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vendredi 1 juillet 2011

France: sauvons internet (par Avaaz)

Comme chaque fois qu'Avaaz lance un appel, je le reçois de cette organisation dont je dois être membre, mais il arrive de temps à autre que l'un d'eux me parvienne en plus par le canal de plusieurs ami(e)s qui me le font suivre. C'est un signe : je me dis que ce doit être important et qu'il faudrait faire quelque chose…


« Chers amis en France,

Le gouvernement Sarkozy veut censurer internet par un décret qui pourrait bloquer des sites et pages de recherche que nous utilisons tous les jours. Si nous sommes suffisamment nombreux à exiger que le Président enterre ce projet de censure, nous pourrons faire pencher la balance et empêcher qu'il ne mette la main sur internet. Signez la pétition:


Le gouvernement Sarkozy veut censurer internet par un décret qui pourrait bloquer des sites et pages de recherche que nous utilisons tous les jours. Mais un tollé national peut stopper cet assaut contre la liberté d'expression.

Ce nouveau décret permettrait aux ministres de retirer tout contenu internet menaçant selon eux "l'ordre public", sans passer par un juge. C'est pourquoi un Conseil en charge de l'Internet créé par Sarkozy a condamné cette mesure comme étant inconstitutionnelle, et les experts internationaux sont en état d'alerte. Mais le décret pourrait malgré tout être adopté dans les prochains jours.

Le Président Sarkozy a montré au sommet du G8 qu'il soigne son image de dirigeant moderne et de partisan d'internet. Ainsi, si nous sommes suffisamment nombreux à exiger qu'il enterre ce projet de censure, nous pourrons faire pencher la balance et empêcher qu'il ne mette la main sur internet. Lançons un gigantesque appel national demandant à Sarkozy de protéger la liberté d'internet. Cliquez dès maintenant pour signer la pétition urgente et faites suivre ce message à tous:
http://www.avaaz.org/fr/france_sauvons_internet/?vl

Dans le droit français, les contenus dit "manifestement illicites" comme la pédopornographie peuvent déjà être retirés sans contrôle judiciaire. Mais si nous n'agissons pas, le nouveau décret donnerait à quelques ministres des pouvoirs excessifs de censure arbitraire sur n'importe quel contenu en ligne. Il obligerait les hébergeurs et les fournisseurs d'accès internet à retirer ou filtrer tout contenu qualifié notamment d'"atteinte à l'ordre public et à la protection des personnes", une définition très large menaçant l'expression libre.

L'ONU estime que les mesures de filtrage sont excessives et inefficaces et vient de condamner les lois françaises sur l'internet. Et Reporters Sans Frontières a placé la France dans la liste des "pays sous surveillance" qui recense les violations de la liberté d'expression autour du monde. Enfin le Conseil National du Numérique récemment installé par Sarkozy a indiqué que le blocage de sites violait la liberté d'expression protégée par la Constitution française et ignorait l'intérêt du public.

Nous savons que le Président Sarkozy souhaite apparaître comme un ami de l'internet. Il a récemment créé le Conseil National du Numérique et organisé le premier Sommet du G8 de l'internet. Mais il ne peut pas gagner sur les deux tableaux. Ensemble, nous pouvons lui montrer ce que signifie être un réel défenseur de la liberté d'internet et de la libre expression. Appelons-le à retirer ce décret instaurant la censure d'internet et à protéger nos droits -- signez la pétition et diffusez-la à tous vos amis:

http://www.avaaz.org/fr/france_sauvons_internet/?vl

Dans le monde entier, des gouvernements tentent de censurer l’internet, outil vital pour les soulèvements arabes pro-démocratie et permettant d’exposer au grand jour les abus de pouvoir et la corruption dans tous les pays de la planète. Cependant, de Italie à la Syrie et de l'Inde à la Turquie, les membres d’Avaaz se mobilisent pour défendre cet espace crucial de liberté et de communication mondiale. Rejoignons-les et protégeons l'internet en France.

Avec espoir et détermination,

Alex, Benjamin, Stephanie, Emma, Mohammad, Ricken et le reste de l'équipe d'Avaaz

PLUS D'INFORMATIONS:

Levée de boucliers contre un projet gouvernemental pour filtrer internet, AFP:
http://avaaz.org/afp_filtrage_internet

Décret LCEN fustigé : le gouvernement suivra-t-il l'avis du CNN?, Numérama:
http://avaaz.org/numerama_cnn

La France, “pays sous surveillance” selon Reporters sans Frontières:
http://fr.rsf.org/surveillance-france,39712.html

L'ONU fustige la France et son Hadopi, Maxisciences:
http://avaaz.org/maxisciences_onu_hadopi

Nouveau rapport parlementaire dénonçant les mesures de blocage d’internet, OWNI:
http://avaaz.org/owni_filtrage

Le filtrage d'Internet, une mesure contestée en Europe, Le Figaro:
http://avaaz.org/lefigaro_filtrage_internet_europe

eG8, le coup de com' numérique de Nicolas Sarkozy, NouvelObs:
http://avaaz.org/nouvelobs_eg8

Communiqué du Conseil National du Numérique présentant son avis négatif:
http://j.mp/iMsj8K


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jeudi 2 juin 2011

Un appel au boycott de la Formule 1 à Bahreïn

J'ai reçu d'Avaaz.org, une organisation non-gouvernementale d'origine américaine que vous connaissez sans doute, un appel à signature d'une pétition concernant le Bahreïn, la Formule 1, et la boisson Red Bull… 

Je sais où se trouve le royaume de Bahreïn, c'est déjà pas mal. La Formule 1, je connais aussi un peu : c'est du sport tonitruant qui pue les gaz d'échappement. Quant à Red Bull, j'aurais donné ma langue au chat sans Wikipedia qui vient de m'apprendre qu'il s'agit d'une espèce de boisson sportive, un truc pour faire semblant de se doper comme un grand, en somme. Red Bull est semble-t-il une entreprise autrichienne.

Donc j'ai reçu cet appel et je n'y aurais peut-être pas prêté attention s'il ne m'était également parvenu par le canal d'une amie Suisse journaliste. Du coup, j'ai lu plus attentivement et découvert la répression brutale que le gouvernement du Bahreïn fait subir à ses opposants —Avaaz l'accuse notamment de tortures. Or, il semble que demain Vendredi, les dirigeants de la Formule 1 pourraient décider d'organiser un Grand Prix automobile à Bahreïn.

