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mardi 28 décembre 2010

Coup de pompe —à chaleur

Le robinet des bilans de l'année 2010 est ouvert, ça coule dru du côté de la presse et aussi pas mal sur les blogs. Nicolas et Bah! By CC en particulier, revisitent l'actualité des douze mois écoulés méthodiquement. Pour ma part, si j'avais été d'humeur à revenir sur nos pas, je crois que je me serais borné au rappel des affaires Karachi et Bettencourt. Ce sont à mes yeux les deux événements majeurs de cette année, aux allures de feuilletons, qui ont secoué la Maison Sarkozy en la conduisant au bord de la faillite politique —une issue qui reste envisageable à l'avenir.

Mais au lieu de feuilleter le passé récent, je me serais plus volontiers épanché ces jours-ci dans un billet rageur sur les arnaques qui fleurissent à l'ombre de l'écologie. Ce soir, des articles du Monde et du Canard Enchaîné épinglant la fringale en métaux rares de la «croissance verte», m'ont tiré de l'accablement où j'étais par un brusque afflux de toxines furieuses. Pourquoi ?

Eh bien, on caille à la maison ! C'est le troisième hiver consécutif où l'installation de chauffage dit géothermique, vert en diable, nous trahit au pire moment. Chaque fois, la panne survient aux alentours de Noël ou du jour de l'an : incontinence d'un collecteur de captage enterré, coup de spleen de la pompe à chaleur… Trouver un artisan compétent pour intervenir dans la période des fêtes de fin d'année relève de l'épreuve d'endurance. Parce que la société responsable d'une installation faite dans les règles de la maladresse se défile, retranchée derrière son répondeur téléphonique…

Néanmoins, au bout de quatre jours un pompier géothermique vient à notre secours, béni soit-il ! Il identifie l'origine du mal : une petite chose appelée condensateur, qui se met à fumer et à faire sauter le compteur électrique dès qu'on lui effleure le con. Une pièce grillée, en raison semble-t-il de chutes de tension sur le réseau local d' EDF. EDF qui doit remplacer un jour indéterminé le pansement provisoire appliqué sur notre câble électrique à la suite de la tempête du 21 novembre 2008… EDF (ou son âme damnée: ERDF, allez savoir !), qui a pourtant envoyé à deux reprises, en 2009 et en 2010, des agents pour constater les dégâts et nous annoncer la prochaine venue d'une équipe —la dernière fois, c'était avant l'été.

Vous me direz que le courant passe quand même, et qu'en attendant, c'est surtout d'un condensateur dont nous avons un urgent besoin ? Oui, mais je vous répondrai que le fabricant de notre pompe à chaleur, domicilié dans la Drôme, à deux heures de bagnole de chez nous tout au plus, est certainement le seul en France à fermer boutique entre Noël et le jour de l'an. Même pas une permanence pour fournir les pièces détachées en cette période où une pompe à chaleur qui se respecte pompe nuit et jour.

En attendant que janvier ramène au bout du fil ces adeptes du travailler moins pour gagner beaucoup plus, on fait du bois pour cailler un peu moins, mais trop encore.
Quand cette fichue pompe remarchera, je compte bien éclairer ici en détails ceux qui rêvent d'énergie verte à la maison. Pour une fois, la vengeance se mangera chaude.

lundi 18 octobre 2010

Vespa sur le toit

Vespa crabro, le frelon est une brave bête : l'ami Nicolas nous l'a juré cet été, quand nous nous plaignions du gros jaunas qui tournait autour de la table, sous le platane. Il le tenait de La Hulotte, ce merveilleux journal dont tous les amis de la nature ont au moins entendu parler. Le frelon est un type pacifique qui n'attaque pas, à plus de trois mètres de son chez-lui, pourvu qu'on lui fiche la paix. La sale réputation de son venin est très surfaite, à moins, je suppose que vous n'ayez l'essaim complet sur le dos. Bref, telle était la situation lorsque Nicolas nous a quittés pour voler vers d'autres ruches: un frelon ou deux nous faisaient un coucou aimable en vaquant à leurs affaires. Nous avons fini par les oublier.

