samedi 2 mai 2009

Samedi, 2 mais…

Les défilés du 1er Mai ont donc rassemblé en définitive moins de monde que les deux grandes journées de manifestations précédentes.
Mais, cela coïncidait avec le premier pont du mois le plus trou-trou de l'année, et les vacances de la zone B, pour le midi… Depuis belle lurette, presque tous les Français ont oublié la signification de la fête du travail, moment de commémoration des luttes ouvrières dans le monde entier. Ils la considèrent comme l'aubaine d'un jour de fête sans cadeau à faire à personne, sans débauche de chocolat à craindre, ni de messe à redouter. De la pure détente pour lézarder chez soi, ou filer en week-end. Aller manifester, c'était prolonger d'une certaine façon le boulot…
M. Sarkozy et son gouvernement auraient tort d'imaginer que la contestation de leur politique faiblit.

Il n'y a pas chez nous de révolution en vue, pour autant que cela puisse se prévoir: la majorité des gens n'est pas va-t-en guerre. Il paraît même qu'elle revoterait Sarkozy —ce qui semble paradoxal, voire douteux, au vu de la cote de popularité de l'autocrate.
Mais, il se trouve des observateurs étrangers pour y songer aussi, à une révolution à la française. On flétrit beaucoup à droite la virulence de certains mouvements sociaux, les séquestrations de patrons, sans se rendre compte que les Français ne sont pas dupes. Il n'est pas si difficile de constater où se trouve la véritable violence: quand les salariés licenciés sont condamnés aux tourments des situations financières sans issue, les patrons gardent un emploi, le retrouvent rapidement, ou l'attendent assis sur d'écœurantes réserves de fric —sans parler des actionnaires des entreprises. Avec la multiplication des mises au chômage les actions de désespoir peuvent aussi se multiplier: ce n'est pas de débordements illégaux qu'il faut parler, mais de légitime défense.

source photo

PS. À lire: la «104ème semaine de Sarkofrance»

13 commentaires:

Bérénice a dit…

Quelle bucolique illustration, Le coucou !!
Bon dimanche !

Monsieur Poireau a dit…

Je suis d'accord mais la question qui reste ouverte c'est : quelle goutte peut faire déborder ce vase dont on sent bien qu'il est rempli presqu'à ras de colère ?
Personne ne sait ni même comment ça peut éventuellement s'évaporer !
:-))

romain blachier a dit…

Je retiendrais de ce journée l'unité syndicale, pour la première fois depuis la guerre un premier mai.

Le coucou a dit…

Merci, Bérénice… Je me demande pourquoi j'ai choisi celle-ci d'ailleurs. C'est un peu tôt pour les coquelicots, mais l'image m'a plu immédiatement.

M. Poireau, oui, la société peut s'enflammer du jour au lendemain, ou au contraire demeurer dans l'état actuel de sourde colère indéfiniment. Il manque des perspectives crédibles pour donner envie de tout bouleverser.

Romain, oui, l'unité syndicale aura été le grand point positif de ce 1er Mai. Pourvu que ça dure!

Rimbus a dit…

salut, ta conclusion me fait penser à Chomsky qui dit que c'est un devoir d'enfreindre la loi si c'est pour résister à l'arbitraire !
Quand le parlement ne représente plus le peuple, il descend dans la rue. Imagine si Sarko etait aussi con que de Villepin et qu'il dissolvait l'Assemblée Nationale demain... Quel serait le résultat ?

mtislav a dit…

Un "mais" tout rouge comme un coquelicot ! C'est chouette.

Webkili a dit…

La couverture soins de santé, les congés payés, la retraite. Il y en a qui pense que cela a toujours été garanti par la loi et que c'est une chose acquise.
Je ne sais pas quand les gens se réveilleront pour prendre conscience de ces acquis sociaux durement obtenus. Il s'en rendra compte quand les soins de santé seront entièrement privatisées et qu'il devra travailler jusque 75 ans.

Le coucou a dit…

Rimbus, en effet, c'est relativement proche de Chomsky, et dans une moindre mesure de l'idée de désobéissance civile (plus pacifiste, celle-ci). C'est le moment ou jamais de regretter amèrement l'absence de démocratie : le vrai référendum d'initiative populaire qui permettrait au peuple de se faire écouter.


mtislav, tu me fais rougir ! ;-)

Webkili,
nous sommes d'accord: ton commentaire va dans le sens de ce que j'ai plus d'une fois répété sur ce blog.

Daud Avendauth a dit…

Ces fleurs qui n'appartiennent qu'aux regards, à l'antithèse du muguet, sont la révolution dont les graines se sèment sur la plus rustre des terres. La révolution des coquelicots, quelle poésie !

Homer a dit…

Je suis d'accord, d'autant que d'après les sondages, 65% des français sont déçus de l'action de SArkozy. Mais comme Poireau, je me demande ce qu'il faut pour déclencher le ras-le-bol social. Faut-il une fois de plus, compter sur le "rien à perdre" des étudiants?

Le coucou a dit…

Daud, merci d'en parler si bien ! Mais gare à la révolution des coquelicots: ils se fanent sitôt cueillis…

Homer, ce sont les mystères de la mentalité française, je crois, ces sondages discordants. Les européennes donneront peut-être un indice de la réalité du mécontentement…

Daud Avendauth a dit…

C'est bien pour cela qu'ils n'appartiennent qu'aux regards et à personne...

Le coucou a dit…

Daud, c'est juste… :-)