dimanche 30 novembre 2008

Ma semaine sans Sara Palin

Que raconter, par ce dimanche peu propice à inspirer un billet? Résumer mon actualité de la semaine écoulée, par exemple, telle du moins, que je l'ai bafouillée sur ce blog, pour quelques centaines de visiteurs, parmi lesquels il doit bien se trouver une ou deux pincées de lecteurs. Lundi dernier, j'ai joué de la tronçonneuse jusqu'au soir, où j'ai loué le retour de la fée électricité dans mon domicile. Pas un seul instant de ce jour là, je l'affirme, je n'ai pensé à Sara Palin. Vous vous demandez ce que cette dame vient faire ici? Ne vous bilez pas, c'est une expérience de mot-clef, comme j'en ai vu chez certains blogueurs : je viens de lire sur Politico, via Mediapart, que la candidate malheureuse à la vice-présidence des USA, fait exploser les moteurs de recherche sur internet… J'aurais très bien pu me demander ce jour-là si Sara Palin se rendait compte de la situation à Claviers, Var, France? Eh bien, je ne l'ai pas fait.
Mardi, aïe! J'ai attendu le résultat des élections au PS et mes espoirs ont été déçus. Tout comme le Mercredi. Avec le stoïcisme d'un bûcheron endurant sa sciatique, Mardi et Mercredi, je me suis efforcé d'atteindre un état d'esprit permettant de dominer la douleur de la défaite. L'heure n'était plus à bouffer de l'Aubry ou du Hamon, j'ai enterré ma hache de guerre. D'ailleurs, n'étant que sympathisant, je crois qu'il me revient de ne pas envenimer les querelles du PS.
Jeudi, frappé par le bon sens des milliardaires du monde entier qui se promettent de rompre avec leurs maîtresses ou amants par mesure d'économie, j'ai avancé ici l'idée que nous pourrions, français, nous débarrasser de notre très coûteux président. En période de crise, son côté dépensier compulsif et son addiction au luxe me paraissent en effet déplacés, mais bon…
Vendredi, ah, Vendredi! Avec un brin de fierté, je note que j'ai été parmi les premiers à constater que le jugement rendu dans l'affaire de la poupée vaudou, représentait davantage un échec qu'un succès pour le vindicatif M. Sarkozy.
Et puis, je me suis penché à ma manière sur la préconisation de je ne sais quelle commission d'emprisonner les délinquants mineurs à partir de 12 ans. Du Figaro au Nouvel Obs, j'ai constaté qu'une proportion étonnante de la population semble trouver cela normal. J'en ai tiré la conclusion, anticipant un peu sur les capacités de notre société fraternelle, qu'un jour radieux viendra où l'on pourra enfermer dès la naissance la graine de racaille.
Samedi, j'ai fait mon Lundi! Oui, oui, j'ai anticipé la journée mondiale de lutte contre le sida… Par les temps de crise qui courent, j'ai estimé que deux jours d'avance ne seraient pas de trop pour lubrifier les esprits et les articulations mises en jeu dans la saisie d'un porte monnaie ou d'un carnet de chèque. Avec le tsunami de dèche qui déferle sur le monde, la générosité va en prendre un coup, à commencer par celle des états. Il n'y a pas que nous pour venir en aide et soigner les malades du sida, mais il y a SURTOUT nous. Allons, ne fermons pas nos coeurs!
Aujourd'hui c'était Dimanche, j'ai fini.

PS: Martine nous invite aujourd'hui à découvrir un site de photos, superbe, bouleversant.

samedi 29 novembre 2008

Lundi : Journée mondiale contre le sida

Les associations caritatives s'inquiètent des effets de la crise sur la générosité habituelle des français. On les comprend, d'autant que lassitude et agacement tendent parfois à s'installer dans les esprits, devant la multiplication et la récurrence des sollicitations. J'ai entendu plusieurs fois, tirée de l'oubli, l'ancienne boutade : «c'est au gouvernement de payer pour les malheureux, on fera la quête pour la bombe atomique!». Et c'est vrai que dans une société bien faite, aux ressources néanmoins limitées, l'argent public devrait servir en priorité à la solidarité… Personnellement, je serais d'avis que le train de vie du Président et de son gouvernement dépende de la générosité nationale, exprimée au cours d'une sorte de "civithon"'. Outre que cela dégagerait des sommes appréciables à des fins humanitaires, nous aurions ainsi l'occasion démocratique de traiter nos élus selon notre degré de satisfaction. Ah! le plaisir de glisser un vieux bouton de culotte dans le tronc réservé à M. Sarkozy!
Il s'agit malheureusement, et pour longtemps encore, d'une chimère. Alors qu'aujourd'hui, là, tout de suite, des gens souffrent et meurent, quand les états font mal leur travail —c'est du moins mon opinion. Ces gens attendent notre aide, parce que les difficultés que nous connaissons à cause de la crise sont encore plus dures pour eux.
Lundi 1er décembre sera la journée mondiale de lutte contre le sida.
À travers le monde, 33 millions d'être humains sont séropositifs et parmi eux, 30 millions de personnes n'ont pas accès à un traitement. Un scandale!
Nous pouvons tous, ou presque tous, faire un geste, un don à la mesure de nos moyens.
C'est pour cela que je reproduis ci-dessous l'appel de l'association AIDES :
(cliquez sur l'article pour l'afficher dans une autre fenêtre)




