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mercredi 20 juillet 2011

Adieu à Claviers Ensemble

Il y avait une adresse en bonne place dans la marge gauche du coucou, juste au dessous de la liste de mes sites et de celui des familles de victimes de Karachi. C'était un lien vers le site de l'opposition clavésienne… Comme vous le constaterez si vous avez la curiosité de cliquer sur le lien suivant : Claviers Ensemble, ce site n'existe plus. Je viens d'en faire la découverte au moment où je m'apprêtais à mettre de l'ordre ici, et notamment à créer un onglet de page «Claviers». 

Je me proposais d'y déplacer l'adresse du site des élus de l'opposition, et d'y adjoindre un bref rappel des raisons qui m'avaient poussé à ouvrir ce blog. C'est que le temps ne s'est pas arrêté depuis les élections municipales de 2008, il s'est passé beaucoup de choses et le conflit de l'époque s'est éteint peu à peu. Je suppose qu'il reste chez certains du ressentiment, mais la vie du village a repris son cours normal. Le moment me semblait venu de tourner la page, sans l'arracher.

Le maire dont l'élection avait semé la discorde est mort —j'ai rendu hommage à cet homme qui a fait preuve à mon égard de courtoisie et de fair play, malgré les billets agressifs à son encontre que je publiais quotidiennement. Certes, compte tenu du petit nombre de clavésiens connectés alors à internet, ce blog ne présentait guère de danger pour lui, mais mon expérience du web m'a montré que tous les maires n'admettent pas aussi bien la contradiction.

Le groupe des élus de l'opposition réuni autour du maire précédent, que j'avais soutenu, s'est peu à peu découragé. Ma femme et moi avions participé à plusieurs de leurs réunions durant la période où, encore combatifs, ils envisageaient des actions qui n'ont pu se concrétiser, en définitive.
Un temps, nous les retrouvions le samedi après le marché, pour prendre l'apéro sur la place de la mairie —une manière de défier dans la bonne humeur la nouvelle majorité. Et puis les choses se sont doucement apaisées…

Ma femme est morte à la fin du mois de janvier, voici 179 jours. Au cimetière, j'ai serré la main du nouveau maire et de son adjoint. Leur présence m'a fait chaud au cœur. Il n'y avait aucun de mes anciens amis —il est vrai que je n'avais songé à prévenir personne, à l'exception de l'un d'eux. Il m'arrive d'en croiser certains, je ne sais pas s'ils me disent encore bonjour de la tête, je n'ose plus les regarder.

Et ce soir, voilà que je m'aperçois que je laissais à la place d'honneur de mon blog l'adresse d'un site disparu sans que l'on se soit donné la peine de m'en avertir. Alors salut, restez ensemble !










lundi 21 juin 2010

Le Maréchal Président dans le Var


Le président Patrice de Mac Mahon, en visite dans les communes sinistrées du Var, s'est écrié: «Que d'eau ! Que d'eau !». Le préfet lui a répondu: «Et encore, vous ne voyez pas le dessous…» Nicolas Sarkozy, en visite dans l'est varois s'est écrié: «On ne construira plus en zone dangereuse et il n'y aura plus aucune commune qui n'aura pas son Plan de prévention des risques»… Personne ne lui a répondu: «Sera-t-il donc interdit de rouler en voiture et de sortir dans les rues les jours de pluie dans les communes inondables, monsieur le Président?»
La plupart des victimes se trouvaient hors de chez elles lorsqu'elles ont été emportées par les eaux…
En théorie, le quartier le plus exposé de Draguignan, se trouve être une zone industrielle… Faudra-t-il transporter les hangars, les docks de matériaux, les palais de Carrefour, d'Inter-Marché, etc, au centre-ville?
Le jeune homme de 19 ans qui a été emporté par le courant se trouvait sur la place du Dragon: c'est dans la partie haute de la ville, ancienne… Le torrent boueux, charriant des pierres, des débris de toute sorte, ne venait pas d'une rivière, mais des routes et chemins au-dessus. S'il y a lieu de prendre des mesures, ce serait peut-être pour limiter le bitumage et les constructions anarchiques sur les collines.
Quant au village de Figanières, qui, contrairement à ce qui a été écrit un peu partout, n'est pas perché, mais situé depuis des siècles dans une sorte de couloir étriqué entre les collines, s'il y a problème et non pas fatalité (ce qui reste à prouver), ce devrait être un problème d'aménagement urbain en amont et aux alentours immédiats…