Et puis, l'automne approchant, il y avait de temps en temps un de ces couillons de jaunas, attiré par la lumière, qui se faufilait dans la maison. À ce moment là, je n'avais pas encore lu les conseils de La Hulotte, comme je l'ai fait ce matin sur le Web. J'ignorais qu'il faut retourner un verre sur le brave frelon, glisser une feuille de papier dessous, et aller libérer la bestiole dehors. Comme une brute épaisse, je me jetais à sa poursuite armé de la tapette à mouche, grimpant sur les chaises, essayant de l'atteindre au coin des poutres, faisant teinter l'opaline des suspensions… Avant de l'occire avec une odieuse satisfaction dont j'aurai quelque jour à m'expliquer devant Dieu, surtout si Dieu est un frelon, ce qui n'est pas plus ridicule qu'un barbu, après tout.

Les jours ont passé, et, je ne sais plus à quel moment exactement, nous avons constaté à la maison qu'il y avait chaque soir un ou deux frelons pour se présenter à table à l'heure du dîner. Chassant le frelon, je repensais aux propos de Nicolas quant à la bénignité de leur piqûre. Faut-il l'avouer ? Cela me rendait plus hardi à la chasse.

D'autant que bientôt, il m'arriva de plus en plus souvent le matin de trouver un jaunas rampant sur le sol, comme abruti, alors qu'abruti moi-même, je débarquais dans la cuisine pour faire le café. Comme vous le pensez, j'avais depuis longtemps exploré du regard les souches de cheminées sur le toit, sans remarquer d'activité suspecte de la gent bourdonnante…

Enfin, ces derniers jours, le rythme des frelons échouant dans la maison s'accélérant, les bourdonnements du côté de la cuisinière aussi, l'illumination nous vint : la hotte ! Chaque fois que ma femme allumait la lumière au-dessus du fourneau, puis mettait le moteur de la hotte en route, il se passait quelque chose là-haut. Un, deux, trois parfois, de nos squatters ne tardaient pas à descendre dans le filtre voir ce qui se passait, ou peut-être manger un morceau. En tout cas, ils se retrouvaient ensuite pris au piège, bien obligés de chercher une voie de sortie, laquelle nous valait de les voir surgir en piqué sur nos assiettes avant d'amorcer une chandelle vrombissante vers la lampe.

Ce matin, j'ai appelé l'exterminateur d'essaims à la première heure, et comme il ne pouvait pas venir avant 18 heures, j'ai pris patience en me documentant sur internet… J'ai bien compris que c'est très mal de leur faire ça, qu'il valait mieux déplacer le nid dans un endroit moins gênant. J'imagine la tête de l'homme qui est arrivé ce soir avec son équipement et son pulvérisateur, si ma femme et moi lui avions demandé d'attraper du haut du toit le nid de frelons afin de le déplacer, hem… disons, chez les voisins.

Il a fait son travail, puis il est reparti. Ça bourdonne encore beaucoup dans la hotte, mais il paraît qu'ils n'en ont plus pour longtemps. D'ailleurs, quand il faisait encore jour, on voyait plein de frelons mal fichus qui se traînaient, hagards, sur les tuiles.
C'est moche, mais le filtre de la hotte était bon à changer depuis quinze jours au moins, et ils étaient foutus de rester chez nous jusqu'au printemps.
illustration

P-S Gildan en pince pour Tina ; le blog de Mtislav est occupé ; CC décortique le bouquin de Razzi Hammadi ; Fidel Castor remue l'aqueux ; Christophe chante des volutes vénéneuses…

jeudi 10 septembre 2009

La répression carbone


La grosse arnaque est donc en route: Nicolas Sarkozy a donné le coup d'envoi à la répression de la détention et usage de CO2. Détention, parce que si vous avez une citerne de fuel chez vous, c'est une substance bourrée de carbone. Usage, parce que dès que vous allumerez votre chaudière vous allez intoxiquer un peu plus la planète. Même délit avec l'essence que vous dissimulez dans votre auto, votre scooter, votre tronçonneuse, etc.
Vous êtes, nous sommes, d'invétérés toxicomanes. Dans la galaxie, on commence à nous montrer du doigt:
—Vous avez vu la Terre? Non seulement ses parages sont une poubelle, mais en plus, les créatures qui la peuplent se shootent au CO2!