PS: en complément à mon billet d'hier sur la délinquance juvénile, Tulipe m'a communiqué le lien d'un excellent article du "Monde diplomatique" que je vous propose de lire.

vendredi 28 novembre 2008

Rapport sur l'extinction de la délinquance enfantine.

Mesdames, Messieurs,
Considérant la montuosité ininterrompue de la courbe de criminalité enfantine, tout au long du XXIe siècle… Pour la petite histoire, songez qu'en 2008 déjà, la garde des seaux de l'époque, en butte au laxisme des magistrats à l'égard des vauriens de lait, avait fait dit-on une grossesse nerveuse! Donc, je disais mesdames et messieurs…, qu'est-ce que je disais…
Une voix du public : —Ça monte !
L'orateur : — Vous dites ?
La voix : — La criminalité enfantine monte toujours!
L'orateur : — Ah, voilà! Donc, il a plu à notre bien-aimé Président à vie de confier à la commission que je préside le soin de mettre au point un drastique susceptible d'en finir avec cette plaie. Cette plaie que…, cette plaie qui…
Une autre voix : —Monte?
L'orateur, pincé : —Qui s'étend ! Car tandis que la courbe rouge s'élève, inexorable, sur les graphiques de papier, le mal rampe, il s'étale dans nos villes, nos banlieues, nos…
La première voix : —Et vous avez trouvé?
L'orateur : —Je vous demande pardon?
L'autre voix, s'en mêlant : — Le drastique, vous l'avez ?
L'orateur, se rengorgeant : —Oui ! Cette fois, mesdames et messieurs, nous tenons le remède définitif, grâce au professeur Un, ici présent, en qualité de membre éminent de la commission que je préside, dûment mandaté par notre bien-aimé…
Une voix non identifiée (ni la première ni l'autre): —Quel Un…, le teratologue?
L'orateur : —Non, le second, Frédéric.
Un, assis à la gauche de l'orateur, intervenant : —Hem, si vous me permettez : Guillaume est le benjamin, le numéro un des Un, c'est moi.
L'orateur : —Merci de cette précision, cher ami. Comme je vous le disais, cette chose…, ce mal…, enfin, ces sales mômes qui viennent jusque dans nos bras égorger nos filles et nos compagnes…
Toute la salle se lève.
L'orateur : —Je vous en prie, ce n'était qu'une image!
L'autre voix : —Non, la Marseillaise.
L'orateur : —Il me semblait aussi… (petit rire) Une influence littéraire, veuillez m'excuser. Ainsi, grâce au test génétique mis au point par Frédéric Un, je suis en mesure de vous annoncer, mesdames et messieurs, que nous sommes désormais capables d'identifier les délinquants à la naissance!
Brouhaha dans la salle, l'orateur, face radieuse, attend le retour du calme, puis reprend: —Notre bien-aimé Président à vie m'a assuré qu'une loi serait votée sous peu, instituant le délit de recel génétique de dispositions à la délinquance. À la suite de quoi il sera créé sur l'ensemble du territoire des pouponnières carcérales où seront détenus les nouveaux nés reconnus inaptes à la vie en société.
La salle se tait.

Sur l'emprisonnement des mineurs : Le Monde, j'ai lu aussi Mathieu qui publie un billet de réflexion sur les blogs et les blogueurs.

Vous offrez quoi pour Noël?

