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lundi 4 juillet 2011

Vous avez dit DSK ?

Vouloir faire un billet politique aujourd'hui sans parler encore et toujours de DSK relèverait de l'exploit. Je n'essaierai même pas. Alors parlons de DSK… Il y a deux versants à son histoire : le premier et le second comme aurait pu dire J-P Raffarin. Le premier concerne l'éventuel retour du grand blessé dans les affaires du PS. Je suis comme une majorité de Français, cela ne m'emballe pas du tout. Déjà, si rien de fâcheux ne s'était produit à New-York, et dans l'hypothèse probable où il serait sorti vainqueur des primaires, je n'aurais voté pour lui qu'en traînant des pieds sur le chemin du piège à cons.

Dominique Strauss-Kahn, quels que soient ses mérites intellectuels, incarnait à la perfection la devise de tous les présidents de la Ve sans exception : le changement dans la continuité. Changement d'étiquette, continuité du pouvoir solitaire, de la perversion monarchique. Il y aurait eu le programme du PS, bien sûr, mais seulement ce qu'il en aurait retenu. Très peu pour moi, mon idéal raisonnable se réfugierait plutôt dans la candidature d'Arnaud Montebourg et de ce qu'elle porte d'espérance démocratique. D'autre part, on aura beau laver son honneur des soupçons odieux qui l'entachaient, DSK gardera désormais le handicap d'une image de dominant insatiable. De ceux qui se permettent trop de licence à l'abri de leur argent, de leur puissance. Qu'on le veuille ou non, le voici politiquement fragilisé jusqu'à ce que la cervelle d'oiseau de l'électeur français, miséricordieuse aux politiques, ait oublié.

Le second versant de l'histoire dévale sur le complot. Jusqu'à présent, la vue des intrigues envisageables manque un peu de netteté. Des gens se passent l'info de l'arrestation de DSK par la voie hiérarchique de la réception du Sofitel à la chambre de Sarkozy : rien d'extraordinaire. Ce qui aurait été extraordinaire, c'est que l'on me téléphone à moi de New-Yord pour m'avertir. Mais il ne faut pas s'impatienter, il doit y avoir moyen de faire mieux. 

On finira bien par retrouver l'hôtel secret de la DGSE en Guinée, où Nefissatou Diallo a suivi dès 2004 un entraînement intensif en prévision de sa mission. On dénouera un à un les fils de cette terrible machination depuis l'émigration aux USA de la terroriste, et son placement au Sofitel par les services.

À moins qu'il n'apparaissent finalement que c'était encore un coup de Ben Laden, programmé bien avant sa mort, afin de décapiter à la fois le Fonds Monétaire des Infidèles et ce chien de Sarkozy,  dans un coup de billard magistral : la réputation de DSK ruinée, Al-Qaida faisant en sorte que les mensonges sa bonne-suicide jette le soupçon sur l'Élysée… La thèse du complot est romanesque, riche d'infinies possibilités, sans compter qu'il est toujours possible que Nicolas Sarkozy soit réellement impliqué : cherche à qui profite le crime.

mercredi 22 juin 2011

L'UMP contre la démocratie

L'UMP a peur des primaires socialistes, l'UMP a peur de la démocratie. Que les tentatives de sabotage du parti de Sarkozy échouent, et vous imaginez l'allure qu'ils auront, ces godillots marchant au scrutin sous les ordres du président candidat auto-désigné ? Tout est bon aux Coppé, Guéant, et autres Juppé pour essayer d'empêcher les français sympathisants du PS de choisir librement leur champion. 

La peur de l'exemple : à ma gauche un homme ou une femme portant réellement les espérances des citoyens qui l'auront préféré(e) à plusieurs autres, à ma droite un bout d'autocrate dont personne n'aurait voulu dans sa propre famille politique, s'il n'avait le pouvoir de s'imposer.  D'un côté la naissance de nouvelles pratiques, proches des gens, de l'autre la continuité des mœurs claniques, la sclérose d'une autorité détestable. 

Alors l'UMP sort les arguments les plus bas : on va ficher les sympathisants, repérer les opposants en recoupant les listes d'émargement. C'est faux, le PS a pris des mesures strictes, des engagements clairs. Il fallait que ce soit dans notre vieille France, croupissoir de la démocratie confisquée, qu'un parti veuille empêcher les citoyens de faire de la politique autrement. Aux États Unis, les primaires sont la règle dans tous les partis depuis fort longtemps… Qui a jamais entendu les Républicains accuser les Démocrates de ficher les électeurs, ou l'inverse ?

Comme les accusations mensongères pourraient être insuffisantes à décourager du vote des Français lassés de souffrir de sarkozychia coli, le pouvoir multiplie les obstacles à l'organisation des primaires. Des préfets, des maires (comme Juppé, maire de Bordeaux) refusent de communiquer les listes électorales ou de prêter des salles publiques au PS…

Pour tout savoir sur l'organisation des primaires consultez les pages du site suivant :
Les primaires citoyennes, c'est vous qui décidez !
La carte des villes et régions qui bloquent…

mardi 21 juin 2011

Delanoë ne soutiendra pas Robespierre

Au petit matin, deux ou trois sujets de billets me sont venus à l'esprit, inspirés par les premières informations entendues à la radio, confirmées de demi-heure en demi-heure, jusqu'à ce que j'en ai marre. D'autant que le moment était venu de prendre un mini-bus pour aller récupérer à la ville ma voiture tombée en panne hier, une fois de plus. Encore une infime paille dans l'électronique qui paralyse tout : de la poussière sous le capot, une couleuvre dans l'échappement, une ampoule grillée quelque part… Ma prochaine voiture, si prochaine il y a, sera néo-rustique. Je veux des bougies, un carburateur, une manivelle, et la satisfaction d'avoir contribué à foutre au moins un concepteur d'électronique embarquée au chômage. Maudits soient-ils tous, d'ailleurs ! Et pendant que j'y suis, les fonctionnaires de certaines institutions publiques aussi, ces caricatures évadées des pages du Château sans emporter la moindre trace de l'humour de K. avec leur brosse à dents.

Ce matin, je me suis frotté à l'une d'elles qui m'a demandé de fournir un acte de naissance intégral d'une personne décédée que je n'ai jamais vu de ma vie et qui m'est étrangère. Comme je lui demandais conseil sur la manière dont je pourrais m'y prendre pour la satisfaire, elle m'a répondu, souveraine : «nul n'est sensé ignorer la loi» —aucun rapport avec mon problème. L'alpha et l'oméga des obscurs du pouvoir pour assommer les importuns. 

