mardi 2 mars 2010

Que faut-il de plus ?

La commission européenne (avec un petit c, comme dans grosse commission, expression enfantine réunissant avec bonheur le commerce et la défécation), la commission vient d'autoriser la culture d'une patate transgénique. Celle-ci sera destinée pour l'essentiel au bétail, lequel est destiné à l'homme. Auparavant, les commis à la prospérité des marchands avaient déjà autorisé la présence de trois variétés de maïs OGM dans notre alimentation.
Cette goutte d'eau s'ajoute à beaucoup d'autres qui privilégient le monde des affaires au détriment du désir des populations. Que faut-il de plus pour que les peuples européens se mettent en colère?

À la suppression du juge d'instruction et au renforcement du contrôle de la Justice par le pouvoir, le gouvernement rajoute à son projet de réforme une disposition qui permettra de prescrire les délits financiers beaucoup plus sûrement que par le passé. En effet, le délai de prescription a été en apparence rallongé de trois à six ans, mais l'astuce consiste à faire courir la dite prescription de la date où l'infraction a été commise, et non plus de celle où les faits ont été découverts.

Prenons l'exemple de l'attentat de Karachi, qui pourrait cacher des histoires de pots de vin remontant à l'époque où Nicolas Sarkozy était ministre du Budget d'Edouard Balladur. Cet attentat date de huit ans aujourd'hui, et les éventuelles malversations financières seraient encore plus anciennes. Avec cette nouvelle disposition dans la procédure pénale, s'il se révèle un jour que tel ou tel très haut responsable politique s'est baigné dans l'affaire jusqu'aux oreilles, il y aura prescription.

Que faut-il de plus pour que tout le monde sorte dans la rue le 27 mars, pour un NO SARKOZY DAY?

Vous qui sortez lentement de la jeunesse et découvrez des séductions troublantes au respect des hiérarchies, vous qui pensez que la légitimité s'acquiert une fois pour toute à l'élection, comme à l'épicerie, vous qui croyez candidement que l'on ne voit pas briller vos dents sous le sourire républicain, que vous faut-il de plus pour cesser d'abâtardir le mot démocratie? Que faut-il de plus pour exiger que la souveraineté revienne au peuple, pour exiger dès aujourd'hui des politiques de l'opposition qu'ils s'engagent à abroger de telles lois à l'avenir, et à nous faire changer de république?

P-S. Mes lectures les plus marquantes de ce jour: chez Éric, puis Balmeyer qui nous offre un nouveau texte, ainsi que M. Poireau qui s'est penché sous la burqa…

18 commentaires:

Gildan a dit…

Et comme dit MAM, la suppression du juge d'instruction, on ne peut pas revenir dessus!!

Voir chez dadavidov.
"la notion de contre-pouvoir est étrangère à notre conception de l'Etat et de la République" N.S.

27 mars tu dis !
Je vais regarder mon agenda.
;^)

Le coucou a dit…

Gildan, j'ai déjà vu la citation de N. Sarkozy, chez Sarkofrance, que j'ai mis en lien…

Gildan a dit…

J'en sortais, c'est pour cela.
Autant pour moi, lui aussi l'a vu là bas, d'ailleurs!
Rendons à Sarkofrance ce qui...
Désolé!
;^)

Le coucou a dit…

Gildan, pourquoi désolé? Ce n'est pas dramatique!

colibri a dit…

Je n'aime pas les chiffres, mais pour le calcul mental, je pourrais être douée : 3 à 6 ans de rallonge pour le délai de prescription, mais à partir de la commission du délit (financier) : quand on sait qu'il faut quelquefois plus de dix ans avant la révélation d'un tel délit... le compte est vite fait ! Quelle scélératesse... On ne risque pas de voir de gros financiers véreux sous les verrous de sitôt..., alors que pour des délits bien moindres, voire des vétilles, on n'y échappera pas... Et ce n'est pas la suppression des juges d'instruction qui va améliorer la situation... C'est la-men-table... Le 27 mars, vous avez dit le 27 mars. Et pourquoi ce ne serait pas le 27 mars tous les jours !!!

Nicolas a dit…

Arg ! Pourquoi faut-il que je tombe sur ce billet APRES avoir pondu mes dix lignes du matin... ?

Le coucou a dit…

Colibri, oui, c'est lamentable. Pourquoi pas le 27 mars tous les jours? Parce que cela ne se remarquerait pas, comme par exemple, en rêve: un jour, plus des trois quarts des Français dans la rue criant démission à Sarkozy, sa pseudo légitimité en miettes.

Nicolas, je l'ai publié beaucoup plus tôt que d'habitude, hier. Alors je ne sais pas quoi te répondre.