Notre président, dans sa louable ambition d'entrer dans l'Histoire autrement que par la chatière, veut sauver le monde. Il a honte de ce qui se colporte sur notre compte de par l'univers, et il veut que notre pays donne à tous les autres le signal du sursaut rédempteur. Bien sûr, nous aurions pu continuer comme ça et attendre le moment où, la dernière goutte de pétrole extraite et vendue aux enchères à prix d'or, il aurait bien fallu s'adapter. Et s'adapter dans la douleur, avec l'océan remontant clapoter à nos portes, avant-hier encore ouvertes sur la campagne. Avec des vagues de Vikings d'un nouveau genre, affamés, dépossédés de leur sol par la nature, déferlant sur nos côtes à bord de coques de noix trop nombreuses pour être repoussées… Bref, toute la souffrance du monde serait tombée sur la nôtre, déjà grande.

C'est pourquoi, dans leur sagesse, le président et les écologiens —qui sont à l'écologie ce que les végétaliens sont au végétarisme—, veulent nous habituer à souffrir dès à présent. Leur plan n'est d'ailleurs pas idiot: ils pensent, grâce à la montée inexorable de la douleur fiscale, inciter les plus malins d'entre-nous à se désintoxiquer à l'aide de véhicules propres, de pompes à chaleur, et autres panneaux solaires. Le problème, c'est que ce ne sera pas l'envie d'être malin qui fera défaut à beaucoup de gens, mais l'argent.

Il y a actuellement en France environ 8 millions de pauvres, et ce chiffre pourrait bien être sous-évalué. Il y a beaucoup plus de gens encore qui tirent le diable par la queue, et bon an mal an, gardent la tête au dessus de l'eau. Ils ont des bagnoles polluantes, achetées d'occasion, ils se chauffent avec des chaudières acquises en des temps meilleurs, des trucs voraces qui dégueulent le carbone sans retenue. Ou bien encore, j'en vois souvent l'hiver dans le midi, des gens qui se chauffent avec des poêles à pétrole, parce que leur logement est mal isolé et qu'allumer leurs vieux convecteurs coûterait trop cher.
Ceux-là, et combien d'autres, n'auront aucune envie de prendre un emprunt à taux zéro dont ils ne pourraient pas rembourser la moindre mensualité. Ils ne se tourneront pas vers la voiture électrique, l'appareil écologique, que la nouvelle taxe voudrait nous inciter à acheter. Il leur faudrait attendre qu'un marché de l'occasion existe, où les trouver pour quelques poignées de figues.
La petite goutte d'impôt répressif, destinée à gonfler davantage chaque année, leur rendra simplement la vie de plus en plus difficile. Et la mer montera sans doute quand même.

P-S. J'ai hésité à consacrer mon billet au mirage brésilien de la perle de la maison Dassault, le Rafale, mais Slovar en parle fort bien… D'autre part, Rimbus, Gauchedecombat, et Abadinte publient des contributions intéressantes à la chaîne «Êtes vous de gauche»… Enfin, il y a le dérapage de B. Hortefeux qui tient la vedette des blogs ce soir, mais le buzz est tel, que j'ai préféré n'en retenir qu'un seul billet, celui de Mrs Clooney

vendredi 31 octobre 2008

OGM et retraite-chapeau

Sur le site Contre Info, que Marc Vasseur m'a permis de découvrir il y a peu, je trouve une mauvaise nouvelle. Il me semble qu'elle mérite d'être largement diffusée. La voici : Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a composé une commission de travail, secrète celle-ci, chargée d'étudier les moyens d'imposer les OGM dans nos pays, malgré la méfiance des opinions publiques. En dépit aussi de l'opposition des organisations écologistes. Les gouvernements, à commencer par celui de Nicolas Sarkozy, ont délégué des représentants aux réunions de cette commission occulte.
Un groupe de personnes dont l'identité est soigneusement cachée, a donc reçu mission d'imaginer comment on pourra faire accepter aux citoyens des produits agricoles dont ils ne veulent pas. C'est beau, ce qu'ils font de la démocratie, non?


