jeudi 10 février 2011
Un grand roque ?
lundi 20 décembre 2010
Nicolas 1er pense au réveillon
—Tu l'es, ô Empereur ! J'ai été fabriqué à Venise il y a 402 ans, cinq heures, et huit minutes.
— Je ne parlais pas de toi, connard ! Plus jeune que mes ennemis, j'veux dire.
— Ah ! Tu es jeune Mon Empereur, davantage que Gros Dodo, Tartine Dunord, Gaspard Lemanchon, et même Serpolène Yaya, mais Nono Montelà est bien plus jeune que toi encore…
Alors, l'empereur entra dans une grande colère et appela le chef des gardes.
—Attrapez Nono Montelà et ramenez-moi son foie sur un croc de boucher !
— Oui, sire… Et que fait-on du reste ?
— Le reste ?
— Les autres viscères, majesté, et la carcasse…
— Réservez, on verra avec ma femme comment les accommoder pour le réveillon.
Puis l'empereur revint devant son miroir et questionna :
—Miroir, mon brave miroir, dis-moi la vérité : suis-je le plus beau ?
— Tu l'es, Ô Empereur, mais Serpolène Yaya est bien plus belle encore.
— Ça ne se peut pas ! Tu es sûr ?
— Hélas, oui, Mon Empereur : tu as l'air d'un teckel, avec des cernes sous les yeux, alors qu'elle a la peau lisse et les dents blanches…
Furieux, l'empereur ouvrit la fenêtre et appela le chef des gardes qui traversait la cour du palais :
— Attrapez aussi Serpolène Yaya et ramenez-moi son cœur sur le même croc de boucher, on fera des brochettes.
— Et pour le reste, majesté ?
— Réservez, mon ami, réservez ! Il y aura deux réveillons, hein !
L'empereur referma la fenêtre et retourna près du miroir magique.
— Miroir, mon brave miroir, dis-moi la vérité : suis-je aimé de mon bon peuple?
Comme le miroir restait silencieux et se couvrait même d'une légère buée, Nicolas 1er s'impatienta :
— Eh bien ! qu'est ce que tu attends pour répondre ?
— Cela fait beaucoup de Franchois, ô mon Empereur… J'essaie de distinguer ce qu'ils pensent, ce n'est pas aisé…
— Ils n'ont pas besoin de penser pour m'aimer ! Alors, ça vient ?
— Il y a quelques Franchois qui t'apprécient fort, mais les autres pour plupart, ne t'aiment pas.
Cette réponse causa un chagrin considérable à l'empereur, qui se laissa choir sur son trône de toilette en sanglotant. Il pleura de désespoir pendant plusieurs heures, et finalement, le manteau d'hermine et la chemise trempés de larmes, il retourna devant le miroir.
—Miroir, mon brave miroir magique, est-ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour qu'ils m'aiment ?
— Oui, Ô Empereur : tu peux abdiquer et partir habiter à l'autre bout de la terre.
On raconte que Nicolas 1er hésita entre faire embrocher tous ses sujets sur des crocs de boucher et briser le miroir magique. Le conte ne dit pas ce qu'il choisit, peut-être qu'il y réfléchit encore ,
P-S: Neverlands nous parle de la «Géographie de Sherlock Holmes» un beau livre à paraître en janvier, mais qui peut déjà se commander ici… Chez Wikio, l'aventure des e-blogs s'arrête, c'est bien dommage, merci à l'équipe les animait !
mercredi 8 décembre 2010
Nostradamus le savait

M. de Fontbrune avait en effet connu une certaine renommée en dégageant des écrits du célèbre astrologue de la Renaissance quelques prédictions fumantes. Ainsi à l'en croire, l'arrivée de la gauche au pouvoir en 81, la tentative d'assassinat de Jean-Paul II, l'irruption de Ben Laden sur la scène mondiale, étaient bel et bien annoncées dans l'œuvre de l'apothicaire épatant. Dire que l'on aurait pu économiser des tas de sondages, et même les frais d'une élection, en installant directement François Mitterrand à l'Élysée.
Quelque peu troublé par ce décès et par les perspectives que pourraient ouvrir à la blogosphère politique l'étude de Nostradamus, surtout en période pré-électorale, j'ai jeté un coup d'œil au hasard dans les textes du mage… Voici un extrait de ma pêche :
Quand seront proches le defaut des lunaires,
De l’vn a l’autre ne distant grandement,
Ftoid, siccité, danger vers les frontieres, (froid)
Mesmes ou l’oracle a prins commencement.
0205
Pres,loing defaut de deux grand luminaires
Qui suruiendra entre l’Auril & Mars.
O quel cherté! mais deux grands debonaires
Par terre & mer secourront toutes pars.
0206
Dans temples clos le foudre y entrera,
Les citadins dedans leurs forts greués:
Cheuaux,beufs,hommes,l’onde mur touchera,
Par faim,soif sous les plus foibles arnés.
Le premier quatrain me semble annoncer péremptoirement la vague de froid actuelle. Le second, est une évidente allusion à Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin dans le contexte d'une rivalité de leadership (loing defaut de deux grand luminaires, etc.).
Cependant, il est néanmoins clairement dit que les marrons seront tirés du feu par «deux grands debonaires Par terre & mer»… L'allusion à DSK et Ségolène Royal est transparente, mais il faudrait toutefois explorer l'ensemble du Corpus Nostradamique pour en extraire le trait décisif. Allez savoir si, en définitive, messire de Nostredame n'a pas prédit l'élection d'Arnaud Montebourg ?
Je dois avouer que le temps m'a manqué pour tirer l'affaire au clair. En revanche, je peux vous dire que j'aurais mieux fait de lire le troisième quatrain avant d'aller chercher mon pain au village. Il m'aurait averti de rouler plus doucement sur le chemin. «Cheuaux, beufs hommes, l'onde mur touchera»… C'est ainsi qu'en plein virage, «le foudre» m'a fait rencontrer de face un autre quidam dans son char. «L'onde mur» a touché nos autos, la mienne est toute cassée !
