jeudi 6 novembre 2008

Sarkozy perd 30 euros

«Casse toi pauvre con!» Pour le cas où vous auriez oublié l'incident, vous pouvez voir à cette adresse sur Youtube, l'une des nombreuses vidéo où l'on voit et entend notre président proférer la fameuse insulte. Or, aujourd'hui 6 Novembre, cet épisode vient de connaître une suite inique. Un militant de gauche qui, au mois d'Août dernier, se proposait d'accueillir M. Sarkozy avec une pancarte lui retournant le compliment, «casse toi pov' con», a été condamné à une amende symbolique de 30€ avec sursis, pour «offense au chef de l'état». C'est 30€ et un sursis de trop. Cet homme pouvait se croire dans son droit d'homme libre, en offrant à M. Sarkozy le reflet de sa propre médiocrité. Le juge avait l'occasion de signifier au président qu'il n'est pas dispensé du respect attendu des citoyens. Il y est même davantage astreint, car il exerce le pouvoir et dispose de la force pour impose sa politique. La population ne peut lui opposer que clameurs ou invectives dérisoires. Cette sentence va de pair avec notre piteuse image en matière de liberté de la presse. Il reste à savoir si la victime de M. Sarkozy se pourvoira en appel, et ce qu'il adviendra en pareil cas… J'espère que ces réflexions innocentes respectent les convenances d'usage vis à vis d'une décision de justice. À ma décharge, si tel n'était pas le cas, je fais valoir d'avance aux esprits critiques, le précédent et mauvais exemple que présentait la déclaration de M. Guaino, conseiller de l'Élysée, à propos des poupées vaudou. J'avais parlé de cela dans mon billet «Le scandale Fansolo».


Je ne sais pas si les quelques lecteurs d'Amérique de ce blog seront de mon avis, mais l'élection de Barack Obama me semble d'une telle portée symbolique qu'elle mériterait d'être gravée dans l'Histoire. Vous me suivez? Au Mount Rushmore National Memorial, il reste assez de granit pour sculpter l'image du juvénile héros, à droite de lincoln, il me semble… Après tout, il avait bien été question, je crois, d'y caser l'imbuvable Reagan! Vous me direz qu'il est trop tôt, qu'on ne sait pas si l'homme sera à la hauteur des espérance qu'il porte… Oui, bien sûr, je réponds, mais cette élection est tout de même un magnifique signal adressé au monde, de ce que la démocratie peut faire. Et puis, du train ou va le monde, aussi, il n'y a pas de temps à perdre si l'on veut laisser un témoignage sympathique de l'humanité aux extraterrestres qui visiteront un jour nos restes…


5 commentaires:

Marie-Georges Profonde a dit…

Une amende pour avoir proposé l'idée de la pancarte qui cite le président ? On n'a pas le droit de porter gloire aux propos de notre dirigeant ? Il aurait dû être payé !
Belle illustration. Ca me plaît.
(Imagine notre rocher à nous, avec les citations de nos grands hommes gravés dans la pierre... "Casse-toi pauv con" ça ferait bien, non ? Ça résume bien une certaine politique, moi je trouve.)

Eric a dit…

Et lui lancer des tomates pourries, c'est pas une bonne façon de manifester son enthousiasme pour la politique fiscale et sociale du gouvernement?

Le coucou a dit…

Marie-Georges : Hervé Eon, "l'offenseur", a l'intention de faire appel de ce jugement… Il faut saluer son courage et espérer que le pot de terre l'emportera, à la fin, sur le pot de chambre!
Eric : c'est une image tentante…, mais avec N.S. cela deviendrait passible de la perpétuité, pour le moins.

Eric a dit…

Je n'y pensais même pas!

Le coucou a dit…

Aux tomates, ou à perpète?