vendredi 30 juillet 2010

L'abus de vertu est dangereux, au volant de la république

La république irréprochable n'a pas que des qualités, ses excès de vertu peuvent se révéler aussi choquants que certains abus d'une république pervertie. Ainsi, aujourd'hui, le monde politique et les citoyens ordinaires se rejoignent-ils dans la réprobation des méthodes dont a usé la police, diligentée par le procureur de Nanterre, à l'égard du ministre Éric Woerth.

C'était hier matin, vers neuf heures. Monsieur le ministre prenait son petit-déjeuner au lit, encore tout ensommeillé dans son pyjama de jogging, quand soudain des policiers ont fait irruption dans sa chambre. Ils lui signifièrent sèchement qu'à fin d'interrogatoire, il allait être placé en garde à vue, et refusèrent de lui permettre de se changer, ainsi qu'il le demandait timidement. On lui passa des menottes aux poignets, on l'entraîna en jogging blanc jusque dans la cour du ministère. Sous les yeux de tout le personnel agglutiné aux fenêtres, personnel qui contenait à grand peine son indignation, on l'embarqua dans un fourgon à destination du lieu de son interrogatoire. Le calvaire de M. Woerth se prolongea huit heures durant, tandis que la nouvelle semait la consternation à travers le pays.

Sont-ce là des manières d'agir envers un grand serviteur de l'État, jusqu'à preuve du contraire? Fidèle à sa réputation d'intransigeance, le président Sarkozy n'a pas levé un petit doigt en faveur de son ministre. Il ferait bien cependant de méditer sur l'émoi suscité par cette affaire, et de faire violence à son sens du devoir pour mettre un peu d'humanité dans la société sans reproche qu'il souhaite nous léguer. Ce n'est pas parce que l'on est puissant et haut placé que l'on a moins de droits que les autres, non mais!

4 commentaires:

Stef a dit…

moins de droits que les autres, j'aimerais y croire...

Nicolas a dit…

Tu as oublié le toucher rectal avant la garde à vue.

toff de aix a dit…

Normal, d'un côté nous avons "l'attachement aux Valeurs d'une République Irréprochable", et de l'autre, nous avons simplement l'attachement au radiateur en fonte..

Le coucou a dit…

Stef,
tu n'y crois pas? Moi non plus.

Nicolas,
ah! oui! Dommage, c'était un grand moment.

Toff,
l'essentiel est que tout le monde se retrouve dans l'attachement à quelque chose. Nous sommes humains, eux aussi. Si, si !