mardi 12 janvier 2010

La fin du Biafra, il y a 40 ans

Le Monde vient de me remettre en mémoire l'anniversaire de la capitulation du Biafra le 12 janvier 1970. Pour des raisons personnelles notre famille en avait été affligée, mais c'était ce qui pouvait arriver de mieux dans cette guerre civile baroque et terrible.
Baroque, parce que l'Union Soviétique et la Grande Bretagne s'étaient retrouvées quasiment main dans la main pour soutenir l'état fédéral du Nigéria contre la sécession de la province du Biafra. La France avait choisi quant à elle d'aider les Ibos sécessionnistes sans le reconnaître officiellement…
Vers la fin du conflit, les Ibos, en particulier les enfants, mouraient chaque jour de faim par milliers. Les images atroces d'enfants Biafrais réduits à la peau et aux os, s'étalaient dans la presse. C'est dans ce contexte d'urgence extrême, que des médecins français présents sur le terrain, exaspérés par les contradictions des organisations humanitaires officielles, comme la Croix-Rouge Internationale, méditèrent la création de Médecins sans frontière.. C'était il y a plus de 40 ans…


9 commentaires:

Epamin' a dit…

Et malgré ces 40 ans passés, le mot "Biafra" résonne dans ma mémoire comme le synonyme de l'enfer.
J'avais 8 ans mais j'ai le souvenir horrible de ces petits êtres décharnés vus à la télévision.

A table, les grandes personnes nous en rebattaient les oreilles quand on ne voulait pas manger notre soupe: "Pense aux petits Biafrais qu'on voit à la télé..."

Rimbus a dit…

j'ai fait comme toi, j'ai exploré le passé pour trouver un sujet. J'ai été laitier.

Circé a dit…

Il me semble que c'est aussi au Biafra, qu'un certain Bernard Kouchner a découvert "sa" vocation d'humanitaire avant de créer quelque temps plus tard MSF, et fait tout ce que l'on sait autour des boat-people.
Grandeur et décadence de l'individu.

Le coucou a dit…

Epamin, Rimbus, Circé,
je réponds à tous ensemble…
J'avais moi aussi en tête l'évocation des petits Biafrais à l'heure de la soupe, mais c'était partir dans une autre direction… Chez nous, c'est une grand-mère aimante quoique soupe-au-lait qui lançait à table ce genre de reproche. Les gosses en avaient les larmes aux yeux. Parce qu'ils savaient que la grand-mère en question avait serré quelques semaines, quelques mois plus tôt, des petits Biafrais dans ses bras pour de bon. Les mots reposaient sur un vécu qui imprégnait la vie familiale. Mes beaux-parents, décédés aujourd'hui, avaient participé à pas mal d'actions humanitaires. C'est aussi à eux (surtout à eux, égoïstement) que je pensais avec ce billet.

Le jeune Bernard Kouchner a en effet créé sa première ONG et jeté, avec d'autres, les bases de Médecins sans frontières au Biafra.

αяf a dit…

Je ne me souviens pas de ça et pour cause, j'avais 1 an. Mais, je me rappelle très bien Maman m'invectivant : "Allez mange un peu, on dirait un biafré !". Je n'ai compris que longtemps plus tard.

Le coucou a dit…

arf,
oui, les petits biafrais étaient passé dans l'imagier des familles (sinon l'imaginaire), pendant quelques années. C'est en lisant l'âge que tu avais, celui d'Epamin', que je mesure mieux ma vieillerie: j'étais peut-être plus jeune que toi aujourd'hui, et je me surprends parfois à croire que c'était hier. :-D

Monsieur Poireau a dit…

M. Brauman est resté fidèle à ses convictions et éclaire bizarrement la carrière suivie ensuite par Kouchner !
:-))

Le coucou a dit…

M. Poireau,
exactement! Quel saisissant contraste!

Le coucou a dit…

Laurent, je ne publie pas votre commentaire, qui est plutôt un message personnel… Envoyez-moi un mail (voir le profil)!