La visite du Maréchal Président m'a fait oublier mon projet initial d'évoquer les propos d'Eric Woerth, dans la foulée de la tempête soulevée par les enregistrements rendus publics par Mediapart… Ce matin Eric Woerth déclarait sur France Inter: «Est-ce que j'ai une tête à couvrir la fraude fiscale?»
C'est lui qui pose la question, n'est-ce pas? Si j'avais été présent, je lui aurait dit: «Oui, monsieur. » Évidemment, je peux me tromper, je l'admets sans peine. Néanmoins, la situation dans laquelle il se trouve aujourd'hui, me fait rejoindre une fois de plus Eva Joly qui demande sa démission. Et je constate aussi que Benoît Hamon, au nom du PS, s'est abstenu de réclamer cette démission. La volonté de ménager l'adversaire et de traiter les petites affaires politiques en famille, devient de plus en plus évidente. Où faudra-il aller chercher une opposition digne de ce nom?
source image

P-S pour les éventuels lecteurs varois : la Mairie de Claviers a mis en ligne un document téléchargeable qui rassemble toutes les informations utiles sur les suites des intempéries. J'extrais ces trois adresses d'associations recueillant les dons financiers ou en nature, et qui les redistribuent:
«Pour faire un don ou pour obtenir du mobilier et électroménager Contacter Entraide Dracénoise 04 94 67 28 73 46, Rue Lombard - Draguignan

Faire un don ou obtenir une aide alimentaire et vestimentaire à Draguignan *: (produits frais et produits bébés)

Secours populaire 12 avenue Patrick Rosso - Draguignan Tous les jours sauf week-end de 9h à 12h et de 14h à 18h

Saint Vincent de Paul 15 rue de l’observance - Draguignan Vendredi 18 juin et du lundi 21 juin au jeudi 24 juin de 9h30 à 11h30

Secours Catholique
Maison des œuvres – Le Clous 2 Avenue du 4 septembre - Draguignan »

lundi 7 juin 2010

Les blogs, la mouche, l'actualité et moi


Denis, qui s'étripe virtuellement depuis hier avec Nicolas sur l'admission des blogs moribonds aux urgences de Wikio, ou de Google, préconise au blogueur de soigner son contenu pour survivre. Notez bien, que je ne suis pas certain d'avoir tout compris du débat: il se peut qu'en réalité Google et son compère soient en fait accusés d'euthanasie de la blogosphère? Je précise ça pour me garantir de reproches éventuels, parce que tout le monde ne partage pas mon envie d'en rire.

Quoi qu'il en soit, prenant la recommandation de Denis très au sérieux, je me suis gratté la tête en songeant à mon contenu de ce soir… Comment remplir ma page de substance originale que vous ne trouverez nulle part ailleurs que chez moi?

Voilà. Nos oliviers sont couverts de fleurs. Pour l'heure, ce sont de ravissants grapillons de petites billes vert tendre, pas plus grosses que des couilles de fétus.* Enfin, j'imagine: personne dans la famille ne nous a encore montré d'échographie significative. Disons que c'est une licence poétique et n'en parlons plus. En tout cas, les fleurs sont sur les arbres, il y aura des fruits, dont il restera encore une partie appréciable après le passage de la canicule, des coups de mistral, et des attaques de la mouche.
Ah! cette mouche! Il y aurait de quoi remplir dix contenants virtuels avec sa vie, son œuvre qui consiste essentiellement en des méfaits terribles. Mais pas aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur encyclopédique. Je voulais simplement me livrer à une observation tellement originale que personne d'autre dans mon village ne pourrait la faire… Il y a bien deux ou trois ans que je n'ai plus taillé nos oliviers, et côté fructification, ils se portent beaucoup mieux depuis que je leur fiche la paix. Ils se pourrait donc qu'au printemps prochain nous puissions renouer avec des salades à l'huile de la maison, laquelle nous aura coûté cinq ou six fois le prix au litre d'une bouteille en grande surface.

Sinon, je pourrais aussi vous donner des nouvelles du ruisseau sec qui borde le pré: j'en ai tondu les ronces le mois dernier, mais tout semble à recommencer, c'est presque pire qu'avant! La vie est dure, allez! Je parle de la vie du blogueur en quête d'un contenu original, que les maisons Google et Wikio hisseront dès ce soir en tête des recherches sur «olive, mouche, ronces» pour le premier, et des buzz d'actualité essentielle pour le second.

