vendredi 30 juillet 2010

L'abus de vertu est dangereux, au volant de la république

La république irréprochable n'a pas que des qualités, ses excès de vertu peuvent se révéler aussi choquants que certains abus d'une république pervertie. Ainsi, aujourd'hui, le monde politique et les citoyens ordinaires se rejoignent-ils dans la réprobation des méthodes dont a usé la police, diligentée par le procureur de Nanterre, à l'égard du ministre Éric Woerth.

C'était hier matin, vers neuf heures. Monsieur le ministre prenait son petit-déjeuner au lit, encore tout ensommeillé dans son pyjama de jogging, quand soudain des policiers ont fait irruption dans sa chambre. Ils lui signifièrent sèchement qu'à fin d'interrogatoire, il allait être placé en garde à vue, et refusèrent de lui permettre de se changer, ainsi qu'il le demandait timidement. On lui passa des menottes aux poignets, on l'entraîna en jogging blanc jusque dans la cour du ministère. Sous les yeux de tout le personnel agglutiné aux fenêtres, personnel qui contenait à grand peine son indignation, on l'embarqua dans un fourgon à destination du lieu de son interrogatoire. Le calvaire de M. Woerth se prolongea huit heures durant, tandis que la nouvelle semait la consternation à travers le pays.

Sont-ce là des manières d'agir envers un grand serviteur de l'État, jusqu'à preuve du contraire? Fidèle à sa réputation d'intransigeance, le président Sarkozy n'a pas levé un petit doigt en faveur de son ministre. Il ferait bien cependant de méditer sur l'émoi suscité par cette affaire, et de faire violence à son sens du devoir pour mettre un peu d'humanité dans la société sans reproche qu'il souhaite nous léguer. Ce n'est pas parce que l'on est puissant et haut placé que l'on a moins de droits que les autres, non mais!

jeudi 29 juillet 2010

Tiens, il y a une ministre de la Justice

Michèle Alliot-Marie est intervenue dans une tribune du Monde pour défendre l'honneur de sa justice. Celle qui, placée sous le contrôle du président, s'expose chaque jour ou presque au mépris des Français. Parce qu'il n'a jamais été aussi évident qu'il y a désormais deux justices dans ce pays. L'une qui fonctionne pour résoudre les problèmes des gens ordinaires, comme vous et moi qui la connaissons mal, et qui juge, suppose-t-on en toute indépendance. L'autre qui veille dans l'ombre à la protection du pouvoir et de ses amis.

C'est la réputation de la seconde que la ministre prétendait restaurer, la mêlant à la justice commune, et réfutant de fait une dichotomie que nul n'ignore plus. Il est vrai qu'il est presque impossible d'en délimiter les contours indécis. Les lignes en ont été tracées par des coups d'échecs complexes, débutés avant même l'élection de Nicolas Sarkozy, au gré de nominations-promotions verrouillant les affaires que l'on pressentait à venir.

Mme Alliot-Marie prend de haut la dénonciation d'une justice aux ordres, mais peut-on qualifier autrement une justice dans laquelle un procureur, ami notoire de Nicolas Sarkozy, placé sous l'autorité du gouvernement, confisque littéralement un dossier compromettant pour le président? Dans une république digne, où la séparation des pouvoirs serait respectée, un homme sans reproche s'interdirait pour commencer de diriger l'enquête sur une affaire concernant de près ou de loin un ami. À plus forte raison lorsqu'il se trouve lui-même mêlé d'obscure manière à certains détails de cette affaire, comme c'est le cas pour le procureur Courroye dont le nom apparaît dans les enregistrements effectués chez Mme Bettencourt. Que dire des entraves infligées par le même procureur au travail d'une juge indépendante, dans un autre aspect du dossier?

Un jour, peut-être verrons-nous avec étonnement M. Courroye inculper, ou mettre contre toute attente sur la sellette d'autres gens que des lampistes. On ne pourra s'empêcher d'y voir davantage un sursaut d'orgueil que l'effet d'une conscience irréprochable. Il aura tout de même contrecarré la marche d'une justice sereine et impartiale.

P-S, crime dans la blogosphère: @intox2007 a tué @Dagouik !

mercredi 28 juillet 2010

Des vaches folles à la Commission Européenne

Chère Commission Européenne, comme elle veille maternellement sur nos petites santés! Après avoir autorisé le maïs de Monsanto en 1998, puis la culture des pommes de terre OGM au mois de mars dernier, et fait au début du mois des propositions visant à faciliter carrément la culture d'OGM en Europe, la voici qui se préoccupe encore de notre nourriture…

Il s'agit cette fois d'autoriser le retour des farines animales pour l'alimentation des poissons, porcs, et volailles. Nous avons encore des frissons dans le dos au souvenir de la vache folle et du spectre de la maladie de Creutzfeldt-Jakob planant sur nos assiettes, et voilà que l'on nous repasse le plat interdit! Si vous n'aviez que 10 ans lorsque la peur de la viande de bœuf a saisi les ménages, fait grimper en flèche le prix du poulet et du poisson, peut-être ne connaissez-vous pas l'origine de ce cauchemar?