Pourtant, il était encore tôt, j'étais seul devant son comptoir de merde, elle aurait pu se fendre d'un tuyau quant à la meilleure façon de contourner honorablement la loi en pareil cas, précisément. Parce que le plus marrant, c'est que cette pintade ignore la loi, figurez-vous. Moi aussi, mais je me suis informé sur internet depuis : entre autres précisions, il me faudrait connaître les noms des parents de la personne en question pour avoir le droit d'obtenir un acte intégral. Autant dire que ce n'est pas pour tout de suite. (Vous avez relevé je suppose mes contradictions : maudits soient les électroniciens en début de billet, par ici internet dix lignes plus bas… M'en fiche, je maintiens !)

Et voilà comment mes idées de billet ont commencé à s'évaporer doucement ; passer la moitié de la journée dans les bouchons de la côte a fait le reste. Je crois bien qu'à un moment, j'ai entendu Saint Bertrand Delanoë expliquer pourquoi il soutiendrait Martine Aubry aux primaires seulement la semaine prochaine. Moi, je ne sais pas encore. B. Delanoë a aussi délayé dans la lavasse verbale le refus de baptiser une rue de Paris du nom de Robespierre, exprimé au Conseil municipal par Anne Hidalgo. S'il y a pourtant un révolutionnaire qui mériterait cet honneur de la capitale, c'est bien Robespierre ! Le résumer à la Terreur, dont il ne cautionnait pas les excès, est un peu court. Danton aussi corrompu que brillant politique a eu cet honneur de longue date : notre république doit être plus à l'aise dans la corruption qu'avec les valeurs de sa devise «Liberté, égalité, fraternité» incarnées par Robespierre.

P-S : Bon Anniversaire à Fucking disgrace, et pour la Fête de la musique, je vous invite à découvrir le blog de l'ami Orlando de Rudder, si vous ne le connaissez pas encore (il est dans ma blogroll). Chez lui, c'est souvent décoiffant, et j'aime bien le lire. Même si je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'il écrit, en particulier sur l'écologie.

vendredi 10 juin 2011

PSA, la main dans l'urne

Comme tout le monde, j'ai entendu beaucoup parler de cette note confidentielle de Peugeot divulguée par la CGT, qui envisage la fin de l'usine d'Aulnay-sous-Bois. Les accusations et les démentis pleuvent. C'est vrai ou c'est faux ? Allez savoir ! Du moins, la menace de fermeture est du domaine du possible. 

Des gens qui semblent informés en matière d'industrie automobile énoncent des choses troublantes. Ainsi M. Loubet (voir son interview sur le site L'usine Nouvelle), rapporte que «de tout temps, on a dit qu'il y avait une usine de trop» dans l'organisation de PSA. Il semble surtout que le fonctionnement des usines d'aujourd'hui en «plate-formes» accentue le risque de chômage pour leurs ouvriers dans le monde tel qu'il est devenu. Telle usine, comme celle d'Aulnay, produit un type unique de voiture. Quand le modèle et ses déclinaisons passent définitivement de mode et que la production s'arrête, vient le moment où il faudrait relancer la machine avec une nouvelle voiture. C'est là qu'il peut être décidé de fermer l'usine, pour un tas de raisons patronales que la raison commune ne connaît pas.

Il se pourrait que dans cette affaire, les parties soutiennent deux vérités : PSA en disant que rien n'est décidé, et la CGT en montrant document à l'appui que la chose a été bel et bien envisagée. Le but de la centrale syndicale pourrait être de forcer préventivement la main des décideurs de PSA, afin qu'ils s'engagent dès maintenant à produire un autre modèle sur le site dès la fin programmée de la C3.

Pour ma part, ce ne sont pas ces problèmes économiques et industriels trop complexes qui ont attiré mon attention. Je suis frappé par l'époque qui était retenue dans la note confidentielle de PSA pour annoncer la fermeture de l'usine d'Aulnay : «au deuxième semestre 2012» afin de tenir compte du « calendrier électoral français »…

En d'autres termes, les dirigeants de PSA votent à droite —on s'en serait douté certes, mais il est intéressant de les prendre en flagrant délit. Bien entendu, comme ces gens là ne sont pas stupides, ils auront soins d'arroser quelque peu aussi la gauche de leurs dons officiels afin que celle-ci soit tout de même leur obligée, si elle parvient au pouvoir.

Espérons que ce sera effectivement le cas, et qu'une fois aux commandes du pays, cette gauche se souviendra de mordre la main qui lui aura donné un susucre.
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P-S: Et pendant ce temps là, Mtislav délire sur la démographie, tandis que  Christophe égrène ses textes —j'en ai lu plusieurs en douce, mais j'ai du retard… Et vous ? Monsieur Poireau passe à table, ce qui n'étonnera personne, mais en mauvaise compagnie : c'est plus surprenant.

lundi 16 mai 2011

Et maintenant ?

Les citoyens ordinaires n'ont jamais eu à définir les règles de la vie politique. Leurs élus s'en chargent, généralement inspirés par la loi qui leur importe le plus, celle de la jungle. C'est elle qui scelle le sort politique de DSK, et non le jugement incertain à terme des citoyens français sur l'affaire.

Il ne sert à rien de se gargariser avec la présomption d'innocence : imaginez à quelle sauce aurait été accommodé celle-ci dans le cas où Nicolas Sarkozy aurait été à la place de Dominique Strauss-Kahn. Le moment venu, la droite ne manquera pas de tirer parti de l'énorme scandale, d'ailleurs elle le fait déjà.

Innocent comme je le souhaiterais, ou coupable tel que le met en scène l'enquête implacable de la police new-yorkaise, DSK n'est plus crédible pour emporter une majorité de suffrages à la présidentielle. Même s'il était blanchi demain par la divulgation d'un complot, il resterait gravement fragilisé par l'étalage d'une personnalité pour le moins complexe auquel on assiste.

Il devient important que débute un processus de primaires où l'hypothèque DSK serait levée définitivement. Qu'on le reconnaisse ou non (et c'est plutôt non, bien sûr), cet homme tenait de facto le rôle de champion de l'opposition, sa chute l'ébranle toute entière. Il devient tout aussi important que l'opposition dans son ensemble se donne les moyens d'atteindre le but désiré par tous ceux qui se reconnaissent en elle : en finir avec le sarkozysme.

vendredi 13 mai 2011

Quand je roulais en Rolls

J'avais dans le temps un ami Libanais qui habitait la région parisienne. Il possédait une Rolls noire d'un modèle ancien qu'il avait achetée pour satisfaire un vieux fantasme. C'était sa passion, tout son fric passait dans l'entretien du beau monstre. Un jour, il m'a fait faire un tour dans Paris. J'ai même téléphoné aux anges avec le téléphone factice qui décorait l'espace arrière où je me prélassais comme un schah.