Enfin, il me semble à la fois honnête et intéressant de signaler à mes lecteurs que le village de Claviers, à ma connaissance du moins, ne compte aucun aïeul dont la longévité pourrait éblouir les foules. Ce qui est par contre le cas de celle de Turinah… Elle a 157 ans, vit dans un village de Sumatra depuis 1857, en fumant ses cigarettes aux clous de girofle depuis toujours… Les autorités du coin ne doutent pas de son âge, même si elle n'a plus ses papiers d'identité: sa fille adoptive a 108 ans… Épatant, non? Si vous voulez en savoir davantage sur cette brave Turinah qui doit ruiner sa caisse de retraite, rendez-vous sur le site du NouvelObs.com où j'ai fait sa connaissance.

Notez pour terminer que je n'applique pas les conseils de Denis jusqu'au bout : je ne commente même pas le commentaire de l'Obs, et je mets un lien vers ma source.

fétus* il n'est pas interdit de comprendre fœtus —voir le commentaire de Suzanne

lundi 10 août 2009

Les Conventions de Genève ont 60 ans…


Mercredi prochain, le 12 août, les Conventions de Genève auront 60 ans. Les dernières, en fait: quatre textes ratifiés alors par 59 états, à la suite d'une conférence réunie à l'initiative de la Suisse. La toute première Convention, née de la volonté acharnée d'Henry Dunant, fondateur de la Croix Rouge, date, quant à elle de 1864. Quatorze pays européens seulement l'avaient signée. Il a existé quatre traités, corrigés par trois protocoles additionnels en 1977 et 2005.

Comme on sait, les Conventions de Genève, qui se préoccupaient à l'origine essentiellement du sort des blessés de guerre, visent aujourd'hui à protéger aussi les civils et tentent de glisser un zeste d'humanité dans les conflits. On comprend qu'il faille autant de traités et d'addenda pour tenter d'améliorer sans cesse une matière aussi ingrate…
Sans cesse bafoués sur le terrain de combat, ils n'en marquent pas moins un des premiers pas, sinon le premier, dans l'émergence d'un droit international. Aujourd'hui, qui plus est, l'existence de la Cour pénale internationale fait échec à l'impuissance des peuples, et vient en renfort de ces textes fragiles, nos seuls remparts contre la barbarie pure.
Il faut simplement regretter l'éternelle duplicité des gens de pouvoir qui, tout en adhérant à un progrès de civilisation, tel que la création de cette CPI, s'ingénient à entraver son fonctionnement. Ainsi les crimes de guerre ne peuvent-ils être poursuivis devant la cour internationale, et sanctionnés, qu'en cas de carence de la justice du pays impliqué… Néanmoins, toutes imparfaites qu'elles soient les Conventions de Genève sont à ranger au côté de la Déclaration des droits de l'homme, elle aussi bien mal respectée, comme de précieux étalons d'un humanisme universel qui reste à fonder.

Sources: Le Temps
La Tribune de Genève
image: original des Conventions de Genève

P-S. je me demande combien de clavésiens ignorent que le village de Claviers s'enorgueillit d'avoir comme curé le père Obama, ce qui était mon cas ce matin encore. Jusqu'à ce que je découvre, via Nicolas, ce billet de l'ami Rimbus —à ne pas confondre avec cet autre texte du même Rimbus, quoique… Bien sûr, le curé ne se prénomme pas Barak, mais Santiago, et Claviers doit partager le brave homme avec trois autres villages du canton, néanmoins, ça le fait —comme on dit à Paris! Paris qui n'a qu'un banal Vingt-Trois à mettre à l'affiche de ses messes. Je me demande s'il officie avec sa casquette Obama (d'origine)? En tout cas, je crois que la saison touristique clavésienne va prendre un nouvel essor…

samedi 6 juin 2009

Votez à gauche, abstenez-vous à droite!

Si vous êtes de gauche et si vous avez décidé de ne pas aller voter demain, parce que l'Europe ne ressemble pas à ce que vous aimeriez qu'elle soit… Dites-vous que vous laisserez ainsi les autres, ceux qui voteront, choisir à votre place la composition du parlement dans les prochaines années. Si vous vous abstenez, dites-vous que l'Europe n'aura alors vraiment aucune chance de se rapprocher un peu, si peu que ce soit, de ce vous auriez voulu qu'elle fût. Et ne vous plaignez plus.

Si vous êtes de droite, et toujours indécis quant à l'utilité pour vous de participer à un scrutin aussi rébarbatif, alors soyez rassuré… Nul ne remarquera l'absence de votre voix dans le score de l'UMP, du MoDem, ou de telle liste gardavoustiste susceptible de recueillir votre suffrage. Jouissez d'un dimanche parfaitement serein en toute bonne conscience. Personne ne vous le reprochera, moi le dernier.