Et c'est là qu'on retrouve Red Bull dans le réservoir… Red Bull «leader du championnat», pourrait être incité à boycotter ce Grand Prix s'il se déroule à Bahreïn, entraînant du même coup d'autres équipes…

Voilà, vous en savez à peu près autant que moi. Le texte de la pétition adressée à l'attention de Red Bull et des équipes de F1 dit ceci :  «Nous vous appelons à déclarer publiquement que vous ne participerez à aucune course à Bahreïn cette année, car le gouvernement a tué et blessé des centaines d'innocents qui s'exprimaient pour défendre leurs droits. Votre réputation, et celle de la Formule 1, seront affectées si vous récompensez ce régime meurtrier.»

Je vous encourage à signer cette pétition et à la faire signer. Avaaz.org espère recueillir 300 000 signatures avant demain. Ils en sont capables, je les ai déjà vus à l'œuvre.


Quelques sources :

jeudi 26 mai 2011

Une lettre ouverte pour l'unité

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, sympathisants de l'opposition en général et du PS en particulier, mais si c'est le cas, vous devez commencer à vous faire du souci… Moi, en tout cas, je m'inquiète. La montée du FN, m'inquiète, même si les derniers sondage disent Mme Le Pen en perte de vitesse. On sait la confiance que l'on peut accorder aux sondages… Les capacités de rebond jusqu'au dernier moment de Sarkozy m'inquiètent… La division de l'opposition, les luttes de leadership au sein du PS, m'inquiètent. Comme vous sans doute, il y a au PS et ailleurs des têtes qui ne me reviennent pas, d'autres qui me plaisent, mais j'ai la conviction que si nous voulons en finir avec les années Sarkozy, il faut faire taire d'urgence les divisions. C'est pourquoi je me suis joint aux signataires de la lettre ci-dessous pour appeler à l'unité de la gauche. Je vous invite à lire cette lettre, à la signer vous même sur le site qui lui est dédié, et à la répandre le plus largement possible autour de vous. Merci !

 

Lettre ouverte d’un électeur à tous ceux qui font de la politique à gauche

Pour faire avancer l’unité à gauche, faites comme nous : copiez, collez et personnalisez cette lettre ouverte, puis envoyez la vite aux responsables politiques de gauche que vous connaissez. Et faites tourner !
Le Kremlin-Bicêtre, mai 2011
Chers camarades,
Comme disent les Chinois, il est des coups de massue qui rendent lucides : si la gauche veut remporter les élections présidentielles de 2012, elle devra aller unie au combat dès le premier tour.
Imaginer que tel ou tel candidat ou candidate évitera la dispersion des voix à gauche entre vos différents partis, provoquera le réflexe d’un vote « utile », est un pari dangereux, une illusion entretenue par des sondages dont on connaît la volatilité… et la fiabilité.
Enterrer Nicolas Sarkozy trop vite est tout aussi illusoire. C’est un redoutable adversaire en campagne électorale, chacun le sait. C’est un des rares domaines où sa compétence n’a pas encore été mise en doute.
Mais surtout, Marine Le Pen sera vraisemblablement au second tour, nul besoin de sondages pour le craindre.
L’élection présidentielle de 2012 se gagnera donc au premier tour. Autrement dit, celui des deux candidats, de gauche ou de droite, qui aura le plus rassemblé son camp avant le scrutin présidentiel aura de fortes chances de l’emporter, soit parce qu’il sera face à Marine Le Pen, scénario hélas le plus probable, soit parce qu’il aura obtenu un score élevé au premier tour et aura donc créé une dynamique suffisante pour gagner le second.
C’est le bête et implacable raisonnement arithmétique qu’impose notre scrutin majoritaire à deux tours. On peut regretter qu’il en soit ainsi, qu’il ne nous soit plus permis de faire un « choix de coeur » au premier tour. Mais c’est comme ça.
Cette réalité électorale doit conduire les politiques que vous êtes à agir en conséquence, c’est à dire à vous battre pour que ce soit bien le candidat de gauche qui rassemble le plus efficacement son camp dès le premier tour, et non celui de droite, Nicolas Sarkozy.
Inutile d’attendre le dernier moment pour bâcler un marchandage de circonstance, purement politicien, ou le programme et les idées passeront à la trappe. Inutile encore de compter sur un accord entre les deux tours, vite fait bien fait, entre les partis de gauche au cas où ce serait l’un des leurs qui accède au second tour. Dans le premier cas, face à Le Pen, pourquoi le candidat s’embarrasserait-il d’une négociation avec ses amis politiques alors qu’il est pratiquement certain d’être élu ? Dans le second cas, face à Sarkozy, redoutable candidat, le spectacle de chefs de partis de gauche se rabibochant opportunément après une campagne qui les aura durement opposés sera d’un effet déplorable et ne peut que favoriser le candidat de la droite.
Avez-vous le droit d’envisager cette défaite ? N’avez-vous pas, au nom de la confiance et des mandats que vous ont confié le peuple, des obligations, dont celle de gagner pour mettre un terme à la politique désastreuse menée par Nicolas Sarkozy ?
Chers camarades, il est temps d’atterrir. D’arrêter d’avancer en ordre dispersé, avec des candidatures tactiques, « providentielles » ou fantaisistes. Bref, il est temps de prendre la mesure de cette nouvelle donne électorale et d’en tirer les conséquences. Dès que possible, vos partis doivent travailler ensemble à une plateforme commune et à la désignation d’un candidat unique pour toute la gauche. Après tout, les primaires ont bien été imaginées pour cela, non ?
Rappelez-vous : n’avaient-elles pas vocation, à l’origine, à sortir des logiques partisanes en s’adressant à tous ceux qui « partagent les valeurs de la gauche », qu’ils soient roses, verts ou rouges ? Imaginez la dimension que prendraient ces primaires si elles mobilisaient tous les partis ! Elles donneraient un autre souffle à la campagne et un autre poids au candidat ainsi désigné. Et avouons-le, elles seraient sûrement prises beaucoup plus au sérieux qu’aujourd’hui.
Pour vous, responsables politiques, ce ne sera pas facile de dépasser les clivages et les rivalités d’appareils, on l’imagine. Certains d’entre vous ne souhaiteront peut-être pas monter dans le train de l’unité. Mais l’enjeu est à la hauteur de l’effort : pour que la gauche remporte ce scrutin présidentiel, l’unité et les concessions qu’elle implique, sont le prix à payer et, soyons plus positifs, le défi à relever.
D’ailleurs pensez-vous sérieusement qu’un programme qui rassemble tous les partis de gauche soit un défi aussi insurmontable ? Nous partageons tous un socle de valeurs communes : écologie, services publics, société solidaire, emploi pour tous, fiscalité redistributive, laïcité, régulation de la finance, éducation, innovation, recherche, et bien sûr, l’ambition d’une France forte, généreuse et influente sur la scène mondiale.
Chers camarades, quelle tâche plus stimulante qu’un programme unitaire pour ceux qui aiment la politique et veulent changer les choses ! Ce n’est pas une utopie, c’est une nécessité. Les électeurs le sentent et multiplient les appels dans la presse et sur le Net. Nous sommes à un an de l’échéance, vous avez encore le temps de vous y mettre. N’attendez pas.
Un programme, un candidat… la victoire en 2012 !
Captainhaka : Le grumeau, Custin d’Astrée : 365 mots, Cycee : bahbycc, Dominique Darcy : dominiquedarcy, Eric Citoyen : Mon Mulhouse, Gaël : De tout et de rien, Jean-Claude : Slovar – Les nouvelles, Jean Renaud Roy : @jr_roy, Juan : SarkoFrance, Jules Praxis : @jules_praxis, Le Coucou : Le coucou de Claviers, Melclalex : A Perdre la raison, MrsClooney : La femme de George (s) , Nicolas : Partageons mon avis, Nicolas Cadène : Débat socialiste, , Rimbus : Rimbus le Blog, Romain : Variae, Ronald : Intox2007, Jacques Rosselin : @rosselin, Seb Musset : Les jours et l’ennui de… , Stef : Une autre vie,  Sylvie Stefani : Trublyonne, Vogelsong : Piratages, Yann Savidan Carnet de notes de…, Zeyesnidzeno : La France a peur