J'aurais très bien pu la conduire, sa Rolls-Royce je ne sais quoi, cet ami n'était pas un pignouf : il ne me manquait que le permis. Oui, j'ai passé très tard le permis de conduire, pour sauver l'honneur de ma famille provinciale obligée de cacher aux voisins qu'à vingt ans passés, je n'avais pas encore ce diplôme essentiel entre tous. En tout cas, vous imaginez le ramdam dans la presse, si j'avais été candidat à la présidentielle. Ah ! j'allais oublier de préciser qu'en ces temps lointains j'avais la carte du parti communiste.

À la même époque, j'étais aussi le fier propriétaire d'un costume sur mesure. Mes grands-parents ouvriers, du fin fond de l'Aveyron, s'inquiétaient de me savoir parti à la conquête de Paris sans cette pièce indispensable dans la garde-robe d'un jeune homme d'avenir. Ils avaient donc écrit à un neveu marchand de drap à Montmartre, le priant de remédier à cette lacune et de leur envoyer la facture. Le neveu (et par conséquent mon petit-cousin), m'invita à choisir un tissu parmi les coupons de sa boutique, puis il me prit par le bras et m'emmena chez son tailleur, au coin de la rue. Je l'ai encore, ce costard, impeccable, de la belle ouvrage ! Comme j'ai pas mal maigri ces dernières années, il m'arrive même de le porter dans les grandes occasions, depuis que les costumes devenus inutiles ont disparu de ma penderie. Peut-être qu'on me l'enfilera pour le dernier tour de voiture noire.

Toutes choses égales d'ailleurs, un costume sur mesures pour un jeune coco qui aime parader en bagnole de luxe, avouez que c'était louche ! Que n'aurait pas écrit France Soir, le meilleur canard pour garnir le fond de poubelle quand le sac a craqué, si j'avais été candidat à la présidentielle contre Pompidou !

Bon, où voulais-je en venir ? Aux accusations contre DSK, pardi ! La droite et ses roquets essaient de rendre à la gauche la monnaie de sa pièce contre Sarkozy, dont on connaît les multiples écarts de moralité républicaine. L'ennui, c'est qu'il me semble légitime de montrer quelques faiblesses vis à vis de belles choses que l'on s'offre dans le cadre de la vie privée, sans porter préjudice au bien public.

Il en va autrement lorsqu'une fois parvenu au pouvoir, on accepte les largesses de gros industriels et financiers dont les activités dépendent en partie de l'état. De même il est particulièrement choquant de voir un président mener un train de nabab avec l'argent public. Nicolas Sarkozy est dans ce cas, ce qui change tout.

mardi 10 mai 2011

Le 10 mai le plus beau

Melclalex demande : «Et vous ce 10 mai 1981 vécu ou non quel est votre avis sur ce jour entré dans l'histoire de France ?»

Comme la question m'est posée et que j'étais déjà né en ce jour de gloire, je vais essayer de répondre.

Depuis la débâcle de la gauche aux législatives tournant la page de Mai 68, treize ans plus tard, en 81, mon enthousiasme militant avait du plomb dans l'aile. La victoire à la présidentielle nous était déjà passée sous le nez à plusieurs reprises, il y avait de quoi désespérer. Et pourtant, c'était plus fort que nous : à la maison, nous nous mettions à rêver de succès à chaque échéance du mandat présidentiel. C'est long un septennat de droite, on a envie de croire aux miracles.

Aussi, quand le nom de François Mitterrand s'est inscrit sur notre écran, au soir du 10 mai 1981, nous avons sauté de joie. La tête défaite de Jean-Pierre Elkabbach annonçant le résultat était à elle seule un plaisir, tant il avait fini par symboliser une télévision aux ordres de la droite… Notre petit village de la côte n'était pas d'humeur aux réjouissances, c'est donc chez nous, scotchés devant le téléviseur jusqu'à la fin des programmes, que nous avons fêté l'événement, buvant les images de la liesse populaire comme le champagne que nous n'avions pas.

L'ivresse des foules —celle des jeunes surtout, dont nous étions encore—, l'émotion des gens âgés qui versaient parfois des larmes de bonheur sur un triomphe de la gauche attendu pendant toute une vie, faisaient de cette nuit une grande nuit de l'Histoire.

Cela dépassait largement le personnage de notre héros, François Mitterrand. Du reste, j'ai toujours regretté ce je ne sais quoi de constipé qu'il afficha dans ces moments bouleversants, déjà happé sans doute par la majesté de sa future fonction. Mais c'est une autre histoire ; l'important, ce fut le bonheur d'une nuit du peuple de gauche, le témoignage d'estime et de gratitude qu'il offrait à son champion. C'était comme si François Mitterrand recevait un mandat supplémentaire, un mandat d'espérance.


mercredi 27 avril 2011

Primaires : Hollande perd pour un mauvais choix de pneumatiques


Ce soir, j'ai une nouvelle chaîne à me mettre sous la dent. Une bonne, longuement mitonnée par Dedalus, et que Nicolas a déjà fait revenir. Ils ont imaginé le scénario des primaires du PS aboutissant à la désignation d'un candidat officiel des plus crédibles. Leurs démonstrations marchent comme des mouvements d'horlogerie bisontine (oui, du tic-tac un peu toc à la française, pas de l'artisanat suisse : on parle de démocratie, faut quand même pas déconner !), j'en suis impressionné. Ils pourraient bien avoir raison, les bougres, mais je ne vous dirai pas quel nom est sorti de leurs cogitations, puisque je dois produire ici mon propre scénario.

Et là, je retombe illico dans l'ennui que m'inspire la liste des candidats déclarés ou supposés au titre de Miss PS. Quoique décidé à voter sans état d'âme pour l'élu(e) du concours —à moins qu'Éva Joly ne triomphe aux primaires vertes, ce qui changerait tout—, apprécier leurs mensurations républicaines, soupeser les chances de chacun(e), prédire quelle tête recevra la couronne, me semble vain. De toute façon, ce sera justement une couronne, si tout se passe bien, un blanc-seing pour régner, ce dont la plupart des français ont marre.

