lundi 6 décembre 2010

Hue cocotte* !

DOC (Dénomination d'origine contrôlée)

Nicolas se fait du souci : il va peut-être devoir renoncer à son prénom d'usage et se faire appeler Yvon. La Lorraine vient en effet de déposer la marque Nicolas, ce qui fait désormais de lui un contrefacteur. Ne peuvent se prévaloir de la bonhomie, de l'amour des enfants mis au saloir comme des pourceaux, et de bien d'autres qualités, que les Nicolas baptisés en Lorraine. On lui souhaite un bon avocat.

Compte de Noël

Pour la Saint-Nicolas, le grand saint protecteur des enfants meurtris a réussi le miracle de réconcilier Françoise Bettencourt-Meyers et sa mère Liliane. Il ne sera donc plus question de couper en morceaux les parts de la fille dans Loréal pour les mettre au saloir. Les méchants Banier et de Maîstre sont pardonnés, pourvu qu'ils fassent maigre désormais. Par contre, St Nicolas n'a rien fait pour Éric Woerth —son cas doit relever de Dieu le Père…
La milliardaire prodigue restera donc une vieille dame libre, mais le gendre prend la tête de la cassette familiale avec ses deux fils comme porte-clefs. Les pique-assiette doivent dores et déjà songer à changer d'auberge en prévision des prochaines campagnes électorales… Ce midi, j'ai entendu évoquer ce coup de théâtre sur France Inter comme un beau compte de Noël. Ils ont bien raison, car comme l'a dit l'un des avocats, ces dames vont pourvoir «se retrouver en tout amour».

Hue cocotte !

Hier, incité par un tweet de Pierre Chappaz, j'ai lu: «Vous ne ferez pas d'Assange et de son wikileaks des héros de la liberté», de l'Hérétique. Le billet débute par une évocation de «Martiens, go home», roman SF de Fredric Brown (dont j'ai par ailleurs tiré mon titre*). L'Hérétique utilise le texte comme illustration du fait qu'une vérité sans faille pourrait empoisonner nos vies, dès lors que nos petites bassesses et grosses turpitudes seraient impitoyablement portées à la connaissance de tous. Difficile de n'être pas d'accord avec cette démonstration tant qu'elle ne concerne que l'intimité des individus. En revanche, elle devient franchement bancale lorsqu'il s'agit d'établir un parallèle avec la sphère publique —prêtant en quelque sorte aux états un droit à la vie privée.

Ce rapprochement est d'emblée gênant par la différence de nature entre un pouvoir et ses citoyens. Il semble incongru d'assimiler (de fait) un état à une espèce de super-mari volage, dont les frasques nous apporteraient plus de mal que de bien à être connues. Nous ne choisissons pas nos gouvernants par amour, mais par raison, avec l'espoir de sélectionner les meilleurs acteurs politiques du moment, dont on attend qu'ils incarnent mieux que personne les valeurs qui fondent notre société.

Lorsque Wikileaks nous apprend que les américains et leurs alliés ont torturé en Irak, il nous prouve que la barbarie est toujours latente, même chez les peuples réputés civilisés. Il nous rappelle que le choix d'un président est une chose grave.

Quand les divulgations de ce même site confirment de façon péremptoire la fascination de Nicolas Sarkozy pour les USA et la complicité qu'il entretient de longue date avec eux, ce qui n'était jusqu'alors qu'un soupçon porté sur sa politique de sape sociale s'en trouve crûment éclairé. Nicolas Sarkozy prépare notre pays au règne de la loi du plus fort, et l'on comprend qu'il aurait envoyé nos armées en Irak s'il avait été à la place de Jacques Chirac. Rien de ce que la presse a reproduit de ces fuites monumentales ne laisse le citoyen raisonnable indifférent, comme le laisseraient les histoires de cul de ses voisins.

Il n'est qu'à observer la rage avec laquelle les états tentent, jour après jour, de réduire Wikileaks au silence pour comprendre qu'il est bien question d'informations délicates que l'on voudrait cacher aux peuples, et non point d'un fumier méprisable. Ou alors, d'un fumier apte à faire peut-être fleurir une conscience citoyenne plus avertie. Ainsi, en ce qui nous concerne, les diverses révélations sur notre président, en apparence presque anodines, achèvent cependant de dresser le portrait d'un homme dangereux pour la France.

