samedi 22 mai 2010

Après-demain, la retraite à 115 ans

En lisant que le gouvernement aurait déjà décidé de reculer l'âge de la retraite, on se demande ce que peut être la durée de farniente terminale acceptable pour les décideurs. En gros, si l'espérance de vie moyenne actuelle se situe entre 70 et 80 ans, c'est de l'ordre d'une quinzaine d'années. Mais certains, comme DSK, nous font remarquer que l'espérance de vie s'allongeant, nous vivrons prochainement jusqu'à cent ans —enfin, je devrais écrire: vous vivrez… Ce qui porterait à 40 ans d'oisiveté les retraites de l'avenir, soit l'équivalent du temps de travail.

Personnellement, ça ne me choque pas: j'estime que les hommes ont suffisamment produit de richesses et engrangé de savoir pour que des machines bossent définitivement à leur place. Depuis les débuts de l'humanité, ou presque, ce sont des mains humbles qui fabriquent les biens dont sont nés les profits des riches et des puissants. Faisons donc cotiser les machines pour donner à l'humanité le loisir de devenir meilleure… Vous souriez? C'est une utopie? Sans doute… Mais il n'est pas utopique de penser que vos enfants, à vous jeunes gens, verront leur espérance de vie croître encore, peut-être jusqu'à 130 ans…

Si les gens que nous engraissons de toutes les manières possibles estiment toujours qu'il n'est pas raisonnable d'accorder plus de 15 ans de pré-obsèques, nos descendants devront travailler jusqu'à 115 ans. À eux des petits boulots qui restent encore à inventer! Au lieu de libérer les hommes et les femmes avec les machines, on reviendra en arrière pour créer des emplois adaptés. Par exemple saupoudrer la pâtisserie industrielle de sucre: une tâche adaptée aux mains qui tremblent, non?

Bref, cette histoire des retraites est un casse-tête et un piège infernal qui, paraît-il, pourrait faire chuter dix gouvernements… Alors, patientons quelques semaines jusqu'à la chute du premier des dix: ça nous distraira agréablement en attendant la suite.

P-S, pendant que je pensais à autre chose, Arf a publié trois billets! Si vous aimez la poésie épique, allez donc chez Ferocias qui nous offre «Les Conquérants de l'or», de José Maria de Heredia

9 commentaires:

Didier Goux a dit…

Je pense qu'on se trompe lourdement, quant à l'augmentation de l'espérance de vie. Déjà, dans de nombreux pays, elle régresse. Elle va sans doute faire de même chez nous, lorsque l'accès à des soins de plus en plus perfectionnés donc coûteux deviendra impossible pour la majorité. Et c'est pour bientôt, je le crains.

Gildan a dit…

Imaginons, nous sommes en 2080, j'ai 40 ans, il me reste donc 75 ans à travailler !
Quelle horreur!!!
Bien content d'être né au 20ème siècle!
;^)

le-gout-des-autres a dit…

"Mais il n'est pas utopique de penser que vos enfants, à vous jeunes gens, verront leur espérance de vie croître encore, peut-être jusqu'à 130 ans…"
Certes, mais à la vitesse à laquelle la qualité des soins et la protection sociale disparaissent, compte plutôt sur une espérance de vie genre celle de l'époque victorienne...
Seuls les possesseurs de ces amplificateurs de richesses produites en bénéficieront.
Fair casquer les richesses par les propriétaires de machines ?
Mais tu rêves !
Quand la charrue est arrivée, le propriétaire terrien a vu sa richesse croître, pas le manant qui la poussait.

Nouvel Hermes a dit…

On projette une courbe exponentielle à partir d'une situation actuelle pour dire qu'en 2050, la durée de vie serait de tant. Ce qui est une escroquerie scientifique.
Tout calcul sur le futur est hasardeux mais le bon peuple donne raison à n'importe quel chiffre. Nous vivons dans la dictature du chiffre: les sondages, les chiffres de l'économie, l'âge, etc.
Et comment circule le chiffre? Sur un billet de banque ou un chèque!
Rêvons d'un monde avec des mots et sans chiffre! Nous serions éternels!

Nicolas a dit…

Tiens, y'a Didier Goux qui vire gauchiste.

Le coucou a dit…

Didier, en fait il se pourrait bien que vous ayez raison! L'état de dégradation accéléré de l'assurance maladie, de l'hôpital public, et le système de santé qui est déjà de fait à deux vitesses, annoncent ce recul. Le coût exorbitant des soins de pointe devrait l'accentuer.


Gildan, ne dit pas ça! Tes enfants viendront peut-être te lire un jour, ce n'est pas sympa pour eux.

Le goût-des-autres, je sais, le réalisme va plutôt dans le sens que tu dis… Néanmoins, jusqu'à présent, l'humanité s'est éloignée de plus en plus de l'âge des cavernes. Il n'est pas déraisonnable d'espérer que cela continuera, même s'il doit y avoir un siècle ou plus de stagnation…

Hermes, le grand ennemi des chiffres que je suis, ne peut que t'applaudir! Tes propos sont la sagesse même. Bannissons les chiffres, ou alors noyons la raison chiffrée sous les chiffres : décrétons que nous sommes tous multimilliardaires et comportons nous comme tels ! Bon dimanche :-)

Le coucou a dit…

Nicolas, je ne t'avais pas vu! Oui, Didier file du mauvais coton…

Monsieur Poireau a dit…

Le problème réel n'est pas la retraite et le la travail mais la trop grande importance accordée à l'argent dans cette société !
Personnellement, je ne souhaite pas vivre 135 ans s'il faut bosser plus. Je souhaite juste vivre !
:-))

Le coucou a dit…

M. Poireau, moi aussi, juste vivre encore un peu sans se casser la tête, mais ça devient chinois.