Vous pouvez également signer cette lettre sur le site Unite2012

lundi 22 novembre 2010

Défense de toucher aux secrets

François Fillon vient de refuser de donner au juge Renaud Van Ruymbeke l'autorisation de perquisitionner des locaux de la DGSE, le service de renseignement français. Ceci en vertu du fait que les lieux abritant la DGSE sont protégés par le secret défense. Mais au fait, de quoi est pétri ce fameux «secret défense» que l'on oppose régulièrement à la curiosité de ceux qui sont sensés nous représenter, ou enquêter et juger en notre nom ?

Il repose sur l'article 413-9 du Code pénal :
«Présentent un caractère de secret de la défense nationale au sens de la présente section les procédés, objets, documents, informations, réseaux informatiques, données informatisées ou fichiers intéressant la défense nationale qui ont fait l'objet de mesures de classification destinées à restreindre leur diffusion ou leur accès.

Peuvent faire l'objet de telles mesures les procédés, objets, documents, informations, réseaux informatiques, données informatisées ou fichiers dont la divulgation ou auxquels l'accès est de nature à nuire à la défense nationale ou pourrait conduire à la découverte d'un secret de la défense nationale.

Les niveaux de classification des procédés, objets, documents, informations, réseaux informatiques, données informatisées ou fichiers présentant un caractère de secret de la défense nationale et les autorités chargées de définir les modalités selon lesquelles est organisée leur protection sont déterminés par décret en Conseil d'Etat.»

Dans le cas évoqué plus haut, s'agissant des locaux de nos services de renseignement, on convient sans chicaner qu'ils relèvent de la défense nationale. En refuser l'accès à un juge d'instruction peut donc reposer sur des bases légitimes, et la décision de F. Fillon s'explique (ou plutôt la décision de N. Sarkozy, tant on imagine mal Fillon renouer ses propres lacets sans l'aval du premier).

Toutefois, on sait que le juge n'enquête ni sur notre arme atomique, ni sur nos agents en Afghanistan. Non, il s'agissait pour lui de rechercher des documents sur d'éventuelles rétro-commissions, dans le contexte précédant l'attentat de Karachi.

Ces rétro-commissions, si elles ont bien existé, sont interdites par la loi, et constituaient des malversations financières banales, comme ces pots-de-vin échangés par des trafiquants ordinaires. Bien sûr, l'importance des sommes en jeu et le fait qu'elles étaient peut-être destinées notamment à des hommes politiques, incite à qualifier l'opération de scandale.

D'autant plus que l'opération se serait finalement terminée dans le sang, avec la mort de 11 Français, sur 14 victimes. Quoique l'on se retrouve plutôt dans le registre criminel, il n'y a rien là-dedans qui mette en péril la sécurité du pays. C'est la réputation d'une poignée d'hommes, leur condamnation possible qui est en question, rien de plus.

Alors que vient faire le secret défense là-dedans ? Si un jour prochain Nicolas Sarkozy écrasait en voiture un promeneur sur une route déserte, ferait-on retomber la chape du secret défense sur l'homicide par imprudence ? La République gagnerait en propreté en sanctionnant l'abus du secret d'état —ne parlons pas de démocratie : la France en est de toute façon trop éloignée !

P-S : Sur le site des familles de victimes de l'attentat de Karachi se trouve une pétition demandant au chef de l'État de tenir ses engagements. Elle n'a recueillie actuellement que 2788 signatures… J'avais relayé l'appel à signatures, voici plusieurs mois, mais j'insiste auprès de vous…

vendredi 12 novembre 2010

Pour un référendum sur les retraites

Romain, comme Isabelle d'ailleurs, nous rappelaient récemment l'existence théorique d'un référendum d'initiative parlementaire prévu par l'article 11 de la Constitution, depuis la révision de celle-ci en 2008.

Ce n'est pas un rappel anodin puisque l'Hebdo Politis a lancé à la mi-septembre un appel à un référendum sur la réforme des retraites. Ces derniers jours, avec l'adoption de la réforme par les parlementaires, contre le souhait d'une majorité de Français, les signatures ont particulièrement afflué sur le site qui les recueille. Les 51 188 signatures sont aujourd'hui dépassées. C'est beaucoup, mais il en faut davantage encore !
C'est pourquoi je me joins aux nombreux blogueurs qui soutiennent cette démarche pour vous inciter à signer et faire signer cet appel.

(Attention : le site est submergé de demandes, il est nécessaire d'être patient et de ne pas renoncer au premier échec de connexion. Ma méthode : à l'affichage d'une «Internal Sever Error» ou «Service Temporarily Unavailable , je reviens aussitôt à la page précédente et je clique à nouveau sur «Pour signer l'appel»… Il m'a fallu recommencer deux ou trois fois et attendre 4 ou 5 minutes avant de franchir l'obstacle…)

Faites-nous rêver !

En ce moment les signatures affluent sur le site ouvert par Politis.fr pour exiger du pouvoir l'organisation d'un référendum sur les retraites. La possibilité d'un tel recours est prévue depuis la révision constitutionnelle de 2008. L'éventualité d'un tel référendum, proposé à l'initiative de 1/5 des parlementaires soutenus par 1/10 des électeurs, est en effet désormais gravée dans le marbre de la Ve République.

