dimanche 7 décembre 2008

Pas de nouvelles du père Noël?

Quand j'étais gamin, en âge de fréquenter le cours élémentaire, j'avais un copain extraordinaire. Il était le fils du père Noël. Vous souriez? Vous avez tort, ce n'est pas une blague. La preuve: il se prénommait Noël. Ma mère, personne qui n'est pas facile à épater et ne s'en laisse pas compter, ma mère elle-même n'avait rien trouvé à dire pour réfuter cet argument. Surtout que je lui parlais souvent de mon copain Noël, fils du père Noël. Je ne me souviens plus comment j'avais eu vent de la vérité, à l'époque, si c'était Noël qui me l'avait apprise, ou si j'avais deviné seul. En tout cas, à la sortie de l'école nous marchions toujours un moment ensemble dans la rue. Moi, j'habitais à une centaine de mètres de l'école, tandis que lui, forcément… Nous dépassions ma maison et remontions loin vers le bout de la rue en bavardant, mais je n'allais jamais jusqu'au bout du bout. D'une part, je n'avais pas l'autorisation de dépasser une certaine limite —en l'occurrence le petit atelier où œuvrait une dame remmailleuse de bas—, et d'autre part je crois qu'une espèce de crainte superstitieuse me retenait. Derrière le coin de la rue, là-bas, attendait le traîneau volant du père Noël venu chercher son fils. Si je me montrais, qui sait s'il n'allait pas en prendre ombrage et changer son fiston d'école? Parce que c'était par pure discrétion vis à vis des enfants qu'il n'attendait pas Noël à la porte de l'école, bien sûr. Je me demande ce qu'ils sont devenus, la famille Noël : je n'ai plus jamais revu mon copain après la petite école. Cette année en repensant à eux, je suis un peu inquiet, à cause de la grande crise. Oh, je sais bien que c'est un boulot sûr, père Noël, au moins en théorie! Seulement, allez savoir la vérité! Sous la barbe blanche et la rouge houppelande, quelle misère se cache? Imaginez un peu qu'il se soit fait refiler des subprimes… Parce que, bon, pour distribuer autant de jouets partout dans le monde, il faut bien faire des placements pour pouvoir les payer, ces jouets! Si ça se trouve, cette année il n'a déjà plus un radis et il a déjà bouffé son renne pour se nourrir avec sa petite famille, et brûlé son traîneau pour se chauffer?

Pub: je signale à mes lecteurs clavésiens (aux autres aussi, d'ailleurs) que Philippe Hermelin vient de publier un album de photos, vendu à cette adresse.

5 commentaires:

walkingthedog a dit…

Pas de panique, c'est un boulot sur.., tant qu'il y aura un marchand sur terre, il ne se pointera pas à l'ANPE.

menfin a dit…

il est de ma famille aussi....

Marie-Georges Profonde a dit…

Un joli souvenir :)
Si le père Noël mange ses rennes, si le petit chaperon rouge baffre sa galette et son petit pot de beurre dans les bois, les ours passent Boucle d'Or à la rôtissoire... Bref si la crise vient se nicher dans les contes, où va le monde ?!
(merci pour le lien !)

Eric citoyen a dit…

Attends, moi, j'ai passé un commande !

Bésitos

Le coucou a dit…

@tous, je réponds tard, excusez!
Walk, un boulot en or, alors…
menfin: ah bon? Par alliance, ou lien direct? Et que devient Noël? Je ne l'ai pas vu sur Copains d'avant…
Marie-Georges, c'est la crise qui retourne au conte : bientôt le Petit poucet pourrait
bien redevenir d'actualité
Eric: s'il a déposé son bilan, tu devras faire une lettre de réclamation.