vendredi 12 juin 2009

DSK chez les Yanomami?

Il y a quelques minutes, en parcourant sur le Web les nouvelles fraîches, et des moins fraîches qui m'avaient échappé, je me suis arrêté un moment sur Politique.net. Un article d'hier y parlait de l'avertissement que Dominique Strauss-Kahn vient en quelque sorte d'adresser à ses amis socialistes… Si le PS commet l'erreur d'organiser des primaires en vue de la présidentielle, lui restera en Amérique, à la tête du FMI, dont il n' a pas à se plaindre, j'imagine. Il veut bien devenir président, mais à condition qu'on aille le chercher… J'aimerais tellement que mes amis socialistes le laissent où il est. D. Strauss-Kahn, c'est la continuité assurée de la politique du marché. Merci.

Ruminant mon hostilité à son égard, mais résolu à ne pas parler du PS aujourd'hui, j'ai passé mon chemin. Et voilà que sur Rue89, je tombe sur un billet de Cristina Rodrigues qui présente une exposition en cours à Gentilly. Il s'agit des photographies de Claudia Andujar, laquelle joua un rôle important dans la défense des indiens d'Amazonie. Sont notamment exposées des photos prises chez les Yanomami, merveilleux peuple de la sylve qui, dans les années 50 était encore prospère et en expansion démographique… Jusqu'à l'arrivée des blancs.
Ce que je sais des Yanomami, je le tiens d'ouvrages d'ethnologues comme Jacques Lizot ou Ettore Biocca, et, bousculant dans mon esprit l'image de Dominique Strauss-Kahn, se rappellent à moi des coutumes qui me rendent le sourire. Les Yanomami, ce sont les êtres humains —traduction de leur nom. Alors, puisqu'ils sont humains, ils n'ont pas de chef. Enfin, pas vraiment.
Ils ont des hommes influents dans les affaires politiques. Tiens, un peu comme dans la blogosphère! J. Lizot parlait de «meneurs factionnels, sortes de petits chefs sans autre autorité que morale, mais pourvus d'éloquence, entreprenants…»
Vous voyez: ils tiennent un gros blog en somme, autour duquel s'agrège une parentèle importante. «Compétents en matière de chasse et de guerre […] ils prennent en charge l'organisation matérielle de la chasse […], fournissent l'aliment végétal…» En l'occurrence, on peut comprendre qu'il connaissent l'art du buzz aussi bien que celui du trollage et qu'ils offrent la bière autour de leur hamac.
Chez les Yanomami comme sur le Web, l'influence «de ces chefs sans pouvoir de cœrcition dépend uniquement du nombre de personnes qui les suivent (et des liens qu'ils récoltent); elle peut être réduite à rien si un conflit, une discorde provoquent une dissidence ou une défection». Parce que, ce qu'il y a d'épatant, avec les Yanomami, c'est que si l'on trouve que le chef déconne, on le plante là, et il part à la chasse ou à la guerre tout seul.
Je ne dirai pas qu'ils sont démocratiques, non, ce n'est pas le mot adéquat; la vie de leurs femmes en particulier n'est pas tous les jours marrante, mais on devrait envoyer tous nos aspirants à la présidence faire un séjour chez eux. Peut-être nous reviendraient-ils plus modestes?
illustration de Françoise Boudignon 1982


5 commentaires:

Dagrouik a dit…

Grandiose !

Nicolas a dit…

Tiens ! Dagrouik ! Qu'est-ce tu fais là ?

Le coucou a dit…

Mais oui, Dagrouik est passé ici! :-)
Merci de la visite, Dagrouik!

Et de la tienne aussi, Nicolas…

Monsieur Poireau a dit…

Stauss-Kahn n'a qu'à rester dans sa forêt, il y est très bien.
On lui enverra d'autres chefs dont on ne veut plus non plus, ils pourront ainsi jouer ensemble !
:-))

Le coucou a dit…

M. Poireau,
bonne idée, on devrait tous les envoyer au FMI, les chefs, et délocaliser le FMI sur le Rio Negro.