Il se trouve que les chances des leaders socialistes en lice sont inversement proportionnelles à leurs charmes démocratiques, hélas. Ségolène Royal aurait bien fait l'affaire de notre peuple, pour peu qu'elle s'engageât à rabougrir la présidence aux strictes limites constitutionnelles. Soit la réduire à un rôle d'arbitrage, ce qui aurait eu comme avantage supplémentaire de rendre sans objet les polémiques sur son envergure présidentielle.

Arnaud Montebourg, semble avoir compris l'urgence de changer de mœurs politiques et de république en même temps : il serait aussi pas mal. Cependant, il ne pourra compter sur les soutiens de Ségolène et paraît encore trop jeune politique pour bénéficier de réseaux éprouvés au sein du PS.

Martine Aubry, c'est du sérieux, du socialisme conventionnel… Si j'ai bien compris, sa fonction de première secrétaire est un handicap pour mener la campagne interne qu'il faudrait en temps voulu. Pourtant, elle aurait sans doute les moyens de mettre tout le monde d'accord et de rafler un titre qu'elle n'ose pas ouvertement convoiter.

Restent, parmi les beautés sérieuses, François Hollande et Dominique Strauss-Kahn, MM. bonnet blanc et blanc bonnet. Au départ, je n'aurais pas misé un rond sur le premier malgré les qualités intellectuelles qu'on lui prête. Voyez mon flair et la finesse de mes analyses : il est aujourd'hui en passe de détrôner DSK dans la ferveur médiatique, reléguant ce dernier dans un rôle d'arlésienne qui pourrait lui devenir fatal.

C'est pourquoi je vous livre mon scénario avec confiance, mais modestie :
nous avons Hollande qui tente une échappée, l'animal a de l'avance, mais les porteurs de bidons de DSK —Cambadelis, Le Guen—, l'ont immédiatement pris en chasse. Ils ne devraient pas tarder à le ramener dans le peloton. C'est à ce moment que Ségolène et Montebourg démarreront à la faveur d'un changement de pneumatiques des équipes adverses. On sait que le choix de la bonne gomme peut devenir déterminant en quelques circonstances, mais pas celles-ci : DSK et Hollande seront lâchés, ça leur apprendra. Martine Aubry, toutefois, demeurée en selle sur son vélo d'appareil à pneus demi-ballon, se lancera écumante de rage à la poursuite de Sego. Vous voyez le tableau : en définitive, tout va se jouer au sprint sur la ligne d'arrivée entre ces trois là. Mon marc de café ayant entre-temps perdu ses vertus, je ne suis pas en mesure de donner le nom du vainqueur, ni le résultat du contrôle antidopage.

Et pour prendre la suite, je tague : Seb Musset, Louise, Homer, Isabelle, Captainhaka, CC, Hermes, Solveig, Romain

Photos piquées chez Dedalus.

mercredi 30 mars 2011

Demain, le PS et les médias

Le survol de la presse en ligne, ce matin, avant d'attaquer en chantant une nouvelle journée exaltante, m'offre un avant-goût de la future politique du PS en matière médiatique. Libération.fr expose les grandes lignes de son projet, si la gauche l'emporte en 2012. Une nouvelle loi lessiverait alors toutes les mesures imposées par Sarkozy dans sa reprise en main de l'audiovisuel. Exit les nominations des présidents dans la salle à manger de l'Élysée, plafonnement à 30% de la part d'audience concédée aux groupes privés, démocratisation des conseils d'administration des télé et radio publiques, etc.

C'est très encourageant, on aurait envie d'applaudir sans un détail qui retient les mains… Il ne sera pas question de mettre un terme au viol de l'opinion publique par les patrons d'affaires propriétaires de télés ou de journaux. On continuera à fermer les yeux sur les relations incestueuses entre l'argent et l'information.

Peut-être est-il impossible d'envisager des bouleversements plus profonds ? On voit bien que l'état de la presse écrite ne lui permet pas de tourner le dos à des bailleurs de fonds solides. Il n'empêche que ce serait l'une des premières mesures à prendre pour moraliser les mœurs médiatiques et favoriser la liberté de l'information.

P-S : M. Poireau médite sur le sport, ce matin —enfin, je crois… Yann observe le grand cirque électoral… La fin du monde a commencé à Bicêtre

lundi 21 mars 2011

Je resterai à la maison dimanche


Tout bien considéré, je vais faire moi aussi un petit billet sur les cantonales, parce que je ne voterai pas dimanche prochain. Dans le département, comme il était à prévoir, l'UMP et le Front National font quasiment le même score : 27,77 % l'une, 27,54% l'autre. L'abstention bat le record précédent : 57,42%.*

Bref, le Var renforce son image de bronze-cul ultra-réactionnaire. La force du vote de droite m'étonne pourtant chaque fois, car enfin, ce département est loin d'être exclusivement peuplé de vrais riches et de retraités florissants, j'ai même l'impression qu'il abrite une majorité de gens des classes moyennes et laborieuses. Dans le passé, c'était une terre rouge, et j'ai encore connu sur la côte des vignerons communistes dont l'aisance dialectique m'étonnait, rapprochée de la rusticité des paysans aveyronnais de mon enfance. Mais c'est déjà une vieille histoire, bientôt une légende du train où vont les choses.

Donc, la droite est impériale par ici, et le Front National avance. Sauf dans un petit canton gaulois de l'arrière pays où j'ai le plaisir de vivre, celui de Callas. Imaginez-vous que nous résistons si bien que nous nous sommes offert le luxe d'élire notre Conseiller général au premier tour avec 52,51% des voix, le seul du département. Et quel Conseiller ! Pierre-Yves Collombat, l'unique grand élu de la gauche varoise puisqu'il est également sénateur socialiste.

Peut-être vaudrait-il mieux ne pas trop se réjouir quand même, car dans le même temps, le Front National a obtenu chez nous 23,82% des suffrages, contre 9,15% au candidat de l'UMP/Nouveau Centre… Quoi qu'il en soit, je resterai chez moi dimanche, et j'en suis fier.

*les chiffres cités sont ceux de Var Matin
P-S : je ne résiste pas au plaisir de vous recommander la magistrale leçon de Realpolitik pour les nuls de Dedalus.

lundi 21 février 2011

La pétition à ne pas signer

Michel Vauzelle lance une pétition que je ne signerai pas. Il s'agit rien moins que de demander au PS de renoncer le plus vite possible aux primaires, qu'il juge «dévastatrices». Son souhait est de retrouver la désignation d'un candidat à la présidentielle lors d'un «congrès extraordinaire […], comme cela s'est toujours fait au PS.»

