jeudi 23 octobre 2008

Etat de la presse en sarkozie.

En France, sous l'ancien régime depuis Philippe le Bel, quand quelque chose clochait gravement dans le royaume, le roi convoquait les États Généraux. La dernière fois que cela eut lieu, ce fut en 1789. La France était en pleine crise financière, l'État endetté jusqu'aux oreilles —tiens, ça me rappelle quelque chose… Louis XVI réunit les états généraux en espérant qu'ils décideraient d'augmenter les impôts à sa place. À eux l'impopularité de la mesure, à lui l'argent. Pas de bol pour lui : ce fut la Révolution qui en sortit. Depuis, les états généraux ont disparu de notre paysage politique.
Jusqu'à ces derniers jours, où l'autocrate de l'Élysée les a tirés de la naphtaline. Oh ! bien entendu, il ne s'agit plus de vrais états généraux, puisque sur les trois états d'autrefois, la noblesse, le clergé, et le tiers, il ne reste plus que le dernier. Cela n'aurait aucun sens. Avec son amour des formules creuses, mais susceptibles de frapper l'imagination des cons, M. Sarkozy a retenu le titre États généraux —comme hier Grenelle—, pour l'appliquer à la presse.
Le fait est que la presse de notre pays, la presse écrite particulièrement, va mal. Financièrement d'abord : plus assez de lecteurs, de publicité, coûts élevés… Moralement ensuite, ceci découlant de cela, avec des licenciements, et aussi de pesantes incertitudes quant à la volonté du pouvoir de la laisser faire librement son travail. La presse attend notamment une loi sur la protection de ses sources, des mesures pour conforter son indépendance.
Et qu'a fait M. Sarkozy, réunissant les acteurs de l'information en quatre groupes de travail? Eh bien, à son habitude, il a commencé par sélectionner les participants en favorisant ceux qui sont à même de former à l'avenir des concentrations multimédias à l'anglo-saxonne. La diversité de l'information, la pluralité d'opinions, n'ont aucune importance pour lui! Ainsi a-t-il tout simplement écarté, entre autres, des consultations, tous ceux qui auraient pu représenter la blogosphère, internet plus largement (il n'y a pas que des blogs littéraires ou politique, sur internet). Mieux, quelques participants conviés à occuper un strapontin, comme Mediapart, ont constaté qu'en fait de travail et de concertation, suivant la détestable habitude du consul Sarkozy, tout était déjà décidé à l'Élysée. Il ne s'agissait que de débattre sur des vues arrêtées par le pouvoir —et derrière ce dernier, les désirs des copains, hommes d'affaires de la sphère médiatique : Dassault, Bouygues, Lagardère et compagnie…
La vision de M. Sarkozy sur l'information, on la connaît bien désormais. De grands groupes aux mains de ses amis, un audiovisuel privé enrichi et puissant, propriété des mêmes amis, face à l'audiovisuel public réduit à la mendicité, dont il désignera lui-même le patron, pour mieux encore le tenir à sa botte. Comme le dit François Beyrou avec qui je suis sur ce point d'accord : il s'agit d'une régression sans précédent. Sarkozy nous ramène à l'époque de l'ORTF asservie par De Gaule, en pire, car à l'époque celle-ci ne manquait pas de moyens financiers!

Sources : Mediapart, L'Humanité, le Nouvel-Obs

5 commentaires:

Eric a dit…

Ta conclusion me fait penser à ceci: sur ce sujet, comme sur tous les sujets importants, le PS n'a aucune idée, et ne propose rien, ne dit rien. Une fois encore c'est Bayrou qui cause juste. Et si je dis ça à mes copains left-blog, ils vont me dire que Bayrou est de droite. Mais une semaine plus tard le PS va se réveiller, dire ce que disait Bayrou et on me dira: mais Bayrou est de droite.
Cela dit ton billet a de l'intérêt, bien au-delà de ce détail!

nous avons la solution a dit…

Des voix prétendent que la crise financière est passée, qu’elle est derrière nous! que nous devons nous concentrer sur l’économie réelle! C’est FAUX!

Avec tous ces plans fous de renflouement et de sauvetage du cadavre, nous sommes au bord d’une grave crise HYPERINFLATION généralisé.

Il est donc grand temps de parler sérieusement de la Solution.

Le système financier est MORT!!! Nous devons le mettre en faillite! et le changer!

Les citoyens doivent se battent afin que la réunion autour de la crise financière prévu au Etats Unis le 15 novembre 2008 à Washington pose les premiers jalons d’un VRAI Nouveau Bretton woods.

Cette dangereuse crise doit être utilisé comme tremplin pour l’avènement d’un nouvelle ordre économique juste et mettre fin à la tyrannie des intérêts financiers et de la spéculation.

David C.
david.cabas.over-blog.fr

Homer a dit…

La situation est exactement la même dans le microcosme de mon entreprise, où la fusion inter-département est tracée et où l'on feint de s'intéresser à l'avis des salariés vie des audits qui n'apporteront rien. On rentre avec ses idées, on ressort avec les leur.

Le coucou a dit…

Eric,
vu ta compétence sur le sujet, ton opinion me rassure. Pour Bayrou : je le crois sincère, mais je crois aussi qu'il a choisi dès le départ la droite pour faire sa carrière politique. Son intérêt présent, passager, l'incite à dire tout haut ce qu'il aurait caché hier, puisqu'il doit constamment chasser sur les terres socialistes s'il veut exister. À gauche, nous nous retrouvons ainsi de plus en plus en situation inconfortable, avec l'éclatement de la crise qui démontre la validité de nos idées, l'urgence d'y revenir, mais avec un PS paralysé au mauvais moment par son congrès, et une droite qui, du centre à l'Élysée s'efforce de brouiller les cartes pour duper l'opinion publique.
David, je croyais que nous étions au contraire menacés d'une DESINFLATION dangereuse…
homer, cela ne m'étonne pas, mais n'est-ce pas le rôle des syndicats d'opposer leur point de vue au patronat dans ces circonstances?

Homer a dit…

Hélas non, dans le cas de cette fusion, c'est un conseil d'administration composé des grands pontes qui choisit...