Nicolas Sarkozy vient d'essuyer un quasi-échec dans l'affaire de la poupée vaudou. Si l'on appartient au troupeau de ses dévots, on préfèrera plutôt parler de victoire, mais ce sera alors un quart de succès, à peine plus large qu'un ruban de paquet-cadeau. Aux dimensions exactes du bandeau faisant état de la réprobation énoncée par le tribunal, car la cour juge «que l'incitation du lecteur à piquer […] constitue une atteinte à la dignité de la personne de M. Sarkozy». À condition de porter à la connaissance du public cette condamnation, la vente du jouet farceur reste cependant autorisée…
L'avocat du président avait notamment justifié l'appel à la censure par l'affirmation que M. Sarkozy «n'est pas au-dessus des lois, mais il n'a pas à être au-dessous des lois. Il entend être traité comme tout le monde, ni mieux, ni moins bien qu'un autre». Allégation dépourvue de pudeur et forte en cynisme, puisque l'une des principales tares de notre constitution est précisément que le président est irresponsable et ne peut pas être traité comme tout le monde, ni par les élus du peuple ni par la justice.
Je me garderai d'émettre un avis sur l'intérêt ou la qualité d'un jouet que je n'ai pas vu, mais il me semble bien parti pour faire un tabac sous les sapins de Noël…

jeudi 27 novembre 2008

Et si on renonçait au bling-bling?

De même qu'il n'y a pas de monstre aux yeux de sa propre mère, je suppose qu'au regard d'un arpenteur en opinion publique, il n'y a pas de sots sondages: il n'y a que de sottes gens… Sot moi-même, j'avoue être resté bouche bée devant une étude des conséquences marginales de la crise financière, rapportée par Le Monde. Je n'en citerai qu'un seul chiffre, laissant au Monde ce qui lui appartient : 80% des multimillionnaires s'apprêtent à réduire les dépenses en faveur de leurs maîtresses ou amants, voire à les plaquer. Je suis resté rêveur un moment sur les détails de cette enquête, avant de m'abandonner sottement à l'illusion que j'étais, moi aussi, un pauvre multimillionnaire frappé par la crise. Oh! entendons-nous bien : je ne suis pas à proprement parler multimillionnaire, non, non! Du moins, pas à moi tout seul, mais associé aux soixante trois millions d'autres français…
Nous devrions, nous aussi, envisager d'urgence de réduire nos dépenses inutiles. Celle qui me vient personnellement à l'esprit sur le champ, c'est le train de vie de la plus dispendieuse de nos danseuses. Ah! je vois à votre œil qui s'allume que vous avez deviné de qui il s'agit. M. Sarkozy bien sûr, sa flotte d'aéroplanes, ses voitures, son personnel pléthorique, ses émoluments trop élevés, ses montres, ses costumes de grands faiseurs pour une si petite personne. Sans oublier ses chaussures qui, par caprice, nécessitent à pointures égales, davantage de matière première que celles d'un citoyen ordinaire.
Si tous les français partageaient mon avis, nous devrions même songer à rompre carrément notre liaison avec lui. Evidemment, je vois déjà pointer l'objection que ce serait bien cruel de le mettre du jour au lendemain à la rue, chassé de la bonbonnière où nous l'avons installé, l'Élysée. C'est exact, et moi-même, d'un naturel sensible, j'avoue avoir le cœur un peu serré à cette idée. Il existe cependant des solutions très humaines, ainsi celle de lui rechercher une famille d'accueil. Notre parlement pourrait voter le texte d'une petite annonce à passer sur eBay. Comme à la Samaritaine naguère, on trouve tout sur internet, même des bébés! Nos élus rédigeraient une présentation alléchante, insistant sur la joie de vivre de notre Nicolas, sa vitalité. Il serait bien entendu préférable de passer sous silence qu'il est colérique et souvent mal élevé… Sur eBay, on le sait, ce sont les enchères qui fonctionnent le mieux, en particulier lorsque la mise à prix est fixée assez bas. Nous pourrions débuter à 1 euro, et qui sait si, la fièvre de "la bonne affaire" s'emparant des enchérisseurs, nous ne trouverions pas un milliardaire chinois pour lâcher à la fin le montant du déficit de la sécu?
Vous trouvez que mettre sa danseuse aux enchères, au vu et su du monde entier, manque de dignité? Alors il y a une autre solution : habillons notre petit Nicolas de culottes courtes et confions à M. Fillon le soin d'aller l'abandonner au Nebraska. Il suffira de lui épingler une étiquette au revers de sa doudoune polaire précisant qu'il a quatorze ans et demi. Là-bas, jusqu'à 17 ans, ils gardent les enfants abandonnés et s'occupent d'eux très bien. Nicolas Sarkozy, qui adore le pays des cow-boys, sera très content, il ne dira pas son âge véritable. Ce serait un mensonge, dites-vous? Ah, oui! Si vous êtes contre un petit mensonge de rien du tout, alors je ne vois pas de solution. D'autant qu'à bien y réfléchir, même en nous mettant à soixante trois millions de français, nous ne ferons jamais un multimillionnaire, ou alors multimillionnaire en dettes, vu que nos caisses sont archi-vides…
Mais vous me décevez. C'est toujours la même histoire: quand les vrais riches savent qu'un sou c'est un sou et s'imposent des économies, les fauchés, eux, continuent de jeter l'argent par les fenêtres!

