mercredi 7 mai 2008

Demain ? —2

Une Landsgemeinde à Glaris. Author : Adrian Sulc

Un ami Suisse, lecteur du blog, m'a fait parvenir quelques éléments permettant de comparer notre système politique "confiscatoire" (réalité du pouvoir captée par la classe politique) avec une démocratie. Les cantons Suisses sont l'équivalent de petits états indépendants sur le plan local, et donc leurs institutions communales peuvent varier quelque peu de l'un à l'autre. Néanmoins, une forte proportion de petites communes sont administrées comme celle que je me propose de citer en exemple, un village du canton de Vaud d'environ 500 habitants. Le conseil municipal, dont les membres et le Syndic (le maire) sont élus tous les 4 ans, convoque au minimum une fois par an l'assemblée générale des citoyens. Le budget de la commune y est présenté et soumis au feu des questions de tous, étudié dans les moindres détails. Il peut être ainsi éventuellement amendé avant d'être accepté ou non par l'assemblée. Si cette dernière le rejette, la municipalité révise son projet de manière à le mettre en conformité avec les attentes des citoyens. L'ensemble des projets municipaux seront pareillement examinés et proposés à l'approbation de l'assemblée : rénovation d'un bien communal, achat de matériel, classement d'un terrain… Le Syndic et son conseil ne pourront ensuite qu'appliquer la politique votée par les citoyens.
Bien entendu, selon l'ordre du jour, cet exercice de la démocratie peut durer la moitié de la nuit, avant de s'achever autour d'un verre et d'une bonne collation…
Pour autant que je sache, les villages suisses ne sont ni en état de délabrement avancé, ni au bord de la faillite. Et je pose la question : pourquoi ce qui est bon pour nos voisins Suisses serait mauvais ou inapplicable pour nous ?


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On m'objectera que ces propositions sont utopiques, car l'origine de la démocratie Suisse remonterait à peu près au temps où Guillaume Tell poussait sa première dent —et par conséquent, à notre différence, les citoyens suisses auraient eu le temps d'en faire un apprentissage raisonnable… À ceci près que le système politique Suisse moderne date de 1848 seulement, soit l'époque de notre IIe république à la veille du coup d'état du dernier Napoléon. Le peuple français a simplement manqué de la vigilance qui lui aurait permis d'empêcher ses élus successifs de tromper ses aspirations à la démocratie. L'utopie, ce serait d'attendre que nos députés et sénateurs, nos ministres, notre président, nous donnent spontanément les moyens de contrôler nous mêmes l'usage qu'ils font du pouvoir. Si nous n'exigeons pas la démocratie avec force, nous ne l'aurons pas. De ce fait, le rejet actuel de la gent politique grandira encore et conduira à l'explosion.

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