samedi 9 avril 2011

Ah bon, Borloo a bougé ?

Qu'est-ce que j'apprends ? Borloo a quitté l'UMP pendant que je tondais l'herbe sous les fils de la clôture électrique ! Ce n'est pas une nouvelle fraîche, dites-vous, elle date d'avant-hier et commence à sentir la vidure médiatique… Ah bon ? Alors je n'avais pas éprouvé au moment crucial la secousse de cette rupture dans les profondeurs de la majorité.

La plaque Radicale s'éloigne de la plaque UMP, c'est au moins d'une magnitude de 0,1 sur l'échelle des séismes politiques qui compte trois degrés. Le premier peut entraîner un changement de majorité, le deuxième équivaut à un score record du FN, le troisième serait d'une violence telle que le FN arriverait au pouvoir. Avec le micro-séisme Borloo, les dommages sont à priori minimes. La dérive radicale ne mettra pas en péril les fondements de l'énergie nucléaire française, il en faudrait davantage. Même la formation annoncée pour mercredi prochain d'une vague Hulot ne menacerait pas cette dernière : ce genre de phénomène fait tout au plus la joie des surfeurs.

D'un autre côté, la plaque Radicale rejoignant la plaque Modem, nous pourrions nous retrouver avec un Front du Milieu. À vrai dire, cette hypothèse est peu crédible : deux histrions politiques nourrissant tous deux l'ambition inavouée de s'imposer comme futur premier ministre de Sarkozy, en cas de réélection de celui-ci, peuvent-ils vraiment s'entendre ? Il n'y a qu'un seul poste de premier ministre…

Bien sûr, vous pouvez objecter que la motivation véritable de Borloo est de préparer sa candidature à la présidentielle de 2017 et qu'il peut donc s'entendre avec Bayrou. Croyez-vous sérieusement que cela puisse apaiser un instant l'aigreur de ce dernier ? Non, car Bayrou compte fermement sur les présidentielles de 2012 et 2017 pour s'imposer en 2022 —2027 au plus tard. Dans ces conditions, vous conviendrez qu'il ne peut pas se permettre de laisser un autre centriste, même un vaguement centriste, pâlir son image devant l'opinion publique.

Hum, relecture faite de cette brillante analyse, il me semble urgent d'y mettre un point final.

P-S: Monsieur Poireau fait dans la métaphysique…

7 commentaires:

Nicolas a dit…

Il faut organiser des primaires au centre ?

Didier Goux a dit…

Ah, remarquez, si Poireau se lance dans la métaphysique, il n'est pas impossible que le centre gagne, alors…

Olivier P a dit…

et pourquoi pas des premier ministres bis, ter ou quater ??? Vu l'espace que leur laisse Sarko, il peut en nommer dix...

Le coucou a dit…

Nicolas,
bonne idée, tu devrais écrire à Borloo.

Didier,
votre analyse du centre va éclipser la mienne, je suis jaloux.

Olivier,
bien vu, d'ailleurs il n'y a que des premiers ministres dans un gouvernement sarkozyste.

Monsieur Poireau a dit…

Si Borloo venait à être élu, ce serait Bernard Tapie le 1er ministre, non ?
J'aimerai bien que dans ces présidentielles à la française, les candidats s'annoncent aussi avec au moins les ministres régaliens nommés !
:-))

Le coucou a dit…

M Poireau,
j'avais pensé aussi au rapprochement Tapie-Borloo, ou plutôt celui des deux familles radicales… Mais le téléphone a sonné en pleine phrase… Ce n'était ni Tapie ni Borloo, du coup j'ai pensé à autre chose.

Stéphane a dit…

En Mars, j'ai fait un sondage sur l'appli Elections 2012 en beta-test pour les smartphones sous Android, pour désigner le meilleur candidat centriste possible entre Morin, Bayrou et Borloo. J'ai été surpris de voir que les 485 beta-testeurs plaçaient Borloo à 61%, loin devant Bayrou à 32% (lire mon post du 31/03/11 sur le Blog ici : http://elections2012-blog.fr ).
Je les avais trouvés un peu dur et j'ai soumis un nouveau sondage (encore en cours) centré sur le potentiel de Bayrou au 1er tour.
Hier, j'ai lancé un autre sondage, "Borloorama", pour savoir ce que les gens retiennent de Borloo à ce jour. Pour une fois, il est possible de participer au vote depuis le blog.