vendredi 14 août 2009

À vélo, et en maillot…


Le président fait du vélo pendant que ses conseillers se cassent la tête à l'Élysée pour lui pondre une quelconque déclaration par jour… Histoire d'occuper sa place réservée dans la presse ancillaire, celle qui continue jour après jour à rappeler son malaise ,afin d'entretenir l'élan de compassion en sa faveur dans la France qui rampe.

Deux jeunes Françaises croupissent dans les prisons de pays peu reluisants, pour des motifs fort différents. Une dictature théocratique de la pire espèce retient Clotilde Reiss, en Iran, tandis qu'une espèce de république bananière a condamné Florence Cassez à une peine féroce —96 ans de captivité à l'origine—, à l'issue d'une parodie de procès. Les deux cas sont différents, car la première n'est accusée, somme toute, que de s'être crue un moment dans un pays libre, alors que la seconde a été impliquée, aux dires de ses accusateurs, dans une affaire criminelle. Il n'empêche que dans les deux cas, on attend, on espère une issue heureuse le plus rapidement possible: avant-hier de préférence, hier au pire…

Ce sont les nouvelles que j'ai retenues de l'actualité des derniers jours, avec celle, réchauffée par la droite, d'un nouvel épisode de la burqa… À la faveur de l'interdiction de piscine d'une jeune femme musulmane, on a ainsi appris en plein été que sous la burqa, se cache aussi un burqini, et la polémique de repartir! Personnellement je désapprouve l'irruption de tenues provocatrices dans un lieu que les règles de notre société devraient dédier obligatoirement à la mixité dans un esprit laïque. Mais comme je ne suis pas à une contradiction près, je désapprouve tout autant le fait de stigmatiser ces dames: le ridicule et l'inconfort sont largement suffisants pour venir à bout de leur ferveur militante en quelques années. S'il avait pris la fantaisie à nos créateurs de mode sde relancer sur les plages les tenues de bain de la Belle Époque, il se serait sans nul doute trouvé des people pour s'accoutrer ainsi. Par contagion, nous aurions vu apparaître un nombre de baigneuses rétro beaucoup plus significatif qu'une poignée de musulmanes en burqini. On peut facilement imaginer les ricanements suscités par cette régression vestimentaire, mais personne n'aurait hurlé au scandale…
Quelques images des audaces de nos aïeules…














Sources images: couleur , luxueuse cabine roulante, tenues de bain

13 commentaires:

b.mode a dit…

La république bananière, elle est pas forcément uniquement au Mexique ou en Iran... Y'a pas beaucoup de chemin pour la trouver...

Antoine a dit…

Votre mépris pour les Mexicains confine au racisme. L'arrogance n'est pas de mise en France, pays réputé pour ses prisons vétustes et ses erreurs judiciaires à répétition (Cf Outreau).

Mlle Cassez est accusée de séquestration, torture, tentative de mutilation dans le "pays peu reluisant" qui l'accueillait. Elle a été interpellée en compagnie d'un malfrat de la pire espèce et identifiée par plusieurs témoins. Elle aurait en outre utilisé les fichiers clientèle de l'hôtel où elle travaillait et de l'entreprise de son frère pour identifier de nouvelles victimes. Par ailleurs, les autorités francaises ne semblent nullement convaincues de son innocence et la commission binationale franco-mexicaine chargée d'étudier son cas a conclu qu'elle devrait purger sa peine au Mexique.

Juan a dit…

Un siècle pour gagner la nudité. Quelques semaines pour revenir habiller. C'est pô juste !

Le coucou a dit…

B.mode,
pour polémiquer, je suis d'accord, nous avons la même à la maison, pas la peine d'aller si loin. Néanmoins, la justice parvient encore chez nous à fonctionner de façon indépendante, au moins en matière criminelle.

Antoine,
non, je ne méprise pas les Mexicains: ma femme a des parents sud-américains, notamment mexicains, je me garderais de jeter l'opprobre sur la population. Et d'ailleurs je ne méprise même pas leur république conquise de haute lutte, mais leurs dirigeants… Ceci dit, j'admets que je peux me tromper. Je vous ferai observer que j'ai distingué le cas de Florence Cassez de celui de Clotilde Reiss, comme découlant d'une affaire criminelle. Sur le fond ce n'est ni moi ni vous qui pouvons trancher. Il reste que d'un point de vue humanitaire, condamner pour complicité une jeune femme à 96 ans de prison (60 après révision) est indéfendable, particulièrement lorsque la peine semble répondre à des considérations démagogiques.

Juan,
en effet, c'est, ce serait délirant…, mais dans l'hypothèse farfelue où je me place, les faiseurs de modes sont capables de tout.

Riverside a dit…

Bonjour,
La peine de "60 ans de prison" est à interpréter en droit mexicain, et non francais. Le système judiciaire mexicain est très similaire au système américain, des peines de 150 ans ne sont pas rare, mais les différentes peines ne sont PAS cumulables. Donc, traduit dans le système francais, 15 - 20 ans, ce qui n'est pas excessif au vu des faits reprochés (participation active et non simple complicité)

On peut aussi s'étonner que l'ensemble des médias francais prennent parti pour F. Cassez sans même prendre la peine de consulte le dossier. Les partisans de F. Cassez innondent le Web de propos insultants à l'égard des Mexicains, le récent appel du comité de soutien à Boycotter le Mexique est une catatstrophe, il fait la une des journaux mexicains et des quotidiens hispanophones nord-américains, cf les commentaires ici :
http://www.eluniversal.com.mx/notas/618989.html

Circé a dit…

Dans le même ordre d'idée, il y a aussi le cas de Salah Hammouri jeune franco-palestinien, emprisonné depuis plus de 4 ans en Israël parce que suspecté d'avoir voulu fomenter un attentat contre un rabbin.
Aucune preuve pour étayer ces accusations sans fondement.
Mais rien là non plus.
Tout au plus sa demande de libération anticipée ( il a été condamné à 7 ans d'emprisonnement )n'a pas aboutie, parce qu'il n'a pas montré de regrets.
Des regrets pour quoi quand on n'a rien fait et que l'on a été condamné parce que l'on passait au mauvais endroit, au mauvais moment ?

