Le Monde en ligne nous fait l'honneur d'un article —à nous, blogueurs—, et s'interroge sur ce que nous représentons: de l'info ou de l'influence? Dans l'ensemble, Xavier Ternisien, l'auteur de l'article, et les professionnels de la presse qu'il cite, ont plutôt la dent dure. Que nous soyons «journalistes citoyens» ou «journaliste en pyjama» (celle-là est jolie, j'aurais aimé l'inventer), nous avons beaucoup de défauts, que je résumerai à ma façon en disant qu'on nous trouve brouillons. Trop subjectifs, passionnels, et peu portés à vérifier nos sources. Ces critiques ne m'étonnent pas vraiment, et je les crois souvent fondées, mais il y a erreur me semble-t-il, à confondre blogueurs et journalistes amateurs. On devine dans les jugements émis l'agacement de professionnels qui sentent plus ou moins confusément leur métier menacé par le phénomène des blogs, et ne voient dans ces derniers qu'une concurrence presque déloyale…Pourtant, la grande majorité des blogs n'a pas grand chose à voir avec la presse, si ce n'est que ses contenus sont souvent inspirés par elle. Laissons de côté les blogs de cuisine, de tricot, de jardinage, qui font certainement de l'ombre aux magazines spécialisés: je les connais mal. Les blogs étiquetés «divers» ou littéraires, ne concurrencent à priori personne, au moins pour le moment. Il reste les blogs d'humeur, presque toujours colorés politiquement, comme Le Coucou. Celui-la, je le connais, c'est le mien. J'y réagis à l'actualité qui m'interpelle, non pour la propager en parasite de la presse, mais plutôt pour exprimer les opinions qu'elle m'inspire. En citoyen heureux de disposer de cette agora pour dire… Dire quoi, au fait? Ce que pense un citoyen ordinaire des choses du monde, et qui mêle sa voix critique —en bien ou en mal—, à beaucoup d'autres, dans l'espoir fragile d'être entendu des politiques. Je le fais en m'amusant, si possible au moyen de billets satyriques ou absurdes parce que j'aime bien ça… Ce faisant, je n'ai pas la sensation d'être journaliste, ni de «dévaloriser ce métier ». Et quant à être influent… Je vous laisse sur un sourire.
PS. Un article à lire : «Ce que l’Europe peut apprendre des institutions Helvétiques»