Et puisqu'il est question de vote, je ne résiste pas à la tentation de vous proposer une visite à quelques photos de mon ami clavesien, Philippe Hermelin. Il s'agit d'un concours sans rapport avec les élections européennes.

PS. Nicolas s'est longuement et brillamment penché sur le classement Wikio, annoncé hier, Bah!? by CC aussi, Homer et d'autres sans doute que j'oublie, ou que j'aimerais oublier, comme Bibi qui dit du mal de moi…
Et M. Poireau a publié un bon billet sur l'ambition, que je vous recommande…

jeudi 4 juin 2009

Bizareries électorales à Claviers, Var

Dans l'enveloppe contenant le matériel de propagande électorale, que j'ai reçue avant-hier, copieusement fournie en documents présentant les listes de candidats aux européennes, il manquait la profession de foi du Parti Socialiste. Mon épouse est dans le même cas, nos voisins aussi.

S'agissant d'une élection où beaucoup de personnes n'ont pas d'opinion arrêtée et se décideront au dernier instant, l'absence de présentation de la liste socialiste peut jouer en défaveur de celle-ci.
Cinq oublis ne font pas une mauvaise intention, mais dix ou vingt peut-être…

Sommes-nous les seuls du village, voire du canton, à avoir reçu un envoi incomplet?

samedi 18 avril 2009

N. Sarkozy piteux, S. Royal toujours offensive…

Nicolas Sarkozy n'est pas de Gaulle, on l'avait remarqué. Quand ce dernier snobait les Américains ou choquait les canadiens anglophones avec son «Québec libre!», l'offense partait de haut, et n'était pas une incontinence du langage. Calculée, elle servait un dessein. Je n'appréciais pas de Gaulle, mais je lui reconnais l'envergure d'un grand homme politique. Rien de tel avec N. Sarkozy, qui vient, par fatuité et maladresse, de remettre à la mode sur la scène internationale, les accusations d'arrogance si souvent faites à notre pays. Nous nous savions affligés d'un président sans maîtrise de soi, mais cela ne sortait guère du cadre national. Il en va désormais autrement, à la suite de ses propos maladroits sur MM Obama, Zapatero et Mme Merkel…
Ségolène Royal, narguant la meute UMP, n'a pas craint d'adresser ses excuses au premier ministre espagnol, M. Zapatero, pour des paroles qui «n'engageaient ni la France, ni les Français». Elle va mettre à nouveau la droite en rage, n'ayant fait que son boulot d'opposante avec une belle audace toujours à saluer.
Cette nouvelle initiative de Mme Royal n'a rien d'une étourderie, elle est au service d'un combat politique honorable, et contribuera dans une certaine mesure à atténuer les dommages de la bourde présidentielle. C'est en tout cas un acte rationnel montrant qu'une partie des Français s'est peut-être trompée de chef d'état.

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PS. Il y a un an, à Claviers, la fête de l'olivier et des olives offrait au Maire nouveau du village, l'occasion de s'afficher publiquement dans ses fonctions. Un calme résigné règne à présent au village, même si les dissensions sont encore à l'œuvre, plus feutrées… Cela n'a pas empêché le Groupement des Oléiculteurs Clavésiens d'œuvrer à la préparation de la principale manifestation festive de la commune, en dehors de la fête patronale. Ainsi, demain à 10 h débutera Clavolive 2009. Amis varois, pour peu que les orages passent leur chemin, n'hésitez pas à prendre celui de Claviers!

D'autre part, le concours BD des éditions Filaplomb approche de son terme, mais il est encore possible de tenter votre chance!

dimanche 5 avril 2009

Expo: «Planche à maux»


Voici un billet destiné plus particulièrement aux lecteurs clavésiens, dracénois, et plus largement varois…



Philippe Hermelin, Conseiller municipal de l'opposition clavésienne, photographe inspiré, nous convie à l'exposition «Planches à maux».
Une superbe collection de ces graffiti de jeunesse, «de mots en maux, étalés sur les tables d'école», que vous pourrez découvrir à
la Librairie Papiers Collés, 21, boulevard Jean-Jaurès 83000 Draguignan, du 16 Avril au 31 Mai 2009 !

