samedi 30 avril 2011

Tout fout le camp, même le muguet !


Finalement, je n'ai rien à dire, à part vous répéter ce que vous savez déjà d'essentiel : demain, le muguet sera cher : plus de 2 € au lieu de 0,42 € l'an passé à Rungis. Le printemps précoce a fait mûrir les clochettes trop vite. Alors demain, on nous vendra des brins qui seront flagadas de la tige à peine sortis des frigos.

C'est bizarre, parce que chez moi, le muguet n'est pas encore vraiment fleuri. Il y a toujours quelques pieds dans le foutoir de plantes qui poussent dans le puits. Oui, dans le puits, c'est ridicule, je sais. Un vrai faux puits en pierres de taille avec ses arceaux et sa poulie, plein de terre, qui se trouvait déjà posé là quand nous nous sommes installés. Il n'y avait pas de nain, c'était déjà une bonne chose, mais ma femme et moi avions tout de même envisagé de le déplacer un jour au milieu du pré où coule une source.

Une fausse vraie source, pour être précis : elle cesse de couler aux alentours du 14 juillet jusqu'aux grosses pluies d'automne, mais c'est une autre histoire. Il se serait senti un peu plus puits au milieu du pré, de l'eau au fond de la margelle, c'est probable. En tout cas, il aurait eu l'air moins con.

Néanmoins, les pierres maousses de sa margelle ne bougeront plus de place, j'ai bien trop peur d'abîmer le muguet —il était question du muguet, rappelez-vous au lieu de vous moquer. Les autres années, il y avait toujours au moins un brin fleuri, le matin du premier mai ; quelquefois avec seulement quatre ou cinq clochettes blanches et les autres encore d'un vert tendre. Je le cueillais dès le réveil, il nous mettait de joyeuse humeur au premier jour du mois le plus doux de l'année, riche en beaux souvenirs. Eh bien ! cette année pas de clochettes pour demain, je viens encore de vérifier. Je ferai comme presque tout le monde : je m'achèterai mon bout de printemps —si j'en ai envie.

Sinon, comme vous le démontre l'illustration de ce billet, une alerte de Yahoo Actualités, je suis passé à côté d'une information capitale. J'ai honte.

11 commentaires:

Zette a dit…

Pas encore sorti, les clochettes sont encore vertes.
Alors je l'offre.

Nicolas a dit…

Chez ma mère, il y a beaucoup de muguet (on ne sait pas pourquoi) (mais pas de puits), ça fait trois semaines qu'il est sorti.

Et comme chaque année, je vais m'empresser de ne pas en acheter.

Le coucou a dit…

Zette,
est-ce que le bonheur s'attrape par le parfum, uniquement quand les clochettes blanchissent ?

Nicolas,
le muguet semble toujours capricieux…
Les traditions m'emmerdent en général, mais celle du petit brin de mai, non. J'aimais bien l'époque où on l'achetait à des gens qui l'avaient cueilli dans les bois et le revendaient au grand dam des fleuristes —nuire aux commerçants le jour de la fête des anars est un plaisir.

Nicolas a dit…

Le Coucou,

Le muguet poussant comme des mauvaises herbes dans le jardin de ma mère, je trouve tout simplement ça hors de prix. Je suppose, en plus, qu'en Région Parisienne, ça a un caractère particulier : le muguet arrive tout droit de Rungis alors que quand j'étais môme, les gens vendaient du muguet qu'ils cueillaient eux-mêmes.

Le coucou a dit…

Nicolas, évidemment, si on pense à celui qui pousse sans effort dans le jardin ou dans les bois (le seul vraiment digne de la fête du travail), c'est écœurant. Sauf qu'il sent fichtrement bon sur les étals des marchands et… Enfin, bon.

Nicolas a dit…

Qu'est ce qui me prend à discuter botanique, moi ?

Justement, le Coucou, celui du jardin sent beaucoup plus.

Dans le temps, les patronnes de la Comète et de l'Amandine bossaient le dimanche et je me rappelle que j'arrivais à surprendre les clients de ces bistros avec l'odeur du muguet que je ramenais de Bretagne pour elles.

Le coucou a dit…

Forcément, celui du jardin a souvent quelque chose d'anarchique, il émet des fragrances qui tournent à contresens : idéal pour se faufiler dans les trous de nez.

Romain / Variae a dit…

Suspens : Sarko va-t-il proposer une loi contre l'augmentation du prix du muguet ?

Le coucou a dit…

Romain,
non, il va désigner les gens de Météofrance comme coupables du printemps précoce.

Monsieur Poireau a dit…

Argh, on dirait un reportage de TF1, on sent le creux dans l'actu ! :-))

[Tiens au 1er mai, j'offre un sapin de Noël, voilà ! :-) ].

Le coucou a dit…

M Poireau,
TF1 ? Tu es dur ! En fait c'est un billet qui a beaucoup de sens pour moi, en creux. :)