Source image Source Centurie III de Nostradamus
mardi 7 décembre 2010
jeudi 2 décembre 2010
Le roi ******* et les deux princesses charmantes
Il était une fois deux princesses charmantes qui vivaient dans un pays lointain dont le roi était abominable. C'était un roi si mauvais qu'il était impossible de prononcer son nom, *******, sans se couvrir aussitôt de boutons et sans cracher des scorpions et des araignées grasses qui laissaient pendre ensuite des fils visqueux aux coins de votre bouche. C'est pourquoi personne n'avait seulement pensé dire un jour : Sa Majesté *******. Les sujets du royaume avaient assez de misères à supporter comme ça, ils préféraient se taire.
Donc, il se trouvait quelque part dans ce pays, loin du palais royal où elles n'étaient jamais invitées, deux princesses charmantes. La première se nommait Solène, elle aimait rêver toute éveillée à des choses aimables du matin au soir. La seconde avait nom Matine et rien ne lui plaisait autant que de dormir dans son boudoir. Son sommeil était ravissant : tous ceux qui venaient à passer sous sa fenêtre en étaient enchantés et se mettaient à bâiller des violettes embaumées. Comme ils attrapaient aussi les songes merveilleux de Solène, ils rentraient vite se coucher chez eux afin de prendre une heure de bonheur. Tout le monde aimait à prononcer les noms des princesses, car ils vous mettaient à la bouche une saveur de chocolat truffé et de vanille naturelle, sans conservateur.
Cela permettait d'oublier les tourments infligés par le roi *******. Celui-ci en inventait chaque jour de nouveaux, car c'était un homme très actif. «Prenez tous les vieux du royaume et qu'on les attelle aux charrues pour labourer, ça économisera l'essence», disait-il par exemple à son Grand Chancelier. Ou bien il ordonnait au Moyen Chancelier : «Que toutes les horloges avancent désormais d'une heure le matin et retardent d'une autre le soir, afin que mes sujets fainéants travaillent plus !» Il n'y avait pas de Petit Chancelier, mais un simple Chancelier du Tabouret, parce que le roi avait fait découper le mot petit aux ciseaux dans tous les dictionnaires. Il était interdit de le prononcer sous peine de finir accroché au mur du palais par son trou le moins grand.
Les deux princesses voyaient bien que le peuple était très malheureux : Solène entendait ses plaintes quand elle sortait rêver sur le balcon, Matine ne pouvait les ignorer au moment de prendre son petit déjeuner ou sa collation de la mi-journée. «Mon Dieu, comme ces gens souffrent ! Je vais dormir, parce que je ne sais pas quoi faire pour les aider», disait-elle.
Or, il advint une nuit que les rêves de Solène s'installèrent dans le sommeil de Matine, comme cela peut aisément arriver lorsque deux princesses sommeillent dans des chambres voisines. Matine s'éveilla en sursaut à potron-minet (ainsi appelait-on dans le royaume ce moment où le jour n'est pas encore grand), et courut trouver Solène. Lorsqu'elle ne dormait pas, c'était en effet une princesse énergique, ce que nous découvrons avec elle, car elle courait pour la première fois. «J'ai trouvé comment sauver le peuple : il faut couper la tête au roi, et puis faire des édits pour concrétiser toutes ces belles choses dont tu rêves !»
Couper la tête du roi, elles auraient bien voulu le faire, mais il y avait loin de l'intention au tranchant de l'épée… Comment affronter le roi lorsqu'on n'est que belles princesses fragiles et sans épée ? Elles sortirent du château et appelèrent le peuple à la rescousse : «Venez avec nous, et allons décapiter le roi !» cria Solène.
Le peuple les regarda d'un air hésitant, les têtes se baissaient et les pointes de souliers grattaient le sol avec gêne. Un homme moins timide finit par répondre: «Mon œil, jolies princesses ! Où sont vos muscles, où sont vos épées tranchantes ? On va se faire étriper par les chevaliers de *******, c'est tout !» Il ne prononça pas le nom, bien sûr, mais il cracha par terre et se gratta vigoureusement, parfaitement compris de tous.
Les choses en étaient là, et les princesses se disposaient à rentrer tristement au château, lorsque la nouvelle se répandit que le prince charmant Mimidoux venait de débarquer au port du Couchant. Le prince Mimidoux était un voisin de Solène et Matine, ils avaient souvent joué ensemble aux princesses et au docteur dans leur enfance. À l'âge adulte, le prince avait été envoyé par le roi combattre le dragon Krizz en pays sauvage, une façon de se débarrasser de lui. Depuis lors, on était sans nouvelles de Mimidoux.
Les princesses et le peuple se précipitèrent alors à sa rencontre… Après les bisous d'usage, le goûter de quatre heures, et quelques menues dispositions exigées par la situation, Mimidoux marcha sur le palais royal à la tête du peuple. Il bouscula les deux ou trois chevaliers qui n'avaient pas pris la fuite, puis du tranchant de son épée, il décolla le roi *******. Dans le pays entier ce ne fut qu'un cri d'allégresse : vive le roi Mimidoux !
Alors Mimidoux prit de sa main gauche celle de la princesse Solène, de sa main droite celle de la princesse Matine, et il les mena dans la chambre royale. Il les baisa et leur fit des tas d'enfants.
dimanche 28 novembre 2010
Chaussettes russes
Même à l'époque héroïque de la Révolution d'octobre, quand un Russe portait des chaussettes rouges, c'était certainement un riche koulak, ou un aristo. Parce que le Russe de la rue, il portait des «chaussettes russes»… Vous n'en avez jamais entendu parler ? Lorsque j'étais gamin, dans ma petite ville natale de l'Aveyron, l'été je mettais généralement mes sandalettes pieds nus. Ma grand-mère me regardait ainsi chaussé d'un air mi-attendri mi-choqué. «Ah ! t'as mis des chaussettes russes », disait-elle.
En réalité, elle se trompait: la vraie chaussette russe est une bande de tissu qu'on enroulait autour du pied. Mais pour elle, c'était le pied nu, le comble du dénuement… Elle venait de la campagne et n'a loupé la messe que dans son vieil âge, une fois devenue impotente —et encore l'écoutait-elle dans le poste… Pour elle, le pays des bolcheviks représentait l'enfer sur terre, on y vivait dans une misère si profonde qu'on allait pieds nus dans ses pompes, été comme hiver… Au demeurant, c'était une brave femme que j'adorais : la preuve en est que pour lui faire plaisir j'ai été à la messe du dimanche, ou fait semblant d'y aller, jusqu'au jour où elle fut dans l'incapacité de me surveiller, du haut de la colline qui surplombait la place de l'église. Et je lui ai caché jusqu'à sa mort que j'avais passé ma crise de jeunesse la plus intense au Parti Communiste.
