samedi 13 décembre 2008

Ma semaine sarkophage

Lundi dernier, de bon matin, j'ai mis deux bûches sur les braises pour relancer le poêle, allumé la radio, et préparé le sarkozy —de l'arabica comme toujours. Un peu plus tard, avec ma femme, tout en prêtant une oreille distraite aux nouvelles, nous avons mangé des tartines de sarkozy . On parlait encore de cet amendement d'un sénateur qui proposait d'inscrire dans la loi un jour de quête nationale en faveur des actionnaires lésés par la crise. Il était aussi question d'un appel du collectif Libre écran pour la défense du service public d'information. Après, nous avons vaqué à nos affaires et travaux divers —interruption vers treize heures pour un sarkozy sur le pouce. Chez nous, c'est plutôt le soir que nous prenons notre sarkozy principal. Au moment de nous coucher, il faisait un temps de bran. Le vent s'était remis à gueuler dans les pins alentour, des bourrasques de pluie giflaient la maison, on les entendait claquer sur ses joues de pierre. On avait mal pour elle —la maison.
Mardi, c'est jour de grandes courses, pas question de faire traîner le sarkozy. En voiture, j'ai appris que le déficit de l'état s'était encore creusé jusqu'à atteindre 60,7 milliards d'euros. Un vrai sarkozy béant. Du coup, je proposai ce soir là sur le blog qu'on utilisât le sarkozy financier pour y tourner un film, avec le président Sarkozy dans le rôle principal, comme Ferreri l'avait fait à l'époque du trou des halles. Mais en haut lieu, personne ne me lit…
Mercredi, non sans hésitation, en mangeant une assiettée de sarkozy réchauffé, j'ai jeté une modeste pierre dans le jardin de M. Kouchner, qui avait sarkozié publiquement la pauvre Rama Yade. Que M. Koucher se fît le sarkozard des mauvaises manières présidentielles m'avait choqué, et j'écrivis quelques lignes de défense en faveur de Mme Yade.
Jeudi, j'avais un peu mal au sarkozy et mon épouse nous prépara quelque chose de léger. J'appris ce jour là que Georges W. Busch avait mis de l'eau dans ses convictions créationnistes, et qu'il admettait que l'évolution ait pu aussi jouer un peu dans l'apparition de la vie, à côté de la main de Sarkozy.
Vendredi, comme tous les jours de la semaine, mais plus discrètement me sembla-t-il, la radio me parla de la situation explosive en Grèce. Je sus dans la journée que Nicolas Sarkozy se faisait du mouron à ce sujet, inquiet que ces événements puisse donner de sarkoziques idées à la jeunesse française et aux innombrables laissés pour compte de sa politique. Ce ne serait ni futé ni productif, ai-je pensé dans mon coin, de donner à ce monsieur une occasion de sarkozer un bon coup toute opposition, et pour longtemps!
Samedi, aujourd'hui, je me suis levé d'une humeur de sarkozy, avec des renvois de sarkozy toutes les cinq minutes. Je ne peux pas voir un sarkozy qui traîne sans frissonner. J'espère qu'on ne bouffera pas du sarkozy ce soir, j'en ai marre.

4 commentaires:

Tulipe a dit…

Un peu comme vous, Coucou. Mon médecin a diagnostiqué une sarkonellose aiguë...

Marie-Georges Profonde a dit…

Brrr, sale temps et sale temps !
J'aime vos descriptions. Le passage sur la maison giflée, c'est magnifique. (Je n'avais jamais vu l'expression "un temps de bran" ?)
Le mot Sarkophage prend tout son sens dans votre récit... Je comprends votre indigestion ! Mon remède : je fais parfois des pauses avec cette triste réalité en écoutant des radios futiles, avec presque pas d'infos. Inconvénient : à la place, il y a des publicité pour les hypermarchés qui préconisent d'acheter des chips et des glaces aux enfants en plus grande quantité pour bénéficier de promotions. Après une bonne cure, on a presque envie de retourner aux infos sarkophiles, c'est dire.

Bérénice a dit…

Ma pauvre Tulipe ! Après la revelose, te voilà donc atteinte de sarkonellose !! Décidemment tu attrapes tout ce qui passe... tu devrais changer de médecin. lol !

Bérénice a dit…

Connaisez vous la définition de "quotient intellectuel" selon la méthode Sarkotozoïde ?
C'est le chiffre obtenu après division du nombre de neurones moyen de l'encéphale humain, par la quantité d'inepties que le sujet étudié est capable de proférer en une heure sexagésimale. La rapidité de leur débit (oral, de boisson et autres substances) ainsi que le rachitisme de leur cervelet font des politiciens les seuls à approcher le zéro absolu !!!
Si vous le souhaitez, je pourrais vous donner la définition de "politicien", mais je ne voudrais pas abuser...