Affichage des articles dont le libellé est anniversaires. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est anniversaires. Afficher tous les articles

mardi 31 mai 2011

Anniversaire et argent

Il y a cent ans, le 31 mai 1911 une nouvelle maison d'édition publiait ses premiers ouvrages : Isabelle, d'André Gide, L'Otage, de Paul Claudel. Les éditions de la Nouvelle Revue française venaient d'être fondées par Gaston Gallimard, André Gide et Jean Schlumberger. On connaît la suite : la petite maison d'hier deviendra le groupe Gallimard d'aujourd'hui. Curieusement, je n'ai vu de rappel de cet anniversaire que sur un site de presse suisse, Le Temps.

Mon intention n'est pas de retracer sur ce blog politique la croissance de cette prestigieuse entreprise d'édition, mais de m'arrêter brièvement sur la personne de Gaston Gallimard. Il était né coiffé, en quelque sorte, dans une famille de riches bourgeois. Rien ne le prédestinait à donner naissance à l'une de ces dynasties du monde de la culture, comme il en existe quelques unes chez nous —les Casadesus, dans la musique et les arts de la scène, par exemple. Rien, sauf son éducation, son attirance pour les lettres, et la fréquentation du milieu littéraire de son époque. Son argent a fait le reste, et franchement, je ne trouve pas qu'il ait été mal employé ou que notre pays ait eu à s'en plaindre.

Sur le site du Point, Jacques Séguéla, fleuron d'un autre genre, ami des Sarkozy, dresse sa liste des signes extérieurs de la réussite. Il le fait dans le cadre d'un inventaire où se déverse tout le dépit qu'il a retiré du tapage suscité par sa fameuse maxime : «Enfin, tout le monde a une Rolex ! Si à cinquante ans, on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie». Sa liste utilise bien entendu le registre de la dérision pour illustrer sa conception de la vulgarité. En 1970, Jacques Séguéla a co-fondé la célèbre agence de communication RSCG. Qui sait si en 2070 on ne célébrera pas M. Séguéla et la création de cette entreprise de pub, dans un monde où le goût de chiotte serait devenu dominant ?

Enfin, à propos d'argent, je ne voudrais pas terminer cette note sans recommander la lecture d'un remarquable billet  que j'ai lu ce matin sur Variae : DSK, Hamon et l'argent qui choque.

P-S: Nicolas nous rappelle quelques vérités sur la présidentielle de 2012 que l'on aurait tort de comparer par avance à la funeste élection de 2002. Il a raison, de même que de rappeler le chemin du site Unite2012 sur lequel figure la lettre ouverte d'un électeur en faveur de l'unité de la gauche : à lire d'urgence si ce n'est déjà fait !

samedi 8 janvier 2011

Le président est mort, vive le président !


La moutarde a failli me monter au nez en lisant les réactions diverses à propos du 15e anniversaire de la mort de François Mitterrand. Entre les excès des crétins qui ricanent sur cet esprit brillant, d'une culture raffinée, et ceux des inquisiteurs de la vraie foi socialiste qu'il ne partagea sans doute jamais, il y avait de quoi s'énerver.

Finalement, je préfère me cantonner à l'illustration du respect qui est dû à la fonction présidentielle. Et pour ce faire, soulignons le dévouement remarquable du président Sarkozy à l'égard de son peuple.

Comme on sait, il voyage en ce moment dans nos départements d'outre-mer et se trouvait hier en Martinique. Avec la belle détermination que nous lui connaissons, il vient d'annoncer à nos compatriotes qu'il va s'investir corps et âme pour donner au carnaval de Fort-de-France le retentissement international qu'il mérite. Nul doute qu'il saura mener cette mission à bien, comme la réforme des retraites, et il faut bien reconnaître que pour une fois l'enjeu est à sa mesure. Le carnaval a trouvé son roi.
image

P-S je ne mets pas de lien sur F. Mitterrand, mais je vous recommande le billet de Romain, et, sur un tout autre sujet, le billet d'Hercule de Poireau…

mardi 12 janvier 2010

La fin du Biafra, il y a 40 ans

Le Monde vient de me remettre en mémoire l'anniversaire de la capitulation du Biafra le 12 janvier 1970. Pour des raisons personnelles notre famille en avait été affligée, mais c'était ce qui pouvait arriver de mieux dans cette guerre civile baroque et terrible.
Baroque, parce que l'Union Soviétique et la Grande Bretagne s'étaient retrouvées quasiment main dans la main pour soutenir l'état fédéral du Nigéria contre la sécession de la province du Biafra. La France avait choisi quant à elle d'aider les Ibos sécessionnistes sans le reconnaître officiellement…
Vers la fin du conflit, les Ibos, en particulier les enfants, mouraient chaque jour de faim par milliers. Les images atroces d'enfants Biafrais réduits à la peau et aux os, s'étalaient dans la presse. C'est dans ce contexte d'urgence extrême, que des médecins français présents sur le terrain, exaspérés par les contradictions des organisations humanitaires officielles, comme la Croix-Rouge Internationale, méditèrent la création de Médecins sans frontière.. C'était il y a plus de 40 ans…