mercredi 26 novembre 2008

Vite dit

Encore un jour sans vrai billet, trop de choses à remettre en ordre de marche. Le seul sujet qui me viendrait aisément, en si peu de temps, serait celui de la tempête subie par ma région, qui, à vrai dire n'intéresse personne en dehors de la population concernée. Il paraît que la télé n'a même pas jugé utile d'en parler, pensez! Aucun mort, ou alors au lit, de crise cardiaque, et peut-être même pas… Juste des quartiers dévastés, des villages aux rues jonchées de gravats, des toitures emportées, des arbres par centaines devenus énormément encombrants, à débiter, évacuer… Du pain sur la planche pour un bon moment.
Quant à la tempête au parti socialiste, on a sonné la fin de l'alerte.
Ouf, dit Marc Vasseur, une fois le rideau enfin baissé sur le combat des reines. Rassemblement! souhaite Nicolas, qui ronchonne contre les commentateurs encore empoissés de ressentiments. Trublyonne prend acte froidement du sacre de Mme Aubry, CC, sur Bah!, cherche l'opposition, Abadinte appelle à l'union…
Je n'ai pas eu le temps de parcourir tous les blogs que je fréquente, mais les carnetistes proches du parti socialistes, qui s'étaient enflammés ces temps derniers, paraissent, peu à peu, remis de leur gueule de bois. Il est temps de se tourner vers d'autres préoccupations, et en tout cas de mettre un terme aux querelles de la famille socialiste.

mardi 30 septembre 2008

Conte bancaire

La bourse avait la crève dans ce petit matin gris, mais Gédéon Doré n'en sifflotait pas moins en sortant de la salle de bains. À l'heure où la Coronel Bank ouvrait ses guichets, il appela Trouchon, son gestionnaire attitré à la banque, tout en jetant un coup d'œil sur internet aux derniers cours connus.
«Comment va, mon cher Trouchon?
—Ça yoyote, M. Doré, ça yoyote !
—Aïe! Madame avait loupé la ratatouille, hier soir ?
—Non, les Zaxia, lâcha Trouchon d'un ton mourant.
—Oui, bon ! pas de quoi gémir : ils reprennent 8% déjà.
—Hélas, M. Doré, ma femme a vendue nos Zaxia dans mon dos, HIER. Au plus bas !
—…
—Vous êtes toujours là, questionna Trouchon ?
—Qu'est ce qui lui a pris ? dit Doré.
—On avait eu des mots, parce que je trouvais que ce n'était pas le moment qu'elle s'achète des bottes, des Balanciaga à 400 euros… Eh bien, elle a vendu les Zaxia pour se les offrir ! Cent titres à 7,30 M. Doré. Avec la monnaie, elle a pris des escarpins en plus.
—Pfff ! Je compatis Trouchon, mais remettez-vous : tant qu'il y a de la vie…
—Y a de l'espoir, c'est ce que je me dis aussi, soupira le banquier.
—Bon, Trouchon, vous allez me vendre du Pikou.
—Pikou ? Vous n'avez aucune action Pikou en portefeuille… Vous jouez la vente à découvert ?
—On ne peut rien vous cacher, sacré Trouchon !
— Pikou cote à 8 € en ce moment, vous en vendez combien?
— Mettez-m'en dix kilos, dit Gédéon Doré.
— Heu…, 10000 titres ?
— Voilà, 80000 € tout ronds !
— Mmm, c'est faisable, quoiqu'un peu osé par les temps qui courent, si je puis me permettre, estima le gestionnaire.
— Parfait, mon bon Trouchon, vous m'arrangez ça tout de suite.»
Gédéon Doré raccrocha sans attendre de confirmation, assuré que son gestionnaire favori traiterait scrupuleusement son ordre de vendre 10000 Pikou qu'il ne possédait pas.
Il termina son café, prit sa raquette de tennis et son petit baise-en-ville sportif, puis s'en alla dépenser son trop plein d'énergie au Cercle de Lutèce. À l'heure du déjeuner, il vérifia que le cours de Pikou poursuivait sa dégringolade, telle qu'il l'avait conjecturé dans son analyse de la veille.
6,10 € au dessert, 5 € en rentrant chez lui…
Vers 16h Pikou cotait 1,6 €, soit une chute de 20% qui le plongea dans un état proche de l'extase, éperdu en tout cas d'admiration pour lui-même. Il rappela le bon Trouchon et le pria d'acheter ses 10000 Pikou sur le champ.
Il les paya 16000€. Soit le montant exact de ses liquidités du matin. Une pure coïncidence qui les fit rire aux larmes l'un et l'autre. Sauf qu'ayant vendu pour 80000 € de titres inexistants au matin, il liquidait à présent sa position vendeuse et se retrouvait avec un solde de 32000€ sur son compte : joli coup, non ?
L'histoire ajoute une chose fort curieuse en guise de morale : le portefeuille de Gédéon Doré ne se retrouva même pas encombré de ces Pikou foireuses, puisqu'elles n'existaient pas. Il n'y eut que le bénéfice.