Donc, le fait que le bonhomme en train de courir sur le dessin du 81e rébus arbore des chaussettes rouges, est presque un hasard. Comme je ne pouvais pas le laisser en chaussettes russes sans risquer de plonger les joueurs dans un abîme de perplexité, je l'ai habillé de chaussettes rouges. La couleur, c'était à la rigueur un clin d'œil innocent à ma femme et aux lecteurs du billet de jeudi qui parlait des pieds de Balladur et Fillon. Rien d'autre.
Quoi qu'il en soit, à l'heure où je prépare ce billet, 20h10, personne n'a donné la bonne réponse… À moins qu'un gagnant ne survienne à la dernière seconde pour me faire pousser un post-scriptum de soulagement, il restera une énigme jusqu'à ce que quelqu'un apporte la solution (je profite de l'occasion pour demander des nouvelles de ma championne Madame.b. J'espère qu'elle va bien ?)…
En conclusion, je donne tout de même un indice : ne pas chercher midi à quatorze heures, et se contenter de décrire l'action —mot, sujet, verbe…
P-S: le sujet de ce billet est léger, mais peut-être n'est-t-il pas déplacé de le refermer sur une pensée amicale pour Gabale dans son chagrin de novembre…
mercredi 17 novembre 2010
Il faut pourage colitique garder
Boussoir à tons,
En tant que Président des Vieux Popus, j'étire mon chapeau au discours valeureux du Résident de la Publique. Il eusse eut pu décider d'arrêter les frais, après trois ans et demi d'efforts pour rendre un jour chaque Français compétitif avec un Chinois, mais non ! Nicosar LASKOZY a dit : «j'ai compris qu'il fallait que je continuasse de saccager le pays».
Trois chantiers sortent des ténèbres à la lumière de son verbe :
— la filiforme de riscalité avec, à terme, la transsubstantiation du foutrier biscal et de la fortune du pot en galette des rois.
— l'abolition de la dépendance avec l'adjonction géniale d'une roue de secours au véhicule de la sécurité sociale (lequel en possède déjà 4 : maladie, accident du travail, retraite, famille). Le recours au gonfleur de l'assurance privée permettra d'atteindre la pression de roulement.
— la méforme de la justice afin de rapprocher le peuple du magistrat et d'éloigner celui-ci des servitudes politico-financières.
À potron-minet d'une nouvelle bataille électorale, Nicosar LASKOZY a opposé la sobriété du sage à l'intempérance médiatique qui a enivré la France. Dans la houle politicienne et journalistique, le capitaine Résident de la Publique a tenu bon le cap pour foncer sur l'iceberg le plus redoutable de la mer Quinquennale : celui des retraites (le nouveau gouvernement va se relayer aux pompes, dans les soutes, afin d'empêcher le navire de couler prématurément).
Hier, Nicosar LASKOZY a souligné d'une voix douce, mais ferme, des évidures comiques que nous n'avons pas arrêté de creuser par nos tractions sur les retraites : le travail rend vieux, plus de croissants donne plus mal au foie !
Admirons dans l'incandescente homélie de Nicosar LASKOZY sa récalcitrance à changer de direction pendant les deux ans qui restent, et notons la mansuétude de cet homme couvert de fange par les motoculteurs de la calomnie, et qui, en dessous, reste pur et dévoué au pays.
mercredi 11 août 2010
Nadine Morano ne sait même pas beurrer un carreau !
Elle demande à Marianne de faire des excuses pour son titre de Une, sur le voyou de la république justement, Nicolas Sarkozy… J'espère que chez Marianne, ils lui diront d'aller se rhabiller.
C'est à peu près la seule réflexion qui me vienne à l'esprit, ce soir, hormis le fait que je ne m'étais jamais intéressé non plus au beurrage des carreaux. Les carreaux de sol, veux-je dire. Un sacripant d'artisan m'ayant fait faux bond à la dernière minute dm du jour où il devait nous poser un nouveau carrelage, je me retrouve à carreler. Saviez-vous qu'avant d'appliquer un carreau sur son douillet matelas de ciment-colle, il faut en beurrer le verso ? J'ai trouvé une vidéo qui explique tout, ça à l'air facile, comme ça… Mais on en fiche absolument partout.
Au lieu de dire des sottises, Mme Morano ferait mieux de venir beurrer mes carreaux.
P-S Restons dans la rénovation de l'habitat : Martine nous revient avec un blog repeint de frais, très pimpant, et un billet neuf que je n'ai pas encore eu le temps de lire…
Gaël a publié ces jours-ci sa dernière leçon sur la pose de lambris au plafond… J'aurais préféré un cours sur l'art du carrelage par terre, mais bon…
jeudi 5 août 2010
Le grand Lebfebvre est de retour
Donc, le grand Frédéric Lefebvre est de retour, avec l'une de ces maximes que n'aurait pas désavoué Chantecler de Coqueville. «Il faut faire très attention parce qu'il y a une différence entre immigration, liens avec l'immigration, issus de l'immigration et étrangers», a t-il dit dans le poste.
La sagesse du propos saute à l'esprit: un maçon tunisien de ma connaissance est différent de sa femme française, ce qui est d'ailleurs préférable, sans que leur situation soit comparable à celle de leur fille, laquelle flirte actuellement avec un Argentin —ce qui pose un autre problème, indépendamment de la contraception.
On peut même en conclure qu'il ne faut pas confondre Youssouf, sa valise et ses gros sacs en plastique, avec Rama Yade et son petit maroquin (ce qui est facile, car elle est nettement plus craquante), ni bien entendu avec Nicolas Sarkozy et ses breloques coûteuses, non plus que, au hasard, avec Asif Ali Zardari, lequel est 100% pakistanais. Il faut faire très attention à la différence entre un vilain Malien, une Française quelconque, une belle Sénégalaise naturalisée, et un petit issu de Hongrois. Ce n'est pas du tout la même chose.
D'autre part, M. Lefebvre observe avec finesse que «la délinquance, chacun sait qu'il y a des liens avec l'immigration […] il y a quelque chose comme 10% des détenus qui sont étrangers».