C'est bien cela qui me chagrine, le retour qu'il préconise aux vieilles pratiques antidémocratiques —sans parler de toutes les magouilles qui polluent ces congrès. Je ne suis pas inscrit au PS, simplement un sympathisant écœuré par les mœurs d'appareil, le poids des notables, des feudataires indévissables.

Le vent de remise en question des méthodes autoritaires du passé qui s'était levé après la douteuse victoire de Martine Aubry en 2008, m'avait semblé porteur d'espoir. Las, M. Vauzelle veut me faire déchanter…

Il se trouvera bien un chevalier errant de quelque lustre, au PS, pour nous proposer une contre-pétition plus respectueuse du choix des militants, et des attentes du sympathisant de base ?

P-S : «L'homme qui tournait», à lire vite chez Christophe.

mardi 30 novembre 2010

Portez donc un sonotone® !

On reproche à Segolène Royal d'avoir annoncé sa candidature alors qu'elle avait déclaré sur France 5, je ne sais quand, qu'elle ne ferait «pas d'annonce intempestive avant» d'en avoir parlé à Martine Aubry. C'est le genre de reproche qui me fiche en pétard, parce qu'il est révélateur d'un esprit partisan grossier. Il suffisait d'écouter les propos de Ségolène Royal sur France Inter, ou leur transcription dans la presse pour savoir qu'elle avait dit : «Non seulement je l'ai consultée, mais j'ai consulté aussi Dominique Strauss-Kahn lorsque je l'ai vu le jeudi 18 novembre. Ça n'est pas une décision par surprise.»

J'ignore si les grincements à ce sujet, au sein du PS et chez ses sympathisants, viennent plutôt de tel ou tel camp, mais ils existent, en dépit de déclarations lénifiantes visant surtout à désamorcer l'impact de la déclaration de S. Royal. L'agacement est manifeste chez certains comme J. Lang, qui juge consternant que le PS soit «la proie d'ambitions purement personnelles» —venant de ce sac d'ambitions purement personnelles, il y a de quoi rire. Il doit être aussi à son comble mine de rien, chez les strauss-kahniens, encartés au PS comme simples admirateurs…

Les partisans de DSK, devraient pourtant cesser de déformer les propos de Royal s'ils espèrent que l'on essaiera éventuellement de soutenir un jour leur poulain. Ceci dans le cas où il condescendrait à se porter candidat aux primaires, à condition que le bon peuple de gauche se traîne à ses genoux en le suppliant —et où il gagnerait la partie. L'hypothèse est crédible puisque le bonhomme plaît aux libéraux et à la finance qui louent son intelligence, ce qui peut conduire n'importe quel simplet à se sentir grandi de faire un tel choix.

De toutes façons, Arnaud Montebourg avait ouvert le jeu en se déclarant candidat le premier, et si Hollande ou d'autres ne l'ont pas encore fait officiellement, leurs exercices d'échauffement occupent déjà les médias. Mme Royal prend sans doute le risque de s'exposer un peu tôt aux attaques des sarkozystes, mais elle évite du moins le piège de la marginalisation où l'on essayait de l'enfermer, au PS. Elle existera désormais davantage comme candidate à la candidature de poids, ce qui ne devrait pas tarder à faire enfin bouger les choses dans son parti.

Il devient urgent d'entendre davantage les leaders du PS sur ce qu'ils feraient une fois au pouvoir dans quelques domaines essentiels. Ainsi en est-il notamment de tout l'édifice social hérité du Conseil National de la Résistance, retraite, assurance chômage, sécurité sociale, que Nicolas Sarkozy veut mettre en pièces (si vous êtes abonné à Mediapart, il faut lire notamment un article de Laurent Mauduit à ce sujet, édifiant). DSK ne pourra pas faire l'économie de s'exprimer là-dessus s'il veut nos suffrages, et à priori, je fais davantage confiance à Ségolène Royal pour défendre ces acquis.

P-S : Rimbus a pris le maquis… Un Clin d'œil attend les amateurs de bal musette chez Christophe…

vendredi 24 septembre 2010

Embrouilles en coulisse ?


Pendant que Nicolas Sarkozy et son secrétariat exécutif font de la provocation en manipulant les résultats de la journée de mobilisation, il semblerait qu'au PS on fasse un peu la même chose dans un autre domaine. Ainsi, Claude Bartolone se serait dit persuadé «qu'il y aura comme candidature, ou celle de Dominique Strauss-Kahn ou celle de Martine Aubry». Par conséquent, il existerait une entente entre ces deux poids lourds du PS, afin de se débrouiller pour que les primaires ne soient qu'une formalité, et que le choix réel ait déjà été pris par l'appareil dirigeant. Les militants seraient une fois de plus filoutés, les sympathisants comme moi aussi. J'espère avoir mal compris, ou bien que la réaction des autres candidats potentiels et des militants empêchera cet arrangement entre amis…

Il vaudrait mieux avoir un autre choix demain qu'entre NS et DSK : autant choisir le pire, la Ve n'y survivrait peut-être pas. Ah ! si nous pouvions enfin entendre dans la bouche de l'un(e) ou l'autre des prétendants à la confiance des Français, la promesse d'une autre république! Quelqu'un qui s'engagerait à mettre au panier la Constitution trafiquée par N. Sarkozy…

Tenez, puisque nous parlons de Sarkozy: ne pourrait-on rappeler que ce truqueur, après s'être fait octroyer des pouvoirs exorbitants, s'est empressé de mettre au rancart les contreparties qu'il avait fait miroiter aux yeux du bon peuple ? Où est passé le référendum d'initiative parlementaire, qui aurait permis aux Français, via leurs députés, de s'opposer à la privatisation de La Poste, et surtout à la réforme des retraites? Où est passé la définition de la responsabilité du président ? Au lieu de ça, nous restons avec un irresponsable gouvernant en autocrate, soupçonné de délits qui pourraient le priver de toute légitimité (le Karachigate, le financement de sa campagne politique via les Bettencourt)…
Est-ce trop demander que d'espérer un vrai choix entre des candidats, des candidates, crédibles pour nettoyer les Écuries d'Augias?

samedi 4 septembre 2010

Encore un petit Woerth et un sucre pour la route

Ce soir, les turpitudes de la maison Sarkozy, si bien défendue celle-ci que l'on se demande s'il sera un jour possible d'avoir le cœur net sur les affaires Bett en courts, les turpitudes sarkoziesques me lassent. Il y a eu encore la lettre de remerciements de M. Maistre à Eric Woerth, il y aurait aussi cet article de la Tribune de Genève, qui explique que Mme Woerth occupait beaucoup plus souvent qu'elle ne le prétend un appartement dans un somptueux immeuble des résidences de Château-Banquet, au sein d'un «véritable fief des Bettencourt»…


Dans n'importe quel pays évolué, n'importe quel homme politique doté du minimum de pudeur que l'on peut en attendre, aurait déjà démissionné et se serait terré pour cacher son dépit de s'être fait prendre —parce qu'il serait naïf d'imaginer qu'il a honte. Nous ne sommes malheureusement pas n'importe quel pays, mais nous vivons dans une république dégradée par trois ans de sarkozysme qui ont porté à leur comble un détournement de toutes ses valeurs déjà bien entamées. Et dans ce pays où il est de tradition de s'agripper au pouvoir, car il n'existe pas de mort politique, on n'hésite pas à se gausser de la plus élémentaire justice avec impudence. Particulièrement sous le mandat de Nicolas Sarkozy.