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P.S. tardif : J'informe mes lecteurs clavésiens que le site de l'opposition municipale, Claviers Ensemble est à nouveau ouvert, tout beau, tout nouveau.
Mon billet d'aujourd'hui ne me permettait guère de créer des liens vers les blogs que j'apprécie. Mais je vous recommande encore une fois la lecture d'un texte de Monsieur Poireau, décidément en verve, et de Nicolas : «obèse quand on veut». Enfin, j'ai lu comme chaque jour la page de Didier Goux, presque invariablement impeccable sur le plan littéraire, souvent peu en phase avec mes idées, ce qui ne me gêne pas.




dimanche 7 septembre 2008

Dans le Var, greniers dans la rue, Modem à la plage

Mon village a vidé ses greniers dans le vent, c'était la dernière manifestation de l'été. Village paisible, presque éteint, où désormais rien ne transparaît à première vue des divisions électorales du printemps. Elles sont toujours là, mais comme rentrées dans les cœurs, à la manière des eaux repliées sous les sols recuits par l'été. C'est un village pittoresque, et cependant incolore du point de vue politique, ce qui ne veut rien dire et beaucoup dire à la fois. Autrefois, ce fut un village remuant, insurgé même, à l'occasion —le souvenir de ses acteurs disparus se perpétue sans doute encore dans l'intimité des vieilles familles clavésiennes. Il a été rouge ce village, comme tant d'autres du midi, avant que la page ne se tourne. Je me souviens de mon étonnement ravi lorsque je découvris le Var, il y a une quarantaine d'années, devant le langage soigné et la culture politique de certains vignerons du littoral. La différence avec les braves paysans de ma jeunesse, frustes, obtus parfois, dont la parfaite connaissance du credo des apôtres n'avait pas suffi à délier la langue, la différence était saisissante. Il me semble y reconnaître l'effet d'une conscience politique éveillée de longue date, de l'ouverture au monde. En tout cas, le Var d'aujourd'hui est à droite, même si c'est oublier un peu vite quelques élus et bien des gens en lutte pour les idées de gauche. On vidait donc les greniers ce matin, je me demande si certains y conservent encore quelques épaves nostalgiques des temps de fierté, ou si tout a été mis dans la rue depuis belle lurette.


Pendant que les militants du PS rêvent d'unité et que les éléphants se trompent, François Beyrou avance ses pions tranquillement. Il propose déjà l'union de l'opposition en 2012 —l'union avec le PS, surtout… Que n'a-t-il accepté la main offerte de Ségolène Royal, à la dernière présidentielle ! Il est probable que M. Sarkosy ne serait pas aujourd'hui à l'Élysée. Seulement voilà, à l'époque M. Bayrou sortait battu de l'élection. Honorablement battu, mais défait tout de même. D'un ralliement à Ségolène il n'aurait pu espérer que l'octroi d'un grand ministère, voire du Premier, et cela ne l'intéressait pas. C'est la présidence de la république qu'il lui fallait. Depuis, il a fait front à toutes les avanies, les trahisons, vaillamment du reste, et attendu son heure. Les cafouillages de Nicolas Sarkosy et du PS aidant, chacun dans son rôle, son éclat médiatique s'est soudain accru, tel celui de ces étoiles appelées variables, qui s'accroît soudain, de loin en loin. Certains jours, on pourrait presque penser qu'il est le seul opposant au pouvoir de droite, tant sa voix semble mieux porter que celle de la gauche. Que peut espérer de mieux M. Beyrou, que la prolongation des bisbilles au PS ? Ce temps durant, il prend du poids, et 2012 venu, il croquera peut-être la gauche. Néanmoins, rien n'étant jamais joué en politique, c'est une information précieuse à retenir, que M. Beyrou serait prêt à une alliance, la prochaine fois que Ségolène Royal le devancera au premier tour d'une présidentielle.