Autour des années 90, en Angleterre suppose-t-on, des génies de l'élevage avaient eu l'idée de nourrir les vaches (et autres bestiaux), avec des farines tirée sde… la barbaque de vache. Comme il est inévitable que cela arrive dans le monde des marchands, quelqu'un trouva plus lucratif de moins chauffer la viande de bœuf au cours de la préparation de ces farines. Le prion responsable de la maladie dite: «encéphalite spongiforme bovine» en profita pour contaminer le bétail. Les vaches se mirent à crever par centaines de milliers, d'innombrables troupeaux furent sacrifiés par précaution. Et la viande vendue au cours des années précédentes contamina 200 et quelques personnes en Europe, atteintes de la forme humaine du mal, appelée maladie de Creutzfeldt-Jacob… Certes, l'hécatombe que certains prophétisaient ne s'est pas produite, mais il y a eu de nombreuses victimes un peu partout en Europe, et actuellement encore, une italienne de 42 ans souffrant de cette maladie se trouve dans le coma.

Les éleveurs réclament paraît-il le retour des farines animales, source commode de protéines, et la Commission envisage de les satisfaire, moyennant le respect de strictes mesures de précaution. On est d'avance rassurés, connaissant le sens inné du profit de tous ceux qui font métier de nous tondre comme des moutons.

P-S un peu d'auto-promotion: le 7e épisode des Poussegrain est en ligne dans la pièce à côté; Quant à CC, son feuilleton de l'été en est à la 3e livraison; Arf évoque son aïeul, l'ami Faucon pleure le sien; Constance salue en images la fin de la corrida en Catalogne…

mardi 27 juillet 2010

La main de la Suisse dans la culotte d'Éric

On en apprend de belles aujourd'hui à la lecture de la Tribune de Genève! Dans une interview accordée le 14 juillet à l'Oise-Hebdo, Éric Woerth accusait les «intérêts suisses» d'être à l'origine de sa déroute politique. Selon lui, il aurait «fait très très mal» à des intérêts suisses, et du coup, il se trouverait chez nos voisins des gens qui l'ont «mis au premier rang des hommes à abattre»

Comment a-t-il fait mal aux intérêts en question? Ben, souvenez-vous des fichiers de fraudeurs du fisc français volés à une banque de Genève… M. Woerth les a utilisés quand il était ministre du Budget.
Au passage, la Tribune nous rappelle un détail savoureux: M. Woerth s'est servi de fichiers de provenance délictueuse malgré «les protestations véhémentes des autorités helvétiques». Il est donc parfois normal d'utiliser des documents obtenus par des méthodes illicites, à des fins de justice —fiscale dans le cas présent…
On appréciera le rapprochement avec les enregistrements clandestins qui rendent douteuse la moralité de M. Woerth, et partant inopportune sa présence au gouvernement.

Revenons toutefois à la main des intérêts suisses poursuivant M. Woerth de sa haine implacable. Le ministre ne dit pas comment elle a procédé pour lui nuire, mais on peut l'imaginer…
En janvier 2009, dès qu'ils eurent vent de la saisie des fichiers bancaires litigieux (effectuée à la demande des autorités judiciaires suisses), les pernicieux intérêts d'Helvetie ne perdirent aucune seconde. Entrés en contact avec le majordome de Mme Bettencourt —sans doute un agent dormant des services du secret bancaire suisse—, ils le persuadèrent d'enregistrer en cachette les conversations de la dame avec ses collaborateurs. Afin de ne rien négliger et de s'assurer qu'il y aurait matière à embarrasser sérieusement M. Woerth, ils activèrent un autre espion de leur réseau: Patrice de Maistre. C'est ainsi que dès le mois de mai suivant, l'enregistreur était sous la table, tandis que M. de Maistre commençait à émailler ses propos de «le ministre» par ci, «M. Woerth qui est très gentil» par là…
Il ne restait plus aux Suisses qu'à donner l'ordre de publication à leur agent autorisé à tuer: Mediapart.fr…

Evidemment, M. Woerth, ligoté par son sens du devoir, n'a pas tout révélé à l'Oise-Hebdo: ainsi on ignore officiellement quel doigt de la main helvéte a décidé de sacrifier une grande amie de la Suisse comme Mme Bettencourt. L'index s'appellerait Netslé, que cela n'aurait rien d'étonnant: la vengeance se doublerait alors d'une préparation d'artillerie en vue d'une OPA hostile à venir contre un fleuron de notre industrie nationale. Conclusion: Éric Woerth prend les français pour des cons.

P-S : les farines animales reviendront-elles dans nos assiettes? Deuxième épisode du feuilleton de l'été chez CC… Mise en route d'Hadopi, chez Falcon…

lundi 26 juillet 2010

Pot-pourri

Le testament de madame Bettencourt a été saisi chez son notaire. Je ne suis pas dedans, c'est bien dommage. Son avocat proteste énergiquement contre cette intrusion dans l'intimité de Mme Bettencourt. Il a bien raison, les histoires d'argent, c'est comme les affaires de cœur, c'est intime. D'ailleurs, on fait souvent des histoires avec le cœur et des affaires avec l'argent, ça prouve qu'on peut les confondre, surtout dans le noir.
L'avocat de Mme Bettencourt prévient aussi que de toute façon, le testament de sa cliente a changé, il y en a un autre quelque part. C'est le dernier qui est le bon. Du coup, je garde toutes mes chances. Me Kiejman m'a rassuré, c'est un brave homme.