Sauf que… pour devenir réellement contraignante pour le régime sarkozyste, il faudrait qu'une loi organique en ait fixé les modalités, rendant cette disposition effective. Or, si Nicolas Sarkozy s'est dépêché de faire valider les modifications constitutionnelles accroissant ses pouvoirs, il s'est en revanche bien gardé de donner vie à deux points essentiels de ces modifications :
—la fin de l'irresponsabilité présidentielle,
—le référendum d'initiative parlementaire.

Autrement dit, nous ne sommes pas assurés qu'un ras-de-marée de signatures le fera davantage fléchir que 3 millions de Français dans la rue, mais ça vaut largement le coup d'essayer !

Et cela me donne l'occasion de revenir sur une préoccupation récurrente dans ce blog : la démocratie. Comme Nicolas le relevait, comme M. Poireau et d'autres encore, je crois que la gauche ne pourra pas gagner en 2012 avec seulement des propositions techniques, de la prudence, et du flou artistique à la Fabius*. Il faut aussi, il faut surtout, nous faire rêver, nous enthousiasmer pour un avenir dans ses pas.

Soyons réalistes cependant et n'espérons pas la démocratie, mais un vrai petit pas vers celle-ci : promettez-nous de revenir sur les dispositions référendaires mort-nées de Sarkozy. Promettez-nous un référendum d'initiative populaire: 1/10 (voire 1/15 si vous préférez) des électeurs déclenchant l'organisation obligatoire de la consultation, que cela plaise ou non aux parlementaires et au pouvoir.

*Fabius : Le NouvelObs, prêtait récemment à Fabius l'évocation d'une citation de Retz, favorite de F. Mitterrand : «En politique, comme en amour, on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment.»

mardi 2 novembre 2010

Sakineh exécutée demain ?

Sakineh, 43 ans, mère de famille Iranienne, condamnée à mort par lapidation pour adultère, sera peut-être exécutée demain, mercredi. Les demandes de libération, qui n'ont cessé de s'élever depuis des mois à travers le monde n'auront alors pas suffi à faire fléchir le régime iranien.
Les associations défendant cette femme ont multiplié aujourd'hui les rassemblements en sa faveur.

Que peut-on faire? Pas grand-chose individuellement, sinon joindre sa voix à ceux qui réclament une intervention pressante du pouvoir. Espérer aussi que les organisations musulmanes de France se manifestent d'urgence au cours des heures à venir auprès des ayatollahs de Téhéran, à l'unisson de leurs compatriotes laïques ou chrétiens…

P-S: à lire en avant première sur Le Monde, l'évocation d'un article du Canard Enchaîné de demain selon lequel « Nicola Sarkozy supervise personnellement la surveillance de certains journalistes.»

mercredi 8 septembre 2010

Rondelle de contradiction démocratique

Si j'ai bien compris ce qui se passe, mais je n'en suis pas sûr, tout le monde joue la partie de la réforme des retraites avec des arrières-pensées. Tout le monde, ce sont bien entendu les syndicats, l'opposition, le gouvernement, et le chef.
En revanche, les concernés de base, nous, ne savons pas grand-chose si ce n'est notre fort désir de ne pas nous faire plumer…

Nicolas Sarkozy a ordonné la réforme à marche forcée parce qu'il la jettera en pâture aux marchés financiers, comme un moyen commode de réduire les déficits en conservant l'approbation des agences de notation —vous savez, ces despotes internationaux qui vous coulent un pays d'un AAA transformé en BB+ ou pire… Il l'a ordonnée aussi parce qu'il est le chef d'une nation à mettre au pas, ce qui est paradoxal puisqu'il s'agit pour lui de nous faire marcher à l'américaine, c'est à dire chacun pour soi, comme on peut…

Les syndicats se disent qu'un type tel que Nicolas Sarkozy ne lâchera jamais sur l'essentiel: la retraite à 62 ans pour commencer, au lieu de 60. Ils espèrent simplement le faire reculer le plus possible sur certains points, avec l'espoir qu'ils pourront arracher des amendements significatifs. Ils ne croient pas vraiment au retrait de la réforme.

L'opposition, le PS en particulier, doit être peu ou prou sur la même ligne, avec apparemment le souci de ne pas casser la baraque. On reste plus proche de la guéguerre en dentelles que de la lutte à couteaux tirés, du genre : «Monsieur de Woerth, tirez le premier». Attaquer le ministre de front, proclamer au parlement qu'on ne peut discuter une réforme avec le ministre perdu de réputation d'un président déconsidéré, aurait signifié vouloir en finir avec un régime insupportable. Cela aurait engagé ceux qui espèrent chausser demain la Constitution telle quelle, encore chaude de M. Sarkozy, à nous promettre des lendemains démocratiques.

Pour éviter d'affronter avec la rudesse qui conviendrait l'ennemi du bien-public, on préfère prendre le pays à témoin plutôt que de porter des coups sérieux à l'adversaire de droite. Comme Benoît Hamon, invité au journal de France-Inter à commenter l'intransigeance de Sarkozy, on s'en tient à des: «c'est grave que dans ce pays, la démocratie sociale soit ainsi bafouée».
Quelle drôle d'idée que celle de saucissonner la démocratie ! On pourrait donc la détailler en plusieurs parties? Mais nous sommes goulus, cher monsieur, nous la voulons entière!

P-S: Au delà de Sakineh, qu'il faut sauver, Rimbus attire notre attention sur les exécutions de femmes en Chine… Chez Homer a quatre ans aujourd'hui, bon anniversaire ! Pendant ce temps Olivier vient de poster ses 4 premières lignes en deux mois…

lundi 16 août 2010

Sauver Sakineh de la mort

Je n'ai pas le temps, ni la tête à faire un billet ce soir. Pourtant, je voudrais inviter les visiteurs de ce blog à signer la pétition lancée pour empêcher la lapidation de Sakineh, cette femme iranienne condamnée à une mort horrible sous l'accusation d'avoir eu des relations sexuelles hors mariage.
Nicolas en avait fait un billet, mercredi dernier, et vous trouverez le résumé de toute l'affaire, ainsi que la pétition à signer sur le site de La Règle du jeu

vendredi 21 mai 2010

Votre avis ne se partage pas !

Jean-Louis Masson est un sénateur non inscrit de Moselle, ancien de l'UMP, qui souhaite faire interdire l'anonymat des blogueurs par la loi. J'ai appris cela en lisant un article de Mediapart… Pour «mieux protéger les éventuelles victimes de propos inexacts, mensongers ou diffamations», ce monsieur souhaite que «le blogueur soit assimilé au directeur de la publication d'un journal», et pour cela communique à ses lecteur, ses nom, prénoms, adresse, et numéro de téléphone*.