Deux blogs pour le Modem :
Luc Mandret
MonPuteaux

samedi 21 juin 2008

Fausse note

Les clavésiens se feront sans doute plaisir ce soir, musique en tête, sans se regarder en chiens de faïence entre électeurs heureux et électeurs grugés. Musique à part, une chose m'amuse dans la situation du village, c'est la pensée qu'il doit y avoir dans les deux camps de la municipalité des élus de droite et de gauche. Majorité et opposition s'affrontent parfois sur le fonctionnement de la commune, demain peut-être sur le programme futur de la nouvelle équipe —encore à naître, le programme—, mais s'unissent dans la même façon de considérer la population par le biais de son plus petit dénominateur commun. On ne se préoccupe de rien qui puisse rappeler aux gens leur citoyenneté. On m'a dit : on ne fait pas de politique dans un village. S'il s'agit de reproduire à Claviers l'affrontement droite-gauche national, il est vrai que cela ne semble pas de saison. Par contre, durant la campagne électorale, certains ont promis des consultations régulières de la population, et ça c'est de la politique pure. Par contre, évoquer dans un conseil municipal des questions relevant d'un humanisme généralement consensuel, peut être une façon de stimuler le civisme de tout le monde (à supposer qu'il soit assoupi, bien entendu), et ce serait de la politique encore. Les élus ne sont-ils pas à la base de la démocratie et ne peuvent-ils nous donner l'exemple ?

mardi 10 juin 2008

Cercle des Clavésiens joyeux, mais pas contents

On prête à Pierre Desproges la boutade : On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. La reprenant à mon compte, j'ai envie de la pousser plus loin, parce que je trouve que l'on peut rire de tout et aussi parler de tout, mais pas avec n'importe qui. Prenons le cas de Claviers… Ce qui s'est passé ici, et qui dure, est navrant au premier degré. Pris au second degré, par contre, c'est plutôt hilarant : un côté Clochemerle avec ses mesquineries, sauf qu'il n'y est pas question de latrines publiques —mais on peut aussi bien rire que s'affliger de ce drame villageois, né de fourberies de village. L'opposition privée de mairie, les cloches, tout ça…Toutefois, il y a des limites avec ce que je peux partager avec mes lecteurs. Par exemple je n'aime pas rire avec quelqu'un et m'apercevoir un instant plus tard qu'il est raciste, ou antisémite. Alors, par méfiance, je préfère rester sérieux, et c'est dans cet état d'esprit qu'en quelques mots je dois vous parler du C.C.C.
Le Cercle des Citoyens Clavésiens est une toute nouvelle association, dont la date de naissance officielle coïncide avec celle de la publication de ce billet. Elle est si récente qu'elle n'a pour l'instant que le minimum requis de membres pour se prévaloir du nom d'association, en l'occurrence : moi, et puis moi. Ses statuts, en cours de gestation, envisagent le développement de l'ardeur municipale par tous moyens appropriés, tels que la chatouille pétitionnaire, la constitution d'une chorale cacophonique interprétant des articles du code électoral égayés de musique, l'organisation de séminaires de prospective communale autour d'un pique-nique, et autres activités… Les personnes intéressées par le programme seront les bienvenues.

lundi 9 juin 2008

On est prié de se nommer à la porte.

Je n'ai écrit nulle part que j'ouvrais ce blog pour accueillir n'importe quoi, n'importe qui, et servir à mon corps défendant les intérêts d'une majorité municipale que je trouve illégitime. Si j'ai fait place à toutes les critiques qui s'adressaient à moi ou visaient l'opposition clavésienne, du moment qu'elles ne dépassaient pas certaines limites d'agressivité et participaient du débat normal dans une situation comme la nôtre, je ne vois aucune raison de servir de support publicitaire au premier propagandiste venu soutenant le maire nouveau et les siens. N'étant l'instrument de personne —l'opposition, que je soutiens, ne partage pas toutes mes idées, loin s'en faut—, je tiens comme il me plaît mon espace de liberté d'expression. Ainsi que j'en avais averti mes lecteurs éventuels dès le départ, je ne suis pas neutre : ce qui a motivé mon indignation et qui divise les clavésiens se résume à une question d'honnêteté intellectuelle, ou de pure morale si l'on préfère. La majorité municipale a la loi électorale des petites communes pour elle, mais elle est née d'une tricherie dans les faits. Et notre communauté se partage entre ceux qui refusent de reconnaître ceci, ou s'en accommodent, et ceux qui ne peuvent l'accepter. C'est dans ce contexte —il était utile de le rappeler—, que j'ai décidé de faire appel désormais à la loyauté des intervenants : à partir de demain, Mardi 10 Juin, je ne publierai que les commentaires non-anonymes, signés d'un nom et d'un prénom, sans pour autant m'interdire de les refuser lorsqu'ils me déplairont. Pourquoi devrais-je accueillir dans ma maison des messages injurieux ou manipulateurs ? Nombre de lecteurs du Coucou ne sont pas clavésiens : rendre compréhensibles les propos qui s'y tiennent est une politesse que je leur devais.