Hier, les députés ont refusé de soumettre l'essentiel de la panoplie de "survie" des grands patrons aux taxes et cotisations sociales diverses payées par les salariés "normaux". La presse annonce que le parachute sera taxé au dessus d'un million d'euros, mais elle oublie d'attirer l'attention sur les 999 999 € laissés aux patrons en détresse pour voir venir.
En réalité, rien n'a été fait pour mettre un terme définitif aux privilèges de ces gens. La page de la crise tournée, nous pouvons être certains que leurs revenus s'envoleront de plus belle —mais auront-ils seulement marqué une pause pendant la tempête?
On connaît bien les chatteries qui s'ajoutent au salaire de base d'un grand patron, comme les stock options, et le fameux "golden parachute" de plusieurs millions d'euros en cas de licenciement. On pense moins aux avantages en nature qui ne s'arrêtent pas à la voiture avec chauffeur, mais comprennent aussi souvent l'appartement de fonction, et des babioles comme une carte bleue sans limite d'utilisation. On ne pense guère non plus aux actions gratuites, bien plus confortables d'utilisation pour le dirigeant que les stock options. On oublie le "Golden Hello", clin d'œil de bienvenue, négocié par contrat, comme les 2,2 millions de prime d'embauche versés au nouveau directeur général de Sanofi-Aventis. Un avant goût des bonus et de la retraite-chapeau, en quelque sorte…




D'autres blogueurs ayant rencontré Julien Dray publient aujourd'hui leur point de vue : Crise dans les médias, Piratage(s), Hervé


samedi 4 octobre 2008

Halte au vent ! Les anti-eolien dans la rue

Aujourd'hui, les anti-éoliens étaient dans la rue, à Paris : 300 d'après la police, un millier selon le «Collectif du 4 octobre» qui organisait la manif. Je ne sais pas si Didier Goux était du nombre, lui qui s'insurgeait, il y a peu, pour des motifs essentiellement esthétiques, contre les éoliennes érigées dans la Beauce. À priori, comme je partage une grande partie de la vision du monde des écolos (mais pas tout), j'y suis favorable. Comme Nicolas, ou presque. Quels étaient les motifs personnels des opposants? S'agissait-il d'esthètes outragés par l'offense faite à nos horizons champêtres, de fabricants de panneaux solaires irrités par la concurrence, de propriétaires de terrains inquiets d'une possible dévaluation de leur bien, ou d'infortunés voisins de ces grands oiseaux inaptes à fournir du guano, mais odieusement siffleurs ?
Ils ont des tas d'arguments techniques, moraux, ou artistiques à faire valoir. Je ne me battrai pas sur les statistiques et les histoires de rendement auxquelles je ne comprends rien. Ni sur le vice écologique que constituerait la nécessité de pallier au manque de vent par de l'électricité d'origine thermique, donc polluante… D'autre part, si je songe un instant à une gigantesque éolienne plantée au beau milieu de mon pré, mêlant des cris d'aigle en fureur aux hurlements du mistral déchaîné, eh bien, j'avoue que mon poil se hérisse !
En revanche, je ne la trouverais pas plus gênante que le mât rouge et blanc des télécommunications copinant tout là-haut avec la vieille chapelle, si d'aventure on l'installait au dessus du village. Et je me demande combien il en faudrait pour alimenter tous les clavesiens en électricité durable. Parce qu'en fait, l'argument choc en faveur de l'éolien, c'est que le vent soufflera encore quand nous aurons brûlé la dernière goutte de pétrole. Et, à la différence du nucléaire (dont il semble tout de même difficile de se passer avant longtemps), le vent ne pollue pas. Pour le reste, dès lors que l'implantation ne lèse personne, le dommage infligé aux paysages me semble très discutable. J'ai aperçu du côté des corbières de grandes escadrilles d'éoliennes blanches et j'ai trouvé que cela ne manquait pas d'allure. Il y a de plus un autre avantage à ces monuments modernes : c'est que le jour où une source d'énergie abondante et non polluante prendra la relève, on les démolira sans embarras. Il restera moins de traces d'eux que de leurs ancêtres moulins à vent.

Je rajoute un lien vers le billet d'Elmone qui traite aussi de l'éolien.

Arguments des anti-éoliens