mercredi 26 novembre 2008

Vite dit

Encore un jour sans vrai billet, trop de choses à remettre en ordre de marche. Le seul sujet qui me viendrait aisément, en si peu de temps, serait celui de la tempête subie par ma région, qui, à vrai dire n'intéresse personne en dehors de la population concernée. Il paraît que la télé n'a même pas jugé utile d'en parler, pensez! Aucun mort, ou alors au lit, de crise cardiaque, et peut-être même pas… Juste des quartiers dévastés, des villages aux rues jonchées de gravats, des toitures emportées, des arbres par centaines devenus énormément encombrants, à débiter, évacuer… Du pain sur la planche pour un bon moment.
Quant à la tempête au parti socialiste, on a sonné la fin de l'alerte.
Ouf, dit Marc Vasseur, une fois le rideau enfin baissé sur le combat des reines. Rassemblement! souhaite Nicolas, qui ronchonne contre les commentateurs encore empoissés de ressentiments. Trublyonne prend acte froidement du sacre de Mme Aubry, CC, sur Bah!, cherche l'opposition, Abadinte appelle à l'union…
Je n'ai pas eu le temps de parcourir tous les blogs que je fréquente, mais les carnetistes proches du parti socialistes, qui s'étaient enflammés ces temps derniers, paraissent, peu à peu, remis de leur gueule de bois. Il est temps de se tourner vers d'autres préoccupations, et en tout cas de mettre un terme aux querelles de la famille socialiste.

mardi 25 novembre 2008

En attendant Margolène Robry

Ne plus suivre que distraitement l'actualité du PS, parce que le séisme de cette mauvaise élection avait moins d'importance que la colère des éléments naturels à ma porte, m'a épargné les affres des passions partisanes. Aujourd'hui seulement, comme on découvre au petit jour l'étendue des dommages, je m'aperçois que le parti socialiste est dévasté. L'image donnée par sa direction actuelle achève de réduire en poussière le peu de crédit que l'on pouvait lui accorder, les militants sont déchirés, le pays médusé. J'ai entendu qu'un sondage faisait mettre par l'opinion publique son grain de sel sur la plaie ouverte. Les gens donneraient tort à Ségolène Royal… Qui a bien pu avoir l'idée de consulter l'opinion publique à propos d'une situation aussi embrouillée? Conformiste à vomir, l'opinion publique est une dépouille dont ces scientifiques du dimanche que sont les sondeurs tirent à peu près ce qu'ils veulent. Un cadavre de la démocratie. Demain un autre institut, pour autre média, lui arrachera peut-être l'avis contraire. Et le PS ne sera pas plus avancé.
Si je comprends bien, mis à part les aubryens frénétiques et les ségolénistes ulcérés, une bonne partie des militants —et des sympathisants— souhaiterait sortir de cet embrouillamini par le haut, en recomposant l'appareil dirigeant avec de nouvelles têtes. Ce serait sans doute le moment où s'imposerait une révolution interne, mais le petit peuple socialiste révolté est éparpillé à travers la France, et dans la Bastille à prendre, rue de Solférino, sont retranchés des gens résolus à défendre leur influence et leurs intérêts personnels. Seuls, ils tiennent pour le moment l'exorbitant pouvoir de peser le juste et l'injuste. Je n'aimerais pas être à leur place et avoir à valider un résultat électoral entaché d'irrégularités.
Pour un parti de gauche, porteur en principe des valeurs de justice, de fraternité, l'expression de la volonté des militants me paraît plus qu'ailleurs encore appeler le respect. Une élection en son sein, comme la femme de César, doit être insoupçonnable. Un doute, une malversation, seraient inexcusables ; des doutes, des malversations, réduiraient à néant le sens d'un scrutin. Plus que jamais, il me semble que se fait sentir le besoin d'un renouvellement complet du PS et que ses
règles soient réformées assez profondément pour que demain, de nouveaux blocages ne puissent apparaître.

PS. Nicolas donne le résultat! Gaël nous parle des SDF du bois de Vincenne. Sur la situation au PS j'ai lu deux bons billets de La Pire Racaille, et celui de M. Poireau vaut le déplacement, comme d'habitude.