Voilà, j'ai lâché le mot qui froisse les susceptibilités : on ne traite pas des moutons qui
souffrent de cette manière, ils ont tant d'excuses pour être nés cons et le rester jusque dans la tombe ! Mais oui, il y a de feus cons plein les cimetières aussi, et depuis le commencement des âges. On ne devrait donc plus dire un mot contre cette barbe à papa sarkozyste qui fondra dans la bouche de la république sans laisser de trace, il vaut mieux critiquer l'intellectuel qui grimpe au cocotier en fustigeant le néo-bonapartisme ambiant.
Ça c'est toujours porteur, de vomir ce con d'intello —parce que forcément, la connerie s'apprécie du lieu où l'on se place, et je ne doute pas d'être aussi le con de quelqu'un. En tout cas, cet intello qui peut être de droite aussi bien que de gauche ou de nulle part, cet intello encombré de notions rébarbatives, est plutôt sévère à l'égard du bonimenteur de l'Élysée. Harassons-le donc de ne pas savoir s'apitoyer sur les affres de 52 058 785,6 Français confrontés quotidiennement à la violence, au viol, à la drogue, aux incendies de voitures, aux caillassages, aux meurtres crapuleux… La France profonde nous en sera reconnaissante et oubliera par la même occasion ce qu'elle doit de rêves à Nicolas Sarkozy, elle votera comme nous, le moment venu.
Parce qu'enfin, défendre de vieux principes de notre droit républicain, c'est en vérité tendre la main à des crapules qui ne se sont posé aucune question sur les principes! Les
voyous sont inexcusables, et d'ailleurs, la vraie bonne loi à voter, ce serait celle qui les priverait de toute défense: interdiction aux
voyous naturalisés depuis moins de dix ans de prendre un avocat. Lorsqu'on a commis un délit ou un crime dans le pays qui vous a ouvert paternellement ses bras, on n'a plus de droits, point. Si j'étais l'
opposition à moi tout seul, je prônerais cela, assuré de m'attirer les bonnes grâces de mes concitoyens. Du reste,
avocat c'est un drôle de boulot, lorsqu'on y songe… Faire son beurre en assistant des gens pas francs du collier, ça ne sent pas vraiment le propre. Prendre un avocat, ça connote on ne sait trop quoi de trouble, on se méfie toujours un peu des gens qui ont un avocat. Il faudrait interdire les avocats au pénal, tolérer seulement ceux qui s'occupent des affaires —les bonnes affaires s'entend.
Donc, l'intellectuel,
voilà l'ennemi du bon Français, le crypto-sarkozyste qui valorise le présidenticule en feignant de combattre ses idées. L'intellectuel sent le vieux, et même le cureton, tiens, dont il est l'héritier, on l'oublie trop souvent. Oui, vous savez: ces penseurs du Moyen Àge qui imposèrent la Trêve de Dieu aux féodaux, pour que les croquants puissent souffler un moment entre deux tueries… Eh bien, c'étaient des espèces de curetons intellectuels. Au départ, je ne dis pas que c'était une mauvaise chose, mais si vous laissez les intellos jouer avec les idées, petit à petit, d'un siècle à l'autre, ils vous inventent la Révolution,
liberté, égalité, fraternité, et puis le droit du sol, la naturalisation, tout ça… Vous n'êtes plus chez vous, bien à l'aise dans les seules valeurs que vous pouvez comprendre:
«la famille, la patrie, la religion, la société, le travail, la politesse, la morale*».
Alors croyez-moi, si vous n'aimez pas
Sarkozy, ce n'est pas une raison pour en dégoûter les autres. Ils ne comprennent pas.
*discours de Nicolas Sarkozy à Marseille, le 19 avril 2007
P-S, le titre ne veut rien dire, je sais, mais il m'a plu pour ce billet.P-P-S: suite à la mort de Bruno Cremer, Férocias lance un Challenge Maigret