lundi 1 septembre 2008

Quatre candidats, trois enterrements

Je ferais mieux d'arrêter la clope, je le sais, mais ce n'est jamais le bon moment. Le PS est un peu comme moi avec le tabac, mais chez lui, c'est plus grave, parce qu'en plus d'enfumer ses militants et sympathisants, il picole. Une espèce d'ivresse du pouvoir avant l'heure tient une poignée de prétendants qui ont le vin perfide. On vivra sainement à partir de Novembre, après le congrès de Reims, juré. En attendant, ceux qui se font du mouron pour le PS ne comprennent rien à ce qui se passe, trop de fumée, d'oscillations nauséeuses. Aux dernières présidentielles, j'avais pris le parti de Ségolène Royal —qui garde mon soutien, pour ce qu'il vaut… D'abord parce que j'avais apprécié le succès d'une candidature imposée par la base et la mise à l'écart de carriéristes devenus insupportables, et puis, j'étais ravi que ce fut une femme, jeune. Elle ne sortait pas du néant, évidemment, et côté carrière, on se doutait qu'elle avait su naviguer, mais elle incarnait un possible renouveau de la politique qu'on ne pouvait attendre d'un Fabius ou d'un D.S.K., non plus que d'un Jospin. Son ouverture aux désirs des citoyens, sa promesse d'une démocratie participative rejoignaient trop bien mon raz-le-bol de notre système politique confiscatoire pour ne pas m'enthousiasmer. Et cela reste toujours valable, car de toutes les figures du PS en compétition pour prendre les commandes, elle seule porte cet espoir d'une démocratie en marche. Son principal rival actuel, Bertrand Delanoë, imprégné de jospinite autoritaire en sa mairie, et de prudence faussement consensuelle au dehors, m'énerve. J'ai lu sa contribution au congrès sans y trouver le moindre germe de participation des citoyens à la vie publique, au delà des élections. Le reste, ma foi, ne me bouleverse ni plus ni moins que le contenu des autres contributions. Et puis, j'ai encore en tête sa déclaration lors de la libération d'Ingrid Betancourt : «On vous aime, Ingrid ! » Qu'est ce que cela veut dire ? D'où sortait cet amour dégoulinant qui le hissait tout près du sommet de démagogie atteint par Nicolas Sarkosy dans cette belle histoire ? On se serait contenté d'un «bienvenue Ingrid», enfin, de quelque chose de simplement sincère. Presque au même moment, Ségolène Royal était la seule à parler vrai… À quoi tiennent sympathie et confiance ! J'avoue que cet élan artificiel de M. Delanoë, ajouté à sa raideur d'apparatchik et son manque d'audace en matière de démocratie, suffisent à me détourner de lui.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Pas mal du tout, bon post, merci et hasta la victoria pour la motion ROyal.

Le coucou de Claviers a dit…

Merci! Merci aussi à Pierre, sur le lePost… Ce serait sympa de prendre un pseudo pour commenter ici (voir éventuellement dans les archives… trop de "trolls" utilisaient l'anonymat).