Cette proposition, si elle aboutit un jour, traduit évidemment une volonté de censurer le web, et plus précisément la prise de parole par les citoyens ordinaires.
Je ne suis pas un chaud partisan de l'anonymat en général, mais il est évident qu'il existe bien des cas où il est indispensable, pour permettre aux gens de s'exprimer. On a vu des employeurs licencier des blogueurs ou des blogueuses à cause du contenu de leurs billets, on connaît des cas de personnes habitant un village, dont les proches ont eu à souffrir de sarcasmes et de médisance en raison de leur activité sur internet.

Attaquer l'anonymat du blogueur sur le web traduit d'autre part une évidente hypocrisie, puisque le prestataire du service de blogs, comme le fournisseur d'accès internet, connaissent les coordonnées du blogueur. Quiconque se prétend diffamé peut demander réparation en justice avec l'assurance de se retrouver au tribunal en présence d'une personne en chair et en os, et non devant un fantôme insaisissable de corbeau.

Un citoyen ordinaire, s'il tient des propos d'humeur, ou rapporte des événements sous une forme qui s'apparente de loin au journalisme, n'est cependant pas une entreprise de presse. Il ne dispose pas d'un siège, de bureaux, où peuvent être domiciliés les responsables de la publication. C'est donc l'adresse de son domicile et son téléphone privé que l'on voudrait l'obliger à divulguer en même temps que son nom. Les sénateurs, les députés, les ministres, sont-ils tenus de faire figurer ces mêmes informations sur tous les documents publics, à la portée des citoyens mécontents d'eux? On voit bien à cette exigence sournoise qu'il s'agit ni plus ni moins d'intimider les citoyens. «Taisez-vous! Votre avis ne se partage pas! »

Cela faisait longtemps que couvait dans la société française une mésentente profonde avec le personnel politique, sinon un divorce. L'épanouissement d'internet est venu à point pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de louer ou critiquer les politiques, selon leur appréciation de la vie publique. Croit-on qu'en bâillonnant les citoyens ont apaisera leur ressentiment envers ceux qui s'arrogent le pouvoir de décider de tout sans contestation possible?

Cette loi n'est pas encore votée, heureusement, mais la volonté de faire taire les esprits insoumis est déjà à l'œuvre. Mon ami Rimbus vient d'en faire les frais, sommé par un avocat de supprimer toute allusion à un certain personnage, cité par l'un de ses billets, dans le contexte de l'affaire Karachi…

Un journal dispose d'avocats conseils capables de déceler si telle ou telle phrase d'un article est de nature diffamatoire, ou si au contraire, il est possible d'affronter un plaignant devant la justice avec de bonnes chances de l'emporter. Un blogueur, non. Un blogueur, c'est vous, c'est moi, c'est le voisin, la voisine…, presque toujours désarmé lorsque l'on brandit la loi au dessus de sa tête.
Vous me direz: il faut bien qu'un sénateur montre de temps à autre qu'il existe, et essaie de faire croire à son utilité.
*sources: Mediapart

P-S Je viens de découvrir sur ce même sujet
un billet d'Éric, à lire! Mathieu donne de bons conseils à un jeune enseignant

mardi 18 mai 2010

De Christian Bruel : Le risque ou dormir

Je transmets aujourd'hui à mes lecteurs un appel de Christian Bruel, directeur et fondateur des éditions Être:

Le risque ou dormir
C’était l’anagramme de mon ancienne maison d’édition
Le Sourire qui mord

Invité à débattre sur le thème « Résister, à quel prix ? » lors de la journée professionnelle organisée le 7 mai 2010 par la Fête du Livre de Villeurbanne, j’ai d’emblée, à la demande de Gérard Picot qui venait de l’apprendre, annoncé publiquement l’arrêt prochain des éditions Être.

Éditer depuis plus de trente-cinq ans, sans capital, des albums jeunesse singuliers plutôt exigeants a toujours relevé de l’aventure. Et sans le soutien attentif de nombre des partenaires de la chaîne du livre, les lois du marché auraient eu raison plus tôt de cet équilibrisme.

En des temps qui ne sont faciles que pour quelques nantis, qu’un léger fléchissement de la vigilance professionnelle puisse nous être fatal a pourtant suscité l’émotion. J’ai été très touché, sur place et depuis, par les nombreux encouragements à tenir et par l’engagement de ceux qui ne pouvaient se résoudre à ce que la présence de nos livres dans le paysage éditorial aux côtés des lecteurs jeunes et moins jeunes, ne soit pas assurée. Que faire ?

Je ne peux que vous inciter, les uns et les autres, à vous précipiter dans vos librairies préférées pour vous procurer les albums d’Être éditions pendant qu’il en est encore temps. Si une vague d’achats ne garantit peut-être pas la poursuite de l’activité, elle assurera un destin à des livres qui considèrent les enfants comme des lecteurs à part entière méritant des points de vue non altérés sur le monde. Qu’ils puissent encore, ces albums, susciter de libres interprétations et la résistance à l’ordre des choses, je nous le souhaite. Et nous le devons aussi aux créateurs qui ont partagé le risque de ces aventures littéraires et humaines.

« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience » écrit René Char.

Je vous remercie de la vôtre.
Et je n’ai pas sommeil…

Christian Bruel
10 mai 2010
contact@etre-editions.com

Rejoignez le groupe de soutien à Christian Bruel sur facebook :
http://www.facebook.com/group.php?gid=120683554618391&v=wall
Être éditions
56, rue Ramus
75020 Paris
www.etre-editions.com

mercredi 5 mai 2010

Journée d'action pour défendre l'art et la culture

Demain 6 mai, sera une journée nationale de grève et d'action pour défendre l'art et la culture. Dans le prolongement des actions du 29 mars, une manifestation débutera à 14h30 qui se rendra du Cirque d'Hiver au Centre Pompidou… Les organisateurs appellent non seulement les artistes et tous les acteurs de l'action culturelle à les rejoindre, mais aussi les personnes attachées à la poursuite d'une politique culturelle de qualité.