P-S: Betapolitique, qui était indisponible depuis quelque temps est de retour ! Et Jeffanne est sortie du sommeil pendant que j'avais les yeux ailleurs… Et j'ai une semaine de retard de lecture des textes de Christophe, mais vous moins, j'espère !

9 commentaires:

isabelle B. a dit…

enfin c'est quand bizarre d'avoir des infos si sensibles aussi facilement, sont pas doués :-)

Le coucou a dit…

même ? ;-)

l'hérétique a dit…

Salut Coucou
Dans Martiens Go Home, les États sont aussi empoisonnés que les individus par les petits hommes verts. Wikileaks n'a rien révélé du tout. La fascination de Sarko pour les USA ? on la connaissait déjà. Les exactions américaines ? Idem. Bien avant wikileaks. Qu'apporte wikileaks ? Rien. Du moins, rien tel qu'Assange l'a promu.

Nicolas a dit…

Je n'ai lu que l'introduction : tu connais le deuxième prénom de tous les blogueurs ou tu te souviens du mien par hasard ?

Je continue la lecture...

Homer a dit…

Rien de surprenant dans les révélations de Wikileaks, Sarkozy a toujours été pro Américain et les réformes engagées depuis son élection n'ont fait que le confirmer. J'en avais parlé en son temps.
Voilà ce qu'on a. Qu'est-ce qu'on en fait maintenant?

u as vu que le gouvernement voulait - encore - baisser le prix des remboursements de certains cachets? Privatisation de la Sécu à venir... comme aux States.

Le coucou a dit…

L'Hérétique, justement, si j'avais eu le temps, j'aurais parlé de la manière dont les Martiens "fondent" le rideau de fer (mais cela n'aurait qu'un intérêt limité. C'est essentiellement amusant comme illustration, sans plus). Certes, l'attirance américaine de Sarko était connue des lecteurs de news magazines, cependant elle n'avait pas encore été mise noir sur blanc de cette façon. On s'éloigne de l'impression subjective donnée par le personnage pour évoquer des faits. Les révélations d'hier sur les points stratégiques européens du point de vue US n'étaient pas connues des gouvernements, etc.

Nicolas,
ce n'est pas le hasard, mon cher, mais un effet de mes hautes capacités informatiques. ;-)

Homer,
surprenant ? Surement pas ! Néanmoins il y a un monde entre dire "tous pourris" et savoir pourquoi, comment. Nous avons tous évoqué plus ou moins la pente de l'américanisation de la société imprimée par Sarko, sans détenir l'illustration incontestable de sa fascination…
On s'achemine vers la destruction de la sécu, comme de tous les acquis sociaux de la libération.

Captainhaka a dit…

Entièrement d'accord avec ton analyse.

On nous persuade qu'il ne faudrait pas craindre les fichiers ADN, les caméras de surveillance, les écoutes téléphoniques, les interceptions internet et que tout cela c'est pour notre bien.

solveig a dit…

Bonjour le coucou
J'ai beau savoir ou soupçonner toutes les informations de ce billet ... je finis par attraper le cafard en les lisant et pourtant il y a longtemps que je ne crois plus que demain on rasera gratis !
Pour mettre quand même un sourire en passant, avec un jour de retard : Bonne Fête Nicolas !
La lorraine que je suis ne pourra jamais accepter que ce prénom devienne une marque déposée ... chez nous il continue d'être fêté avec solenennité, même par les mécréants.

Le coucou a dit…

Captainhaka,
oui, et il faut craindre que la liberté qui prévaut sur internet ne soit devenue insupportable aux pouvoirs du monde entier, après toutes les "transgressions" de l'ordre établi. De la Chine à Paris en passant par Washington, on pourrait bien connaître les effets de leur union sacrée contre le web.

Solveig,
j'ai entendu à la radio que les Lorrains étaient dans leur majorité ulcérés par cette prétention folle. Cela devrait rester anecdotique, en fait…