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jeudi 23 décembre 2010

Et Mediapart devint un WikiLeaks…

Après Libération et Reporters sans frontières, c'est au tour de Mediapart d'annoncer l'ouverture d'un site miroir : WikiLeaks.Mediapart.fr

Au fait, comment pouvons-nous utiliser ce site ouvert à tous les yeux du monde ?
J'en ai fait la brève expérience suivante, à partir du miroir de WikiLeaks.Mediapart. D'abord accéder à la page des «Secret US Embassy Cables»… Cablegate: 250,000 US Embassy Diplomatic Cables. Puis j'ai choisi dans la marge gauche, l'option : «Browse by classification» : Secret… Dans les colonnes de capitales qui s'affichent ensuite, j'ai retenu, à je ne sais plus quelle page : 07Paris3919 FM Kouchner's sept.19-21 visit to washington.

Vous pourrez prendre alors connaissance, par exemple, de tout ce que l'on pensait de M. Kouchner à l'ambassade U.S, à la veille de la visite de celui-ci à Washington en 2007. C'est en Anglais, bien sûr, mais si vous ne parlez pas cette langue, vous pouvez toujours tenter la traduction de Google. Cela débute ainsi :

«Bernard Kouchner qui arrive à Washington le 19 septembre reste à la fois un homme politique français très populaire et l'un des rares ministres du président Sarkozy qui ait conservé une marge d'autorité indépendante.»


Ensuite, ça se gâte —la qualité de la traduction, veux-je dire—, mais il est possible tout de même de se faire une idée du contenu des nombreux paragraphes le concernant, ou de la manière dont les américains voyaient se profiler la politique étrangère de la France, avec Sarkozy.

P-S: et si vous avez la curiosité de savoir ce qu'il se passait chez nous en Février 2010, c'est à lire chez CC… À perdre la raison nous donne un aperçu de Ségolène Royal en campagne… Isabelle remet au goût du jour l'histoire de l'œuf et du bœuf : qui a volé le premier ?

mardi 21 décembre 2010

Reporters sans frontières hébergera aussi WikiLeaks

Il semble que François Fillon, la langue policée de Nicolas Sarkozy, étudie avec son équipe la possibilité d'interdire l'hébergement de WikiLeaks en France. On comprend qu'un gouvernement aussi accroché au secret d'état comme garant de la présomption d'innocence, souhaite étrangler un site qui révèle aux citoyens du monde certains dessous de la politique internationale.

Jusqu'à présent, la France n'a guère été concernée qu'à la marge par les révélations, mais cela n'empêche pas de se serrer les coudes entre gens de pouvoir. Ce serait une preuve supplémentaire qu'ils veulent limiter la liberté d'expression sur internet et contrôler étroitement ce que les citoyens ont le droit de savoir.

L'organisation Reporters sans frontières a annoncé aujourd'hui qu'elle va héberger un site miroir de WikiLeaks, comme Libération le fait déjà. «Nous apportons symboliquement notre soutien au droit de WikiLeaks à publier des informations et à ne pas être entravé dans cette démarche», dit notamment le communiqué de RSF.

Qu'arrivera-t-il si la Maison Sarkozy passe aux actes, avec une décision de François Fillon visant à interdire aux hébergeurs l'accueil du site menacé? On aimerait assister à un véritable brasier de désobéissance civile, avec une multiplication de sites miroirs dans tous les grands journaux Français, capables de tenir la dragée haute au gouvernement, et qui sait, de le faire reculer. Dans cette épreuve de force, d'ores et déjà engagée, entre ceux dont le rôle est d'éclairer le citoyen, et les politiques qui ne l'aiment jamais autant qu'aveugle, sourd, muet, et imbécile, essayons de ne pas rester impassibles à compter les points.

Il y a déjà la fameuse pétition de soutien à WikiLeaks d'Avaaz.org, qui a recueillie 694368 signatures à travers le monde. Avaaz, qui signifie «voix» dans certaines langues, est un mouvement mondial qui essaie de fédérer les citoyens à travers des campagnes de pétitions, et parfois, obtient des résultats… J'aime bien le mouvement Avaaz.

jeudi 9 décembre 2010

Une opération Riposte, avec LOIC ?

Régulièrement, j'enrage pour une raison ou une autre devant mon impuissance de citoyen ou tout simplement de consommateur. Si je me heurte à une petite ou grosse arnaque manifeste de la grande distribution, par exemple, ce qui arrive bien une fois par semaine, je fulmine. En général, cette fulmination reste cantonnée dans ma boite crânienne, mais il m'arrive de pester à voix haute en regrettant de ne pas avoir un directeur à portée de bouche, un authentique responsable, pour lui dire deux mots. Bref, consommateurs, nous ne sommes rien, et la mollesse des associations officielles me consterne.

Je me dis qu'il devrait exister un mouvement informel du web qui permette une attaque collective contre la vie chère, par exemple. Quelque chose de ravageur qui mette ces parasites à résipiscence.

C'est pareil en politique : Sarkozy démolit notre protection sociale sous nos pieds, et nous, citoyens, nous ne pouvons rien contre, à part espérer un passage à gauche en 2012. Nous n'avons pas de référendum d'initiative pour foutre un court-circuit dans la mécanique politique. Il y aurait bien la révolution, mais ça ne se fait pas en claquant des doigts, même si du train où nous allons, elle finira par se produire avant la fin du siècle…

Je disais cela, parce que la guérilla menée par les gouvernements et le monde de l'argent, contre Wikileaks me révolte. Je n'en suis pas vraiment étonné, bien sûr, mais l'impudence étalée me semble insupportable. C'est pourquoi j'applaudis en riant de bon cœur à toutes ces nouvelles d'attaques menées par des internautes contre Paypal, Visa, Mastercard, Sarah Palin, etc.

Alors, figurez-vous que mon cœur a battu plus vite quand j'ai lu sur Le Temps, qu'un porte-parole des Anonymous annonçait ce matin que «de plus en plus de gens téléchargent le programme botnet», pour participer à la riposte des citoyens du monde contre la racaille politico-financière. Certes, c'est intéressant, me suis-je dit, mais encore ?

Eh bien, un peu plus tard, je suis tombé sur cet article du Monde.fr qui est rédigé aussi clairement que l'on peut l'espérer d'une institution convenable. L'arme s'appelle LOIC, pour Low Orbit Ion Cannon, et c'est qualifié par le Monde.fr «d'outil clé en main». Même un nul en informatique comme moi, peut l'utiliser, que ce soit sur un Mac ou un PC.

J'ai voulu voir comment cela se présente, me disant qu'une fois en possession de l'engin, il serait toujours temps pour moi de réfléchir à la force de ma détermination.

Résultat : ce que j'ai téléchargé sur SourceForge et ailleurs (car j'ai cherché, et fait plusieurs tentatives), ne fonctionne pas. Je n'accuse personne, c'est peut-être une simple histoire de compatibilité, mais enfin, la cyber-guérilla dans les maquis de l'internet ne semble plus de mon âge.

P-S, le premier paragraphe en capitale est un caprice de Blogger indépendant de ma volonté. C'est sans doute l'effet d'une première publication prématurée: j'ai été obligé de supprimer la première version du billet.

P-P-S : je rajoute un conseil de lecture au sujet de Wikileaks (via Pierre Chappaz )