En tête des évolutions que dénoncent les organisateurs de cette journée, on trouve le retrait de compétence des régions et départements en matière d'art et de culture. Prévu par la réforme des collectivités territoriales, il mettra notamment en péril l'organisation de nombreux festivals à travers le pays. Cette réforme est à rapprocher de la suppression de la taxe professionnelle qui, appauvrissant brutalement les départements, aura de lourdes répercussions sur la vie culturelle. Je me suis déjà fait l'écho ici à deux reprises des effets des transferts de charges non compensées par l'état sur les budgets locaux, à propos du Salon de littérature de la jeunesse en Seine-Saint-Denis…

On trouvera sur FaceBook le détail de cette journée d'action, je me contenterai d'y relever encore le quatrième point des menaces qui pèsent chez nous sur la culture. Il s'agit du Conseil de la création artistique, que préside Nicolas Sarkozy, président de la république, et digne héritier de l'honnête homme des lumières. Ce conseil, animé par M. Karmitz, est appelé à «exercer les prérogatives de la création artistique du ministère de la Culture», disent les signataires de l'appel. On voit donc naître un nouvel instrument de contrôle échappant aux règles normales de fonctionnement de l'état…

Il se trouve que sur le portail du gouvernement, on peut prendre connaissance de «dix projets pour la démocratisation de la culture» dévoilés par ce Conseil de la création artistique. On y trouve en 6e position l'intention de «Permettre l'accès de tous à l'art contemporain». Il y est écrit: «Frédéric Mitterrand et Marin Karmitz souhaitent aller à la rencontre des publics pour leur permettre d'accéder aux oeuvres du 20e siècle. Pour ce faire, ils ont demandé le soutien des élus locaux et des relais associatifs et éducatifs»

Tiens donc! Non seulement les collectivités locales seront privées de ressources et de la possibilité d'aider comme elles le souhaiteraient les activités culturelles de leur région, mais on leur dictera ce qu'elles doivent soutenir avec les trois sous qui leur resteront?
Le 6 mai, c'est demain. Manifestation à Paris et dans les grandes villes de province (détails par ici)

P-S: Epamin' est tellement en rogne, qu'elle a rédigé un billet presque politique! Rencontre à La Comète entre Corinne Lepage et des bloggeurs, elle est pour une 6e république… Lundi, Hypos revenait sur le 1er Mai et la responsabilité syndicale… Si vous aimez le théâtre et que vous êtes Parisien, il vous reste très peu de temps pour suivre les conseils avisés de Martine!

lundi 3 mai 2010

APPEL à la SOLIDARITE envers le BLOGUEUR «FANSOLO»

JOURNEE MONDIALE pour la LIBERTE de la PRESSE

APPEL à la SOLIDARITE envers le BLOGUEUR «FANSOLO»

«Il y a quelques mois, vous êtes environ 500 à avoir signé la pétition de soutien à Antoine Bardet, dit «Fansolo». (voir la pétition ici )
Ce blogueur était poursuivi par Serge Grouard, maire d’Orléans, pour avoir écrit, quelques semaines avant la campagne des municipales 2008, un blog internet humoristique à son sujet.
(Vous pouvez en consulter la copie hébergée par Reporters Sans Frontières ici )

Fansolo a été condamné une première fois le 8 octobre 2008, en référé, et l’Appel intervenu le 22 mars 2010 a confirmé et renforcé ce jugement, considérant que Fansolo avait «dénigré» Serge Grouard. Pour la première fois, donc, à notre connaissance, un humoriste est condamné pour dénigrement d’un homme politique. Jusqu’ici, seules des marques, des sociétés commerciales, pouvaient être «dénigrées».

Compte tenu du contenu insignifiant du blog incriminé, nous sommes vraiment inquiets pour la liberté d’expression. Les conséquences directes de cette affaire sont disproportionnées :
Fansolo a été contraint de changer de travail, de déménager avec sa famille dans une autre région, d’assumer plus de 13 000 € de frais de défense. Il est à présent condamné, suite aux deux jugements, à verser près de 16 000 € (seuls 10 000 devraient réellement lui être réclamés du fait que les publications payantes dans la presse ne devraient pas être effectuées).
Un premier appel à la solidarité, en 2008/2009, avait permis de récolter 55 dons (par Paypal et par chèque), nous permettant de verser à Fansolo un soutien financier de 3 692 €.
Ce soutien lui a été très utile pour gérer une partie de ses frais d’avocats, mais cela ne suffit pas, bien sûr.

Si, comme nous, vous êtes choqués par la démesure de cette affaire, n’hésitez pas, et apportez-lui votre soutien en envoyant un don qui permettra d’alléger les sommes dues.


Vous pouvez :

1/ adresser un chèque à l'association qui héberge un compte ouvert spécialement pour l'occasion :
La Lettre d'Arthur - Solidarité
6 boulevard de Québec
45000 ORLEANS
(Le chèque est à faire à l'ordre de "La Lettre d'Arthur - Solidarité").

2/ effectuer un don directement «en ligne» par le service sécurisé PAYPAL,
en cliquant sur le lien à gauche, dans le menu de ce site.

Un point est publié régulièrement ici :
http://www.lesamisdefansolo.com/relev_de_comptes/
Merci beaucoup d’avance de votre soutien !»

vendredi 16 avril 2010

L'Appel du numérique s'élargit

Dans le prolongement de l'Appel du numérique, lancé par le Groupement des auteurs de bande dessinée, onze organisations d'auteurs réagissent à leur tour contre la politique numérique qui se prépare chez les éditeurs. La Charte, l'Union des Écrivains, Cose Calcre, SELF, SNAC, SCAM, EAT, ATLF, UGS, UNPI, SAIF, considèrent que le sujet dépasse le seul cadre de la BD, et s'y rallient en l'élargissant à tous les auteurs du livre. Un texte est proposé à la signature de ceux qui voudront bien soutenir cette démarche. Il débute ainsi:

«Les écrivains et illustrateurs de livres reprennent à leur compte et soutiennent la pétition des auteurs de Bande Dessinée
La "révolution numérique" du livre se passe ici et maintenant, à marche forcée, et sans les auteurs»…


P-S, sur ce sujet on pourra lire avec profit les réflexions de Thierry Crouzet, que cet appel a laissé sceptique. Pour ma part, comme nous sommes tous dans le noir, auteurs, lecteurs —et même éditeurs—, je me rallie sans hésiter au combat des organisations professionnelles. Nous avons durement conquis dans le passé de frêles droits: ici comme ailleurs dans la société, il n'est pas question de nous laisser dépouiller.

mardi 30 mars 2010

La lecture des jeunes en péril dans le 9-3

Parlons un peu du neuf-trois… Cette façon de désigner les départements de je ne sais plus quelle couronne parisienne, reflète bien l'appauvrissement de la langue engendré par le triomphe de la culture banlieusarde. Autrefois, le plouc avait le cul terreux, ou bien il se prenait pour un bourgeois et sentait la naphtaline, il était provincial. Aujourd'hui, qu'il porte ou non casquette à l'envers, il sait à peine lire, ou du moins frôle l'évanouissement s'il est obligé de déchiffrer plus de trois phrases enchaînées, sujet, verbe, complément. Il appelle l'endroit où il vit, mettons la Seine-Saint-Denis, le neuf-trois. Seine-Saint-Denis, ça a pourtant une autre gueule!

J'ai commencé ce billet par ces considérations certainement oiseuses aux yeux de beaucoup, parce que je veux parler de culture et de thune. Deux choses qui occupent de la place sur internet, mais chacune dans son ghetto, le plus souvent. Et pourtant, n'en déplaise aux internautes, du neuf-trois jusqu'au neuf-sept-quatre, sans argent pas, ou peu, de culture —même en Seine-Saint-Denis où le Conseil général va sabrer dans les subventions à la lecture publique.