Nicolas a dit…

Tous à poil !

Monsieur Poireau a dit…

Etonnants les commentaires pro-mexicains que tu récoltes, très étonnants. Une nouvelle campagne se prépare afin de salir Cassez après que notre président ait été incapable de lui venir véritablement à l'aide ? Je suppute…
A suivre !

Bon, pour la tenue vestimentaire, hein, c'est bon ! On va pas en faire une nouvelle campagne. D'ailleurs, le sombrero sur laplage, c'est idéal pour échapper aux coups de soleil, non ?
:-))

le-gout-des-autres a dit…

"le ridicule et l'inconfort sont largement suffisants pour venir à bout de leur ferveur militante en quelques années "
Erreur mon cehr coucou, erreur...
J'ai vécu plusieurs années en Israël et les noyades frappent deux populations: Les Russes récemment immigrés parce qu'ils se baignent quasiment ivres morts (ils ne savent pas que ce n'est pas la vertu qui limite la consommation d'alcool mais la déshydratation qui va avec...) et les Palestiniennes parce qu'elles se baignent habillées comme nous en hiver.
Quant aux remarques sur la conception curieuse de la justice en Iran, au Mexique ou en Israël, bien que je trouve injustifiable de maintenir en prison des gens pour des raisons politiques (ça ressemble, dans le cas de Melle Reiss à du délit d'opinion et dans le cas de F.Cassez ça semble être nettement des raisons électoralistes qui "justifient" son maintien en taule, quant à Israël, je reste scandalisé qu'on puisse punir quelqu'un "parce qu'on le soupçonne d'avoir eu l'intention de"...), il me semble bien que dans le monde dit "développé", ces pratiques, quoique plus discrètes, sont courantes, la tentation de faire casquer le lampiste pour faire oublier ses âneries et ses faux-pas reste assez efficace pour en perpétuer les méthodes.

Le coucou a dit…

Riverside,
il faut consulter aussi les faiblesses du dossier (selon certains, moi, je ne suis pas avocat, ni policier)… Se souvenir aussi que F. Cassez a humilié publiquement un homme politique avant sa condamnation…
Ceci dit vous faites bien d'insister sur les différences entre les systèmes judiciaires mexicain et français. La peine de prison en devient plus compréhensible.

Circé,
il y a aussi le cas de Salah Hamouri, tu as raison. Tout comme il y a celui de Michaël Blanc, emprisonné en Indonésie…
J'avais parlé de ces deux prisonniers Français en Mai 2008, dans un billet où je mettais en parallèle les différences de traitement entre leurs sorts et celui de Bertrand Cantat… Cette comparaison me semble toujours d'actualité, notamment par rapport à Florence Cassez…
Défendre Clotilde Reiss, parfaitement innocente, est évidemment plus facile…

Nicolas,
exactement! Il faut des horaires de piscine pour naturistes, d'autres pour échangistes, d'autres pour adeptes du satanisme, d'autres…

Le coucou a dit…

M. Poireau,
on pourrait interpréter, en effet, la défense de la parodie de justice mexicaine à l'égard de F. Cassez comme un pare-feu des sarkozistes destiné à masquer l'impuissance de leur idole dans l'affaire… Nous verrons bien si leur campagne en ce sens se développe.

D'accord avec toi aussi, côté tentures de bain… C'est une mini querelle de société artificiellement gonflée. Tous à poil sous le sombrero, ok!

le-gout-des-autres,
ma remarque sur la probable défaite des tartufettes musulmanes intégristes, vaut dans notre société. En terre musulmane, dans le contexte actuel, il est évident que ce n'est pas la même chose…
Sur la justice à géométrie variable, j'ai tout de même l'impression qu'en matière criminelle les accusés sont convenablement jugés chez nous. Il y a des erreurs, des scandales, des disparités de peines suivant les tribunaux, certes, mais grosso-modo, les droits de la défense sont respectés.
Ce sont toutes les affaires à résonance politique qui font régulièrement, souvent à bon droit, l'objet du soupçon de partialité.

Epamin' a dit…

Je pars du principe que ce que j'apprends par les médias n'est qu'au quart avéré (et encore, quand il n'y a aucun badisad obistroz ni chocolatero ni shamal contraires, oserais-je préciser!). De plus, les nouvelles sont présentées avec certains mots et pas d'autres pour manipuler les esprits simples (comme moi et tant d'autres!...). C'est la raison pour laquelle je me garde de donner mon avis en ce qui concerne certains faits d'actualité dont je n'ai, hélas, pas toutes les clés.

Par contre, je pense qu'il était beaucoup plus facile de repasser les tenues balnéaires de mes aïeules que les bikinis contemporains!

Le coucou a dit…

Epamin,
un cas, celui de Florence Cassez, donne matière à controverses. Pourtant, innocente ou coupable, pourquoi ne bénéficierait-elle pas des efforts de son pays d'origine pour au moins purger sa peine chez elle? Ce genre d'assistance serait-il réservé aux personnes en vue?
Bonne week-end!