dimanche 22 mars 2009

Catalogue de printemps

Il y a un an aujourd'hui naissait ce blog, au lendemain de l'élection contestée du maire de mon village. Donc, par un printemps de colère, mais le printemps malgré tout, et ce fut l'une des raisons qui m'inspira de choisir Le Coucou comme nom de baptême. Douze mois après, je ne vois aucun motif de me réjouir, ni de ce qu'il est advenu au village ni au pays, mais je peux du moins constater que je ne me suis pas ennuyé ici…
Bien qu'il soit douteux que plus d'un ou de deux lecteurs aient suivi si longtemps, au jour le jour, les élucubrations de ce coucou babillard, on comprendra peut-être qu'en raison de cet anniversaire, je cède à la tentation de proposer un catalogue de douze billets qui m'ont amusé.

Mars 2008
Chagrin au village: l'heure n'était pas encore à l'ironie. Dans une commune de moins de 3500 habitants, les électeurs ont la possibilité de "panacher" les candidats de plusieurs listes en présence. Les conseillers choisis dans ces conditions ont-ils le droit, lors de l'élection du maire, de conclure une alliance avec les membres d'une liste rivale, au mépris des intentions de leurs électeurs?
Avril
Conseils au maire débutant n°1. Le port d'une paire de bretelles est-il compatible avec celui d'une écharpe de premier magistrat municipal?
Mai
«Peau de sécu», une fiction, rend une espèce d'hommage au volontarisme de Nicolas Sarkozy en matière de protection sociale.
Juin
Pour vivre heureux, vivons muets: où l'on pourrait dénicher quelques relations avec la campagne en cours du Sidaction.
Juillet
Eva Joly critiquait dans Mediapart la pratique du pouvoir de N. Sarkozy. Une occasion de revenir sur le vote de la réforme constitutionnelle et de s'indigner du rôle peu glorieux, quoique subalterne joué par Jack Lang dans cette affaire…
Août
Le mois d'Août fut riche en événements, avec notamment l'arrivée officielle des heures supplémentaires, et l'apparition de sombres nuages sur notre situation économique. Cependant tout le pays se passionna surtout pour les JO de Pékin, en particulier pour les performances de notre équipe de relayeurs de course en sac.
Septembre
La crise financière explosait, le coucou pondait de doctes billets proposant quelques remèdes aux autorités, sans succès. Toutefois, je donne ma préférence à une brève communication scientifique destinée à saluer la mise en service du LHC, laquelle me valut la première forte poussée de visites.
Octobre
En survolant l'automne, on constate que la crise s'installe et que les milliards coulent, dans les deux sens du verbe: des milliards sombrent, d'autres milliards ruissellent des fontaines étatiques… Une brève fiction s'interroge sur l'avenir des traders.
Novembre
Le projet de la Garde des seaux de durcir la loi à l'égard de la délinquance juvénile occupe le devant de la scène. Un rapport science-fictif du coucou se penche sur les moyens de détection de la mauvaise graine enfantine.
Décembre
Un temps, Nicolas 1er (je parle de l'autre, l'empereur), fut grand pour son âge encore enfantin. À quoi pouvait-il donc jouer, je vous le demande?
Janvier
Les hauts fonctionnaires sanctionnés par Nicolas Sarkozy, ont bien de la chance! S'ils avaient vécu sous le règne de Nicolas 1er, la juste colère de ce dernier eut été autrement terrible!
Février
En raison de l'attentat au lancer de soulier perpétré contre G.W. Buch en Irak, Nicolas 1er décida de prendre une mesure préventive en Nicosie. N'allez pas imaginer qu'il décréta l'adoption de la charentaise comme chaussure nationale! Non, on cousine plutôt ici avec notre TVA sur le cirage.
Mars
L'homme de la rue plébiscite la sagacité d'un élu Français entre tous…





jeudi 11 septembre 2008

Deux anniversaires

Aujourd'hui, 11 Septembre, il y a sept ans que les attaques terroristes d'Al Quaïda contre les USA ont ébranlé les démocraties, conduisant nos pays à mener une guerre à priori légitime en Afghanistan, ainsi qu'à imposer des mesures intérieures d'auto-défense entravant parfois nos libertés individuelles. L'émotion ayant ouvert la porte à l'arbitraire, l'Amérique de G. Bush a lancé dans la foulée la guerre d'Irak, scélérate celle-ci, car motivée par d'inavouables raisons, sans rapport avec les événements précédents, et les gouvernements démocratiques ont parfois accru leurs pouvoirs au détriment des libertés individuelles —comme c'est encore le cas chez nous avec le fichier Edvige associé à la réorganisation d'une police politique, unique en Europe.