D'habitude, quand la culture a des ennuis c'est plutôt du fait de la droite; aussi ai-je eu un doute sur le positionnement de cette assemblée que je ne connaissais pas. Une visite de son site officiel a dissipé mes incertitudes: le Conseil de Seine-Saint-Denis est à gauche… Président: Claude Bartolone, figure importante du PS, et député de la 6e circonscription. Une tomate d'or mou au passage, pour son cumul des mandats. L'assemblée compte 13 communistes, 17 socialistes, et 10 UMP…

Tout ce beau monde, en proie sans doute aux mêmes affres budgétaires que tous les conseils généraux de France par ces temps de crise, a décidé de mettre au régime son soutien à la lecture, dont tant de ses jeunes administrés ont pourtant besoin (voir au début). L'Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis a rendu public un communiqué qui expose l'étendue des dégâts projetés par un budget dont le vote aura lieu le 8 avril.

Le Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, une des manifestations littéraires pour la jeunesse les plus importantes en Europe, subirait une amputation mettant en péril toutes les actions auprès de l'enfance associées à cet événement.
Livres au trésor, un centre de ressources sur le livre de jeunesse qui anime le réseau des bibliothèques, perdrait la totalité de sa subvention. Ce qui entraînerait la disparition d'un acteur présent dans le département depuis 20 ans.
L'Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis enregistrerait une baisse de 20% des subventions…

Vous pouvez soutenir «l'Appel: le pouvoir des livres» en le faisant connaître, ou en signant la lettre ouverte au Président du Conseil Général, ou encore, si vous habitez ce département, en signant le Manifeste 93…

P-S: je n'avais pas encore fait de pub pour le concours de billets d'amour organisé par See Mee, mais puisqu'il est question aujourd'hui de lecture, c'est l'occasion de vous inviter à lire les finalistes…
Le blog de Rimbus a fêté ses trois ans, bon anniversaire! Hermes a été au SarkoCircus… Arf ajoute une quatrième page à ses Caractères… Je ne sais plus sur quelle lettre planche encore l'Académie, mais Epamin' en est au R…

samedi 23 janvier 2010

Soutien à des illustrateurs en lutte

L'école des Arts Déco de Strasbourg, et plus précisément l'Option Communication qui en fait partie sont bien connus de tous ceux qui s'intéressent à la littérature pour la jeunesse. Le nom d'Option Communication, un peu barbare pour les profanes, recouvre trois ateliers dont celui d'Illustration. Ce dernier, le plus ancien de l'établissement, a été fondé et dirigé par Claude Lapointe plus de 30 ans durant.

Sous son impulsion, cet atelier a formé des générations de graphistes, d'illustrateurs, et participé au rayonnement international de l'école de Strasbourg. On peut lire sur Wikipedia l'appréciation suivante: «L'atelier Illustration, le plus réputé de l'école, est l'atelier de l'apprentissage des techniques de l'image illustrative (accompagnant un référent textuel la plupart du temps) et de la bande dessinée. L'enseignement est autant, voire plus axé sur la réception (lisibilité, clarté...) que sur les techniques de dessin.»

Aujourd'hui, l'existence de l'atelier est menacée par la volonté du directeur de l'établissement.
«Prétextant un changement de statut de l'école ainsi que les prochaines réformes nationales des diplômes d'art, le directeur Otto Teichert entend réduire à une portion congrue les effectifs d'étudiants et professeurs chargés de cours, ce qui ne pourra que précipiter l'Option dans l'abîme, et au-delà, fragiliser toute l'école.»
Cette phrase est extraite de la pétition lancée par les étudiants pour s'opposer à une disparition programmée.

L'association de la Charte des auteurs pour la jeunesse, qui compte dans ses rangs bon nombre d'illustrateurs passés par l'atelier, leur a apporté son soutien, de même que de nombreuses personnes, auteurs, journalistes, illustrateurs, graphistes, enseignants, parents… Je me joins à eux ce soir et vous invite à signer cette pétition.

On pourra suivre de plus près cette affaire et trouver davantage de détails sur le blog ouvert par les étudiants: J'aime mon ESAD

Pétition : Pétition de soutien : je dis non à la destruction de l'ESAD de Strasbourg

lundi 21 décembre 2009

SOS prisons

Aujourd'hui débutait dans Le Monde une campagne de l'Observatoire International des Prisons destinée à recueillir des dons et à sensibiliser l'opinion publique sur le scandale des prisons en France. Comme vous sans doute, je ne connaissais rien, ou presque, de l'OIP, à part quelques échos entendus à la radio ou lus dans la presse. Et puis, j'ai appris un peu plus de choses sur cette organisation, dont la réputation de sérieux est telle, qu'elle a fini par apparaître comme une agence de presse spécialisée dans la prison…

L'Observatoire International des Prisons fonctionne selon trois principes:
1— une information précise, recoupée, factuelle.
2— tout ramener au droit.
3— combattre pour le droit au respect de la dignité des personnes détenues.

Au départ, l'OIP se proposait de mobiliser les gens afin d'inciter à la réforme des prisons… Si l'amélioration des conditions de détention n'était pas son but premier, au fil du temps, cette préoccupation a pris cependant de l'importance —il est à noter qu'au sein de l'association, ceux qui sont opposés à l'emprisonnement sont minoritaires. Dans la documentation que j'ai pu consulter, il est dit notamment que «l'OIP organise une permanence juridique pour que chaque prisonnier reçoive une réponse à toute question sur ses droits, ses conditions de détention, ses besoins concrets».

L'association regroupe 630 membres, juristes et psychologues pour la plupart, payant une cotisation de 50 euros.
Le calcul n'est pas compliqué: on comprend que le besoin d'argent est pressant !

C'est la raison de l'appel aux dons lancé aujourd'hui par l'OIP, provocateur sans doute, mais cependant remarquable de sobre efficacité.

«Si ça peut vous aider à donner, dites-vous que cet homme est un chien.»

source OIP, via Mickael
Faire un don sur oip.org


mercredi 30 septembre 2009

Tranche de budget tartinée de Polanski, pour un appel à l'aide.