Nicolas a dit…

Le Coucou,

Rien... Je plaide coupable (j'ai fait un joli "marquer tous en lu" dans mon reader, hier soir, et ce matin, je reviens "à la main" dans les blogs des copains...).

Epamin' a dit…

J'adore ton entrée en matière... si je puis m'exprimer ainsi!

Epamin' a dit…

Bizarre !
Dans ma p'tite colonne des blogs que j'aime bien, le tien ne s'actualise pas : il est toujours sur le rébus de dimanche!
Le coucou est fatigué?

mona a dit…

Tout ça, plus la réforme de la saisine du Conseil constitutionnel, on se demande où on va dans un Etat dit de droit, quand on met à bas toute la légitimité de nos institutions telles qu'elles existent actuellement. Je ne dis pas que des réformes ne sont pas nécessaires, mais de là à bouleverser l'ordre public sans rien offrir en contrepartie pour une sécurité judiciaire ni une stabilité dans le fonctionnement de la société, ça peut devenir vraiment dangereux...PS : pour le délit financier, on devrait innover en s'inspirant du droit commun avec la prescription des vic(ieux) cachés : le bref délai à partir de la découverte du délit, mais une comparution immédiate, et un emprisonnement à vie pour éviter toute récidive, car ceux-là ils sont promptes à recommencer, avec de gros moyens ! Rôôô, voilà qu'on réveille aussi chez moi de bas instincts !... Bon, j'ai rien dit, hein, on gomme le PS, svp !

le-gout-des-autres a dit…

C'est génial comme modif:
Le parquet peut directement enterrer tout ce qui dérange le pouvoir exécutif.
Grâce à cela, par exemple, si c'était appliqué aux USA, Madoff pourrait continuer à profiter sereinement des $ escroqués sans risquer bêtement une peine de prison, ou pire encore, de les rembourser...
En revanche, une "justice" (les guillemets sont de mise...) impitoyable pour le basané voleur de mobylette et qui évite, selon les termes de notre énervé, "d'importuner les chefs d'entreprise" est au premier abord tout bénef' pour un pays à l'électorat vieillssant qui s'imagine que "l'insécurité" c'est d'abord "les autres" et qui ne porte qu'un intérêt modéré à la sauvegarde d'un modèle social dont il dépend au premier chef...
Ces électeurs craintifs feront, mais trop tard, attention à la disparition de ce à quoi ils tenaient finalement et qu'ils avaient contribué à bâtir par leurs luttes avant de contribuer à le démanteler par leur vote...

Le coucou a dit…

NIcolas :-)

Epamin' tu as oublié le s à matières. ;-)
Normal que le lien ne s'actualise pas: je suis en effet lassé de la blogosphère politique. Comme par hasard, mon billet est aussi sélectivement oublié dans certains autres widgets spécialisés, et on fait comme s'il n'existait pas. Bref, j'en ai ras-le-bol.

Mona,
ok, on gomme le post-scriptum… D'autant que les lois existantes ne seraient pas mauvaises, si on y ajoutait l'indépendance de la justice.

Le-goût-des-autres,
il semblerait que ce soit déjà une vieux désir de la «classe politique», de faire sauter cette disposition si dérangeante pour continuer à magouiller en paix avec les complices du monde des affaires. Elle aurait fait l'objet de plusieurs tentatives avortées, si j'ai bien compris… Mais ce peut-être aussi un leurre pour détourner l'attention du débat sur la suppression du juge d'instruction et du maintient de la dépendance du parquet…

Epamin' a dit…

Si je pense à ce que tu penses : c'est inadmissible!

Epamin' a dit…

J'ai répondu à ton tag sur le petit Charles!

Le coucou a dit…

Epamin', il ne faut pas penser en ligne!
J'ai lu ton billet sur Aznavour avant de me souvenir des commentaires ici…

Monsieur Poireau a dit…

«Vous qui sortez lentement de la jeunesse et découvrez des séductions troublantes au respect des hiérarchies, vous qui pensez que la légitimité s'acquiert une fois pour toute à l'élection, comme à l'épicerie, vous qui croyez candidement que l'on ne voit pas briller vos dents sous le sourire républicain, que vous faut-il de plus pour cesser d'abâtardir le mot démocratie? Que faut-il de plus pour exiger que la souveraineté revienne au peuple, pour exiger dès aujourd'hui des politiques de l'opposition qu'ils s'engagent à abroger de telles lois à l'avenir, et à nous faire changer de république?»

Bin oui, que faut-il de plus ? On dirait qu'à chaque goutte d'eau, ça va déborder mais non ! A croire que les peuples ont le vase profond…
:-)))

Le coucou a dit…

Poireau, tu t'es arrêté juste au bord de l'abîme, avec flair: les peuples ont le vase profond!