jeudi 25 novembre 2010

Karachi, des langues se délient

On commence à comprendre un peu mieux le refus de certains d'éclairer les coulisses de l'affaire Karachi. Le secret farouche maintenu par le Conseil constitutionnel sur l'examen des comptes de campagne d'Édouard Balladur, n'en est plus tout à fait un…

Roland Dumas qui présidait cette institution à l'époque a craché le morceau amer dans Le Monde. Lisez-le, en particulier sa version papier qui devrait être plus exhaustive, et vous verrez que l'on ne pouvait pas incriminer M. Balladur sans mettre M. Chirac dans l'embarras…
Si Roland Dumas fait ces révélations, ce n'est certainement pas que la situation cornélienne vécue alors l'a laissé bourrelé de remords. Ce doit être plutôt un service qu'il rend au dernier de ses successeurs de droite à la tête du Conseil. Une façon officieuse de lever le secret sans mettre le doigt dans on ne sait trop quel engrenage surréaliste —par exemple : on pourrait annuler l'élection de Chirac en 95, annulant du même coup sa réélection de 2002, ce qui rendrait caduc le mandat de Sarkozy…
Il n'empêche que la curiosité risque de rester vive à propos des sommes suspectes repérées dans les comptes de Balladur.

L'homme du jour, toujours à propos de l'affaire Karachi, me paraît être plutôt le député communiste Jean-Jacques Candelier qui propose de communiquer au juge d'instruction les procès-verbaux de la mission parlementaire sur l'attentat. Il a le sentiment que le refus du président UMP de l'Assemblée de collaborer avec le juge cache la volonté du pouvoir d'étouffer l'affaire.
Finalement, il n'est pas impossible que les familles de victimes apprennent un jour la vérité sur la mort de leurs proches.

P-S : Des primaires improvisées? C'est à lire chez Stef… La journée contre la violence faite aux femmes s'affiche un peu partout, j'ai choisi de vous recommander les billets de Melclalex, PMA et Les coulisses de Sarkofrance

4 commentaires:

Monsieur Poireau a dit…

Prems !
:-)

L'info sur les comptes de campagne validés puisqu'ils sont tous erronés est quand même la plus belle révélation sur l'état réel de notre démocratie. Une mascarade, une pantalonnade, j'hésite…

Sur l'affaire Karachi, après avoir lu l'article du Canard de la semaine dernière, j'ai des doutes quant à l'implication réelle des uns et des autres. Mais nous ne pourrions le savoir qu'en aillant tout le dossier sur la place publique !
:-)

Le coucou a dit…

Ben, c'est simplement une confirmation de plus que nous ne sommes pas une démocratie…
(Bon, je vais essayer de te répondre partout d'ici ce soir, à mesure que je vais me réveiller ;-) )

Monsieur Poireau a dit…

Le Coucou : j'ai essayé de rattraper mon retard de lecture grâce à une chute du lit à 3h du matin. Tu n'es pas obligé de répondre à tout. Comme je disais à Nicolas, ça sert surtout à signaler au taulier que je suis passé par là et que l'article fut lu. Evidemment les conversations sont toujours possibles ! :-))

Le coucou a dit…

M Poireau,
je m'en voudrais de ne pas répondre ! Merci de tes visites. (Je crois que je suis à jour, là...)