dimanche 31 octobre 2010

La table de nuit était vide

Un jour, une nuit plutôt, un homme dont la mémoire m'est chère, fut pris d'une brusque envie de pisser. Banal, direz-vous? Eh bien, pas tant que ça ! Dans un grand péril, cet homme avait fait vœu de se rendre à pied en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, s'il se tirait d'affaire. Ceci arriva, il fit donc cela. Sur sa longue route il fut plus d'une fois hébergé par des gens épatés de son histoire. Notamment par des châtelains pyrénéens, dont le chef de famille se trouvait être un sosie parfait du général de Gaulle —mais c'est une autre histoire…

Donc, reçu à la table de ces gens hospitaliers, notre homme fut ensuite gratifié d'un bon lit, quelque part dans les aîtres d'une vaste demeure. C'est là que l'envie de pisser le saisit, incapable de trouver le chemin du cabinet d'aisance le plus proche.

Son premier réflexe fut d'explorer la table de chevet. Dans les années 60 où se situe cette anecdote, le compartiment de toutes les tables de nuit Vieille France recelait encore un thomas ou un jules, vase de miséricorde pour les vessies à la peine. En théorie, du moins, mais dans ce château là, il n'y en avait pas.

Le second réflexe de notre homme fut d'ouvrir la fenêtre et de grimper sur l'appui, car il y avait urgence. Une main à son affaire, l'autre agrippée à l'embrasure, il pissa dans le noir avec un indicible soulagement. En bas, mais très bas, ce devait être une cour, ou un jardin, il ne savait pas très bien… Six, sept, huit, ou douze secondes plus tard, un fracas de cataracte tombant sur de la tôle ondulée déchira la nuit ! Évidemment, la colonne de liquide mit un temps certain à dévaler jusqu'à la dernière goutte.

Ceci pour introduire la remarque que les internautes, les plus jeunes en tout cas, semblent ignorer la sage précaution d'avoir toujours un pot de chambre pas trop loin de l'ordinateur. Bien peu ont su en effet identifier le jules du rébus de ce jour.

À commencer par Gildan qui ouvre le palmarès sans mérite, avec une solution donnée au pif (de même qu'Anne de Mars). Les bonnes réponses sont venues de Freddinette, Omnibus, Berthe, ZapPow, Madame.b, Lol, Philzone, La Mère et Fidel Castor, Hermes, Olympe, et Mtislav.
Bravo à eux tous !

9 commentaires:

mtislav a dit…

Savoureuse histoire qui sent le vécu !

Gildan a dit…

J'avais vu une tasse, et j'ai cherché l'argot de tasse --> vespasienne.
Je n'étais pas loin !
:)

Monsieur Poireau a dit…

Ah soudain Jules et Jim s'éclaire d'une toute autre manière !
:-)

Le coucou a dit…

Mtislav,
qui croirait qu'un château a besoin d'un poulailler?

Gildan,
tu avais Ferry, tu n'as pas eu la curiosité de chercher jules? ;)

M Poireau,
heu… Tu fais allusion à la chute de la voiture?

Monsieur Poireau a dit…

Le Coucou : du coup je trouve l'héroïne bien prévoyante de se munir d'un Jules pour la nuit !
:-)

Le coucou a dit…

M Poireau,
et la lumière vint ! :-)))

Epamin' a dit…

Presque quinquagénaire, j'ai connu dans ma jeunesse ces tables de nuit où messire Jules avait son logis. C'est pour cela que j'ai trouvé la réponse sans doute...

Le coucou a dit…

Epamin'
il y a 64 ans et des poussières, je suis né à environ 1,50m du jules de la photo.

Epamin' a dit…

Jules, le plus vieux copain d'enfance du coucou...