Laissons ce soir MM. Sarkozy et Woerth à leur calamiteuse fin de règne, cependant, pour nous étonner de ce qui se passe ailleurs. Par exemple de l'argumentaire de Bertrand Delanoë, déployé pour justifier la combine permettant d'absoudre demain Jacques Chirac. «Je ne confonds pas justice et vengeance», dit-il ainsi, résumant sa pensée, sans vouloir reconnaître que c'est la perpétuation d'un système politique perverti qu'il cherche à protéger. Juger, condamner peut-être un ancien président serait un acte salutaire, non pour cette république que l'on aimerait achever au plus vite, mais pour l'hygiène de la vie publique.


Par exemple nous étonner aussi, de ce que Martine Aubry souhaite voir «recadrer» l'action Eva Joly par Europe Écologie. Elle lui reproche de critiquer la complaisance de M. Delanoë, précisément, et d'avoir rappelé qu'elle avait, du temps de ses fonctions de juge d'instruction au pôle financier, mis en examen Dominique Strauss Kahn. Ce sont pourtant des choses qu'un citoyen de gauche a le droit de connaître, et de ne pas oublier. Au PS aussi, il serait temps de nous préparer une autre république.






vendredi 14 mai 2010

Manuel Valls rêve de restaurer l'autorité du politique

Au moins, avec Manuel Valls, les choses sont claires: ricanant sur le concept de «société du bien-être», prôné par Martine Aubry, il souhaite pour sa part restaurer «l'idée d'une autorité politique, non pas répressive et contraignante», nous apprend Libération.

Les propos mêmes que les Français ne veulent plus entendre, et qui finiront par les pousser à sortir leurs auteurs de la vie politique. En tout cas, je l'espère…

N'en déplaise à M. Valls, il faut bel et bien restaurer l'ensemble de notre protection sociale, en reprenant l'argent où il se trouve, lorsque le coût est élevé. Il faut mettre fin au catéchisme de l'individualisme, et simultanément revoir de fond en comble les pratiques politiques de ce pays.
M. Valls estime que les valeurs de solidarité (ce qu'il raille en fait sous l'appellation de «société de soin») appartiennent en quelque sorte au passé. Il ne voit donc pas que ce qui appartient définitivement au passé, c'est justement l'idée «d'autorité politique» dont il appelle le retour de ses vœux.

L'autorité des politiques est perdue de toute considération aux yeux d'un nombre de gens impressionnant. C'est cela qui est sans retour. C'est avec cela que les politiques devront de plus en plus compter, et pactiser.

Ce qu'il faut inventer, c'est la démocratie, une démocratie viable, à bâtir avec d'autres gens que des leaders affamés de pouvoir et d'autorité.

mercredi 12 mai 2010

Le tort tue, mais DSK avance

Un commentaire de Nicolas, à la suite de mon billet d'hier sur la décadence d'EDF, m'a interpellé. Il semblait trouver qu'en accréditant l'idée fausse selon laquelle L. Jospin porterait la responsabilité du changement de statut de notre électricien national, on fait du tort à DSK. Ceci, bien entendu, dans la perspective de 2012, où Dominique Strauss-Kahn pourrait porter les couleurs du PS à la présidentielle. Je n'avais pas pensé à ce côté mauvais coup de billard en citant M. Jospin, et j'en suis resté troublé…

Au fond, est-ce que ça m'embarrasse de risquer de faire du tort à DSK par les billets de mon petit blog de rien? À priori non, car l'idée que je me fais du bonhomme ne m'incline pas à voter spontanément pour lui. Il est intelligent, certes, mais N. Sarkozy est loin d'être con de son côté, et ça ne me porte pas pour autant à l'apprécier. Il est brillant, oui, comme d'un métal de bon aloi, quand l'autre n'est que clinquant à séduire les niais, mais est-ce la première qualité que j'attends d'un président? En fait non, dans l'idéal peu me chaut qu'il brille ou pas, du moment que nous aurions un président castré —je parle de ses pouvoirs politiques, pas de ses gonades…

Et franchement, ce que je sais de DSK, ne me semble pas annoncer qu'il serait partant pour une présidence honorifique. Au contraire, mon sentiment est qu'il s'installerait avec délectation dans la fonction, telle que Nicolas Sarkozy l'a impudemment renforcée. Et l'espèce de cote d'amour dont il bénéficie auprès des bonnes gens de droite est très loin de plaider en sa faveur. Ils sentent bien qu'avec lui, ces gens de droite, on resterait bon an mal an entre gens qui peuvent s'entendre…

Néanmoins, s'il venait à se présenter un jour à nos suffrages, ce serait donc en candidat du Parti Socialiste pour commencer. Tout dépendrait alors, non pas tellement du programme du PS, mais du programme présidentiel… C'est là-dessus qu'il faudrait juger de l'homme: la place qu'il accorderait à cette idée vierge: la démocratie. L'engagement à laisser pourrir au fond des oubliettes où elle se trouve l'escroquerie du référendum sarkozyste ; l'engagement impérieux d'instaurer le référendum d'initiative populaire dans les premiers mois de son mandat ; l'engagement d'ouvrir grand les portes sur une société nouvelle. Le reste, tout ce qui est aussi essentiel, mais passera par des recettes cent fois resservies, ne me paraît pas un sujet d'inquiétude.
En conclusion, M. Strauss-Kahn n'est pas mon candidat rêvé, alors si je lui fais du tort…

P-S Dedalus publie le premier chapitre d'un livre électronique… Sur Piratages vous trouverez le dernier article consacré à la rencontre de Corinne Lepage avec des blogueurs…
Et j'arrête là mes liens de ce jour, pour éviter de faire griller mon ordinateur par l'orage qui gronde… Bonne soirée!

vendredi 23 avril 2010

L'après Sarkozy a-t-il commencé?




