vendredi 13 novembre 2009

Un communiqué contre la censure

La SGDL, Société des Gens de Lettre et l'ATLF, Association des Traducteurs Littéraires de France, ont publié un communiqué auquel s'est associée La Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse…

Paris, le 13 novembre 2009
Communiqué
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. » 
Déclaration universelle des Droits de l’homme, 1948 (article 19).
Dans une lettre adressée à M. le Ministre de la Culture, un député inscrit au groupe UMP de l’Assemblée Nationale, Éric Raoult, a affirmé qu’un « devoir de réserve » s’imposait aux écrivains ayant reçu des prix importants en France, au motif que « le message délivré par les lauréats se doit de respecter la cohésion nationale et l'image de notre pays. »
Au-delà de l’absurdité de cette exigence et de l’ignorance dont elle témoigne, c’est, à notre connaissance, la première fois depuis des décennies, qu’un homme politique élu réclame publiquement la restriction de la liberté d’expression des créateurs.
D’après la loi dite Le Pors de 1983, portant droit et obligation des fonctionnaires il est stipulé que « la liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires » (article 6). Est-ce à dire qu’un simple citoyen écrivain se verrait refuser un droit fondamental que l’on a pourtant jugé nécessaire d’octroyer aux agents de l’état ?
L’idée même de subordonner l’expression d’un écrivain à la défense de « l’image » de son pays renvoie aux heures les plus noires de notre histoire. Elle fait de l’écrivain un simple agent destiné à servir un pouvoir. Va-t-on introduire en France la notion d’écrivain « national » ?
Les associations d’auteurs et de traducteurs littéraires tiennent à exprimer la très vive inquiétude que leur inspirent ces propos. Elles considèrent pour leur part que leur « devoir » est de protéger et d’entretenir la liberté d’expression en France, mission qu’elles ont remplie et rempliront encore à l’avenir.

SGDL, Alain Absire

ATLF, Olivier Mannoni



10 commentaires:

Nicolas a dit…

Elles ont bien raison ! Tout le monde doit avoir la totale liberté d'expression (sauf dans les commentaires de mon blog...).

Gwendal a dit…

Quitte à me répéter, cette provocation a pour but de sonder l’opinion. Les personnalités régissent, ainsi que les associations, mais pas assez à mon goût.
Vous allez voir que ce genre de censure passera de mieux en mieux si ça continu !

Le coucou a dit…

Nicolas,
je trouve aussi. Sur le blog, je place les limites entre insultes, en bas, et irresponsabilité, en haut (ou vice versa)…

Le coucou a dit…

Gwendal,
c'est aussi ce que je me dis: une préparation des esprits.

Gwendal a dit…

Et tu trouves que les réactions par rapport aux propos de Raoult donnent l’impression d’un gigantesque tollé populaire ?
Plutôt tiède le tollé je dirais.

Le coucou a dit…

Gwendal,
il n'y a pas eu de tollé, évidemment. De toute façon, s'agissant d'un droit, la liberté d'expression, qui doit paraître aux gens comme un luxe pas très utile, à ranger sur le buffet, et d'une catégorie, les écrivains, à laquelle il est difficile de s'identifier (d'autant qu'ils produisent de la lecture, et que la lecture, ça fatigue), de toute façon donc, la réaction ne pouvait venir que des médias et de l'opposition. Reste à apprécier si elle a été à la hauteur?

Gwendal a dit…

Effectivement, vu comme ça...

Monsieur Poireau a dit…

La caisse de résonnance médiatique fait son boulot et la boulette du linistre est reprise partout. On en fait des débats, des talks show et pas un journaliste pour s'offusquer !
J'ai peur !

[La SGDL qui écrit une lettre au ministre, c'est logique ! :-)) ].

Didier Goux a dit…

Voilà ce qui s'appelle pisser dans un violon, comme toujours avec ces petits kominterns de plumitifs.

Je les attends, le jour ou tel ou tel écrivain sera accusé de racisme ou de trumuchephobie. Pour l'instant, ils pètent dans le sens du vent. S'ils le faisaient à vent debout, ils auraient une idée de leur propre odeur.

Le coucou a dit…

M. Poireau,
il me semble que la tonalité des commentaires radiophonique était plutôt sévère contre Raoult?
(ce n'est pas une lettre au ministre, c'est un communiqué de presse).

Didier,
quel dommage: c'est votre heure lyrique, et c'est vous qui chantez comme un pet!