lundi 6 octobre 2008

Au Medef, on sautera sans parachute ?

Le grand patronat français, s'exprimait ce lundi par la bouche de sa présidente, Mme Parisot, sur les parachutes dorés. En théorie, au MEDEF, on sera désormais "stock-optionnablement" correct, et fini les indemnités injustifiées, le cumul d'un salaire avec les revenus d'un mandat de PDG.
Il a le sens de l'humour, joint à celui de l'opportunité, le Medef ! Comme la journaliste du Monde qui recueillait les propos de Mme Parisot, s'étonnait que cette vertu ait mis si longtemps à fleurir, celle-ci a répondu : «Deux ans pour inverser la vapeur, six mois de réflexion pour un comité éthique, ce n'est pas si long»… Et elle a surtout déclaré : «pour être efficace, mieux vaut éviter toute législation»… Ah bon, la loi est inefficace ? Je l'ignorais.
On comprend plutôt qu'en réalité, rien ne pressait jusqu'à ces derniers temps. Le Medef laissait traîner, on engraissait le dossier, comme disaient dans le temps les hauts fonctionnaires soucieux d'enterrer un problème. Seulement voilà, la cote de Nicolas Sarkozy a dégringolé. L'arrivée d'une crise financière qu'il n'a pas été capable d'anticiper a pris le président à la gorge. M. Sarkozy a donc fait ce qu'il sait faire le mieux : désigner des coupables, certains si fantômatiques qu'ils pourront courir éternellement, d'autres faciles à pointer du doigt et opportunément exécrés par l'opinion publique, comme les bénéficiaires de parachutes dorés. Acculé, l'animal politique mord tout ce qui passe à sa portée pour se sauver, ami ou ennemi, à la manière de n'importe quelle bête. M. Sarkozy a donc annoncé l'imminence d'une loi contre les parachutes dorés.
Et en quelques jours, abracadabra, Mme Parisot nous sort du chapeau par les oreilles un lapin blanc appelé : code de bonne conduite.
Alors, vraiment terminé les mauvaises manières, les revenus mirifiques et tout le bazar de privilèges malodorants ? Laurence Parisot s'est aussi exprimée dans le journal de France-Inter, ce midi. Sur les salaires faramineux, elle s'est récriée en substance qu'il ne fallait pas mettre le nez là-dedans, au risque de voir nos graines de patrons les plus brillantes filer à l'étranger. Donc, un grand patron continuera à s'enrichir honteusement sur le dos de ses salariés comme par le passé. Sur les parachutes dorés, elle annonce que lorsqu'un cas de mauvaise conduite en ce domaine sera connu, le Medef demandera à l'entreprise :
«Pourquoi avez-vous mal agi, vilaine ?»
Ce ne sont pas les paroles exacte de Mme Parisot, je le précise, mais ce que j'ai retenu de leur esprit. On imagine déjà les administrateurs fautifs baisser le nez sur leurs Richelieu luisantes, et bredouiller, penauds :
«C'était dans le contrat, on fera plus, m'dame.»
Il est évident que s'impose une loi interdisant la pratique des indemnités disproportionnées. De même qu'il serait urgent de moraliser par des mesures fiscales les excès de rémunération impossible à empêcher. Sans cela, tout repartira de plus belle une fois passé la crise. Reste a savoir si M. Sarkozy ne choisira pas de faire une petite crasse à son clan, pour caresser les français dans le sens du poil.
«Minou, minou, vois comme je t'aime, connard !»

P.S. Au dernier classement Wikio des blogs politiques arrivent en tête 3 blogs de gauche : Partageons mon avis, suivi d'Intox2007, et de Marc Vasseur

2 commentaires:

daudavendauth a dit…

« Demain, on rase gratis ! »

Le coucou a dit…

Peut-être pas demain, après-demain, c'est sûr!