Ce n'est pas faux… Prenons le cas du gouvernement, par exemple. Nous avons M. Hortefeux, un ministre de l'intérieur Auvergnat qui a été condamné par la justice. Nous avons un M. Woerth immigré de l'Oise qui pourrait bien avoir des origines alsaciennes ou mosellanes, un M. Woerth donc, accusé par beaucoup de gens de trafic d'influence, entre autres actes répréhensibles. Nous avons enfin le président Sarkozy de souche hongroise, soupçonné d'être impliqué dans les probables rétro-commissions du Karachigate, et de financement illégal de campagne électorale.
Cela ne fait peut-être pas 10% du gouvernement, d'autant qu'ils ne sont pas encore détenus —ce qui les empêcherait d'être au pouvoir et compliquerait les calculs de M. Lefebvre. Néanmoins, on ne peut que saluer la performance intellectuelle du porte-parole de la majorité. C'est chose faite.
P-S, et toujours la fiction de l'été chez CC, qui annonce l'Episode 7…
jeudi 22 avril 2010
Sept choses que j'aime?
Donc sept choses à aimer sur les blogs, comme l'ont fait Nicolas ou See Mee, c'est beaucoup, surtout s'il faut être sincère. Et puis, j'ai jeté un coup d'œil aux billets des autres participants au défit, et je me suis un peu rassuré chez Ferocias. On peut parler aussi, tout simplement, de ce que l'on aime en général. Ferocias aime les livres, ça tombe bien, moi aussi. Et d'un!
Mais peut-on vraiment aimer quelque chose et le crier sur les toits? Parce qu'un blog, c'est un peu comme les toits du village… Pas vraiment les toits de la ville, enfin, du moins chez moi: il n'y passe pas des foules. Vous vous voyez grimper sur le toit et hurler: j'aime les bonsaïs! On vous prendra pour un allumé, ou un écolo-sadique en pleine crise. En tout cas, ça fait deux, parce que je les aime.
Mais ce qu'il y a de bien avec les blogs, c'est que vous pouvez aimer polir la pierre pour l'offrir à quelqu'un, et vous payer le luxe de le crier dans le vide sans embarrasser personne. Un réseau de blogueurs est un village idéal où tout le monde se dit bonjour en courant, où chacun se hâte de retourner à ses occupations géniales qui consistent en grande partie à attendre qu'on vous dise bonjour. J'aime bien la solitude du blogueur, c'est douillet, ça rappelle vaguement celle de l'écrivain qui bichonne son texte sans se demander si quelqu'un le lira un jour (cette blague!). Je la compte pour trois.
Non, mais sérieusement, pouvez-vous éprouver un plaisir intime, ce que recouvre le plus souvent le mot aimer, et le livrer à un public, brut de décoffrage? Pas moi, j'ai besoin de le transfigurer, s'il se peut, d'en réduire en tout cas la signification à un cercle limité. Avouer que j'aime le chocolat, c'est aisé et c'est exact. De même que j'aime énormément King Arthur, l'opéra d'Henry Purcell. «Le Chant des laboureurs» me remplit de bonheur, «Le Chant du froid» me glace d'une extase suicidaire. Ce qui ajoute tout de même quatre, et cinq éléments à mes amours publiques.
J'aime ces sympathies que les échanges entre blogueurs parviennent à tisser, du moins les plus réelles.
J'aime cette sensation pas si fréquente chez moi d'avoir réussi un bon billet, comme il peut m'arriver de ressentir une certaine fierté pour une seule page écrite dans la journée. Ce sont des plaisirs fugaces, parce que s'agissant de blogs, le billet est généralement promis à l'indifférence, et quant à l'écriture, il reste encore le plus souvent à parvenir au bout d'un long chemin…
Sauf erreur grossière, me voici venu à bout de la proclamation des sept choses que j'aime. Je constate avec soulagement que ce n'était pas impossible. Ce sera donc la conscience légère que je vais refiler la chose à Éric & Éric, à Elmone, à qui en voudra dans la sympathique bande de Ruminances, à Le-goût-des-autres, et Croukougnouche (qui n'est pas un volcan islandais)…
samedi 17 avril 2010
Nicolas 1er montre l'exemple
On sait que tous les pays nœuropéens adoptent les uns après les autres de strictes mesures anti-tabagisme, ceci afin d'alléger le poids financier des maux qui en découlent, en protégeant la santé des populations par la même occasion.
Notre génial Empereur, en vrai visionnaire, a décidé pour sa part d'aller beaucoup plus loin dans la prévention de la mort. D'ici un an à compter de la publication du décret, les constructeurs automobiles auront obligation de mettre en vente des véhicules dont 40% de la carrosserie extérieure seront couverts d'images choc d'accidents de la circulation ou des conséquences de ces derniers.
Notre Bien-Aimé Nicolas, premier Franchois, premier à montrer l'exemple a choisi d'anticiper pour lui-même cette obligation. Le dernier véhicule officiel, flambant neuf, dont nous dévoilons ici une photo prise dans le Garage Impérial, est en effet revêtu des illustrations dramatiques prévues par le décret. Sur le côté du conducteur on peut voir ainsi une berline réduite en bouillie, barrée de l'inscription: «Rouler tue», cependant que le capot est orné d'un fauteuil roulant sur fond jaune. Le flanc droit, non photographié, montre un pompier impérial occupé à désincarcérer des enfants à l'arrière d'un véhicule, avec cette inscription rouge: «la voiture met vos enfants en péril». La porte du coffre affiche quant à elle un cul-de-jatte nu, en couche culotte, avec l'avertissement: «l'accident peut vous rendre impuissant»…
Mme le sapir de la bien-portance a déclaré que dans sa grande mansuétude, l'Empereur accorde un délai de quelques mois aux constructeurs pour écouler leurs stocks actuellement inadaptés, mais dans un délai d'un an, tous les véhicules en circulation, y compris les anciens modèles et les voitures de collection, de même que les jouets pour enfants devront satisfaire aux dispositions du décret. Le cas de l'équitation est encore à l'étude, mais il se pourrait que l'obligation soit étendue aux chevaux.
lundi 22 mars 2010
Comment en finir avec la crise de la presse

À la maison, nous sommes abonnés notamment au Nouvel-Obs, du groupe Perdriel, et nous recevons régulièrement des offres de découverte d'autres titres du groupe. La dernière fois, c'était le magazine Challenges que l'on nous proposait. 210€ pour 110 numéros au lieu de 275€.