jeudi 5 juin 2008

À chacun sa morale

Rien de neuf à signaler du côté de Claviers. La chasse aux suffrages de Mars dernier, nous a donné une mairie faisandée qui enchante encore fusils et rabatteurs, comme elle soulève durablement les estomacs sensibles. La morale politique a ceci de particulier qu'on en parle beaucoup, comme l'Arlésienne, sans jamais la rencontrer. Sa proche parenté avec la morale ordinaire ne saute pas aux yeux de tous —ce qui permet aux esprits habitués à ne considérer que leurs intérêts particuliers de lui faire dire n'importe quoi. Élastique et pas regardante, la morale politique leur devient sympathique.
Au village, il est sidérant de constater avec quel aplomb certains essaient de faire passer déloyauté pour adresse, et magouillage pour vertu.

mercredi 21 mai 2008

Claviers ne dort que d'un œil

Il est difficile d'imaginer un moyen de tourner la page de l'élection clavésienne à la satisfaction de tous. D'autant que l'initiative devrait revenir à l'équipe aux commandes d'avoir à dénouer un conflit qu'elle a provoqué. Quelques voix, ici, ont souhaité un débat public, j'ai évoqué moi aussi cette éventualité en doutant de son intérêt : que pourrait-il sortir d'une réunion, à coup sûr houleuse, au cours de laquelle ne s'exprimeraient que les plus résolus partisans de chaque camp ? Je persiste à croire qu'une consultation publique sur un sujet symbolique, comme cette affaire de salle de réunion en mairie pour l'opposition, serait éclairante, parce qu'elle permettrait vraiment à la population de donner son avis, paisiblement. D'autres, comme la personne anonyme dont j'ai publié plusieurs commentaires depuis avant hier, proposent de nous fondre plutôt, tous, dans une belle union de façade pour le bien du village… C'est vouloir tourner obstinément le dos au mauvais coup porté au départ à la démocratie et en récompenser ses auteurs. D'autre part, à quoi servirait une union de façade si les rancœurs persistent ? Dans l'état actuel des choses, il n'y a vraiment pas de quoi nous réjouir en chœur, ou prendre en considération la réussite des manifestations festives à venir. Du reste, dans leur entreprise de conquête de la mairie, les "Alternatifs" ont si bien investi certaines associations organisatrices, qu'on en perd l'envie de participer à leurs réjouissances qui ressemblent à des démonstrations de force pour occuper le terrain de la fête comme ils ont occupé celui de la mairie. Enfin, s'il est évident que tout le monde aurait à gagner à la paix du village, ce ne peux être à n'importe quel prix. Le maire nouveau et son équipe paraissent plutôt enclins à multiplier les petites agressions à l'aide du pouvoir neuf dont ils disposent… Si cela se poursuivait, ne pourrions-nous envisager de nous tourner vers une autre forme de protestation qui s'appelle : désobéissance civile ? En d'autres termes, victimes d'une loi électorale injuste, nous pourrions aussi en décider les effets non avenus et nous considérer sans municipalité.

samedi 17 mai 2008

Claviers vivant

Je trouve sympathique qu'un petit village comme le nôtre demeure vivant, enrichi d'habitants venus d'horizons différents. Le fait qu'il soit beau sur sa colline et jouisse d'un agréable climat compte beaucoup dans son attrait. On comprend le désir éprouvé par certaines personnes d'en préserver le cachet, voire d'en rétablir l'authenticité. Toutefois, un village est fait par ceux qui y vivent, pour eux. S'il est légitime de se soucier de son image au regard des touristes, car cela se répercute sur l'économie locale, gardons-nous d'en faire un musée, ou pire : une réserve d'esthètes fortunés. Parce que ça commence ainsi : les derniers venus, avec l'assurance de détenir la clef du bon goût, imposent leurs conceptions de la Provence. Se met à l'œuvre la volonté un tantinet dogmatique d'éliminer les maladresses, les petites mochetées éparpillées à travers les ruelles, au fil de longues années, par des personnes plus occupées à vivre qu'à se regarder vivre. Oubliant que ce que nous aimons dans ce village, ce qui nous attirait ici, a été justement fait par eux, on se prend à rêver de perfection. On corrige des erreurs, on restaure savamment avec des contraintes grandissantes, et, le raffinement attirant davantage de raffinés, un jour il n'y a plus de place pour les gens ordinaires. Habitations hors de prix, logements introuvables, ou loyers excessifs : le village est superbement mort. Claviers n'est pas un village provençal modèle, Dieu soit loué! Laissons-le vivre.