lundi 30 août 2010

Retour de bal à Brégançon

Un tweet de Patageron, aperçu par hasard cet après-midi, m'a glacé le sang. Il disait : «Cet homme revient de vacances. Est-ce le même qu'ici »?

Pour me mettre dans cet état, il avait fallu évidemment que je regarde au préalable les deux photographies de François Fillon mises en liens dans ce message…

La première nous offre un portrait récent du premier ministre, traits tirés, front labouré, yeux agrandis d'horreur avec des cernes profonds comme des tranchées de Verdun, l'air vidé. Le costume lugubre, genre pompe funèbre à Neuilly-sur-Seine, n'arrange rien. On se dit : «tiens! il fatigue enfin… Va pas tarder à démissionner, celui-là !»

Et puis, un coup d'œil à la seconde photo rappelle que le même François Fillon arrivait dix jours plus tôt à Brégançon, sémillant dans sa veste bleue de partie de campagne au bon chic. On aurait juré qu'il esquissait un pas de danse dans ses petits mocassins mignons comme des escarpins…

C'est là que mon hémoglobine a blanchi soudain et s'est figée d'épouvante, quand j'ai compris.

Regardez la photo, observez ce majordome en redingote noire qui précède l'innocent ministre… L'homme est voûté et l'on devine à sa jambe trainante qu'il boite. Le bout de profil flou que l'on aperçoit sous le crâne rasé, dissimule certainement un sourire sardonique derrière l'épaule massive…

Ça ne vous rappelle rien ? Regardez donc la mousse verdâtre qui couvre le bas des murs du château et le sol. Regardez dans l'ombre de la poterne qui s'ouvre quelques pas en avant du domestique… On voit luire faiblement l'encadrement d'une porte sur la droite. Où croyez-vous qu'elle mène, sinon à la crypte ?

La vérité ne vous apparaît toujours pas ? Alors apprenez ceci : longtemps avant de devenir roumaine, la Transylvanie était une principauté soumise au royaume de Hongrie. La Transylvanie ou Valachie intérieure, qui eut comme prince le fameux Vlad Ţepeş dit l'Empaleur. Vlad Tepes, devenu comte Dracula dans l'œuvre du vampirographe Bram Stoker…

Si vous m'avez suivi de Hongrie jusqu'ici, je pense que vous m'avez compris, à présent.

M. Fillon a bel et bien été mordu, et le voici en passe de tourner vampire, comme l'attestent les deux documents reproduits ici.

Je n'ai de conseil à donner à personne, mais pour ma part, j'ai déjà tressé de l'ail en colliers pour toute la famille. Désormais nous les porterons nuit et jour, à la maison comme à la ville, jusqu'en 2012 je pense. À moins que le Ciel nous vienne en aide d'ici là, comme le souhaite je ne sais plus quel petit curé.

sources photos 1: Voilà.fr 2: L'Express.fr

10 commentaires:

@patageron a dit…

Excellent: le lien avec Dracula est parfait. Lecture captivante.
A bientôt

@patageron a dit…

et merci de m'avoir cité. je suis très heureux d'avoir très modestement contribué à donner l'idée de votre billet.

isabelleb a dit…

morte de rire ! je suis superstitieuse et je vais suivre ton conseil porter un collier d'ail tressé, garder près de mon lit un pieu, sait-on jamais...excellent !

Didier Goux a dit…

Le vampire : bien fol est crucifix...

Le coucou a dit…

Patageron,
vous citer était la moindre des politesses. Et en plus vous m'avez indiqué les sources des photos...

Isabelle,
oui, un pieu c'est pas mal aussi, et puis l'eau bénite et le crucifix (mais si j'en crois R. Polanski, ça ne marche qu'avec les vampires cathos).

Didier,
j'en reste sans croix, pardon: sans voix !

Nicolas a dit…

Bah ! Pour le meilleur et pour le vampire !

captainhaka a dit…

Justement,hier un reportage sur les vieux métiers d'antan qui sentaient bon la France d'autrefois qu'était parfaite, parlait des affuteurs de pieux.
Ce métier a disparu en même temps que les exorciseurs dans nos contrées rustiques. Il reste néanmoins une usine délocalisée qui peut encore fournir à la demande.

toff de aix a dit…

Nicolas, sauve la fRance! Démissionne-le, remanie-le, vite!

Le coucou a dit…

Toff,
je fais suivre à qui de droit tout de suite ! ;-)

Le coucou a dit…

Captainhaka,
affuteur de pieux, quel joli petit métier! Ce devait être très pittoresque quand il passait dans les villages, ses lames sur le dos, en appelant les chalands (au crépuscule, parce que la trouille aidant, on ouvrait plus facilement sa bourse)…