Il y a une île, celle d'Arros, dont on n'arrive pas à trouver le propriétaire. Et si c'était moi, sans le savoir? Au début, elle appartenait à Mme Bettencourt, mais comme la dame est vachement bien conseillée, elle a transféré la propriété à une fondation au Liechtenstein. Le Liechtenstein, c'est le pays des sources limpides et des fondations opaques. La Fondation pour l'équilibre écologique, esthétique et humain, est donc devenue propriétaire de l'île d'Arros, avec un petit viatique de 20 millions virés d'un compte suisse de Mme Bettencourt, pour voir venir… Quand il y a eu des frais à payer pour l'île, une paille de 1,7 million d'euros par an, le gestionnaire de Mme Bettencourt a demandé à l'avocat de la fondation de payer.
Il a répondu: pas question, moi je ne vous connais pas. Seuls les membres du conseil de la fondation peuvent lâcher l'argent… Au cas où je serais du conseil sans le savoir, j'affirme qu'on ne m'a pas consulté. Moralité: si vous et votre femme voulez créer une fondation au Liechtenstein pour défiscaliser votre pavillon, méfiez-vous: dans quelques années vous n'arriverez peut-être plus à prouver que vous êtes propriétaire —surtout si vous perdez la boule.


Franck Albert Nahmani a été décoré de la légion d'honneur pour les services éminents qu'il a rendu à la Nation. C'est le tailleur de Nicolas Sarkozy, on conçoit que son mérite n'est pas mince d'essayer de donner bonne allure à notre président. Quand il lui coupe un complet impeccable, c'est notre honneur qu'il habille et la démocratie qu'il embellit.


Rama Yade a, pour sa part, attribué la ceinture noire du ridicule à David Douillet. Le champion de judo avait fait savoir jeudi, qu'il se verrait bien poser ses énormes fesses dans le fauteuil ministériel de Mme Yade. Si j'étais le fauteuil de Mme Yade, j'aimerais mieux garder les siennes, de fesses, non seulement pour des raisons de fatigue, mais aussi esthétiques. Monsieur Douillet avait déjà reproché dans le passé à Rama Yade ses propos sur l'argent et le football. Ceux qui ont de la mémoire, se souviendront peut-être qu'aux lendemains de sa médaille d'or aux jeux olympiques, le champion (alors pas encore officiellement engagé en politique), avait laissé percer son amertume que le judo ne fût pas encore générateur de gains substantiels comme les autres sports.


Éric Woerth sera prochainement entendu par les enquêteurs dans l'affaire Éric Woerth. Il espère ainsi que les Français croiront à son innocence, parce que tous les soupçons qui pèsent sur lui sont aussi fumeux que des soucoupes volantes. Il devrait se rendre ensuite en villégiature à Châteauneuf-du-pape, où un arrêté municipal interdit formellement le survol et l'atterrissage des soucoupes volantes et autres cigares volants. Depuis 1954, date de cet arrêté, aucun OVNI n'a été verbalisé sur le territoire de la commune, M. Woerth y sera donc en parfaite sécurité.


dimanche 25 juillet 2010

Les sept de Ростов-на-Дону

Ростов-на-Дону est une ville désespérante, surtout du point de vue de quelqu'un qui n'y a jamais mis les pieds et qui, de surcroît, la regarde de très haut avec Google Earth… Même observée de plus près, par le biais de plans qui doivent dater de l'époque opaque du KGB, elle reste rébarbative, quadrillée de rues anonymes, tranchée de voies mystérieuses. C'est pourtant elle qui servait de clef pour déchiffrer le rébus de ce dimanche, avec son fleuve charriant la solution.

Huit visiteurs ont donné la bonne réponse, à commencer par Madame.b qui doit totaliser le plus grand nombre de victoires à ce jeu, il me semble… L'événement du jour restera par contre la présence de Monsieur Poireau sur la ligne d'arrivée, lequel est en passe de perdre sa couronne de Grand Perdant. Philzone a résolu l'énigme sans difficulté, comme d'habitude, ainsi que Nefisa et Lolobobo. Enfin Jazzman précède de peu l'ami Mtislav, autre sérial killer de rébus…
Bravo à tous!

P-S, j'espère que je n'aurai oublié personne, ce serait la faute à Blogger: une partie des commentaires à modérer datent d'un rébus vieux de plusieurs semaines!

Le rébus du dimanche


Trouvez dans ce rébus le prénom et le nom d'une personnalité du monde politique. Celle-ci peut-être notre contemporaine ou appartenir à l'Histoire —de n'importe quelle région du monde. Cliquez sur l'image pour l'agrandir
(Rappel : les commentaires seront modérés pour tenir les réponses secrètes jusqu'aux environs de 20h30)