C'est en apparence une promotion intéressante, mais ce n'est pas tout, car il faut y rajouter plusieurs cadeaux:
un ordinateur Ultra portable avec Wifi intégré —valeur 200€ (dont 0,15€ d'éco-participation)—,
une montre chronographe LIP avec bracelet cuir —valeur 43,50€ (0,01€ d'éco-participation)—,
une radio FM avec télécommande —valeur 15€ (0,01€ d'éco-participation)…
Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l'ampleur du bénéfice pour le nouvel abonné? 200 + 43,50 + 15 = 258,5€
Si vous répondez sous dix jours, vous avez droit, en outre, à un «stylo Roller gainé cuir avec son étui de protection». À vu de nez, il doit bien atteindre une valeur 20€… Calculons encore: 258,5 + 20 = 278,5€
J'espère que vous m'avez suivi, car il apparaît clairement qu'en faisant grâce à Challenges et au groupe Perdriel de ses cadeaux, nous lui ferions économiser une somme assez conséquente pour qu'il puisse nous servir gratuitement l'abonnement au magazine, accompagné d'un petit chèque de 3,5€ (278,5 - 275) pour nous remercier d'accepter de le lire.
Messieurs de la Presse, pourquoi vous plaignez-vous de perdre des lecteurs? Cessez donc de gaspiller du bon argent et distribuez les journaux gracieusement —avec un petit quelque chose en plus, pour nous encourager, bien sûr!
samedi 6 février 2010
Le visa pour le paradis se complique
Ça s'est passé à Evry, où un jeune couple et ses enfants se rendaient à la cathédrale pour s'enquérir des formalités de baptême du petit dernier. Me mettant un instant à leur place, comme vous peut-être, j'imagine qu'ils s'attendaient à ce qu'une secrétaire baptismale —une religieuse aux joues roses derrière un guichet—, leur fixât un rendez-vous et voilà tout. Quelle naïveté!
Il me faut avouer que j'ai un peu perdu de vue la procédure depuis la lointaine époque où je fus baptisé. Je n'en garde d'ailleurs aucun souvenir, je devais être trop jeune. En tout cas, à Evry, il n'y avait apparemment pas de secrétariat, et c'est un prêtre qui leur posa quelques questions…
Pour en venir directement aux faits (les détails sont à lire dans l'article d'origine), il apparut que les parents, bien que catholiques, étaient de médiocres pratiquants. Leurs bambins plus âgés ne vont même pas au catéchisme! Bref, le père Emmanuel refusa de baptiser l'angelot. Il semblerait toutefois que sa décision ne soit pas sans appel: si les aînés étaient inscrits au catéchisme, par exemple, la situation pourrait évoluer…
Vous vous dites que c'est là une bête histoire d'inscription à un paradis virtuel, sans rapport avec le réel? Vous avez tort: les officiants de la vie publique gagneraient à s'en inspirer. Imaginez un maire de la majorité recevant un père qui vient déclarer la naissance d'un enfant…
«Je ne vous ai pas vu souvent
—Heu, je ne suis pas
—Ah! c'est fâcheux. Inscrire un nouveau né à l'état civil implique un engagement républicain de la famille, voyez-vous…
—Je vote à toutes les élections, M. le maire, ma femme aussi!
—Oui, mais personne n'entre avec vous dans
— Ça, jamais!
—Enfin, si vous aviez notre carte, ce serait plus simple… Réfléchissez, et revenez me voir: donner une identité nationale à son rejeton, ça se mérite!»
Là, le père a deux solutions: il prend sa carte de l'UMP, ou il déménage pour aller dans une autre commune, socialiste par exemple. En espérant que ce billet n'aura pas donné des idées au maire du coin.
P-S mon billet est déjà publié, mais j'ajoute en conseil de lecture le dernier article sur le théâtre de Martine, que je viens de découvrir…
mercredi 25 novembre 2009
Nicolas 1er en banlieue
Ma chère femme,Donc, on était hier en mission de protection de l'Empereur, qui est complètement génial comme c'est écrit sur les affiches, affirmatif, mais aussi des fois d'une témérité effrayante. Figure-toi qu'il avait décidé de faire une visite surprise officielle en banlieue. Bien sûr, le bon Saint Henri et le Sapir des choses du dedans avaient pris, depuis quinze jours au moins, les mesures d'urgence qui s'imposaient : interdiction de vendre, d'acheter, et de transporter des œufs et des tomates dans la zone, sélection d'une foule pour l'arrivée, avec plusieurs répétitions au stade du coin, etc. N'empêche, on a beau savoir que personne n'a le droit de porter des chaussures dans notre pays, on n'est jamais à l'abri d'un kamikaze qui balance un œuf de contrebande ou une pantoufle au dernier moment. C'est traître, la pantoufle, ça échappe au détecteur de cuir et au flair des chiens.
Heureusement, quand le cortège de l'Empereur est arrivé, tout s'est passé nickel, pas une bavure. Nicolas 1er était très calme, souverain comme il dit l'autre du Journal. Pendant que la télé filmait, Sa Majesté a échangé quelques mots avec la foule que commandait l'adjudant Duval en costume de père de famille.
Après ça, il est entré au commissariat de police où étaient convoqués les représentants de la population qu'il voulait rencontrer. Rien que des Franchois de première qualité, des commerçants, des propriétaires. Ce genre, tu vois… Il fallait que j'ouvre l'œil, alors je ne l'ai écouté que d'une oreille, ma mauvaise, la gauche comme tu sais, mais je l'ai entendu dire qu'il fallait développer encore plus la visusurveillance.
«Dans tous les endroits qui ont la visusurveillance, la sécurité progresse, qu'il a dit. Y a des pays comme la Chine qui ont un soldat de visusurveillance pour 10 habitants. Mon objectif, c'est qu'on arrive au plus vite chez nous à un homme de garde, nuit et jour, pour deux Franchois. Ils prendront le train avec leurs suspects…, non, leurs protégés. Et si c'est des enfants qu'ils surveillent, eh bien, ils iront en classe avec, ça les fera réviser!» Quel type, quand même, hein, Sisi?
Il est temps pour moi d'inspecter le lit avant de dormir, les punaises en profitent pour pondre chaque fois que je m'absente. J'espère que tu écoutes mes conseils et que tu n'ouvres à personne, surtout pas au facteur: y a pas pire pour refiler la grippe cochonne à tout le pays! Je t'apporterai de quoi renouveler le stock de conserves à ma prochaine permission.