Vu le peu de temps dont je disposais ce soir pour rédiger un billet, et l'actualité folichonne de ce jour, j'ai hésité un bref instant à écrire pour rien. La grande affaire aujourd'hui, c'est le budget. Évoquer un budget, que ce soit le mien ou celui de la France, me plonge dans un état d'apathie d'où je tomberais vite en catalepsie. Une autre fois peut-être, quand plus personne n'en parlera, histoire de dire le contraire des autres…

Il y aurait bien aussi la tentative de notre pays d'influencer une députée Suédoise à propos de la loi Hadopi. J'en ai entendu parler pour la première fois lundi dernier, et Rue 89 a repris l'info hier. En Suède, où l'on ne badine pas avec l'indépendance des élus, cette démarche fait très mauvais effet: on y sent comme un parfum de corruption. Le but recherché était semble-t-il d'obtenir l'appui de la députée en question lors de l'examen du «paquet Télécom» par le Parlement européen. Cette dame, très écoutée en matière d'économie numérique, pourrait à cette occasion faire grand mal par ricochet à la loi Hadopi, chère à Nicolas Sarkozy. Autant dire que le risque est très élevé que l'Europe rende Hadopi nulle et non avenue…

Néanmoins, je n'ai ni le désir ni le temps, de réfléchir à la question. Que faire, traiter de Roman Polanski à mon tour? J'ai joué le sujet à pile ou face: pile je soutenais M. Polanski en exigeant que la France boycotte le Gruyère Suisse jusqu'à sa libération, face je recherchais sur internet toutes les condamnations pour viol ou abus de mineures de 13 ans de ces dernières années… Pas le temps, c'est évident, et puis la pièce est tombée en équilibre sur la tranche! Comment me débrouiller avec ça? Je ne vois qu'une solution: demander à Frédéric Mitterrand de se constituer prisonnier à la place de Roman Polanski, et de prier les Suisses de l'extrader aux USA.

Sinon, il y a tout de même une chose dont j'ai envie de dire quelques mots: Olivier Bonnet, journaliste blogueur qui a déjà fait l'objet de l'un de mes billets, est poursuivi par un magistrat pour injures publiques sur son blog. Un procès, un avocat, coûtent cher, et Olivier Bonnet n'a pas les moyens financiers à la hauteur de l'enjeu. Soutenu par un ancien gendarme, Michel Roussel, qui a dû faire face à la même situation, il lance aujourd'hui un appel pour recueillir des dons. C'est à lire sur Plume de presse

P-S Le-goût-des-autres fait concurrence à PMÂ avec un billet-bistro sympa…

lundi 31 août 2009

Pétition internationale contre les bonus

Sur Facebook, le groupe «International petition against bonuses / Pétition contre les bonus» a lancé le 11 août une pétition.
À ce jour, elle a recueilli les signatures d'environ 3000 personnes. Ce n'est pas assez, bien que cela commence tout de même à faire du bruit. Ainsi, le PSE va lancer à son tour une campagne contre les bonus à l'échelle européenne.
Si vous ne connaissez pas encore cette pétition, voici le texte de sa version Française:

«PETITION INTERNATIONALE CONTRE LES BONUS
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Les grands dirigeants du monde prétendent ne rien pouvoir faire dans leur pays contre le retour des énormes bonus versés aux traders des banques….au motif que l’action doit être internationale.

Alors, il faut les prendre au mot ! Avant le prochain G20 qui se tiendra fin septembre à Pittsburgh, les citoyens de toute la planète doivent se mobiliser, pour exiger des décisions mondiales effectives, concernant le fonctionnement des réseaux de la finance internationale.
Ils doivent montrer qu’ils ne résignent pas à voir leurs dirigeants abdiquer devant ce système fou et devant les ravages économiques et sociaux qu’il engendre.

C’est pourquoi nous vous proposons de signer la pétition internationale suivante :
« Nous citoyens de différents pays du monde, exigeons des dirigeants de la planète qu’ils décident, lors du prochain G20, des mesures immédiates et efficaces pour limiter partout les bonus des traders dans les organismes financiers, soit en limitant leur rémunération variable, en pourcentage de leur rémunération fixe, soit en plafonnant ces bonus. »

N'hésitez pas à la signer et à la faire signer par vos amis! Cela passe par ici…

vendredi 31 juillet 2009

Karachi: les familles de victimes ont besoin de notre soutien!

Les familles de victimes de l'attentat de Karachi ont mis en ligne une pétition destinée à rappeler à Nicolas Sarkozy son engagement à tout mettre en œuvre pour que la vérité soit faite sur cette affaire.
N'hésitons pas à les soutenir avec notre signature!

La pétition:

NON AU MEPRIS DU CHEF DE L’ETAT A L’EGARD DES
FAMILLES DES VICTIMES DE L’ATTENTAT DE KARACHI !

En Avril 2008, l’ensemble des familles de victimes de l’attentat du 8 Mai 2002 à Karachi était reçu, par Le Président Nicolas SARKOZY alors qu’une instruction était en cours au Tribunal de Grande Instance de Paris depuis plusieurs années.

Il s’était alors engagé à nous informer des avancées de l’enquête et à nous recevoir chaque année pour nous assurer de la volonté de l’Etat français que toute la vérité et la lumière soient faites sur cet acte criminel odieux.

A la suite des révélations parues dans plusieurs grands quotidiens nationaux courant décembre 2008, nous avons souhaité être à nouveau reçu par le Président de la République à l’Elysée comme il s’y était engagé.

Le 20 Janvier 2009, Le Chef de l’Etat nous fit savoir de manière stupéfiante, par l’un de ses plus proches conseillers, qu’il ne pouvait faire droit à cette demande puisqu’« en application du principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, le chef de l’Etat ne peut intervenir dans le cours d’une procédure judiciaire ».

C’est à se demander si ces mêmes principes n’étaient pas présents à l’esprit du Chef de l’Etat lorsqu’il nous avait reçus en Avril 2008.

Face à notre incompréhension, nous avons réitéré notre demande d’être reçu par le Chef de l’Etat le 8 mai 2009, cette requête est restée sans réponse à ce jour et pour cause….

En effet, le 18 Juin 2009, lors de notre rencontre à Cherbourg avec les Juges d’Instruction en charge de l’information, ceux-ci nous informaient notamment du fait que le mobile de l’attentat pouvait être lié à l’arrêt du versement de commissions du fait de l’existence de rétrocommissions illicites en relation avec la vente de sous-marins au Pakistan. Cette décision de ne plus honorer la parole de la France ayant été prise sous la Présidence de Monsieur Jacques Chirac.

Le lendemain, soit le 19 Juin 2009, Le Président Nicolas Sarkozy déclarait en réponse à une question d’un journaliste de l’AFP : « C’est ridicule […] C’est grotesque […] Qui peut croire à une fable pareille ? ».

Nous demandons instamment au Chef de l’Etat de tenir ses engagements à notre égard et de nous recevoir afin qu’il réitère la volonté solennelle de l’Etat français que rien ne viendra s’opposer à la recherche de la vérité et que le crime de nos proches ne restera pas impuni.

Soutenez nous en signant la pétition.