en ce lieu aussi… Dès lors, on conçoit qu'il est juste que Nicolas Sarkozy bénéficie de son appartement de fonction sans débourser un radis.
La deuxième catégorie concerne les serviteurs de l'état qui remplissent seulement une «fonction d'utilité de service». Ceux-ci payent quelque chose, mais peu. Il serait donc question d'aligner leurs loyers sur les prix du marché.
Dans cette dernière tranche, on pourrait avantageusement classer les résidences secondaires des hauts personnages de la république, à commencer par son président. En effet, comme le commun des mortels, lorsqu'il décide d'aller passer son week-end à La Lanterne, plutôt que de rester studieusement sur son lieu de travail élyséen, il obéit à un désir d'évasion futile dont la collectivité nationale n'a pas à faire les frais. Compte tenu du prestige et de la qualité de cette résidence, ainsi du reste que de celle octroyée au premier ministre, il y a là de beaux loyers à récupérer. Messieurs les parlementaires, à vos amendements!

P-S. j'aimerais signaler à votre attention deux billets qui m'ont particulièrement touchés: «La marche» chez M. Poireau, et «Porteurs de valises» sur Dans ma bulle

dimanche 2 août 2009

Rébus du dimanche…

Trouvez dans ce rébus le prénom et le nom d'un personnage politique (féminin ou masculin)… Celui de cette semaine me semble particulièrement facile, c'est pourquoi la modération des commentaires est activée, afin de permettre à chaque lecteur de tenter sa chance sans être influencé par les réponses précédentes. Publication des solutions proposées dans la soirée… Bonne chance!