Aujourd'hui, 11 Septembre, c'est aussi le trente-cinquième anniversaire de la mort de Salvador Allende, président socialiste du Chili, renversé par le coup d'état du général Pinochet. Le dictateur Pinochet est mort gâteux dans son lit, répugnant légume, emporté sans gloire. Lorsqu'il avait perpétré son putch, avec l'assistance des américains, contre le gouvernement démocratique d'Allende, je me souviens que nous étions, ma femme et moi, collés à la radio, submergés d'amertume et de rage impuissante. Les putchistes chiliens, se conformant à la tradition de l'Amérique latine de l'époque, avaient offert à Salvador Allende, disait-on, la possibilité de fuir en hélicoptère, vers cet exil drôlatique des caudillo de romans de Garcia Marquez. Ils se trompaient d'homme, Salvador Allende était un démocrate. Il a résisté jusqu'au bout dans le palais présidentiel de La Moneda. L'Histoire dit qu'il s'est suicidé, le 11 Septembre 1973.

plusieurs blogs rappellent la mémoire de Salvador Allende :
Antoine B
Daud
Marc Vasseur

mardi 13 mai 2008

Mai 68

L'ai-je déjà dit ? Je ne commémore pas volontiers, à cause du caractère officiel des cérémonies peu compatible avec une émotion sincère… Il y a les commémorations des guerres passées qui me serrent le cœur, pourtant, comme à n'importe qui, si je me rappelle mes morts. Il y a ensuite la commémoration historique de notre liberté, le 14 Juillet ; fête Nationale qui m'énerve, parce que les municipalités ont de plus en plus tendance à l'organiser le 13 Juillet, la vidant un peu plus de son sens chaque année. Il y a ensuite celles qui sont plutôt empreintes de la légèreté des anniversaires, comme Mai 1968, cette année… Là, si j'étais fidèle à moi-même, je devrais m'en moquer complètement, parce que ce retour sur des émotions quarantenaires me concerne peu, j'ai vécu depuis lors d'autres instants qui m'ont également marqué. Oui, mais voilà : il y a la sottise de Sarkosy qui n'a jamais rien compris, qui ne comprendra jamais rien à cette révolution dans la joie. L'emballement de la jeunesse entraînant un moment le pays derrière elle. Et Sarkosy me donne envie de parler de ça. J'ai égaré mes archives de l'époque, je ne me souviens plus des dates exactes, mais il y a une chose que je voudrais faire, rendre un tout petit hommage, quarante ans après, à un vieux couple dont j'ignore le nom. C'était à Paris, au moment où les CRS venaient de faire tomber la barricade de la rue Gay-Lussac. On se repliait en courant vers le fond de la rue dans l'atmosphère irrespirable des gaz lacrymogènes, des rumeurs plus ou moins fondées couraient : les rues alentour étaient bouclées, les flics matraquaient… Bref, tout le monde cherchait refuge au plus près. J'entrai derrière d'autres dans un immeuble, et bientôt me retrouvai à l'abri d'un petit appartement douillet, dont les occupants nous avaient ouvert la porte. Nous étions bien une vingtaine, serrés sur le tapis d'un salon désuet, soulagés. Je me souviens d'un piano, de murs couverts de livres, de tableaux, et d'une vieille dame fragile, petite, un peu pâle, qui nous contemplait d'un air éberlué. Son mari était là aussi, taciturne, les cheveux blancs et rares, le regard distrait. Au bout d'un moment je me suis endormi sur le tapis, et il faisait grand jour lorsqu'on m'a éveillé en disant que c'était fini, que nous pouvions sortir. Nous avons remercié le couple avec effusion, et moi je suis parti. Je m'étais promis de revenir avec des fleurs quand tout serait vraiment terminé. La révolution. Et de temps en temps, de loin en loin, je me suis souvenu de cette promesse jamais tenue. Ils ont sans doute disparu depuis longtemps, il ne me reste plus que ces mots à leur offrir, où qu'ils soient.