Nouvelle chute de Nicolas Sarkozy dans les sondages, avec 35 % d'opinions positives et 62 % de négatives. Il s'agit d'une enquête d'opinion Libération—Viavoice qui vient donc consolider l'impression que le désamour des Français à l'égard du président s'installe pour de bon.  Les commentateurs éprouvés semblent considérer que les gesticulations sécuritaires et la grosse astuce de la loi anti-burqa, destinées à rattraper par la queue les voix de droite n'y changeront rien. Tant mieux.

Bien entendu, M. Sarkozy continuera d'espérer jusqu'aux derniers mois l'embellie économique qui lui permettrait, grâce à son incontestable savoir-faire, de vendre un second mandat d'occasion aux électeurs. Pourtant, on se prend à croire que cela ne servirait à rien: c'est peut-être tout un style d'exercice du pouvoir que les Français vomissent. Les abus du président, régulièrement épinglés, sa vulgarité de langage, de culture, comme de comportement ont fini par le couper de tous ceux pour qui la vie publique ne se résume pas aux bonnes affaires.

On nous a seriné que son mode d'expression, direct et proche de celui de l'illettré lambda plaisait aux jeunes qui pouvaient s'identifier à lui.  Ou bien cette adhésion a été mal mesurée, une majorité de jeunes versant plutôt dans l'opposition, ou bien ces dits jeunes ont mûri dans la première moitié du mandat. Ils ont peut-être fini par se rendre compte que quelque chose cloche, quand le personnage sensé symboliser la République inspire de la gêne quand ce n'est pas de la honte.  Personnellement, je ne vois pas pourquoi Mme Alliot-Marie et tous ceux qui se découvrent devant le drapeau, autre symbole fort, sautent au plafond quand une photographie montre celui-ci maltraité, mais font preuve de complaisance devant l'avilissement de l'image présidentielle.

Ceci-dit, l'image présidentielle ne me semble importante que par rapport au régime politique sous lequel nous vivons. Et il me vient l'inquiétude que, dans l'effondrement accéléré de la cote de N. Sarkozy, l'opposition ne se sente pousser des ailes, et renonce à approfondir sa réflexion sur les changements à mettre en œuvre en cas de victoire. Plus précisément, je commence à craindre qu'il ne soit bientôt plus question que de savoir par qui l'on nous proposera de remplacer M. Sarkozy, de Mme Aubry, à Mme Royal, en passant par DSK, MM Peillon, Valls, ou je ne sais qui. Hisser simplement un(e) président(e) sur le pavois républicain n'est plus de saison.  Il y a un projet économique, fiscal, et social a définir d'urgence, mais il y a aussi quelques gages démocratiques à nous donner.

 

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mercredi 7 avril 2010

Martine casse la glace: sept ans de malheur

La maison Sarkozy s'efforce de victimiser le président dans l'espoir de voir celui-ci regagner un peu de popularité en suscitant la pitié des Français. L'intérêt médiatique se porte donc sur le prétendu complot qui serait à l'origine de rumeurs dont tout le monde se fiche. Et pendant que l'on parle de ces balivernes, on laisse de côté des débats d'une autre importance…

Ainsi en va-t-il par exemple, des récentes réflexions de Martine Aubry à propos du quinquennat, extrêmement choquantes. Dans le billet de samedi dernier je m'étais fait l'écho de l'entretien que Mme Aubry avait accordé à Mediapart. Elle y disait notamment: «Je pense qu'il est bien difficile de changer une société en étant élu pour cinq ans», ce qui résume sa pensée et le problème qu'elle pose.

Mediapart est revenu hier sur ce point qu'il qualifie avec raison de «perle de l'entretien», relevant que la première secrétaire du PS a reçu le soutien de Dominique de Villepin. «(…) je pense que le septennat donne la possibilité au président d'une plus grande respiration», dit notamment celui-ci. Pendant que le président respire, le peuple Français immanquablement soupire, quel que soit l'élu qui pose ses augustes fesses dans le fauteuil élyséen. Sous la Cinquième république, il n'y a pas un seul exemple de président qui n'ait à un moment quelconque joué du pouvoir en monarque.

Mediapart a demandé l'avis d'éminents constitutionnalistes: Olivier Duhamel, Guy Carcassonne, Dominique Rousseau. Aucun des trois ne témoigne la moindre indulgence vis à vis de la vision rétrograde et des mauvais arguments de Mme Aubry et M. de Villepin. On se reportera à l'article pour lire ce qu'ils ont à dire de ces velléités de révision d'une réforme approuvée du peuple Français par référendum.

Le citoyen ordinaire que je suis, ne peut que s'insurger devant le coup bas porté par Mme Aubry, mine de rien, à notre succédané de démocratie. Et il est urgent d'en tirer les leçons puisque le PS, parti dominant de l'opposition, s'apprête à débattre de son avenir et du nôtre. Plus qu'hier encore, il paraît nécessaire d'attirer l'attention de ceux qui vont forger les propositions de la prochaine campagne électorale sur le profond divorce entre les citoyens et le personnel politique.

Ce n'est pas d'ajouter du poids au président, déjà lourd à supporter, qui arrangera les choses. L'hystérie et les abus de la pratique du pouvoir actuel ne seraient nullement atténués par deux années supplémentaires, c'est dans la mentalité de Nicolas Sarkozy que gît le problème. Et ce n'est pas non plus parce qu'un(e) autre président(e) userait avec davantage de discrétion des pouvoirs qui lui sont accordés par la constitution qu'ils seraient moins excessifs.

S'ils ne sont pas capables de nous promettre l'avènement d'une Sixième République au président tenu en laisse par le Parlement, les socialistes devraient au minimum faire un pas vers la démocratie. Le peuple français a besoin d'exercer lui-même un contre-pouvoir pour reprendre confiance dans ses représentants. Pour cela, il n'y a d'envisageable que le référendum d'initiative populaire. S'engager solennellement à sa création, ce serait gagner des voix pour les socialistes. L'ignorer, c'est s'exposer à donner des voix à la droite, par représailles.

P-S à lire sur Piratage(s): De la vulgarité

samedi 3 avril 2010

Martine dessine la gauche

Mediapart publie une interview exclusive de Martine Aubry, interrogée sur la gauche qu'elle veut. De ce long article, ma lecture s'est surtout attachée à la page cinq, qui en constitue la fin. Avec un peu de mauvais esprit, je suis tenté d'y voir la cinquième roue de la charrette, ce que Mediapart et Martine Aubry appellent «la question démocratique».

