jeudi 16 octobre 2008

Rions sous la crise

Aujourd'hui, Monsieur Poireau a imaginé sur son blog, avec humour, des équivalences vertigineuses à l'énormité de la somme déboursée par la France afin de sauvegarder les banques… Cela m'a rappelé que, voici quelques jours, je ne suis pas parvenu à faire rentrer tous les zéros des 1250 milliards d'euros de notre dette publique, convertis en francs, sur ma calculette…
Ainsi a été le chemin capricieux de mon inspiration d'aujourd'hui… Pour sortir un peu de la déprime où finiraient par nous plonger les dernières nouvelles de «la crise», j'ai décidé de consacrer un billet à un homme injustement oublié de nos jours: l'empereur Bhing, inventeur du calcul deux fois plus rapide…

Un matin, au bout du monde, en Niche pour être précis, l'empereur Bhing s'éveilla. C'était un très grand empereur, si grand qu'il lui fallait un boulier géant pour faire ses petites opérations du matin —l'addition, la soustraction, et le reste. Un boulier tellement géant que deux Nichois baraqués peinaient à déplacer chaque boule. Cela exigeait beaucoup de force, de temps, et de patience, car l'empereur Bhing ne bougeait pas de son trône, il va de soi.
Donc, un matin l'empereur Bhing posa un pied hors de son lit en songeant avec ennui à ses petites opérations du matin qui allaient l'absorber toute la journée. Il s'écria :
«Pourquoi posséder le plus grand boulier du monde, si mes petites opérations du matin durent jusqu'au soir?
— Pour avoir un boulier à votre taille, ô Très Sage Bhing ! » hurla son valet de pied qui lui arrivait à peine à la cheville, en taille comme en jugeote.
«C'est juste», dit Bhing en réfléchissant. Lorsqu'il eut suffisamment réfléchi, il demanda :
«À quoi bon avoir un boulier à ma taille, si ce n'est pas moi qui l'utilise?»
Le valet de pied ne sut que répondre, l'empereur l'écrasa du talon, puis il reprit sa réflexion. L'idée lui vint plus tard qu'avec un petit boulier, ses calculs d'empereur seraient plus faciles, et il ordonna qu'on lui fabrique un tout petit boulier. On lui apporta bientôt un boulier minuscule, avec des perles qui glissaient sur les tiges d'argent au moindre soupir. L'empereur satisfait pensa qu'il allait gagner beaucoup de temps désormais. Il pensa encore un moment, puis se souvint qu'il ne savait pas du tout compter, et que d'ailleurs, un empereur ne faisait jamais rien de ses dix doigts. Cela ne s'était jamais vu. Il réfléchit plus fort encore, jusqu'à ce que l'illumination lui vînt.
«Que l'on mette deux hommes de plus par boule à mon boulier géant!»
Il accrocha le petit boulier à son cou. De ce jour, les petites opérations du matin de l'empereur de Niche prirent deux fois moins de temps. Tous les sujets de Bhing furent deux fois plus heureux qu'avant, surtout les pousseurs de boules.

P.S. Mathieu , Nicolas, et Vasseur consacrent d'excellents billets à l'affaire de la marseillaise sifflée.

2 commentaires:

Nicolas a dit…

Vive Poireau ! Il a un style peu reconnu dans les blogs politiques alors que c'est "le meilleur d'entre nous".

Monsieur Poireau a dit…

Compter, ça fout les boules ?

(Oui, ce commentaire est totalement en contradiction avec le compliment de Nicolas mais bon !!!).

[Merci Nicolas et merci Coucou pour le lien !].