Ton Loulou qui t'embrasse.
P-S. À propos du débat sur l'identité nationale, que j'ai effleuré hier, c'est en définitive chez Hypos que j'ai trouvé les réflexions les plus revigorantes…
vendredi 13 novembre 2009
Rêvez-vous Français?
Ils sont jeunes, ils ont des idées bien précises de ce qui embellirait leur vie, ou de ce dont le reste des Français pourrait avoir envie. Que pourraient bien désirer les Français qu'ils n'ont déjà?
Un logis, un bon boulot, des sous: soit, mais on reste dans le terre à terre indispensable, même si je sais bien que le cœur de quantité de gens s'emballe, à juste titre, à l'idée d'être enfin propriétaire de leur maison.
Cela ne répond pas vraiment au rêve américain, qui est la réussite, soit une chose d'une toute autre envergure. Leur réussite comporte nécessairement le gîte et le couvert, si je puis dire, avec une idée d'éclat et de puissance en plus, me semble-t-il. Et comme on sait, la plupart d'entre eux n'y accèdent pas, mais là n'est pas la question: c'est un rêve qui leur permet d'aller jusqu'à la tombe sans perdre confiance dans la mère patrie.
Chez nous, il me semble difficile de définir une ambition typiquement française. La mondialisation, passée par là, me semble avoir contaminé la planète du fantasme américain: nous l'avons simplement adapté avec la cagnotte du loto en guise de couronnement. Pour ma part, je rêve d'une société qui n'est pas pour demain, ni après, hélas. Je me sens donc trop singulier dans cette attente pour avoir la prétention de la faire partager de fait à mes compatriotes.
Mais de quoi peuvent-ils rêver, en plus d'avoir un béret neuf, une baguette de pain croustillante, un logement sans traites à payer, un emploi stable, une retraite à soixante ans à taux plein? De passer à la télé? Sinon, je ne vois pas.
Je vais passer le bébé à M. Poireau, qui est presque Belge —j'ai dit presque—, à Gwendal, et à Elmone.
vendredi 6 novembre 2009
Nicolas 1er : bilan provisoire
À l'approche du troisième anniversaire de l'accession au trône Franchois de l'Empereur Nicolas 1er, votre journaliste a recueilli les impressions de l'une des plus proches collaboratrices de Sa Majesté. Qui d'autre, mieux que Mlle Adèle, camériste du couple impérial, aurait pu nous confier les éléments d'un bilan sincère de ce début de règne?
Le journaliste: on peut dire que vous partagez l'intimité de l'Empereur?
Mlle Adèle: ça oui ! C'est moi qui fais le lit tous les matin et la couverture le soir… Je sais tout.
—Comment se porte le Bien Aimé?
—Sur ses pieds, toujours bien droit.
—Mais sa santé?
—Excellente, malgré qu'en ce moment, il flippe un peu. Comme il dit souvent: c'est du gros travail, la charge d'un empire!
—D'où vient cette mélancolie?
—De nulle part, vous alors! Sa Majesté, il est fidèle à Sa Gracieuse Lala, je peux jurer: moi, j'ai jamais vu de Mélancolie dans son lit.
—Je voulais parler de ses soucis, pas de sa vie privée…
—Ah, ça! C'est rapport aux rumeurs, que soi-disant y a des Franchois mécontents.
—En effet, il est question de sondages clandestins qui indiqueraient une légère baisse de popularité de Nicolas 1er. Qu'en pense-t-il?
—Que les Franchois sont des cons. À cause d'eux, il a donné un coup de pied au petit chien de Lala, et cassé exprès une potiche… Ah! et puis, il a traité le bon Saint-Henri et M. Cloclo le Béant de connards incapables… Si vous voulez mon avis, c'est le coup du prince Janou qu'est la cause de tout ça. Il a pas pu le nommer au poste qu'il voulait, à cause des médisances internationales et tout. Alors, il trouve que c'est la faute aux conseillers qui ont pas trouvé le moyen de vendre le truc à l'opinion, comme il dit. Faut dire que c'est un monde, quand même! Ça sert à quoi d'être empereur, si on peut pas faire ce qu'on veut dans son chez-moi? En plus, avec tout le mal qu'il s'est donné pour qu'on soye un pays moderne: la taxe sur les souliers, l'injustice fiscale comme des américains, l'industrialisation de l'hôpital, les parcs à chômeurs, et la prospérité qui revient, grâce au «faire travailler plus pour gagner plus»… C'est pas rien, ces choses! Il les répète tous les jours à Lala en ce moment, alors je les sais par cœur.
—En somme, est-ce un bilan positif, plutôt positif, ou très positif, que vous tirez des deux premières années de règne de notre maître à tous?
—Hyperpositif! Grâce au Bien Aimé, on est devenu un vrai pays de conte de fées: y a des gens qui rappliquent de partout pour nous voir. Vous pouvez l'écrire!
—Mlle Adèle, je vous remercie.
Muses innocentes: Rue89, Sarkofrance, PMA, Section socialiste de l'île de Ré, Je voulais vous dire…
lundi 26 octobre 2009
La légende dorée de Saint Jehan Sans Défense

De mémoire, la légende dorée de Saint Jean Sans Défense débutait à peu près ainsi, dans un très ancien manuscrit aujourd'hui perdu. Pourtant, au commencement, Saint Jean Sans Défense n'était pas encore saint, on l'appelait juste Jehan.
Jehan était fils du roy des Franchois, c'était un vif et blond garçon qui aimait par dessus tout à jouer à la politique avec ses amis. Il était mauvais élève, aussi aurait-on pu lui appliquer en son jeune âge, ces vers fameux de Maître François Villon:
«…Mais quoi ? Je fuyaie l’école,
Comme fait le mauvais enfant.
En écrivant cette parole,
À peu que le cœur ne me fend…»
Toujours à chevaler sur son fier destrier nommé Scooter, de-ci de-là, à droite et à droite, il politiquait du matin au soir avec ses copains et même des vieux débauchés passionnés par les joutes électorales.
Or, un jour, le roy Nicholas son père en eut assez de ces fantaisies. Il lui dit quelque chose du genre: «Maintenant ça suffit, Jehan, faut travailler dur comme moi!» Et il l'envoya siéger au parlement des Hautals de Seine. Il n'y avait plus assez de sièges là-bas pour que Jehan puisse poser son séant, alors on coupa la tête d'un vieux conseiller, et il eut son tabouret.