Je ne doute pas que mes collègues blogueurs, proches du PS ou non, disséqueront les propos de Mme Aubry sur les quatre conventions socialistes qui plancheront sur de nouveaux modèles de société et de développement, sur l'égalité réelle, et la doctrine internationale. Mais je crois qu'ils se fichent pas mal de savoir si la cinquième roue sera bien gonflée ou non: à quelques détails près, tout le monde à l'air de trouver que nous sommes une démocratie.

Ce n'est pas mon cas, et c'est la raison pour laquelle je sens monter mon taux d'adrénaline quand je lis certains propos de Mme Aubry.
D'abord ceci: «Je crois pour ma part par exemple fortement au rôle des universités populaires et des grands débats de société. Il y a un besoin des gens de comprendre, de se saisir des débats publics»
On chercherait en vain dans le prolongement de ces paroles la promesse que ces universités, ces débats, puissent déboucher sur l'expression de la volonté des Français. Au moyen d'un instrument référendaire mis à leur disposition, par exemple…
«Je pense qu'il est bien difficile de changer une société en étant élu pour cinq ans».
On craint de comprendre ainsi qu'il est envisagé, en cas de retour au pouvoir, de ressusciter le septennat et les mandats présidentiels sans limitation en nombre. Voter, comme je le souhaite, pour un(e) candidat(e) de gauche, implique au contraire que le pouvoir de la présidence soit définitivement cassé, au profit du Premier ministre et du Parlement. Qu'il ne soit plus possible de présenter notre pays comme une monarchie républicaine. Dans tout autre cas, personnellement, je préfèrerais garder la droite au pouvoir dans l'espoir d'accélérer une inévitable insurrection populaire. En d'autre termes, je voterai contre une gauche prostituant la démocratie.

«…le second élément majeur est celui des contre-pouvoirs institutionnels. Donner un vrai poids aux collectivités territoriales […] et […] au Parlement en terme de débat démocratique.»«On est aujourd'hui un pays qui nie totalement le débat démocratique»…

Voilà à quoi se résumerait l'horizon démocratique? Bien sûr, je laisse de côté une partie de son discours, et non la moindre, puisqu'elle évoque aussi le non-cumul des mandats, la liberté de l'information, l'indépendance de la justice, pièces d'importance, et les primaires… Mon point de vue est partial, mais je l'assume.
Tôt ou tard, si le personnel politique refuse de comprendre que les citoyens veulent en finir avec les privilèges des élus, et avoir leur mot à dire sur toute chose de la vie publique à travers un référendum d'initiative populaire, ce personnel sera balayé. Et ce sera démocratique.

Source Mediapart: La gauche que veut Martine Aubry


P-S Côté boulevard lance un appel aux dons en faveur de FansoloSee Mee publie l'exclusivité du classement général Wikio et Dagrouik celle des politiques.

jeudi 26 novembre 2009

Pardon, avez-vous vu la démocratie?

S'il fallait démontrer que toutes les personnes utilisant les mots démocratie ou démocratique, pour qualifier notre régime politique, sont soit naïves, soit de très mauvaise fois, c'est fait. La preuve vient d'en être apportée par Bernard Accoyer, président de l'Assemblée Nationale, qui a rejeté comme irrecevable la demande des élus socialistes d'une commission d'enquête sur les dépenses et l'utilisation des sondages payés par l'Élysée.
M. Accoyer a tenté de justifier cette fin de non-recevoir au nom de deux principes: l'un, institutionnel —la séparation des pouvoirs— «qui serait remis en cause», et l'autre, «celui de la responsabilité politique du chef de l'Etat qui s'exerce devant le peuple et en aucun cas devant l'Assemblée».

On peut donc en tirer l'enseignement que les députés sensés représenter le peuple ne le remplacent pas. Nicolas Sarkozy étant soupçonné d'avoir abusé du budget de la présidence en multipliant des sondages, qu'il utilisait pour manipuler l'opinion, il semblerait indispensable de tirer l'affaire au clair. Le soupçon est peut-être infondé, néanmoins comment le savoir? Si le peuple seul est théoriquement habilité à demander des comptes au président, ce serait de quelle manière?

Il n'a jamais été prévu dans nos républiques [sauf par la première Constitution, qui fut la fille mort-née de la Révolution], et singulièrement l'actuelle, la Ve, de donner au peuple les moyens de s'occuper de ses propres affaires. Le personnel politique, sans doute unanime là-dessus, nous rétorquera que la parole nous sera octroyée pour l'élection présidentielle. Fort bien, mais ce sera dans deux ans, et alors, qui rendra public pendant la campagne électorale tous les documents permettant de juger le président sortant? Personne évidemment: cela deviendra tout au plus un sujet de polémique vaseuse, et le candidat-président ne rendra pas plus de comptes au peuple demain qu'aujourd'hui.


Les gens qui nous représentent confisquent de fait au peuple le droit de se faire entendre à tout moment, et cependant ils ne peuvent rien faire de ce pouvoir arraché à notre souveraineté. Il y aurait là une colossale anomalie, si l'on omettait de prendre en considération que nous ne sommes pas une démocratie. Certes, avec l'autocrate agité qui occupe l'Élysée, tout le monde a conscience que l'on vit une présidence plus proche d'un régime autoritaire que de l'idéal républicain, mais Nicolas Sarkozy à lui seul ne suffit pas à expliquer notre dépossession de la démocratie.
Prenez n'importe quel autre présidentiable et mettez-le à sa place…

Tenez, au hasard, Dominique Strauss-Kahn… Qui pourrait croire que, s'il est choisi demain par le PS, et s'il est élu, il changera fondamentalement la nature de ce régime? Il n'est assurément pas du genre à vouloir bouleverser les institutions du pays. Pas du genre à nous donner sans y être forcé une nouvelle constitution. Celle d'une république où le président serait responsable pour la totalité de ses actes de gouvernement devant le parlement —qui dispose seul de la compétence technique pour le contrôler. Celle d'une république où un million de Français, sans intervention du moindre député, pourraient exiger l'organisation d'un référendum national sans exclusive du domaine concerné.
DSK est encore un de ces hommes brillants dont nos écuries politiques ne sont pas avares, mais c'est très loin, vraiment loin d'être suffisant pour susciter l'envie de voter pour lui.


P-S. À lire sur Le Pavé, un hommage mérité rendu au CNRS et à Recherche publique… À redécouvrir, si nécessaire, le blog intergalactique de Dr No… Si vous aimez Pearltrees comme moi, c'est le moment de leur donner un coup de main!