À quelque temps de là, Jehan qui s'ennuyait un peu à la place subalterne qui lui était échue, et qui trouvait le tabouret trop dur pour ses fesses, Jehan voulut une meilleure place. Il en dit quelques mots au roy, et l'on expédia aux galères le capitaine des conseillers royaux, afin que les autres conseillers puissent choisir Jehan comme nouveau capitaine, selon leur coutume. Jehan prit goût à ses nouvelles occupations, mais il se trouva bientôt que le tabouret de capitaine lui parut aussi ingrat pour son séant que l'ancien…
C'est alors qu'il songea à la place de Sénéchal de la Défense, laquelle jouissait d'un large fauteuil, à l'assise réputée plus moelleuse qu'un giron de femme. Jehan confia cette songerie au roy, à l'occasion d'une poule au pot dominicale au palais, et le roy lui dit: «tope là, mon fils!»
Dès le lendemain, Jehan fit part aux conseillers des Hautals de Seine de son désir de servir le royaume et siéger en leur nom à la Défense, si personne d'autre ne désirait se sacrifier aussi. Ils furent tous d'accord, comprenant que le roy voulait qu'il en soit ainsi.
Mais alors, il se raconta par tout le royaume Franchois que le prince Jehan était bien trop jeune pour occuper ce siège important. Un si large fauteuil ne sentirait même pas le poids de ses fesses de damoiseau, et puis, il n'avait récolté que des mauvaises notes à l'école… Bref, on murmurait de réprobation de tous côtés.
Jehan était furieux, mais il ne pouvait tout de même pas demander à son père que l'on coupât toutes les langues du royaume! Il partit à la chasse avec Scooter, afin de se calmer, et c'est là, sur une piste au fond des bois, qu'il fut soudain désarçonné par une vive lueur. Alors qu'il gisait à terre, douloureux, son heaume cabossé, une voix divine lui murmura doucement à l'oreille: «Jehan, les gens sont méchants, mais toi, tu es bon, et tu es trop jeune pour affronter tant de haine. Renonce à devenir Sénéchal, et va partout disant que tu veux seulement le bien du royaume!»
Jehan, dit-on, remonta sur Scooter et s'en retourna au palais, bouleversé. Il eut une longue conversation avec son papa, et le lendemain soir, il annonça à tous les sujets Franchois qu'il ne voulait plus devenir Sénéchal de la Défense. C'est vers la fin de son discours, en le regardant mieux, qu'on aperçut une lueur dorée rayonner en couronne autour de son crâne blond. Au cours de la nuit suivante, trois aveugles recouvrèrent la vue (mais ils ne s'en aperçurent qu'au lever du soleil) et deux paralytiques firent soudain l'amour à leur femme. La nouvelle se répandit, des lépreux accoururent pour baiser les chausses de Jehan, et ils furent guéris. Des femmes infertiles vinrent le trouver afin qu'il leur toucha le ventre, et elles accouchèrent dans l'heure de beaux jumeaux Franchois… Ce fut une telle succession de miracles que le bruit s'en répandit jusqu'à Rome.
C'est ainsi que Jehan devint Saint Jehan Sans Défense, premier homme canonisé de son jeune vivant!
P-S: Faute de temps pour lire mes consœurs et confrères aujourd'hui, je vous conseille de visiter des blogs où j'ai pris hier beaucoup de plaisir: Les peuples du soleil, Perséphone, et la maison Poison-Social…
vendredi 16 octobre 2009
Pauvre Nicolas
Prenons le cas de son fils Jean, sans doute l'attaque qui a le plus blessé M. Sarkozy, ces derniers jours. Voilà un garçon qui a été élu à 21 ans conseiller général… Vous rendez-vous compte de l'exploit démocratique que ce garçon réalisa?
Parti de rien, dans sa circonscription d'origine, certes, mais avec le lourd handicap d'être le fils du sarkozy régnant, il s'impose comme candidat UMP, et à peine élu, subjugue par sa valeur les instances de son groupe politique au sein de l'assemblée départementale. Il est élu président de l'UMP-Nouveau Centre-etc, au nez et à la barbe du maire de Meudon. Un duel au talent nu, remporté à la loyale, puisque personne n'a dit le contraire.
Et maintenant on voudrait l'empêcher d'accéder à la présidence de l'Epad, où il ne recevra même pas de rémunération! Une fonction tellement subalterne qu'on se demande pourquoi il s'embête à la convoiter, on ne connaît même pas le modèle de sa voiture de fonction, s'il y en a une, et quel montant de tickets restaurant elle lui vaudra, pour ses frais. Voyez combien nous sommes mauvais, les républicains: cerise sur le gâteau, Jean Sarkozy devra encore une fois se faire élire avant d'accéder à la présidence de l'Epad! Et croyez-le bien: c'est loin d'être dans la poche, avec 15 élus d'une opposition sanguinaire contre 30 UMP-Nouveau Centre-etc, pacifiques et un peu mous.
Alors, ce soir, je suis un peu mal à l'aise, et je me demande si mon hostilité envers notre sarkozy ne me sera pas reprochée le jour du jugement dernier. Parce que ça ne fait pas un pli: là-haut, il se fera élire encore du premier coup, Nicolas Sarkozy, pour moderniser le paradis et y inviter la famille et les copains.
P-S. C'était mardi, Martine nous faisait partager son expérience de l'influence des blogs dans la critique théâtrale… Il n'est pas trop tard pour lire!
mardi 13 octobre 2009
Le chagrin de Nicolas 1er
«Mais pourquoi qu'ils ont honte, ces connards? On s'en fout de ce qu'ils disent en Chine, en Suisse, en Amérique, et ailleurs… On est chez moi, pas vrai?
—Oui, mon Nicou, t'as raison.
—Et chez moi, je fais ce que je veux, merde!
—C'est sûr.
—Et en plus, c'est même pas vrai, cette accusation de népotisme! J'ai demandé à Riton de m'expliquer…
—Prends ce mouchoir, j'aime pas quand tu pleures… Il a dit quoi, le bon Saint Henri?
—Le népotisme c'est un truc plus vieux que ma mère, ça remonte au temps des loggia…
—Des Borgia, tu veux dire?
—Peut-être, je m'en fous… En tout cas, pour qu'il y ait népotisme, faut un népote. Et est-ce que j'ai un népote, moi? T'as vu un népote quelque part dans la maison?
—Si ma mémoire est bonne, c'est un neveu… Ah, non! Tes neveux ne sont pas venus ici depuis un moment.
—Bon, à l'étranger y me reprochent d'avoir fait élire le fiston Janou sapir des comices départementales et de vouloir le nommer président de l'Etablissement impérial pour bétonner les affaires. Mais le prince Janou, c'est mon fils, pas mon népote!
—Ben oui, c'est le fils que t'as eu avec cette tr…
—La ferme! C'est pas le moment de me faire ta crise de jalousie, Lala. On parle de la bêtise de mon peuple, pas d'autre chose.
—Le népotisme, mon Nicou, c'est aussi quand on refile les honneurs et les places juteuses à sa famille et à ses copains…
—Faut pas charrier, quand même! Prends n'importe quel Franchois qui invite des gens chez lui… Et demande lui s'il trouve anormal qu'on refile en douce un plus gros morceau de gigot au fils de la maison, tu verras!
—Ben oui, mon canard, t'as raison.
—Faudrait qu'à Télé-Nicolas, ils fassent une bonne émission politique pour leur expliquer, c'est leur boulot. Mais y sont bons à rien, à ma télé… Des fois j'ai envie d'en faire décapiter un ou deux pour secouer les autres.»
On le voit, notre Empereur est très affecté par les émois de son peuple. Il est temps de nous lever comme une seule femme et de lui crier notre amour: «Le pays est à toi, Ô Bien Aimé! Prends tout et laissons glapir les doryphores dans le désert!»
vendredi 11 septembre 2009
Nicolas 1er et le sapir des choses du dedans.

—Vous m'avez fait appeler, Sire?
—Et comment, Maurice! Ça fait deux heures que j'attends! Non, mais, tu te rends compte? Deux heures… Moi…
D'indignation, notre Phare de la pensée suffoquait presque, et du sang injectait ses yeux à l'azur profond, tel un coucher de soleil en plein midi au bord de la mer.
—J'implore votre mansuétude, Sire: mon mobile était déchargé. Je n'ai trouvé votre Impérial SMS qu'il y a dix minutes…
—Bon, je m'en fous! Tu l'as échappé belle, mon cochon, demande à Riton… Hein, Riton, qu'il est pas passé loin de couic!
—C'est exact, Maurice… Sa Majesté voulait qu'on vous coupe la tête, ce matin.
—Mais, mais, mon Empereur Bien-Aimé, en quoi vous ai-je déplu? hoqueta le Sapir.
—«Quand y en a un, ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'y a des problèmes», c'est bien toi qui a dit ça?
Le Sapir ouvrit de grand yeux d'où s'écoulait l'étonnement bleu le plus vif, pareil aux eaux pétulantes où frétillent des truites vagabondes éberluées.
—J'ai dit ça, moi?
—Oui tu l'as dit.
—Je m'en souviens pas…
—Arrête de déconner, Maurice… Y a une vidéo qui circule sur internet, je l'ai vue, je t'ai entendu de mes propres oreilles…
—Si c'est sur internet, alors c'est une menterie, Sire…, et puis c'est pas bien grave, vu que vos sujets n'ont pas le droit de regarder n'importe quoi, ils seraient dans leur tort.
—Tu me fatigues, je sens que je vais rappeler le bourreau! Figure-toi que je l'ai renvoyé parce que t'arrivais pas, j'avais pas envie de lui payer des heures supplémentaires, à cette feignasse. Il me coupe une tête par quinzaine à tout casser, et ça me coûte la peau du cul. Bon, tu as toujours perdu la mémoire?
—Sire, vous ne voulez pas dire qu'ils m'ont filmé à la fête des Nicoliens de la Gaule du Milieu?
—Si, c'était là.
—Pff! Les salauds! Je vais vous expliquer, majesté… Ma secrétaire venait juste de m'enlever un point noir sur le nez, quand y a ce moricaud qui me demande un autographe. Je lui signe son papier, et en même temps je dis à Solange: quand y en a un, ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'y a des problèmes. Voilà, c'est tout: je parlais de mes points noirs.
—Faut pas dire un moricaud, et d'une! Ici, on est entre nous, tu peux, mais sinon faut pas dire ça. On dit: «un Franchois comme les autres», et de deux! Parce que maintenant, on a la ligue de défense des Franchois comme les autres qui nous tombe dessus. Faut faire gaffe, Maurice: ils paient la taxe sur les chaussures eux aussi, tu vois pas qu'ils décident de rester pieds nus en représailles?
—Ils ne tiendraient pas longtemps, Sire, si je puis me permettre, intervint le bon Saint-Henri: l'hiver arrive, et ils sont encore plus frileux que les autres Franchois.
—Possible, mais de quoi j'ai l'air, moi? À ta propre demande, j'ai fait décapiter le bailli d'Outrepart le mois dernier, tu te souviens? Il avait traité des Franchoises comme les autres de «gnaquedesnoix», et ça avait fait un scandale gros comme le cul de Mangeline… Et t'avais déclaré: «je ne tolérerai pas de propos racistes dans l'empire», c'était dans Le Journal, même!
Le Sapir des choses du dedans baissa piteusement le nez, en se grattant la fesse droite d'embarras.
—Voulez-vous ma démission, sire?
—Tout de suite les grands mots, comment tu y vas! Non, je te garde. Remarque, si t'étais arrivé à l'heure, c'est sûr, on te la coupait…T'as bien fait d'arriver en retard, j'ai eu le temps de réfléchir. Je me suis rappelé qu'on a été à l'école ensemble, que tu me faisais mes rédacs, tout ça… C'est pas rien, quand même, d'avoir un bon copain pour le dedans! Il me faut quelqu'un de confiance, avec le peuple, on sait jamais, et s'il faut lui rentrer dedans, j'aime autant que ça soit toi qui t'en occupes. Je vais dire au Premier sapir de convoquer le journaliste et Télé-Nicolas pour leur raconter ton histoire de point noir. Et après ça, le premier qui ricane, on l'ébouillante et on l'écorche sur la place publique pour l'exemple!
P-S. L'heure tardive m'a empêché de lire mes confrères… Pour une fois, c'est vers un autre billet de moi que je vous renvoie, publié sur Le Post, en soutien à Sarkofrance…

